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mardi 10 décembre 2019

RTE : vers le black out : Survivre à la pointe électrique !


Conditions hivernales attention !

On va commencer par un petit tweet de ceux qu‘affectionnent l’excellent Benjamin Laredo, graphe tiré tiré du site de suivi de RTE et commentaires afférents :




Premier pic à plus de 80 GW de la saison 2019-2020, on importe comme des porcs, on brûle du charbon, et l'éolien, ben ça se passe de commentaires...
Et il est où l’éolien, il sert à rien ?
Et il est où le solaire ? Il est par terre ?
Et on est encore loin des 50% de nucléaire que la loi nous impose en 2025...

Bon, si vous commencez à comprendre la problème de la pointe, bravo, vous êtes plus avancé qu’Elisabeth Borne et sa PPE bornée, et, pour en rajouter son scénario 100% ENR

Les avertissements sérieux de RTE – vers le black out !

16 février 2017 : « Cet hiver, on s'est fait un peu peur. » L'aveu hier de François Brottes, patron de Réseau de transport d'électricité (RTE), filiale d'EDF chargée de l'équilibre entre la production et la consommation d'électricité sur les lignes à haute tension, fait... froid dans le dos. Car oui, cet hiver, la France a échappé de peu, sinon au black-out général, du moins à de sérieuses coupures d'électricité.

7 octobre 2019 : RTE a baissé le courant d'une vingtaine de sites industriels énergivores lundi 7 octobre dans la soirée. C'est la deuxième fois que ce dispositif d'urgence anti black-out est activé depuis sa création dans le cadre de loi NOME de 2011. L 'incident a été discret et rapidement circonscrit, mais ce lundi 7 octobre le système électrique français a été mis à l'épreuve. Faute de production suffisante, le  gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) − qui doit assurer un équilibre permanent entre l'offre et la demande −, a dû réduire la consommation en urgence de 22 sites de production industriels aux alentours de 21 heures.
(NB il s’agit d’un arrêt brutal, qui est censé se produire sans trop de dégats, l’industiel étant censé avoir pris les précautions nécessaires, moyennant quelques indemnités)

Fin 2019 : Bilan prévisionnel RTE 2022-2023 : Une sécurité d’approvisionnement sous vigilance

La fermeture des moyens de production thermiques se poursuit avec l’arrêt des dernières centrales au charbon. En complément, le parc nucléaire connaît un programme chargé de visites décennales, entamant sa disponibilité.
De nombreux pays européens réalisent, dans le même temps, la fermeture de moyens de production thermiques à flamme et nucléaires.
Si le développement des énergies renouvelables se poursuit durant cette période, en l’absence de mise en service de l’EPR de Flamanville, il ne suffit pas à compenser les fermetures réalisées.

Donc pour la première fois, le RTE et le très politique François Brottes, d’habitude très langue de bois PPE préviennent : en 2022, ça ne passe plus ! Et, soit dit en passant, l’EPR de Flamanville étant ce qu’il est ( un prototype qui a rencontré certaines difficultés), c’est moins le retard de Flamanville qui est en cause que la fermeture de Fessenheim qui elle n’a rien d’une obligation ou d’une impossibilité technique, mais est purement politique. E qui nous obligera à garder d cvharbon, génail les écolos, c’est bon pour le réchauffement climatique…

François Brottes, président de RTE, complète : « La sécurité de l’approvisionnement est un enjeu majeur. Cela nécessite des réseaux et la flexibilité des usages »

Verstand ? Cette fois-ci, ce ne seront plus quelques industriels mais tout le monde. Vous et moi !

Et ceci encore : au détour du Schéma décennal de développement du réseau Edition 2019, RTE nous annonce une drôle de chose, une surprise. RTE prévoit une très forte augmentation de la production électrique à 2035 (640 TWh) contre 548,6 TWh en 2018,  ce qui est tout à fait à l'opposé des prévisions de consommations  faites par RTE au moment de la PPE ... qui voyait une réduction dans 3 de ses 4 scenarios et un stabilité dans le 4ème (sans parler de l'ADEME et de son scénario 100% renouvelable issu des délires assez effarants de Negawatt)

Donc on rentre dans le sérieux, et soyons clair, RTE ne croit plus à une baisse forte de la consommation énergétique, ni électrique

Et si vous voulez vous faire encore plus peur, mais attention, une vraie peur, bien réelle, bien rationnelle, lisez Michel Negynas :

Électricité : vers un black out général en Europe en 2035 ? 

Personne n’est en mesure actuellement de prévoir ce qui peut se passer en cas de problème sur un réseau européen à majorité d’énergies renouvelables aléatoires et diffuses.,

Pourquoi on ne passera plus la pointe . L’étrange alliance des ultra libéraux et des ultra écolos

Explications tirées d’un thread de l‘excellent lui aussi J.F. Raux :

Extraits : « 10 Md€ investis chaque année dans les EnR et les réseaux et malgré cela, la pointe électrique est moins couverte chaque année, le CO2 augmente, sans parler qu’on nous dit qu’il faut moins consommer ,donc l’équation économique n’est pas là»

Comment se fait-il ?

