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dimanche 23 décembre 2018

Un danger sanitaire négligé - Rapport sénatorial sur les ruptures d'approvisionnement de médicaments


Une dégradation inquiétante

Depuis plusieurs années, des « pénuries » de médicaments et de vaccins sont régulièrement constatées dans les hôpitaux comme dans les pharmacies officinales. Le phénomène n’est certes pas nouveau ; il connaît cependant une inquiétante amplification, que ne semblent pas pouvoir endiguer les mesures prises par les pouvoirs publics au cours de la période récente. Avec 530 signalements, soit dix fois plus qu’il y a dix ans, l’année 2017 a en effet vu un nombre record de ruptures et risques de rupture de stock et d’approvisionnement déclarés auprès de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour des médicaments essentiels. Les dernières années ont par ailleurs vu la multiplication de cas de ruptures très médiatiques, portant sur des médicaments d’utilisation courante. C’est par exemple le cas des pénuries d’amoxicilline de 2014 et de 2018, du vaccin contre l’hépatite B en 2017, des spécialités de BCG-thérapie utilisées dans le traitement du cancer de la vessie, ou encore de l’antiépileptique Di-Hydan®, frappé depuis 2012 par des pénuries multiples. Fin 2018, une indisponibilité de l’anti-parkinsonien Sinemet®, qui pourrait se prolonger jusqu’à la fin du premier semestre 2019, a été  annoncée. 
Autres exemples rapportés par l’INCA : la crisantaspase (Erwinase® pour les leucémies aiguës lymphoblastiques dont la rupture est critique pour les patients allergiques à l’asparaginase ; à Nantes, en 2017, la pénurie de melphalan, utilisé dans  certains cancers, ont nécessité la mise en place d’un nouveau protocole de soins moins efficace ; une pénurie de méchloréthamine (Caryolysine® pour la maladie de Hodgkin - la seule alternative possible, le cyclophosphamide et moins efficace et moins bien toléré ; l ’arrêt de la production d’Extencilline® par le laboratoire Sanofi, ne permet pas une prise en charge équivalente de la syphillis, pourtant en réaugmentation…etc.

À Gustave-Roussy, ce sont ainsi 69 lignes de médicaments qui sont quotidiennement en rupture ou en tension. L’agence générale des équipements et produits de santé (Ageps) de l’assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) relève quant à elle chaque jour 80 à 90 médicaments en situation de pénurie, tandis que le nombre de lignes de spécialités suivies en tension d’approvisionnement a été multiplié par 10 depuis 2007. Du point de vue tout d’abord de la classe thérapeutique, les anticancéreux, les anti-infectieux (qu’il s’agisse des antibiotiques ou des vaccins), les anesthésiants, les médicaments du système nerveux central (destinés notamment au traitement de l’épilepsie ou de la maladie de Parkinson) ainsi que les médicaments dérivés du sang sont les plus souvent touchés par une rupture de stock ou d’approvisionnement. Selon le syndicat professionnel des entreprises du médicament, le Leem, la durée moyenne des ruptures constatées en 2017 est d’environ 14 semaines, avec une médiane à 7,5 semaines.

Commentaire : des ruptures d’approvisionnement plus fréquentes, touchant des maintenant des médicaments essentiel. Aux temps maintenant un peu lointains où j’ai commencé ma carrière dans l’industrie pharmaceutique, il  y avait dans des firmes pourtant privées un sens du service public, des responsabilités et de leur intérêt incompris qui aurait rendu cela impossible. Là comme ailleurs, la financiarisation est passé par-dessus tout, l‘industrie, la recherche, les patients….

Les pharmaciens d’officine en première ligne

En première ligne face à la détresse et l’angoisse des patients, les pharmaciens d’officine voient leurs obligations logistiques prendre le pas sur leur mission de conseil. Face à ces difficultés de gestion, de nombreux pharmaciens regrettent que les tâches logistiques rendues nécessaires par les situations de pénurie prennent le pas sur leur fonction de conseil. La fonction de conseil apparaît elle-même dégradée par la faiblesse de l’information disponible. La fonction de conseil apparaît elle-même dégradée par la faiblesse de l’information disponible. Le manque d’indications concrètes sur les situations de pénurie, qu’il s’agisse de leurs causes ou de leur date prévisionnelle de résolution, entretient la frustration et l’angoisse des patients. La détresse qu’ils manifestent est alors difficile à gérer pour des pharmaciens d’officine qui se trouvent au bout de la chaîne d’approvisionnement du médicament, mais en première ligne face au mécontentement et au stress des malades.
Il peut également être difficile d’entretenir le dialogue avec les médecins prescripteurs en l’absence d’information concrète de la part des laboratoires et des autorités sanitaires. La mission d’information souligne que ces difficultés sont accentuées dans les pharmacies rurales, relativement plus touchées par les situations de pénuries que les officines urbaines, qui bénéficient de la proximité

Commentaire : c’est toujours un peu les mêmes qui trinquent le plus. Pharmaciens des campagnes, à vos gilets jaunes, avec vos patients !

Un problème pas seulement français !

Les difficultés d’approvisionnement ne sont pas limitées au territoire français : une situation comparable est observée à l’échelle européenne et internationale. À l’échelle européenne, une enquête menée en 2016 dans 21 États européens par le groupement pharmaceutique de l’Union européenne a montré que les pharmacies d’officine de l’ensemble des 21 pays couverts par l’enquête avaient été concernées par des phénomènes de pénurie durant les 12 mois précédents. Et pourtant, la France est l’un des trois seuls États membres de l’Union européenne à avoir introduit une définition des ruptures d’approvisionnement de médicaments dans leur législation nationale avec la Roumanie et la Slovénie et à avoir tenté de mettre en place un plan de gestion des pénuries. Notre pays se distingue ainsi, dans l’Union européenne, comme l’un des seuls États membres à définir explicitement et sur la base de critères objectivables les notions de ruptures d’approvisionnement, de ruptures de stock et de médicaments essentiels. En matière de stratégies de prévention et de gestion des ruptures, la France a également innové avec le concept de plan de gestion des pénuries, qu’elle a été conduite à présenter à ses partenaires européens à deux reprises.

Commentaire : on a bien compris depuis longtemps  que l‘Europe qui protège, c’est uniquement l’Europe qui protège la liberté de circulation des capitaux et des marchandises, pas les salariés, pas les patients, pas les personnels de santé ….

On en est à gérer la pénurie ! Quel aveu de faiblesse

Ce plan de gestion des pénuries (quel aveu de faiblesse, tout de même) comprend  la mise en place par les exploitants de centres d’appel d’urgence permanents accessibles aux pharmaciens permettant de déclencher des approvisionnements d’urgence une fois la rupture confirmée par le grossiste-répartiteur ou le dépositaire ; une définition précise des obligations de service public (Un gros mot pour l’Europe de Bruxelles) ! incombant aux grossistes-répartiteurs : ceux-ci sont tenus de disposer d’un assortiment de médicaments comportant au moins les neuf dixièmes des présentations de spécialités pharmaceutiques effectivement commercialisées en France, afin de satisfaire la consommation de leur clientèle habituelle pour une durée d’au moins deux semaines et d’honorer les commandes passées par les pharmacies dans un délai de 24 heures (en dehors des week-ends et jours fériés) ; - une obligation pour les exploitants d’assurer un approvisionnement approprié et continu des grossistes-répartiteurs afin de permettre à ces derniers de remplir leurs obligations de service public.

