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dimanche 15 décembre 2019

Le chauffage nucléaire, un atout pour la transition énergétique 1) la cogénération nucléaire


Intérêt de la cogénération nucléaire pour le chauffage

En France, le chauffage des bâtiments représente 22% des dégagements de gaz à effets de serre, derrière l’industrie (22%) et les Transports (26%) ; encore sans doute une partie de la consommation industrielle est-elle aussi en fait liée à une consommation de chaleur. Le chauffage représente donc une partie très important des émissions de gaz à effet de serre (surtout CO2).


Comment diminuer ces émissions ? On peut passer davantage au chauffage électrique, qui peut constituer une bonne solution pour l’habitat individuel. (cf. notamment l’action de Brice Lalonde, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/transition-energetique-et-grandes.html)

Mais on peut aussi récupérer la chaleur générée dans les centrales électriques pour faire tourner les turbines et l’utiliser directement, ce qui évite une double conversion ; c’est la cogénération production simultanée d'électricité et de chaleur utile qui valorise une énergie généralement rejetée dans l'environnement, comme la chaleur. Une centrale, quelle que soit son combustible n’utilise que de 30 à 40 % de la chaleur générée (les centrales à cycles dits combinés, plus récentes et sophistiquées montent typiquement à 60%.
 Cette cogénération peut être faite à partir du fuel, du gaz ou…mieux encore du nucléaire ; mieux encore parce que dans ce cas, l’électricité ou la chaleur produites sont davantage décarbonées. C’est la cogénération nucléaire.

Actualités de la cogénération nucléaire

En Chine : Bienvenue à Haiyang : « la chaleur propre »

Mars 2019 : La Chine a lancé son premier système commercial de cogénération nucléaire, en utilisant deux réacteurs AP1000 nouvellement opérationnels à la centrale nucléaire de Haiyang pour chauffer 700 000 mètres carrés de logements. Dans le cadre de la première étape, le projet fournit de la chaleur au dortoir des employés de la centrale nucléaire et à certaines zones résidentielles de Haiyang, une ville côtière de la province du Shandong, dans l'est de la Chine, qui compte environ 658 000 habitants. Aucun calendrier n'est fourni, mais SDNPC dit une étape ultérieure impliquera des modifications aux unités 1 et 2 pour augmenter la capacité de chauffage à 30 millions de mètres carrés.

Selon l’AIEA, le projet Haiyang est important pour deux raisons : il tire parti de l'énergie des réacteurs de troisième génération nouvellement construits, certains des premiers AP1000 achevés à ce jour; et son succès servira de modèle pour la diversification de l'énergie nucléaire et une expansion de la chaleur « propre » en Chine, qui a 45,6 GW de capacité nucléaire installée et a un autre 11 GW en construction.

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En Russie : Bienvenue au nouveau VVER-1200 de Saint-Petersbourg

À Saint-Pétersbourg, la cogénération nucléaire (bas-carbone) est une réalité. Le dernier réacteur de la centrale de Saint-Petersbourg (entré en service en 2018) a été connecté au réseau de chaleur industrielle de la ville.
Cette centrale devient ainsi une source de chaleur de base pour l'arrondissement de Sosnovoborskiy. Le coût net de la chaleur produite à la centrale nucléaire est bien inférieur au coût net de la source de chaleur produite dans les chaudières fonctionnant au combustible organique. En outre, l'utilisation de la chaleur des centrales nucléaires empêche les émissions de dioxyde de carbone et réduit son impact sur l'environnement.
La production thermique du nouveau bloc d'alimentation VVER-1200 est de 3 200 mégawatts ou 250 Gcal/h, ce qui est à peu près suffisant pour fournir de la chaleur au parc industriel et à tout Sosnovy Bor, a expliqué Andrey Graf, directeur adjoint de la salle des turbines de l'exploitation de la centrale nucléaire de Leningrad «  À l'heure actuelle, nous n'utilisons qu'un tiers de la capacité de l'équipement, et il répond à plus de 60 % de la demande de chaleur de la chaufferie.

La cogénération nucléaire, ça marche !

La cogénération nucléaire semble donc connaitre un regain d’intérêt et est appliquée par deux puissances majeures du nucléaire civil dans certaines de  leurs installations les plus modernes. Mais en fait l’idée et même sa réalisation ne sont pas récentes.

Ainsi, l’AIEA rappelle que, au total, les projets de cogénération nucléaire dans le monde ont accumulé à ce jour près de 750 années d'exploitation d'expérience, ce qui se compare à 17 000 années d'expérience dans le nucléaire civil. Parmi les réacteurs qui fournissent aujourd'hui le chauffage urbain, la production d'énergie thermique varie de 5 MW.h à 240 MW.h. Environ 43 réacteurs nucléaires dans le monde produisent du chauffage urbain, la plupart en Europe de l'Est et en Russie,  environ 17, au Japon, au Kazakhstan et aux États-Unis. Le dessalement de l’eau  et des applications industrielles non électriques ont été réalisées dans sept réacteurs au Canada, en Allemagne, en Inde et en Suisse.

La cogénération nucléaire : et en France ? Et si on testait le chauffage nucléaire ?