On entend souvent dire que telle nouvelle production d'ENR  va produire les KWh nécessaires à alimenter telle ville. C'est bien sûr une image simpliste, mais surtout fausse.  En effet, un raisonnement en moyenne en énergie (KWh) n'est pas valable en électricité. Puisque les ENR ne produisent pas toujours quand on en a besoin.
Le soir, en hiver, moment de grosse consommation, il n'y a pas de soleil. Donc pas d'électricité solaire. Quand il fait très froid, cela est souvent lié à la présence d'un anticyclone important, donc absence de vent également.
C'est pourquoi, le principe de base en électricité est qu'à tout instant "t" la puissance (MW) appelée par les consommateurs doit être équilibrée par la puissance des usines de production (centrale, barrage,...) en ligne : c'est la notion de puissance garantie, fondamentale. Si il y a un défaut de puissance garantie face à la puissance appelée par les consommateurs, il y a black-out. Le système s'effondre.

Par définition, la puissance des ENR n'est pas garantie. Elle dépend des caprices du vent et du soleil. Il faut donc pouvoir pallier à leur insuffisance par des centrales (Charbon, gaz, nucléaire...) dites de backup. Par exemple, pour l'éolien terrestre, 100MW installés (construits) donnent 20MW utiles en moyenne, mais non garantis : on n'est pas sûr qu'ils soient là quand on en a besoin, c'est tout bête.

Entre parenthèse, ne pas compter ces centrales de backup dans les coûts de revient des ENRI et leur bilan carbone est une escroquerie intellectuelle. Il en ira de même pour le coût des moyens de stockage demain ou après demain s’ils émergent. Donc, l’équation économique n y est pas

Mais ne peut-on pas jouer sur la flexibilité de la puissance appelée par les consommateurs ? En théorie, oui….

Sauf que  depuis la mise en place du marché de l'électricité, on a perdu 8GW d'effacements (clients qui diminuent la puissance appelée) soit l'équivalent de 5 centrales Fessenheim, car le marché ne rémunère plus les effacements suffisamment…

Le système électrique est un système technico-economique "dual" : sa tarification a pour object d'ajuster la demande en puissance à la production en puissance et réciproquement. C'est ce qu'avait inventé Marcel Boiteux. Le principe économique en est qu'un système électrique de dimensionne (nombre et taille des centrales à puissance garantie à construire, de système d'effacements garantis à mettre en place) par la puissance et s'optimise en exploitation par l'energie (on met en route les centrales par ordre de coût de production croissant).
Or, la mise en place du marché de l'électricité basé uniquement sur le prix de l'énergie "moyen" sur la plaque européennes avec des pays qui ont des profils de production/consommation différents, a détruit cette construction tarifaire, très performante en France.

Depuis, on rame et on nage en pleine pensée magique car le marché ne remplit aucun de ses deux rôles fondamentaux : investir (aucune centrale nouvelle ne peut vivre du marché) - optimiser (les prix de points sont nettement trop bas).
En plus, la production aléatoire des ENR a foutu le bazar sur ce marché : par exemple, quand il y a beaucoup de vent et peu de demande, on a des prix négatifs. On paye pour consommer. La black Friday est une plaisanterie à coté !

Il faudrait et inciter les politiques et l'Europe à revenir à un système rationnel qui colle aux fondamentaux du système électrique actuel ; mais cela c'est une autre paire de manche ! »
Pas mieux !

Chauffage électrique ou pas ? Le monde enchanté (plutôt terrifiant en fait) de negaWatt

Dans un communiqué du 11 juin 2019, negaWatt a trouvé la solution du problème de la pointe et vise le chauffage électrique : Réduire la pointe électrique en France : une action nécessaire et bénéfique.
« En France, la pointe de consommation électrique  est 55 % plus élevée que dans les autres pays européens. En cause, le développement massif du chauffage électrique depuis les années 1970 et bien d’autres usages tout aussi dispendieux…
Le chauffage électrique, exception française : Conséquence du programme nucléaire, la France s’est progressivement dotée d’un parc important de convecteurs électriques permettant de chauffer logements et bureaux. La consommation électrique française est de ce fait très sensible à la température extérieure : en hiver, chaque degré en moins entraîne une hausse de 2400 MW de la consommation d’électricité ; autant que dans tout le reste de l’Europe. La réduction de la pointe électrique passe donc aant tout par un programme de rénovation thermique performante des logements les plus énergivores équipés de convecteurs électriques, et par un remplacement de ces appareils par des pompes à chaleur performantes. La rénovation performante des seuls logements classés F ou G (avec remplacement des convecteurs par des pompes à chaleur) engendrerait une baisse de 13 GW de la puissance électrique appelée en période de grand froid (-13 %).
Si elle est indispensable, cette mesure est loin d’être la seule permettant de réduire la pointe électrique. »

Commentaire : en effet ! Sur la prétendue efficacité et rentabilité de la rénovation énergétique, cf. l’article de Gaël Blaise et Mathieu Glachan, chercheurs à Mines -Paritech

1.000 euros de travaux ne diminuerait en moyenne la facture énergétique que de 8,4 euros par an. Pour un investissement moyen de l'enquête, cela correspond à une diminution de 2,7% de la facture. Le nombre d'années nécessaires pour récupérer le coût de l'investissement initial, est de 120 ans

Chauffage électrique ou pas ? La réalité par Brice Lalonde

En fait, ce qui se passe c’est que le chauffage électrique est de plus en plus remplacé par le chauffage au gaz, et que dans un pays où l’électricité est fortement décarbonée grâce au nucléaire, c’est une hérésie climatique ! Ceci  a été très bien expliqué par Brice Lalonde, qui, l’âge et la raison aidant, est devenu un partisan du nucléaire.