Et pourtant ce plan s’avère déjà insuffisant et inopérant face à l’extension des ruptures d’approvisionnement. C’est qu’il n’en traite pas les causes.

Des causes multiples : délocalisation des fabrications, pressions sur les prix, mise en cause du service public assuré par les répartiteurs.

la délocalisation et la concentration des fabrications de principes actifs. Pour des raisons de stratégie industrielle et financières, les firmes pharmaceutiques ont massivement délocalisé les sites de fabrication de principes actifs des pays occidentaux vers l’Asie, principalement Chine et surtout Inde. 35 % des matières premières utilisées dans la fabrication des médicaments en France proviennent de trois pays : l’Inde, la Chine et les États-Unis.
 L’Inde (4 442 sites de fabrication) et la Chine (2 794 sites de fabrication) concentrent à elles seules 61 % des sites de production de substances pharmaceutiques actives enregistrés à la même date dans la base EudraGMDP, concernant des médicaments commercialisés dans l’Union Européenne.
Ainsi sommes-nous pour une partie non négligeable de nos médicaments essentiels dépendant de l’étranger, et d’une chaîne de production que nous contrôlons fort mal, peu réactive et peu résiliente, très concentrée et qui ne permet plus de répondre à l’ensemble des besoins de santé. La FDA a identifié en 2018 219 sites en Chine (63%) et en Inde en contravention avec les bonnes pratiques de fabrication. 
Une partie des situations de pénuries provient de la fragilité croissante de cette chaîne de production. Autres problèmes : en Inde, les effluents des usines de fabrication d’antibiotiques, non traités, fortement concentrés en produits divers deviennent de véritables bouillons de culture pour organismes multi résistants- pas étonnant que l’un des plus terribles porte le nom New-Delhi metalloprotéase résistant.

Dans l’Union européenne, près de 40 % des médicaments finis commercialisés proviennent de pays tiers et 80 % des fabricants de substances pharmaceutiques actives utilisées pour des médicaments disponibles en Europe sont situés en dehors de l’Union. !

Signalons que d’autres économies développées ont néanmoins conservé des capacités de fabrication de substances pharmaceutiques actives non négligeables, dont les États-Unis (599 sites), la Suisse (399 sites) et le Japon (281 sites). Là encore, merci l’Europe qui protège !

2°) Une pression sur les prix de l’industrie pharmaceutique particulièrement intense en France.

Ca, ça a été longtemps la recette permanente de divers gouvernement irresponsables pour rééquilibrer les comptes de la sécurité sociale. Cela concerne surtout les médicaments anciens, pour lesquels, la recherche étant amortie, on a souvent considéré que les prix devaient baisser. Oui, certes, mais… les normes de différentes sortes deviennent plus strictes et les coûts de production augmentent, d’où un effet de ciseaux entre la baisse du prix de certains vieux  médicaments essentiels et l’augmentation des coûts de production qui peut même parfois aboutir à leur retrait du marché.

A cela s’ajoute le fait que sur ces vieux produits, les différences peuvent être importantes entre pays européens, et entrainer des exportations parallèles permises ( et même encouragées !) par la législation européenne : en cas de pénurie ; les pays où le médicament a le prix le plus élevé sera premier servi ! L’Europe du sud, en particulier l’Italie et l’Espagne ont été particulièrement concernés par des pénuries liées à ces exportations.

Enfin, dans un rapport d’octobre 20122 consacré à la fiscalité du secteur pharmaceutique, l’inspection générale des finances (IGF) et l’inspection générale des affaires sociales (Igas) ont recensé « un ensemble de 12 taxes représentant en 2011 près de 900 millions d’euros. La pression fiscale s’exerçant en France sur une entreprise de fabrication pharmaceutique est évaluée à 48,4 %, soit 5 points de plus que l’Allemagne (43,6 %) et près de 25 points de plus que la Suisse

Cette pression sur les prix atteint un point absurde dans les marchés hospitaliers de médicaments ; les réponses aux appels d’offres se présentent parfois avec des remises très élevées, allant jusqu’à 95 % du tarif du fournisseur ! Très bien, le marché est gagné à très bas prix ! Mais que se passe-t-il ensuite ? Eh bien, il arrive que le fournisseur sélectionné fasse défaut – et c’est pas rare ! La centrale d’achat Helpévia a dû procéder, au cours des dix dernières années, à plusieurs dizaines de milliers d'activations de la clause d'achat pour compte du fait d'une rupture de stock ; on estime qu'à l'échelle d'un établissement, cette procédure destinée à pallier le défaut d’un fournisseur doit être activée en moyenne trois fois par mois. Ainsi, en 2012, le laboratoire israélien Teva, spécialiste des génériques, a été retenu, dans le cadre d’un appel d’offres pour UniHA, pour la fourniture de la molécule anticancéreuse Oxaliplatine®, initialement princeps de Sanofi. Or, après un problème de production, la clause d’achat pour compte a dû être activée à un prix 1 127 fois plus élevé ! ». Selon Eric Tabouelle, viceprésident du Claps, il n’est pas rare de voir les prix augmentés de 500 à 2 000 % par rapport au prix du marché dans le cadre d’une procédure d’achat pour compte. Lors de son audition par votre mission d’information, il a notamment cité le cas de la gemcitabine, molécule utilisée en oncologie, facturée 200 euros par le laboratoire concurrent contre 8,95 euros par le titulaire du marché.

La procédure d’achat pour compte permet d’obliger le titulaire du marché défaillant à rembourser le surcoût ainsi généré.  Sauf que, à la difficulté de trouver un fournisseur concurrent capable d’approvisionner l’établissement s’ajoute le coût financier de l’approvisionnement auprès d’un concurrent à un prix non négocié au préalable – quoique la plupart des marchés hospitaliers intègrent aujourd’hui une clause d’achat pour compte. Les établissements ne sont cependant remboursés qu’après la fin de la rupture et la clôture de la procédure, ce qui occasionne des décalages de trésorerie importants.

Et disons-le, ce mécanisme est particulièrement pervers et générateur de ruptures qui, outre leur coût plus ou moins compensé par le rachat pour compte mettent en péril la santé et parfois même la vie des patients. Les sénateurs en ont été bien conscient à travers leurs propositions 10 et 11 (Proposition n° 10 : Revoir les objectifs et la dimension des appels d’offres hospitaliers dans le but de sécuriser les approvisionnements et de préserver des solutions alternatives en cas de défaillance du titulaire du marché. Proposition n° 11 : Encadrer les surfacturations opérées dans le cadre des procédures d’achat pour compte en fixant un seuil maximal pour les majorations de prix pratiquées dans ce cadre. Renforcer les obligations éthiques des entreprises pharmaceutiques).

3%) La dégradation du service public de la répartition- les short liners

Un métier injustement ignoré, celui de la répartition (grossistes en médicaments si l’on veut !). Les répartiteurs, bien que privés,  ont des obligations de service public (OSP) sont tenus de disposer d’un assortiment de médicaments comportant au moins les neuf dixièmes des présentations de spécialités pharmaceutiques effectivement commercialisées en France, afin de satisfaire la consommation de leur clientèle habituelle pour une durée d’au moins deux semaines et d’honorer les commandes passées par les pharmacies dans un délai de 24 heures (en dehors des week-ends et jours fériés)- et ceci dans les quelques 22000 pharmacies françaises, où qu’elles soient, qu’il vente, pleuve ou neige, deux fois par jours, avec un système d’astreinte le week-end et jours fériés.

Eh bien, jusqu’à présent, les grossistes répartiteurs ont plutôt bien rempli leurs obligations de service public (OSP).  L’intervention des grossistes-répartiteurs a permis en règle générale de limiter les indisponibilités de médicaments. Selon la chambre syndicale de la répartition pharmaceutique (CSRP), si les répartiteurs ne reçoivent en moyenne que 85 % des produits commandés aux fabricants, leur organisation logistique leur permet d’approvisionner les pharmacies à hauteur de 95 % des commandes passées. La bonne observation des OSP comme la précision de la mécanique logistique des répartiteurs permettent donc de diviser par trois le nombre de ruptures potentielles.

Ah ben oui, mais l’Europe n’aime pas les service publics ! Sont donc apparus des établissements dit « short liners, ainsi qualifiés par l’IGAS (rapport n° 2014-004R) :  « Une vingtaine d’établissements dits short liners ayant le statut de grossistes répartiteurs ne répondent pas aux obligations de service public. Ils ne proposent qu’une courte gamme de médicaments, la plus rentable, à un nombre réduit d’officines auxquelles ils vendent de grandes quantités quand ils ne travaillent pas uniquement à l’export. ne détiennent pas physiquement en stock et sciemment la collection requise et acquièrent des stocks pour un assortiment très limité de spécialités, sous couvert de leur autorisation d’ouverture. Ils les revendent ensuite à d’autres distributeurs en gros, notamment au sein de l’Union européenne. Ils sont désignés comme short liners par opposition aux full liners qui assurent la répartition en distribuant une large gamme de médicaments. Ils réduisent ainsi les stocks destinés aux patients français et augmentent le risque de ruptures. Ces entreprises ne répondent pas, ou seulement partiellement, à leurs obligations de service public.

Pour l’instant, L’ANSM, en partenariat avec les ARS, ordonne leur fermeture lorsqu’il est prouvé qu’ils n’ont pas de clients officinaux. » . Elle demande également  la publication sur le site Internet de l’ANSM d’un avis aux pharmaciens responsables des grossistes-répartiteurs qui précise les modalités d’ouverture effective et de démarrage des opérations de distribution ; la systématisation d’une inspection menée dans l’établissement durant l’année suivant l’ouverture effective, au cours de laquelle est notamment vérifiée la mise en œuvre des engagements pris par le pharmacien responsable au moment de la demande d’ouverture ;  le cas échéant, dépôt de plaintes au Conseil national de l’ordre des pharmaciens à l’encontre des pharmaciens responsables.

Une dépendance problématique, même pour la défense nationale

Depuis janvier 2018, deux sanctions financières ont été prononcées pour non-respect des obligations de
service public, pour des montants respectifs de 85 000 € à 149 000 €.
Commentaire : prise de conscience méritoire, mais ça m’étonnerait que ce soit très dissuasif ! Et suivons avec beaucoup de méfiance la suite du match éventuel contre les institutions européennes !
Les pénuries dramatiques de médicament affectent maintenant la France de manière régulière, et de plus en plus d’autres pays d’Europe, pour des médicaments essentiels. Elles résultent principalement de trois facteurs 1°) la délocalisation et l’extrême concentration des fabrications de principes actifs dans des pays lointains à bas coût de production, qui entraine une fragilisation massive de toute la chaine du médicament ; 2°) une fiscalité et des pressions sur les prix particulièrement lourds, mal conçus et dangereuse pour la santé publique ; 3°) Une mise en cause par l’idéologie ultralibérale européenne du service public de la répartition.

Cette dépendance croissante vis-à-vis de fabricants extérieurs devient même très problématique du simple point de vue de la défense nationale. Particulièrement inquiétant a été le témoignage devant le Sénat de M. François Caire-Maurisier, pharmacien en chef de la pharmacie centrale des armées,  Il a en particulier indiqué qu’« il est arrivé que la fourniture, notamment pour la doxycycline, s’arrête à la suite d’un durcissement des normes sanitaires en Chine et du retrait de l’agrément de la Food and Drug Administration (FDA) consécutivement à une inspection en Inde. S’en est suivie une véritable bataille pour les stocks encore disponibles, et nous avons dû nous rabattre sur l’unique fabricant restant. […] Même, un partenaire européen nous a mis en difficulté pour le développement d’un produit en fermant une source pour se rapprocher d’un autre acteur, si bien que la France est aujourd’hui, dans un des domaines de contremesures contre le risque nucléaire et radiologique, dépendante d’un laboratoire étranger. Nous ne devons pas rester dépendants de laboratoires étrangers car, en cas de tensions, nous serons servis en derniers…. »

M. Caire-Morisier a plaidé devant le Sénat pour une relocalisation de la production des substances pharmaceutiques actives essentielles sur le territoire national ou, à tout le moins, européen. […] Il serait bon que l’État acquière un site de production chimique fine –l’équivalent de la pharmacie centrale des armées mais pour la production de substances actives.

Une telle solution ne serait pas inédite. La Suisse dispose ainsi d’une pharmacie de l’armée chargée, dans le cadre d’un programme dénommé « Service sanitaire coordonné », d’assurer la sécurité de l’approvisionnement du pays en médicaments essentiels. Elle peut être conduite à fabriquer elle-même ces médicaments ou à conclure des contrats de garantie avec des entreprises pharmaceutiques, et a vocation à constituer des stocks de sécurité. Dans cette logique, le Conseil fédéral suisse a proposé d’inviter la pharmacie de l’armée à « produire des médicaments (assortiment de base) dans des cas précis et à attribuer des mandats de production à des petits sites de production. ». Certains hôpitaux américains s’organisent par ailleurs au sein de structures sans but lucratif en vue de produire eux-mêmes des médicaments génériques pour faire face à des ruptures chroniques et à des prix rédhibitoires.

Les propositions sénatoriales.

Le vieux monde politique raillé par les Macronistes ne fonctionnait pas si mal, et le Sénat, pour faire face aux ruptures de médicaments a mis en avant 29 propositions, dont la plus iconoclaste et sans doute l’une des plus efficaces (mais en rupture avec l’idéologue ultralibérale européenne) rejoint la proposition du Pharmacien général des armées. (Proposition n° 7 : Intégrer dans le référentiel des inspections de l’ANSM et de l’EMA l’évaluation de la soutenabilité des capacités de production et de leur adéquation à la demande projetée, avec publication de lettres d’avertissement en cas de vulnérabilités. Vers un programme public de production et de distribution de certains médicaments essentiels. Proposition n° 8 : Instituer un programme public de production et distribution de quelques médicaments essentiels concernés par des arrêts de commercialisation, ou de médicaments « de niche » régulièrement exposés à des tensions d’approvisionnement, confié à la pharmacie centrale des armées et à l’agence générale des équipements et produits de santé. Mieux prendre en compte les impératifs d’approvisionnement dans les conditions encadrant la commercialisation des médicaments. Éviter le désengagement des laboratoires sur les médicaments essentiels peu rémunérateurs). Signalons dans la même idée de remédier au problème critique des principes actifs également les propositions 3, 4 et 5 d’exonérations fiscales, d’aides à l’embauche et de contrats tripartites pour l’installation de nouvelles entreprises fabricantes. Les propositions 10 et 11 s »’attaquent spécifiquement au problèmes des approvisionnements hospitaliers (Proposition n° 10 : Revoir les objectifs et la dimension des appels d’offres hospitaliers dans le but de sécuriser les approvisionnements et de préserver des solutions alternatives en cas de défaillance du titulaire du marché. Proposition n° 11 : Encadrer les surfacturations opérées dans le cadre des procédures d’achat pour compte…). La plupart des autres propositions ont un rôle plus défensif concernant la définition et la signalisation à l’échelle européenne des médicaments essentiels et de leurs pénuries, la publication des entreprises défaillantes et de leur historique sur le site de l’Agence du médicament, un mécanisme de sanctions financières non détaillé. Plusieurs propositions visent à conforter le rôle de service public des répartiteurs et à contrôler et réprimer le rôle parasitaire des short-liners- indispensables, mais quid de Bruxelles. Enfin, on restera très critique devant les propositions d’autorisation du déconditionnement des médicaments, très dangereuses pour la sécurité de la chaine du médicament  (et la lutte contre les médicaments falsifiés, autre problème qui devient récurrent), et qui devraient être très encadrées et réservées à des situations critiques.