M. Dupont possède une maison chauffée à l’électricité. Elle est correctement isolée, combles étanches et doubles vitrages. Il a choisi des radiateurs connectés de nouvelle génération. Il a souscrit des contrats de fourniture d’électricité verte, d’origine renouvelable ! Soucieux de contribuer à la transition énergétique, il a fait réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE). Surprise, sa maison est classée F, c’est-à-dire que sa performance est jugée médiocre. Comment l’améliorer ?
C’est simple lui répond-on : « Passez au gaz ».Car la même maison, chauffée au gaz, pourra sauter deux grades et être classée D !
Pourquoi ? C’est grâce au facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire »qui atteint un maximum européen de 2.58 en France (contre, par exemple, 1.6 en Suède), ce qui favorise excessivement le gaz par rapport au nucléaire.

Conséquence : M. Dupont possède une maison chauffée à l’électricité. Elle est correctement isolée, combles étanches et doubles vitrages. Il a choisi des radiateurs connectés de nouvelle génération. Il a souscrit des contrats de fourniture d’électricité verte, d’origine renouvelable ! Soucieux de contribuer à la transition énergétique, il a fait réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE). Surprise, sa maison est classée F, c’est-à-dire que sa performance est jugée médiocre. Comment l’améliorer ?
C’est simple lui répond-on : « Passez au gaz ».Car la même maison, chauffée au gaz, pourra sauter deux grades et être classée D !

Le résultat, c’est que 75 % des logements collectifs neufs installent un chauffage au gaz.
Et ceci grâce à l’action efficace  des lobbys du gaz, avec la complicité des soi-disant écolos, mais surtout antinucléaires !

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/transition-energetique-et-grandes.html

dimanche 8 décembre 2019

La sobriété énergétique est mal partie…1) La rénovation énergétique


RTE l’avoue : la PPE est un chiffon de papier

Au détour du Schéma décennal de développement du réseau Edition 2019, RTE nous annonce une drôle de chose, une surprise. RTE prévoit une très forte augmentation de la production électrique à 2035 (640 TWh) contre 548,6 TWh en 2018,  ce qui est tout à fait à l'opposé des prévisions de consommations  faites par RTE au moment de la PPE ... qui voyait une réduction dans 3 de ses 4 scenarios et un stabilité dans le 4ème (sans parler de l'ADEME et de son scénario 100% renouvelable issu des délires assez effarants de Negawatt)

Donc on rentre dans le sérieux, et soyons clair, RTE ne croit plus à une baisse forte de la consommation énergétique, et comme l’électricité, à condition qu’elle soit produite par du nucléaire et de l’hydraulique ( et un peu, pourquoi pas d’éolien et de solaire non pilotables) est extrêmement décarbonée, si l’on veut que la France remplisse ses engagements climatiques, la conséquence logique est une augmentation forte de la demande électrique…

Et ajouterais-je, un rôle important pour le nouveau nucléaire… Pour une discussion plus approfondie, cf. les excellent Sauvons le Climat .

Donc, pour RTE la PPE est ce qu’elle est un chiffon de papier idiot  et ses objectifs de sobriété énergétique…une triste farce.

La sobriété énergétique, on l’a déjà…mais contrainte ; c’est la précarité énergétique !

Très intéressant rapport de l’observatoire européen de la précarité énergétique (EPOV), Addressing Energy Poverty in the European Union: State of Play and Action.(2019)
Sur la base de 4 indicateurs distincts, ce rapport fait le constat que :
44,5 millions d’européens n’arrivent pas à chauffer convenablement leur logement,
41,5 millions ont des arriérés sur leur facture d’énergie,
16,3% des ménages européens ont un taux d’effort énergétique anormalement élevé, c’est-à-dire 2 fois supérieur à la médiane nationale (2010)
19,2% des ménages ont déclaré avoir eu trop chaud chez eux durant l’été 2012.
Le rapport évoque par ailleurs un indicateur qui n’est pas exploité en France : la précarité énergétique « cachée », c’est-à-dire les ménages dont les dépenses d’énergie, en valeur absolue, sont inférieures à la moitié de la médiane nationale (dépenses anormalement faibles)

Donc vous allez parler de sobriété énergétique à des gens qui ne peuvent consommer autant d’énergie que ce dont ils auraient besoin ?

En ce qui concerne la France, il ne faudrait pas déjà oublier l’épisode violent et inédit des Gilets Jaunes, provoqué par une taxe carbone visant à imposer une sobriété énergétique à des gens qui ne peuvent la supporter ? Et, non, MM de Negawatt et écolos bigots, ce n’est pas mauvaise volonté de beaufs accrochés à leurs 4/4. Les ménages modestes ont moins de capacités pour investir dans des équipements moins consommateurs, Les ménages modestes sont soumis à davantage de choix contraints : absence de réseaux de transport en commun, mode de chauffage pour les locataires, choix d’une localisation en milieu péri-urbain pour accroître sa surface faute d’une offre équivalente dans un centre-ville etc.

Les Gilets Jaunes ont été la première révolte de la sobriété énergétique… Bon courage pour la suite.