Nous avions naguère un système de santé plutôt performant en matière de médicament. Ne le laissons pas détruire par la secte libérale au pouvoir à Bruxelles.

Tiens actualisation de juillet 2019 :il semble enfin que le gouvernement (Agnès Buzyn) commence à s'inquiéter du problème. le plan anti-pénurie de médicaments présenté par la ministre de la santé s'articule autour de trois axes : 1) la "transparence et l'information du public et des professionnels", "l'action sur le circuit de production des médicaments", 2) en incitant par exemple les laboratoires à produire en France, avec en échange, des avantages fiscaux ; 3) Enfin, en renforçant la coordination internationale, car on produit aujourd'hui dans le monde entier

Commentaire : 1) ça mange pas de pain ; 2) Bonnes paroles, mais on va voir ; on parie combien que la Commission Européenne s’y opposera ; 3) Ah tiens, et pas un mot sur les importations parallèles… 

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vendredi 14 décembre 2018

Jours de colère n°4 ou pourquoi j’ai porté un gilet jaune- la fiscalité écologique


Au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, certains écologistes des beaux quartiers ministériels ont décidé qu’il fallait modifier les comportements en frappant les automobilistes au porte-monnaie. Ainsi fut décidée une taxe carbone parfaitement indolore pour ceux qui ont les moyens d’avoir un SUV dans Paris mais qui pénalise fortement ceux qui n’ont guère le choix de leur mode de transport, ceux qui doivent accomplir de long trajets pour pouvoir accéder à un travail trop rare, sans compter les artisans qui doivent se déplacer de chantiers en chantiers, ceux pour qui naguère le Diesel était un choix évident, économique et même écologique ( il consomme moins de carburant..), un choix encouragé par l’Etat, et qui n’ont pas les moyens de changer un véhicule essentiel pour eux et leur famille, même avec une prime dont le montant laisse rêveur devant l’inconscience de ceux qui osent la proposer comme une solution efficace et généreuse.

Mais il fallait apprendre aux « manants » (ceux qui sont assignés à résidence) la nécessité et la beauté de la transition écologique.

Alors il se passa ce qui devait se passer, le réveil enfin, l’insurrection de ceux que l’on ne voyait pas et quoi surent se rendre bien visibles, de ceux qui ne purent supporter la taxe de trop, celle qui leur rendait la vie vraiment impossible.

Ces mesures d’urgence sociale demandées par les gilets jaunes, l’annulation de l’augmentation au prétexte écologique des taxes sur l’essence et le Diesel, ordinaire et professionnel, allez, il y en avait à la louche pour 2-3 milliards !

Eh bien non ! Refus total d’un gouvernement et d’un président bien décidés à ne pas « changer de cap » !

On sait maintenant la suite, et comment ce qui paraissait impossible, foi d’écologie et foi d’Europe à 3% est devenu, et bien au-delà, brusquement possible.

Mais voilà pour moi le pire !

Au nom de la transition énergétique, nous avons déjà cramé 38 milliards d’euros (oui, 38 put…de milliards d’euros) pour subventionner l’installation d’éoliennes qui génèrent 0.7% (0.7% !) de la production électrique, et encore, pas quand on en a besoin, mais quand il vente !

Et la loi de transition énergétique prévoit 121 milliards, 121 put… de milliards d’euros qui vont rejoindre pour l’essentiel les poches profondes des margoulins des éoliennes, les champions de l’escroquerie et de la corruption des petits maires.

Pour comparer, le grand carénage d’EDF, qui permet de prolonger de 30 ans l’ensemble des réacteurs du parc nucléaire français, c’est 55 milliards. Lesquels pourront produire 75% de la consommation électrique, eux !

L’EPR de Flamanville, malgré toutes les bêtises que ce prototype a essuyé, c’est 11 milliards d’euros. Il peut faire encore dix fois la culbute (bon, n’en profitez quand même pas les gars !), il sera toujours, avec ses 10 milliards de kWh (10 TWh) par an, pendant  60 ans, toujours beaucoup moins cher que les éoliennes !

Et vous savez quoi ! C’est qu’en plus pour chaque électron produit par une éolienne, il faut ajouter au moins quatre électrons produits par une centrale à gaz de façon à compenser leur intermittence. Et ça, c’est pas du tout bon pour le climat ! Pas écologique pour un pet !

Tiens, encore un autre chiffre, pour se rendre compte. Pour remplacer une centrale telle celle de Fessenheim (puissance nominale 1800 MW et coefficient de production de 90%), il faut à la louche 4000 éoliennes. Donc, pour remplacer une seule centrale nucléaire, et pas la plus moderne, et pas la plus puissante, avec des éoliennes de 2 MW, il faudra les aligner de Nice à Perpignan (2 x 475 km) sur deux rangées tout le long de la côte méditerranéenne + le tour de Corse (325 km), soit 1350 km !

Et tiens, encore un summum d’absurdité, dénoncé dans une remarquable série de vidéos par la CGT. 

Le premier janvier 2018, il faisait relativement bon, il y avait du vent. Production très importante éolienne en France et en Europe…, sauf qu’il n’ y avait aucun besoin industriel et peu de besoin domestique (tout le monde sous la couette !)  Résultat l’électricité était achetée à 82 euros le MW par EDF aux margoulins des éoliennes (priorité d’achat et prix garantis Cochet oblige) et  vendue sur le marché à -15 euros ! (oui, à prix négatif !) le MW, ce qui coûte aux Français 97 euros le Mw ! Le lobby de l’éolien remercie les Verts !

Donc voilà pourquoi j’ai enfilé un gilet jaune. Plus une taxe carbone !, plus un impôt écologique ! Plus une taxe carburant ! tant qu’on construira des éoliennes, qu’on engraissera les margoulins des énergies renouvelables, qu’on gaspillera le patrimoine français en fermant sans raison des centrales nucléaires !

Et même, affairistes voleurs, politiciens imbéciles ou corrompus… Rendez- moi le grisbi !
Je vais plus le quitter ce gilet jaune !

Remember :  l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques.





samedi 1 décembre 2018

Raisons de détester l’Eurokom-18 : La liberté de l’information menacée


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne

Presse : la fin du sanctuaire et le contrôle par les puissances d’argent

A la Libération, le Conseil National de la Résistance avait mis en place des ordonnances sur la presse, visant essentiellement à éviter que ne se remette en place l’extraordinaire vénalité de la presse française d’avant-guerre, selon le titre d’un célèbre pamphlet. Les ordonnances des 22 et 26 août 1944 fixent les critères économiques, financiers et moraux pour la réorganisation du secteur de la presse écrite. Celle du 26 août 1944 a pour objectif de sanctuariser la presse vis-à-vis des puissances de l'argent et de l'influence de l'État, tout en assurant l'indépendance des journaux et leur transparence, afin que la presse devienne "une maison de verre". La Fédération nationale de la presse française (FNPF), adopte en novembre 1945 une "Déclaration des droits et des devoirs de la presse", qui affirme que "la presse n'est pas un instrument d'objet commercial mais un instrument de culture". Donc, une idée simple : l’information n’est pas une marchandise comme une autre, et les moyens légaux de défendre le pluralisme et les libertés réelles.

On sait comment en France, certains se sont donnés comme programme très moderne et très libéral de détricoter le programme du CNR. Et ils y sont largement parvenu, et sur bien des plans, ils ont été constamment appuyés, voire précédés et dépassés par la politique de la secte libérale au pouvoir dans les institutions européennes, à l’Eurokom.

L’Eurokom n’a pas défendu la presse contre une concentration hallucinante et la mainmise des intérêts financiers
.
En France, un petit groupe de personnes contrôle l’essentiel des moyens privés de production de l’information télévisuelle et radiophonique (ainsi que leurs sites internet). Ces personnes appartiennent au même univers, celui des PDG d’entreprises transnationales, des capitaines d’industrie, des financiers et des gestionnaires de conseils d’administration. Leurs activités les amènent à échanger régulièrement leurs parts dans les diverses entreprises qu’ils possèdent afin de consolider leurs positions ou leurs stratégies respectives. En 1998, déjà, Vincent Bolloré avait revendu les parts qu’il détenait chez Bouygues à… François Pinault et à son groupe Artemis ; en 2004, Bernard Arnault entre au conseil d’administration de Lagardère, il y restera jusqu’en 2012 ; en 2010, Bernard Arnault rachète Le Journal des finances (devenu Investir-Le Journal des finances au sein du groupe Les Echos) à… Serge Dassault ; en 2012, Vincent Bolloré devient le premier actionnaire de Vivendi en revendant au groupe Canal+ ses chaînes D8 et D17 contre des actions ; la même année, c’est Lagardère qui cède sa participation dans Canal+ France (20%) au groupe Vivendi (de Vincent Bolloré …) ; en 2013, Amaury rachète au même Lagardère sa participation dans le groupe familial (25%) ; en 2014, Vivendi, dirigé par Vincent Bolloré, cède 80% de l’entreprise de télécommunications SFR au groupe Altice de Patrick Drahi, les 20% restants suivront le même chemin en 2015…

Le Monde est contrôlé par Pigasse, Libération par Rotschild, TF1 par Bouygues, Le Figaro par Dassault. Lagardère, également présent dans l’armement, a aussi une position dominante dans la presse au travers de Hachette-Filipacchi (Paris-Match, Elle, le Journal du Dimanche, La Provence, Ici Paris, Nice Matin,...), Qui peut croire que ces prises de contrôle d’organes souvent structurellement déficitaires se font sans contreparties ? Comme au temps de la presse vénale, c‘est de l’influence que ces patrons d’industries s’achètent. Et là où ça devient vraiment problématique, c’est lorsque de surcroît, ces médias sont détenus par des groupes industriels et financiers qui dépendent économiquement pour leurs marchés de l’Etat, donc du pouvoir politique. Là, il y a une réelle menace pour notre démocratie.

Au Royaume Uni, l’empire Murdoch contrôle l’ensemble des médias les plus influents du royaume (TV, radio, presse écrite, fournisseurs d’accès Internet). En Italie, on a assisté à un dangereux mélange des genres, la concentration économique des médias de masse au sein du groupe Mediaset, détenue par la famille Berlusconi, ayant été  mise au service des intérêts politiques du Cavaliere.

Sans compter les ex pays de l’est : cette année, Reporter sans frontière alerte sur le fait  que la concentration des médias a fortement augmenté en Bulgarie, le pays européen le plus mal noté dans classement mondial de la liberté de la presse 2018 (111e sur 180) : l’homme d’affaires Deylan Peevski, propriétaire du New Bulgarian Media Group édite 6 quotidiens et contrôle près de 80% de la distribution de la presse écrite du pays.

En Allemagne, le groupe de presse Springer contrôle près de 200 journaux et magazines, dont le tabloïd Bild Zeitung, qui informe entre 20 et 25% des Allemands. Devant les difficultés financières, Süddeutsche Zeitung, le journal d’actualité allemand de référence, est en passe d’être cédé par ses sociétaires à des investisseurs financiers.

L’Europe, qui affiche fièrement tant de beaux principes sur la liberté d’opinion et la liberté d’informer n’a rien fait contre cette prise en main systématique et massive des moyens d’informations  par les intérêts économiques ; au contraire, elle l’a parfois encouragé ! En fait le pluralisme ne l’intéresse absolument pas, surtout s’il conduit à des critiques contre les institutions européennes. L’Europe préfère visiblement le contrôle par de grands groupes financiers, bien alignés sur l’idéologie de la secte libérale.

L’inquiétude de Jürgen Habermas : l’information n’est pas un marché comme un autre, elle conditionne la démocratie !

Les contraintes économiques qui pèsent sur les grands journaux d’information, derniers animateurs de l’espace public selon lui, risquent de mener à leur disparition et à un réel danger pour la démocratie. Extraits :
« Sans l’afflux d’informations, dont la recherche peut être coûteuse, et sans une reprise de cette information au moyen d’arguments qui supposent une expertise qui n’est pas non plus précisément gratuite, la communication publique ne peut que perdre sa vitalité discursive. La sphère publique risque alors de n’être plus à même de résister aux tendances populistes et de remplir la fonction qu’il est de son devoir de remplir dans le cadre d’un État de droit démocratique. (…)
Sans controverses qui ouvrent sur la délibération, il devient en effet impossible de fonder en raison l’hypothèse selon laquelle le processus démocratique peut déboucher sur des résultats à long terme plus ou moins raisonnables. La formation démocratique de l’opinion a une dimension épistémique, car il s’agit à travers elle de critiquer des affirmations et des appréciations fausses. Tel est l’enjeu pour une sphère publique qui tire sa vitalité de la discussion. (…)
La sphère publique contribue à la légitimation démocratique de l’activité de l’État en choisissant ce qui doit faire l’objet d’une décision politique, en lui donnant la forme d’une problématique et en réunissant les prises de position plus ou moins informées et fondées de manière qu’elles forment des opinions publiques concurrentes.
 C’est de cette manière que la communication publique développe une force qui, en même temps, stimule et offre des orientations à la formation de l’opinion et de la volonté des citoyens, et ce, en contraignant le système politique à la transparence et à l’adaptation. Sans l’impulsion d’une presse d’opinion qui informe de manière fiable et commente avec soin, la sphère publique ne peut plus fournir cette énergie. »

Cette réflexion conduirait à une conclusion : avant que d’être un marché, la presse, et plus généralement l’information, est un service public ! Et cela est totalement contradictoire avec l’idéologie de la secte libérale, si acharnée par ailleurs à la disparition des services publics ( je traiterais ce sujet dans un autre blog)

Assassinats et Menaces sur les journalistes. Corruption et intégrisme islamique.