Ah oui, mais il y a la rénovation thermique des logements qui va tout régler. Ben justement, on peut en douter sérieusement…

La rénovation thermique, ça ne fonctionne pas ! 1) Des scenarios exagérément optimistes .

Il faut reconnaitre à negaWatt l’effort d’avoir tenté le chiffrage d’un scénario agressif de réduction énergétique. Dans ce scénario, l’essentiel viendrait de la sobriété énergétique qui consiste à privilégier les usages les plus utiles, à « restreindre les plus extravagants et supprimer les plus nuisibles » ; de beaux débats en perspective pour juger ce qui est utile ou nuisible… Il faudrait accéder à moins de biens et de services, c’est-à-dire vivre de manière moins riche.
La consommation résidentielle et tertiaire diminuerait de 49 % grâce à une stabilisation du nombre d’habitants par foyer (moins de célibataires ?), un développement de l’habitat en petit collectif (faudra-t-il interdire de construire des maisons individuelles ?), un ralentissement de la croissance des constructions (le nombre de logements construits chaque année serait divisé par 3, leur surface baisserait de 25%), l’optimisation des systèmes de chauffage et l’isolation des logements.

Moi qui pensait justement que la France manquait chroniquement de logements et qu’il existait une forte demande sociale pour en construire de nouveaux et faire baisser le prix de l’immobilier !

Mais penchons-nous sur l’isolation et la rénovation thermique des logements.

Il faudrait, selon négaWatt, rénover chaque année jusqu’à 780 000 logements pour les amener à une consommation moyenne de 40 kWh/m² par an pour les besoins du chauffage. En 2012, l’État français avait fixé l’objectif de rénover 500 000 logements chaque année, un objectif qualifié dans le journal Le Monde du 4 juin 2014 de « définitivement hors d’atteinte ».
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte adoptée en 2015 prévoyait également, sans préciser d’objectif de consommation, 500 000 rénovations par an, objectif non atteint puisqu’on en rénove moins de 300 000 chaque année.
Le plan Hulot annoncé au printemps 2018 en prévoit lui aussi 500 000, un objectif bien inférieur aux 780 000 de négaWatt.

Donc en chiffre, et malgré toutes les offres et les campagnes, on y est pas. Rénover thermiquement pour arriver à quelle consommation ? En fait, le but affiché par negWatt de 40 kWh/m² pour le chauffage est tout simplement inatteignable.

 La réglementation thermique 2012 en vigueur exige qu’un logement neuf (Bâtiment Basse Consommation) consomme moins de 50 kWh/m² par an, donc plus que 40, mais on sait que la consommation réelle est souvent supérieure ; les logements collectifs neufs ont d’ailleurs droit à des dérogations. La consommation moyenne des logements français est actuellement proche de 200 kWh par m², très loin de 40…
Rénover un logement ne signifie pas que sa consommation atteigne un niveau suffisamment bas : on peut gagner beaucoup sur des logements mal isolés, passer par exemple de 300 à 150 kWh/m² par an, mais il est très difficile dans l’ancien de descendre en dessous de 50…

Conclusion de  Bertrand Cassoret, auteur du livre « Transition énergétique, ces vérités qui dérangent ! » dans un important article du Monde de l’Energie

« Ces considérations m’amènent à penser que l’objectif de négaWatt est extrêmement optimiste. Un point crucial, puisque le chauffage est la première cause de dépense d’énergie des bâtiments, et que ceux-ci représentent le premier secteur de dépense énergétique français, devant les transports et l’industrie. Je pense que la consommation d’énergie pour le chauffage atteindra une moyenne de 40 kWh/m² par an quand l’énergie manquera et que les habitants auront froid. »

Le problème, c’est que ce ne sont pas seulement les chiffres et le scenario de negaWatt, mais qu’l a été largement repris dans les scenario de la PPE…

Le vrai coût de la rénovation thermique et de l’isolation : « La rénovation thermique de votre logement réduira à peine votre facture »

Pour faire bonne mesure, ajoutons-y un travail universitaire de Gaël Blaise et Matthieu Glachant, chercheurs à MINES ParisTech – PSL paru dans la Revue de l’Energie
Pour un résumé, voir

Extraits :

« La rénovation thermique de votre logement réduira à peine votre facture… Une étude montre que la facture énergétique des ménages est bien moins sensible à la rénovation que prévu, ce qui interroge l'action publique en la matière. »

« La rénovation énergétique est l'un des piliers de l'action publique en faveur de la transition énergétique. Dernière illustration en date, le plan gouvernemental de rénovation énergétique des bâtiments, qui prévoit la rénovation de 500.000 logements par an pendant cinq ans. Ou le discours de politique générale de juin 2019 du Premier ministre qui annonçait une réforme des aides à la rénovation.

Cette priorité se manifeste par une multiplication d'instruments: éco-prêt à taux zéro, crédit d'impôt pour la transition énergétique, certificats d'économies d'énergie, diagnostic de performance énergétique, et les acronymes correspondants: éco-PTZ, CITE, CEE, DPE... Mais la rénovation énergétique des logements réduit-elle vraiment la consommation d'énergie comme elle le prétend ?..

Nous venons de publier une étude économétrique reposant sur l'observation des travaux réellement effectués par des ménages et leurs factures énergétiques avant et après travaux. Les données proviennent de l'enquête Maîtrise de l'énergie réalisée par TNS-SOFRES pour l'Ademe…

Le modèle économétrique…consiste pour l'essentiel à comparer la variation de la consommation d'énergie d'un ménage réalisant des travaux avec celle des ménages n'effectuant pas de travaux ou des travaux d'un montant différent. Pour identifier un effet «toutes choses égales par ailleurs», nous effectuons cette comparaison pour une même année et entre des ménages vivant dans la même région (et donc soumis aux mêmes conditions météorologiques, macroéconomiques et réglementaires), ayant un revenu similaire et une taille de foyer identique, contrôlant ainsi l'effet de facteurs susceptibles d'affecter la consommation énergétique.

Notre estimation aboutit au résultat suivant: 1.000 euros de travaux ne diminuerait en moyenne la facture énergétique que de 8,4 euros par an. Pour un investissement moyen de l'enquête, cela correspond à une diminution de 2,7% de la facture. La rénovation énergétique est alors loin d'être rentable si l'on s'en tient aux seules économies d'énergie puisque le temps de retour correspondant, c'est-à-dire le nombre d'années nécessaires pour récupérer le coût de l'investissement initial, est de 120 ans.

Ce résultat apparaît en décalage avec le consensus actuel des expert·es. Notre estimation est par exemple beaucoup plus faible que celles incluses dans les fiches des opérations standardisées utilisées pour calculer les économies d'énergie générant les Certificats d'économie d'énergie (CEE).
À titre d'illustration, la fiche CEE décrivant la pose d'une fenêtre ou d'une porte-fenêtre avec vitrage isolant –une opération notoirement moins efficace que d'autres– prédit un impact deux fois plus élevé que notre estimation de l'impact de l'investissement moyen.
Notre travail est une analyse a posteriori sur des données décrivant des comportements réels. Au contraire, le consensus d'expert·es a été construit en France à partir de modèles de simulation fondés sur des hypothèses de comportements. De ce point de vue, notre approche est plus proche d'une étude américaine réalisée en 2018 qui identifie elle aussi des impacts très faibles –des économies d'énergie environ 2,5 fois inférieures à celles prédites par le modèle utilisé par les autorités publiques américaines pour piloter de nombreux programmes de soutien à la rénovation énergétique.

Comment alors expliquer la modestie de ces impacts? Une première explication tient au fait que la première motivation exprimée par les ménages réalisant des travaux de rénovation énergétique n'est pas l'économie d'énergie, mais le confort. Or améliorer son confort équivaut en pratique à augmenter la température intérieure du logement. Après rénovation, rien ne dit que cette augmentation ne vienne annuler l'impact énergétique des travaux. Plus de confort, moins de déperdition d'énergie mais au total plus de consommation d'énergie. C'est «l'effet rebond».

Par ailleurs, la qualité n'est pas toujours au rendez-vous dans un marché de la rénovation où prévaut une asymétrie d'information entre des ménages peu au fait des subtilités techniques de l'opération, et des professionnel·les qui savent que la qualité de leur prestation ne sera observée par les client·es qu'une fois les travaux terminés et la facture réglée.

En tout état de cause, la rénovation énergétique ne constitue pas un gisement d'opérations peu coûteuses de réduction de la consommation d'énergie, et par conséquent des émissions de gaz à effet de serre…

Notre étude invite donc à cibler le soutien public sur les travaux les plus efficaces (en particulier, l'isolation des combles, des murs, des planchers).
Enfin et surtout, ce résultat invite à déplacer la focale de l'action publique des consommateurs d'énergie vers les fournisseurs de solutions de rénovation énergétique avec un double objectif: réduire les prix et améliorer la qualité de la rénovation. D'autant que la multiplication des aides allouées à leur clientèle n'a pu que dégrader leur performance sur ces deux dimensions. Des dispositifs comme l'opération en cours «isolation des combles à 1 euro» rendent ainsi presque accessoires le prix et la qualité des travaux réalisés. »

Commentaires :

1) Sous la pression d’un certain nombre de militants de l’écologie fondamentale très médiatiques qui ne rêvent que décroissance, on a fait croire que la rénovation thermique permettrait une sobriété heureuse à peu de frais et des économies pour les citoyens.
Or une rénovation thermique sérieuse ne consiste pas seulement en un changement des fenêtres et une vague isolation des combles. Son coût et sa rentabilité ont été largement sous-estimés ; en fait, 8.3 euros d’économies par ans pour 1000 euros d’investissement et 120 ans pour rentabiliser..

2) Le seuil de de 40 kWh/m² par an est largement utopique et rien n’indique qu’il puisse être atteint, surtout pas dans le vieux ( moyenne actuelle 200 kWh par m²) et même pas dans le neuf. A cette valeur, ça va peler !

Quant à l’objectif de décarbonation, il ne sera pas atteint. Et surtout pas si l’on continue à favoriser le chauffage au gaz par rapport au chauffage électrique par le biais du très technique mais puissant facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire (cf. Brice Lalonde, (https://www.equilibredesenergies.org/14-06-2019-ubu-et-les-gaziers-tribune-de-brice-lalonde) et https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/transition-energetique-et-grandes.html).

3) Lorsqu’on améliore l’efficacité énergétique d’un ménage en état de précarité énergétique, eh ben, il veut d’abord enfin avoir chaud ! Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas le faire, cela signifie que les économies d’énergies à en attendre sont plus faibles que celles anticipées.