En Europe même, on menace et même parfois on assassine des journalistes ! Pour 2018, Reporter sans Frontières signale à Malte, Daphne Caruana Galizia, en Slovaquie, Ján Kuciak,; en Bulgarie, de Viktoria Marinova. En Italie, plusieurs journalistes sont menacés pour avoir enquêtés sur les réseaux mafieux ou des gangs criminels et doivent vivre sous la protection des services de sécurité. RSF pointe une détérioration du climat qui n’épargne pas, dans une certaine mesure, les pays nordiques. En Finlande, le domicile d’une journaliste renommée a fait l’objet d’une perquisition rocambolesque qui a failli divulguer l'identité de certaines sources. La plupart de ces meurtres, menaces et pressions concernent des journalistes enquêtant sur des faits de corruptions (et lié parfoiss aux fonds européens !). Non seulement les intérêts financiers contrôlent le capital de la presse à un point inouï, mais les pires d’entre eux n’hésitent pas tuer !

Et puis, il faudrait quand même revenir sur l’atroce attentat contre Charlie Hebdo du 7 janvier 2015 (huit membres de la rédaction tués, 11 victimes en tout) , l’assassinat aux Pays-Bas du réalisateur Theo van Gogh (huit balles, suivies d’égorgement), après la réalisation d’un court-métrage intitulé Submission avec Ayaan Hirsi ; les menaces contre cette dernière, qui l’on contraint à un exil provisoire  (À la suite du refus du gouvernement des Pays-Bas d'assurer sa protection et sur le fait que la France pourrait assurer cette protection, le quotidien néerlandais Volkskrant titre « Le message est clair : la France s'engage contre les fanatiques religieux alors que les Pays-Bas préfèrent lâchement, encore une fois, regarder de l'autre côté ». Et encore, les tentatives d’assassinat, les violences, les menaces contre  sont les douze caricaturistes qui ont publié les « caricatures de Mahomet » le 30 septembre 2005 dans le Jyllands-Posten ( en réponse, rappelons-le, à Kåre Bluitgen, un écrivain se plaignant que personne n'ose illustrer son livre sur Mahomet depuis l'assassinat de Theo van Gogh aux Pays-Bas en 2004). Et encore les menaces contre Michel Houellebecq, après la parution de Soumission.

La liberté de la presse, la liberté d’expression, la liberté tout court sont menacés à un degré inédit par la montée de l’intégrisme religieux islamiste, et l’Europe détourne largement les yeux ; et même parfois se rend complice des assassins au nom du concept mortifère d’islamophobie. Bien courageusement, le Danemark a supprimé le délit de blasphème en 2017, après la France et la Belgique (vers 1880), mais ce délit existe encore en Allemagne, en Italie, en Pologne…

 L’Eurokom n’a jamais demandé l’abolition du délit de blasphème.  En 2008, lors d’une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE, Franco Frattini annonce l'intention des États membres de l'Union d'assurer la protection de toute personne menacée pour ses opinions lors de déplacements en Europe. L'écrivaine Chahdortt Djavann, considérant que le droit de critiquer les religions et leurs dogmes est un droit essentiel, indispensable à l'existence de la démocratie, a publié en 2008 une tribune dans lequel elle demande que l'Union européenne reconnaisse les fatwas incitant au meurtre comme un acte criminel et engage des poursuites internationales contre ceux qui décrètent de telles fatwas.

L’Eurokom, les institutions très libérales de l’Europe, n’a jamais rien fait de tel !

Des lois et interventions liberticides.

La directive secret des affaires : attention, lois dangereuses

En 2016, la Commission européenne a publié une directive secret des affaires qui n’a été transcrite en droit français qu’en 2018. Cette directive vise à protéger les entreprises contre le vol de leurs secrets industriels ou leur divulgation à des concurrents ou au grand public. Secrets de fabrication, données économiques stratégiques, listes de fournisseurs ou de client…, ces informations confidentielles peuvent être stratégique et leur  divulgation malveillante mettre à mal une entreprise.

D’accord, sauf que, signe infaillible de l’influence des lobbies, la directive va beaucoup plus loin et couvre toute information qui  n’est pas connue ou aisément accessible à des personnes extérieures à l’entreprise ; qui a une valeur commerciale ; qui a fait l’objet de mesures de protection « raisonnables » de la part de l’entreprise. Le magistrat Eric Alt, vice-président d’Anticor, estime que le texte place le journaliste « en position de défense pour démontrer au juge que la divulgation des faits a un intérêt général ». A tout le moins, il renforce le pouvoir d’intimidation des entreprises sur les journalistes, pouvoir dont elles usent déjà abondamment, soit par la loi (Conforama a récemment réussi à faire retirer un article de l’hebdomadaire Challenges faisant état de ses difficultés financières), soit par les pressions sur les budgets publicitaires, très efficaces. Mais de cela, la Commission européenne ne se préoccupe guère !

La directive menace aussi les lanceurs d’alerte ; peut-être pas lorsqu’ils dénoncent des faits illégaux, mais  des comportements contraires à l’intérêt général, comme dans le cas dans l’affaire LuxLeaks, révélation d’accords fiscaux secrets conclus entre l’administration luxembourgeoise  et de grandes multinationales, qui n’étaient pas illégaux à l’époque. « La transparence doit devenir la règle et le secret l’exception », avait déclaré Daniel Lebègue, directeur de l’ONG Transparency International. C’est la logique inverse qui s’appliquera aux lanceurs d’alerte qui, contrairement aux journalistes, devront faire la preuve de leur bonne foi pour être protégés.

Il y avait un moyen simple de limiter la directive à son objet premier (enfin officiel) : restreindre son champ d’application au vol d’informations dans un but de concurrence déloyale, afin de protéger les informations révélées au nom de l’intérêt général. Certains parlementaires l’avaient proposé ; cela n’a pas été retenu.

Répression des fake news : attention, lois dangereuses !

De nombreux gouvernements en Europe mettent en place des lois contre les fake news- et non seulement la Communauté Européenne n’y voit aucun inconvénient, mais même les encourage.

Le gouvernement britannique a mis sur pied une unité spéciale. L'Italie s'est dotée d'un outil de signalement en ligne. En Allemagne une loi très controversée prévoit des amendes jusqu'à 50 millions d'euros pour les réseaux sociaux. En France, Emmanuel Macron a eu très à cœur de faire voter une loi visant notamment des interventions possibles de réseaux russes. Le texte prévoit que, durant la période électorale, la justice puisse faire cesser en urgence la diffusion de fausses informations, d’imposer des obligations de transparence renforcées aux plateformes numériques et de se donner les moyens d'interrompre la diffusion de services de télévision contrôlés ou influencés par un État étranger.

Pour Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, «le risque est trop important…Les périodes électorales doivent être d'une grande liberté, ce sont des périodes où sortent des informations importantes». Le recours en urgence à un juge qui statuera en seulement 48 heures, posent également question. Le juriste Vincent Couronne pointe une loi «non seulement imparfaite et inutile, mais aussi dangereuse pour la sérénité et la diversité du débat public». Cette loi «place le juge des référés en arbitre du vrai et du faux, au risque de donner un blanc-seing à des manipulateurs par manque de compétence ou de recul», abonde Patrick Eveno, professeur en histoire des médias à la Sorbonne. Quant à la possibilité de mettre hors-jeu un média étranger, Jérôme Fenoglio est très mal à l'aise. «Je ne peux pas défendre un dispositif qui considérerait comme normal de bloquer tout type d'info parce que réputé proche d'un gouvernement étranger», explique le directeur du Monde en rappelant que son propre journal est «bloqué et invisible en Chine».

En effet !