4) Nos concitoyens et surtout les plus faibles (précarité énergétique, personnes âgées, etc.) sont la proie de très nombreux aigrefins de la rénovation, qui leur font miroiter des économies sr le chauffage qui n’arriveront jamais, au surplus avec des travaux de qualité médiocre, et le devoir civique de diminuer les dégagements de CO2 et gaz à effets de serre, ce qui ne se produit pas non plus.
Et ceci avec l’appui du gouvernement et par injection massive de fonds publics.



vendredi 6 décembre 2019

Le Parlement Européen et la politique énergétique- Le nucléaire « phased out " ?


Un débat au Parlement Européen : le « phasing out «  du nucléaire !

Il y a quelque temps j’ai écrit de nombreux « Eurokom » pour expliquer à quel point les Institutions européennes dysfonctionnaient et ce, dans tous les domaines ;  pour  ceux que ça intéresse, taper Eurokom en recherche sur ce blog, vous verrez ce que je veux dire et à quel point l’envie de se brexiter peut devenir prégnante. Junker prévoyait que cette Commission serait celle de la dernière chance, eh ben, c’est bien parti !
Donc le Parlement Européen annonce fièrement  qu’à l’occasion de la COP25, il déclare l' Urgence Climatique et qu’à quelques jours de la COP25 à Madrid, les députés ont adopté « une position ambitieuse en vue de la prochaine COP25 à Madrid. Au vu de l'urgence climatique et environnementale, il est essentiel de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 55% en 2030. Ce vote envoie également un message clair et opportun à la Commission européenne quelques semaines avant la publication de la communication sur le pacte vert. Pascal Canfin (Renew Europe, FR). Le Parlement Européen a donc établi et voté une Résolution sur la COP 25 (28 novembre 2019)

Articles 52-54 Les lobby du gaz à l’oeuvre

C’est beau, c’est grand l’Europe… Sauf que dans la première version de la Résolution, sur 127 points, apparaissent très très discrètement deux articles très très problématiques :

Article 52 : Appelle la Banque d’investissement Européenne à mettre fin au financement des projets d’énergie fossile, sauf pour le gaz lorsqu’il est utilisé en conjonction avec les renouvelables comme technologie provisoire pour remplacer le charbon, quand aucune autre alternative existe…
Ah oui, bien bossé  le lobby gazier, bien bossé les Allemands et leur transition faisandée qui, par dogmatisme et démagogie antinucléaire, a brûlé plus de 680 milliards d’euros en éolien et solaire sans diminuer d’un iota leurs émissions de CO2 pour la production d’électricité, et leur projet gazstream avec les Russes. Un article qui permettait de financer tous les projets gaziers…puisqu’il suffit de les adosser à quelques éoliennes auxquels ils sont de toute façon nécessaire pour compenser leur intermittence…

Commentaire de Pascal Canfin,, n°2 de la liste LREM et président de la commission Envi (Environnement, Santé Publique et Sécurité Sanitaire), chargé de le rédaction de cette résolution :
« Le sujet du gaz est politiquement sensible entre les pays européens. Il y a 15 jours via un amendement nous avons voulu contribuer à trouver le bon compromis en décrivant les conditions extrêmement strictes sous lesquelles elle pouvait financer le gaz : uniquement lorsqu’il est lié avec des renouvelables, lorsqu’il s’agit d’un investissement pour sortir du charbon, et lorsqu’il n’y pas d’effet de blocage au sens où une infrastructure gaz doit pouvoir être amortie en 10 ans sinon elle devient contreproductive dans la marche vers la neutralité carbone après 2030, là où elle peut être utile à court terme pour aider à sortir du charbon et à gérer l’intermittence des renouvelables. Nous avons fait bouger les lignes. Les groupes les plus conservateurs du Parlement se sont déportés vers une position plus progressiste que celle de la défense du gaz à tout prix. Force est de constater que nous avons contribué à faire atterrir le bon compromis réussi car le 14 novembre, la BEI est arrivée à un accord : elle ne financera plus de projets dans le secteur des énergies fossiles à partir de 2021, soit un an plus tard que prévu initialement pour permettre notamment à des pays d’Europe centrale et orientale de financer des infrastructures en lien avec la diminution progressive de la part du charbon. C’est le chemin maintenant que la Commission doit également emprunter en réduisant massivement le soutien qu’elle prévoit encore à de nouvelles infrastructures gazières qui se révèleront contre productives dans quelques années »

Grand triomphe donc de Pascal Canfin défiant victorieusement les louches manœuvres des lobbys allemands et gaziers. L’article 52 devient l’article 54 : le Parlement Européen

« salue la décision prise par le conseil d’administration de la BEI de mettre fin au financement de la plupart des projets dans le domaine des combustibles fossiles à partir de la fin de l’année 2021 et d’augmenter progressivement la part de son financement consacrée à l’action pour le climat et à la viabilité environnementale, afin d’atteindre 50 % de ses opérations à partir de 2025 ;  estime qu’il s’agit d’une première étape ambitieuse vers la transformation de la BEI en une banque européenne de lutte contre le changement climatique; demande aux États membres d’appliquer le même principe en matière de garanties de crédit à l’exportation »
Bon, les Etats membres continueront à faire à peu près ce qu’ils veulent, les gaziers ont gagné un an plein pot de financement, et ensuite, ben on verra, ce ne sont que la plupart des projets qui ne bénéficieront plus de conditions financières favorables et écologiques, mais pour quelques-uns bien choisis, ça pourra continuer…

Du coup la centrale au gaz de Landivisiau qui émettra chaque année jusqu’à 1.5 million de tonnes de CO2 (l’équivalent de 670 000 voitures) pourrait remplir parfaitement les conditions pour obtenir des prêts…

Articles 56-59 (amendement 38) : le nucléaire éliminé !

Beaucoup plus grave, un autre article discrètement introduit par le SPD allemand qui aurait obligé la France et les autres pays européens à fermer toutes leurs centrales nucléaires : Donc, le Parlement Européen

56  « estime que l’énergie nucléaire n’est ni sûre ni durable sur le plan environnemental ou économique; propose, par conséquent, de mettre au point une stratégie de transition juste visant à supprimer progressivement la production d’énergie nucléaire dans l’Union, en proposant de nouveaux emplois aux personnes qui travaillent dans le secteur du nucléaire et en intégrant des plans sûrs de démantèlement des centrales nucléaires et de traitement à long terme des déchets nucléaires ».
Merci encore le lobby gazier, merci les Allemands, qui, bien dans…l’embarras, avec leur électricité pas décarbonnée et deux fois plus chère sont bien décidés à ne plus laisser les Français bénéficier de leur investissement nucléaire ;

Heureusement, un certain nombre de parlementaires se sont mobilisés et ont proposé un amendement 38 qui redonne au nucléaire une place d’ailleurs encore bien trop timide. Finalement, article 59 :
59.  « estime que l’énergie nucléaire peut contribuer à atteindre les objectifs en matière de climat dès lors que c’est une énergie qui n’émet pas de gaz à effet de serre, et qu’elle peut également représenter une part non négligeable de la production électrique en Europe; considère néanmoins qu’en raison des déchets qu’elle génère, cette énergie nécessite une stratégie à moyen et long terme qui tienne compte des avancées technologiques (laser, fusion, etc.) visant à améliorer la durabilité du secteur »

Qui s’est mobilisé pour cet amendement 38 sauvant la seule technologie qui puisse nous permettre de répondre au défi climatique sans effondrement de nos sociétés ? Apparemment, Christophe Grudler ( Reniassance, ex- Modem, implanté à Belfort) a joué un rôle important dans cette réaction salutaire.

Liste des auteurs de l’amendement :

Christophe Grudler, (Renaissance France) Chrysoula Zacharopoulou (Renaissance, Grèce), Stéphanie Yon-Courtin (Renaissance, France), Stéphane Bijoux ( Renaissance France), Irène Tolleret (Renaissance, France), Frédérique Ries (Renaissance, Belgique), Olivier Chastel (Renaissance, Belgique, pharmacien), Gilles Boyer (Renaissance, France), Laurence Farreng (Renaissance, France), Dominique Riquet (Renaissance, France), Klemen GROŠELJ (Renaissance, Slovénie), Karin KARLSBRO (Renaissance, Suède), Ondřej Kovařík (Renaissance, Tchèquie), , Ondřej Knotek (Renaissance, Tchèquie), Caroline Nagtegaal,  (Renaissance, Pays-Bas), Jan Huitema (Renaissance, Pays-Bas), Derk Jan Eppink (Renaissance, Pays-Bas), Robert Roos (ECR, Pays-Bas), Rob Rooken (ECR, Pays-Bas), Jörgen Warborn (PPE, Suède), Anna-Michelle Asimakopoulou (PPE, Grèce), Anne Sander (PPE, France), François-Xavier Bellamy (PPE, France), Marie-Pierre Vedrenne (Renaissance, France), Geoffrey Van Orden (ECR, Royaume-Uni), Stéphane Séjourné (Renaissance, France), Arba Kokalari (PPE, Suède), Tomas Tobé (PPE, Suède), Sara Skyttedal (PPE, Suède), , David Lega (PPE, Suède) , Jessica Polfjärd (PPE, Suède), Sheila Ritchie (Renaissance, Royaume-Uni), Kateřina Konečná (GUE, Tchèquie), Brice Hortefeux (PPE, France), Agnès Evren (PPE, France), Nathalie Colin-Oesterlé (PPE, France), Martina Dlabajová (Renaissance, Tchèquie), Martin Hlaváček (Renaissance, Tchèquie), Dita Charanzová (Renaissance, Tchèquie, Vice-Présidente du PE), Alexandr Vondra (ECR, Tchèquie), Miapetra Kumpula-Natri (S et D, Finlande), Anthea McIntyre ( ECR, Royaume-Uni), , Radka Maxová (Renaissance, Tchèquie),  Elsi Katainen (Renaissance, Finlande), Assita Kanko (ECR, Belgique), Johan Van Overtveldt (ECR, Belgique)

Soit :   
Renaissance : 25 :  9 Fr, 6 Tch, 3 Pays-Bas, 2 Belgique, 1 Grèce, 1 Slovénie, 1 Suède, 1 R-U, 1 Finlande.
PPE :  13 : 6 Suède, 5 Fr, 2 Pays-Bas, 1 Gr), dont F.X Bellamy
GUE : 1 : Tchéquie
ECR : 7 :  2 Pays- Bas, 2 Belgique, 2 R-U, 1 Tchèquie)
SD 1 : Finlande
Mmes et Mr : Merci, un très grand merci pour avoir rappelé une évidence scientifique et technique. Une remarque : dans cette liste, deux seuls membres de la gauche – et pas un Français, pas un ecolo

Résultats du vote de l’amendement en séance plénière :

Pour : 322
ECR : 51  (une grande partie de Polonais)
GUE : 3 (Irlande, Tchèquie, Espagne)
ID : 60
NI : 10
PPE : 109 ( la plupart des français, 40% des Allemands…tiens, tiens, ça commencerait à bouger dans la droite Allemande, vivement que Merkel s’en aille)
Renaissance : 47
SD : 31 (1Malte,  8 Roumain, 2 Pologne, 2 Slovaque, 1 Slovène,  1 Italie, 7 RU, 2 Finlande, 5 Bulg)

Bravo et Merci à tous !