Il y a un domaine, un seul dans lequel la Commission Européenne, fait preuve d’une très grande vigilance quant à la liberté d’informationc’est celui des relations parfois un peu rudes avec la presse de certains gouvernements ou leaders opposés à la politique européenne et qualifiés de  populistes, Viktor Orban, Jean-Luc Mélanchon Nickel Farrage, Beppe Grillo, Marine Le Pen, les Polonais…On a bien compris que pour elle, les journalistes doivent forcément être de son côté, et non de celui des peuples. Et lorsque la Commission s’en prend à Viktor Orban qui tente, assez vainement, de limiter les activités de la fondation Soros, véritable, puissant et très riche  centre de propagande en faveur de l’ultralibéralisme, une espèce d’ultralibinform comme il y avait un Kominform, qui, au juste défend le pluralisme et la liberté de l’information ?

Il faut sortir de cette Eurokom là.

Annexe : les demandes de la fédération Européenne des journalistes

Pas de démocratie en Europe sans indépendance des journalistes ; pas de liberté d’information sans pluralisme !
Le pluralisme de la presse doit constituer un des piliers essentiels de la démocratie en Europe. Car c’est la liberté de chacun qui est en jeu….
On constate que les droits des journalistes sont remis en cause, la précarisation gagne notamment parmi les pigistes, globalement les conditions de travail se dégradent. Les salaires stagnent. Les plans de licenciements sont légion. Le dogme de la rapidité et la course au buzz - contraire aux principes déontologiques de la profession - sont incompatibles avec une information complète, vérifiée, hiérarchisée et mise en perspective. Il s’ensuit une baisse qualitative des contenus avec pour conséquence une perte de confiance des citoyens dans l’information. Les journalistes sont de plus en plus assimilés pour le grand public aux lignes éditoriales de leurs médias. Les pressions politiques et économiques accentuent les risques de censure ou d’autocensure des journalistes eux-mêmes, dans toute l’Europe, notamment là où les journalistes sont précarisés.

1. Pas de démocratie sans indépendance des journalistes. 2. Pas de liberté de la presse sans pluralisme de l’information. 3. Pas de liberté des journalistes sans respect des droits d’auteur. 4. Pas de journalisme de qualité sans respect des conditions de travail. 5. Renforcement du service public.6. Pas de liberté de la presse sans transparence.7. défendre l’avenir du journalisme. 8. pas de presse libre sans sécurité des journalistes. 9. Le journalisme garant d’une information crédible.

Les citoyens en Europe doivent pouvoir disposer d’une information sûre et vérifiée fournie par des journalistes en responsabilité, en leur assurant de pouvoir exercer leur rôle social sans entrave. Cela suppose la reconnaissance juridique des équipes rédactionnelles et des garanties légales d’indépendance vis-à-vis des actionnaires

On ne sache pas que l’Europe ait apporté la moindre réponse à ces demandes formulées lors des dernières élections européennes



Baisser le nucléaire : non tout le monde n‘est pas d’accord ! (2)


Le scandale de l’éolien. Le rapport de la Cour des Comptes

121 milliards d’euros !  121 milliards d’euros !  Inéluctablement 121 milliards d’euros vont rejoindre les proches profondes des margoulins des éoliennes. Ce montant  représente en effet uniquement le montant du soutien public auquel s’est engagé l’Etat par les contrats signés avant 2017 au bénéfice des producteurs d’électricité d’origine éolienne et photovoltaïque (plus un chouïa de biométhane).

Ces 121 milliards seront distribués à un rythme annuel qui va passer par un pic à 7,179 milliards en 2025. Ils proviennent, selon les magistrats de la Cour des comptes dont le vocabulaire est fort poli, de «mécanismes de soutien dont les conséquences financières ont été mal appréciées». Une autre de leurs formules en réalité assassines : «Des charges importantes, durables et mal évaluées».

Dans un éclair de lucidité, la Cour y appelle à «asseoir la politique énergétique sur des arbitrages rationnels fondés sur la prise en compte du coût complet des différentes technologies». Il est certain que ne pas se ficher complètement du coût des différents moyens de production d’énergie, en particulier pour l’électricité, semble une idée raisonnable.

Partie avec cette idée pour le moins respectable, la Cour des comptes fait d’incroyables découvertes dans notre politique énergétique. Parmi ces découvertes, le coût faramineux du soutien à l’électricité photovoltaïque, pour un résultat minable. Ainsi les seuls contrats signés avant 2010 pèseront, au total lorsqu’ils seront arrivés à terme, pas moins de «38,4 milliards d’euros pour les finances publiques»,  pour… 0,7% de la production d’électricité (1), note la Cour. Ces contrats représenteront encore 2 milliards par an en 2030 et représentent une subvention de 480 € par MWh.

Les mauvais esprits ne manqueront pas de rapprocher ces presque 40 milliards d’euros de la somme quasi identique annoncée par EDF pour mettre ses réacteurs nucléaires en état de produire durant 20 ans de plus… 75% de l’électricité dont nous avons besoin.

Les contrats de l’éolien vont coûter «40,7 milliards d’euros en 20 ans» pour… «2% de la production française», précise le rapport. Récemment, les appels d’offres pour l’éolien offshore flottant de 2015 pourraient se traduire par un coût de 1,7 milliard pour moins de 100 MW de puissance installée, et 390 GWh par an, soit… 0,07% de la production nationale, notent les magistrats.

Les mauvais esprits ne manqueront pas de rapprocher ce déficit commercial du solde positif de notre balance exports/imports d’électricité, dû au nucléaire, qui nous permet d’acheter… des panneaux solaires chinois.

Les 7 000 éoliennes françaises débitent 3,99% de l’électricité produite par la France sur le premier semestre 2016. De plus, nos éoliennes sont de véritables intermittentes du spectacle, incapables de délivrer une puissance digne de ce nom en continu. Ces éoliennes nous ont coûté plus de 20 milliards d’euros d’investissements, dont 75% ont consisté à importer des machines du Danemark ou d’Allemagne. Chaque année, cinq milliards d’euros sont engloutis dans les “énergies renouvelables”, sorte de veau d’or écologique. Il s’agit d’argent que nous n’avons pas puisque le budget de notre pays est chroniquement déficitaire depuis 1976.
En 2017, les consommateurs d’électricité ont payé 5,6 milliards d’euros de surcoûts liés au tarif d’achat des énergies renouvelables de source éolienne ou solaire, selon la Commission de régulation de l’Energie (CRE).

Bientôt les gilets jaunes électriques !