Pas un seul député Français de gauche (Gue ou SD) n’a voté en faveur de cet amendement. De quoi vous filer un peu le bourdon, il n’est pas sain  que le choix rationnel en faveur du nucléaire soit aussi marqué à droite, ID (RN en France) compris. De quoi regretter aussi la vieille et vraie gauche, celle des socialistes comme Le Déaut, Cazeneuve, Bataille, et les solides communistes enracinés dans leurs bases industrielles. Evidemment, si la gauche maintenant, ce sont les bobos types type Glucksmann en concurrence démagogique avec les écolos bigots de EELV, il ne faut peut-être pas s’étonner de certains résultats.

A noter l’exception anglaise – mais ils ne vont pas tarder à nous manquer : travaillistes et conservateurs sont plutôt pro nucléaires ( par contre, pas les lib dem)

 A noter aussi peut-être une évolution allemande : à la louche, 40% des députés allemands PPE ont voté pour l’amendement, en contradiction avec la politique d’Angela Merkel ; l’échec patent de l‘Energie wende commence à faire réfléchir certains ? Par contre les SD allemands restent obstinément et fanatiquement anti-nucléaires. Ils sont même à l’origine de l’article original phase out !

Contre : 298

ECR :  1 (Tchèquie)
GUE : 35 ( dont tous les français, eh oui, la France Insoumise, c’est pas le PC..)
ID : 5  (Belgique, Autriche 3, Danemark)
NI : 17
PPE : 35
Renaissance : 35 (Dont Canfin et Durand, les lib dem anglais)
SD : 104 ( dont Glucksmann et tous les Français))
Verts 65 (tous les verts français)

Abstention : 45

ECR : 3
GUE : 1 (Finlande)
NI : 4
PPE : 11
Renaissance : 15 dont Nathalie Loiseau, Fabienne Keller
SD : 8
Verts : 3 (2 Parti Pirate Tchèques, 1Irlande)

Palinodies de Pascal Canfin et Elisabeth Borne

Pascal Canfin

Au début, Pascal Canfin s’est opposé en vain en commission ENVI à l’amendement anti-nucléaire du SPD. A noter qu’il est tout de même président de cette commission et qu’il a été mis en minorité !
C’est assez inquiétant pour le futur et la composition de la commission Envi laisse présager une prise en main par la démagogie et les écolos bigots. Il faudra y veiller, et c’est assez anormal qu’une commission aussi importante soit ainsi laissée prête à toutes les dérives de la Fake Science.

Explication de Pascal Canfin :

 « Un amendement déposé par le SPD allemand a été adopté à quelques voix par la commission Environnement. Outrancier dans le propos et hors sujet vis-à-vis des compétences de l’Union européenne, qui n’est absolument pas décisionnaire en matière nucléaire, j’ai voté contre ce paragraphe comme le groupe Renew. Puisqu’il a été voté en commission, il sera soumis au vote cette semaine à Strasbourg. Je m’y opposerai une nouvelle fois car cet amendement de posture ne cherche pas à construire une stratégie énergétique européenne cohérente mais juste à créer de la polémique stérile. Ma position sur le nucléaire est simple : il s’agit d’une source d’énergie décarbonée, ce que personne ne peut contester. Et au-delà de la question des déchets pour lesquels il n’existe aujourd’hui pas de solution satisfaisante, son coût ne cesse d’augmenter et les nouveaux réacteurs sont aujourd’hui totalement non compétitifs avec les renouvelables dont, à l’inverse, le coût ne cesse de baisser »

NB. Ok pour le décarboné, non pour les déchets pour lesquels la solution de l’enfouissement profond fait consensus chez les experts, et non, et mille fois non pour le prétendu manque de compétitivité par rapport aux ENR (cf. sur ce blog la malédiction des ENR.

Finalement, Pascal Canfin, contre la majorité du groupe Renaissance, a voté contre l’amendement 38 !

Elisabeth Borne

Elisabeth Borne dans un magnifique communiqué langue de bois a félicité Pascal Canfin et Renew Europe pour le vote du Parlement Européen.
Sauf que, il faudrait tout de même savoir si Elisabeth Borne soutient Christophe Grudler et la majorité de Renew Europe qui a écarté l’amendement anti-nucléaire du SPD allemand et de la Commission Envi et voté l’amendement 38 (maintenant article 59), ou Pascal Canfin et les Verts français qui ont voté contre cet amendement ?

Compte-tenu des positions de Mme Borne sur le nucléaire et le glyphosate, il semble qu’elle soit la principale représentante de la Fake Science au gouvernement. Au poste qu’elle occupe, cela devient vraiment un  problème.