L’expérience allemande : le quart de l’éolien terrestre menacé de démantèlement

Non seulement l’éolien nous coûte un pognon de dingue en subventions à la construction et à la production, mais ce sera pire...ensuite. L’éolien terrestre joue un rôle important dans le mix énergétique allemand, puisque les 29 000 éoliennes du pays ont couvert près de 16 % de la production électrique en 2017. Depuis l’adoption de la loi sur les énergies renouvelables, en 2000, les exploitants d’éoliennes profitent d’un soutien leur assurant vingt ans de revenus garantis. Les équipements les plus anciens, représentant 4500 MW de puissance installée, perdront cette aide en 2020. Par la suite, de 2000 à 3000 MW d’équipements perdront chaque année l’appui financier de l’État, pour un total de près de 14 000 MW d’ici 2023… 
Eh oui, puisque l’éolien ne peut pousser  que sur de grasses subventions, quand les subventions s’arrêtent, il va falloir l’arrêter…
Et le prix du marché reste au niveau actuel, le nombre de retraits pourrait dépasser le nombre de nouvelles installations, donnant un coup de frein à cette industrie. Le démantèlement de la partie aérienne d’une éolienne coûte environ 30 000 euros par MW de puissance installée, soit 60 000 euros pour une éolienne de 2 MW. Comment financer cette dépense? La plupart des exploitants, notamment les municipalités, sont vraiment mal préparés à cette éventualité. Même si le financement du démantèlement peut être assuré, que faire de tous les matériaux récupérés? Les parties métalliques, en acier ou en cuivre, se recyclent aisément. Mais il n’en va pas de même des pales, habituellement composées d’un mélange de fibre de verre et de fibre de carbone, liées à l’aide de résine de polyester. On ne sait pas séparer et recycler ces matières, qui pourraient s’accumuler au rythme de 16 000 tonnes par année à partir de 2021. Même leur combustion est à exclure, car les résidus obstruent les filtres des incinérateurs.

Mais ce sont peut-être les socles de béton qui sont les plus problématiques. Dans le cas d’une grande éolienne, ils peuvent faire jusqu’à 20 mètres de profondeur et représenter 3 000 tonnes de béton armé. Leur présence est un enjeu environnemental, parce que l’obstacle permet souvent à plusieurs niveaux de la nappe phréatique, normalement séparés, de se mélanger. Le code allemand du bâtiment prévoit leur démolition complète. Mais cela serait rarement le cas en réalité, en raison des coûts de centaines de milliers d’euros reliés à cette mesure. Une pratique plus courante, et officiellement tolérée, serait de les démanteler sur les deux ou trois premiers mètres, voire sur un seul, puis de les recouvrir de terre. Mais cela n’aide pas les aquifères.

Et l’agriculteur à qui on a fait miroiter les richesses ruisselant des éoliennes, quand il se trouvera à devoir financer l’enlèvement du monstre, ou vivre à perpétuité avec ses tonnes de béton dans un sol devenu inutilisable…Il va faire quoi ?

Les éoliennes vieillissantes sont un problème nouveau, qui pose des problèmes de gestion du mix électrique, de finances et d’utilisation des matériaux récupérés. Il faudra peut-être songer à forcer les exploitants à mieux provisionner cette étape du cycle de vie de leur produit…

Eolien : Une PPE absurde, un désastre écologique, économique, social !

Les chiffres sont sans appel : les 7 000 éoliennes françaises débitent 3,99% de l’électricité produite par la France sur le premier semestre 2016. Pire encore, nos éoliennes sont de véritables intermittentes du spectacle, incapables de délivrer une puissance digne de ce nom en continu. Les résultats sont très en dessous des attentes.

Diagnostic de la Cour des Comptes que l’on pourrait résumer sous le titre « Politique climatique : erreur française et fraude des mots ».  En résumé le résultat de la PPE jusqu’ici, singulièrement l’effort éolien, est climatologiquement parlant dérisoire par erreur sur la cible de l’action, visant l’électricité au lieu de viser les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre, comme le chauffage ou les transports routiers. Or, comme le système électrique français, dont le socle est constitué du nucléaire et de l’hydro-électricité, est déjà décarboné à près de 95%, il ne peut constituer une cible efficace pour l’action climatique !

Toute fermeture d’une centrale et son remplacement par de l’éolien (plus nécessairement du gaz pour la sécurité d’approvisionnement !) est écologiquement néfaste (plus de gaz à effet de serre), économiquement défavorable, socialement catastrophique ( en ce qui concerne et l’emploi, et  les consommateurs !)

En 2017, les consommateurs d’électricité vont payer 5,6 milliards d’euros de surcoûts liés au tarif d’achat des énergies renouvelables de source éolienne ou solaire, selon la Commission de régulation de l’Energie (CRE). Or si l’éolien fournit 3,99% de notre production nationale, le solaire fournit encore moins : 1,59%. Les taxes dites écologiques représentent 65 milliards d’euros par an, dont 48 milliards pour les ménages et 16 milliards pour les entreprises, selon BFM Business du 12 août 2016. Depuis 2007, la fiscalité dite verte a progressé de 40% !

Et cette fiscalité de la PPE a servi à enrichir les margoulins des éoliennes et à… aller au rebours des engagements climatiques français en augmentant le dégagement des gaz à effet de serre !
Et voilà pourquoi toue personne consciente et informée sur les enjeux écologiques, économiques et sociaux de la politique énergétique devrait soutenir les gilets jaunes !

Notre pays avait, en quatorze ans de 1990 à 2014, diminué ses émissions liées à l’énergie de 15,4%. Or depuis cette époque elles remontent chaque année, avec une accélération en 2017. Voilà qu’en 2017 par rapport à 1990, la réduction n’est plus que de 10,5% ! Notre pays est sur une voie qui, si elle de confirmait, conduirait à de graves manquements à nos engagements internationaux. Conséquence : la France a contribué à aggraver depuis trois ans le réchauffement climatique.

Comment en ait-on arrivé là deux ans après la Loi de Transition Energétique, sensée nous conduire à une énergie largement décarbonée ? Les aides publiques correspondant à la politique climatique française se portent, pour leur plus grande part sur le secteur électrique qui n’émet que 6% du total des émissions de gaz à effet de serre. Depuis 2007, au niveau mondial, solaire et éolien ont reçu les 2/3 des investissements. En 2017, ces deux énergies ont reçu plus de 95 % des investissements. Cette évolution est identique en Europe. En 2017, les investissements éoliens dans l’UE ont été de 28 milliards d’euros, soit 68,5% du total. La France, en enclenchant l’éolien marin, prend la même voie. En 2018, solaire et éolien écrasent toutes les autres énergies renouvelables. Eolien et solaire ont une particularité : leurs productions d’électricité sont intermittentes. Le premier est soumis au caprice des vents, le second aux ardeurs changeantes de l’astre des jours. L’ensemble est superbement déconnecté des besoins. Et si l’on suit la PPE, cela va empirer ! solaire et éolien devront assumer la très grande part de la transition en passant à 40% de la production électrique. Cela nécessitera des centrales à gaz pour compenser l’intermittence solaire et éolienne ! cf Lionel Taccoen, Lettre Géopolitique de l'Electricité)

Il  en aurait été tout autrement si les sommes folles, le « pognon de dingue » destiné au développement des éoliennes avait été investi dans la rénovation thermique de l’habitat et les transports ! Cette  fiscalité dite verte  qui a progressé de 40% a en fait dégradé la contribution climatique de la France (sans compter sa sécurité d’approvisionnement, le coût de l’énergie, la situation sociale des Français, la situation économique de la France)

Et c’est pour cela que les gilets jaunes ont raison, bien au-delà de leur combat factuel c’est cette absurde PPE et transition énergétique à la française qui est en cause !

Conclusion : Notre politique climatique n’est pas pilotée avec comme but majeur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais la réduction de la part du nucléaire dans l’électricité ! Et ça se voit, et les conséquences en sont là ! Elle n’est qu’une médiocre manœuvre politicienne, destinées aux écologistes bigots, scientifiquement  et techniquement incultes, bobos des centre villes.

A cela s’ajoute le déni, pour ne pas dire le foutage de gueule ! Les engagements de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990 ne seront pas tenus ? Hé bien, nous ferons encore mieux que prévu…en 2050 ! C’est grave, parce qu’au fond cela décrédibilise toute politique de lutte contre le réchauffement climatique.