Le développement de la cogénération nucléaire en France a fait l’objet d’un débat assez vif entre EDF et le CEA ( au temps où le CEA avait encore pour mission de s’occuper d’énergie atomique), débat dont a rendu compte Le Monde dans sa section Planète en 2013 (au temps où celle-ci n‘avait pas encore trustée par Stéphane Foucart et l’écologie bigot : un remarquable article de Pierre Le Hir, Et si on testait le chauffage nucléaire

Extraits :

“L'idée d’utiliser l'énergie nucléaire pour le chauffage est apparue en même temps que son utilisation électrogène. La centrale nucléaire d'Ågesta, dans la banlieue de Stockholm, a fourni électricité et chaleur à la capitale entre 1964 et 1974. En Allemagne de l’Est, la centrale nucléaire de Greifswald ouverte en 1974, était également connectée au réseau de chaleur local, mais elle dut fermer après la réunification en 1990 car elle ne correspondait pas aux standards de sûreté occidentaux. D'autres exemples existent.

 « Sur les 432 réacteurs qui sont en service dans le monde, 74 fonctionnent déjà selon ce principe, fournissant en chaleur des villes voisines. La plupart se trouvent en Europe de l'Est, c'est-à-dire dans des pays froids : Russie, Ukraine, Bulgarie, Hongrie, Roumanie, Slovaquie ou République tchèque. Mais il en existe aussi en Suisse, à Beznau. Et, au Japon et en Inde, dans ce cas pour alimenter des usines de dessalement d'eau de mer. »

« Si beaucoup de ces installations sont anciennes, de nouveaux projets sont à l'étude, en Finlande, en Suède ou en Chine, pour le chauffage urbain, et dans les pays du Maghreb, pour le dessalement.

En France, la greffe n'a jamais pris. Les eaux tièdes (à 40°C ou 45°C) rejetées par les centrales du Bugey (Ain), de Chinon (Indre-et-Loire), de Cruas (Ardèche), de Dampierre-en-Burly (Loiret) ou de Saint-Laurent (Loir-et-Cher) sont certes mises à profit par des horticulteurs. Celles de Golfech (Tarn-et-Garonne) alimentent le circuit de chauffage de la piscine municipale, d'une salle polyvalente, d'un groupe scolaire et d'une résidence pour personnes âgées.
Celles de Civaux (Vienne) livrent des calories à une maison de retraite, une salle omnisports et un parc zoologique de crocodiles. Et celles de Gravelines (Nord), qui tempèrent une ferme aquacole, seront acheminées vers le futur terminal méthanier de Dunkerque, pour réchauffer le gaz naturel liquéfié afin de le regazéifier. Mais il ne s'agit pas là à proprement parler de cogénération par un système spécialement voué à la production de chaleur. »

Le CEA se montrait alors enthousiaste : « Le rendement d'une centrale nucléaire est d'environ 30 % , ce qui signifie que près de 70 % de l'énergie issue de la fission de l'uranium est perdue en chaleur dans les tours de refroidissement, les fleuves ou dans la mer. Un rapide calcul montre que si l'on parvenait à récupérer la totalité de la chaleur des réacteurs nucléaires grâce à la cogénération, 14 à 16 réacteurs suffiraient pour chauffer la France entière sans plus aucune consommation liée au chauffage (électricité, fioul, gaz, etc.)
« La faisabilité technique de la cogénération nucléaire est établie », assure Henri Safa. Les performances thermiques des canalisations permettent de « transporter de l'eau chaude sur une distance de 100 kilomètres avec moins de 2 % de perte de chaleur ».
Si bien qu'en développant les réseaux urbains de chaleur – ils ne couvrent que 6 % des besoins nationaux en chauffage et eau chaude sanitaire, mais sont appelés à s'étendre –, « la cogénération pourrait, de façon réaliste, vite subvenir à la moitié de la consommation de la France en chauffage ». Il y faudrait, chiffre-t-il, un investissement de l'ordre de 20 milliards d'euros.
Mais le gain réalisé sur les achats d'hydrocarbures qui alimentent aujourd'hui les réseaux de chaleur serait d'environ 10 milliards d'euros par an. Ce qui à terme, procurerait aux utilisateurs un chauffage « à très bas prix », tout en contribuant à « la décarbonisation de l'économie ».

En priorité, le CEA suggère de commencer par les agglomérations déjà dotées de réseaux de chaleur collectifs, comme Paris et sa petite couronne, qui pourraient être desservies par la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), distante de 110 kilomètres.
Il a aussi envisagé d'autres raccordements entre une métropole régionale et une centrale : Lyon-Bugey, Lille-Gravelines ou Bordeaux-Blayais. Et, en Rhône-Alpes, il a mené une étude détaillée sur le chauffage de la ville de Montélimar (Drôme) avec les quatre réacteurs de Cruas.

Plus généralement, la cogénération est l'une des pistes mises en avant, lors du débat national sur la transition énergétique, par l'Alliance nationale de coordination de la recherche pour l'énergie (Ancre), qui regroupe notamment le CEA, le CNRS, la Conférence des présidents d'université et l'organisme public de recherche IFP Energies nouvelles. »

Oui, mais EDF se montrait alors moins enthousiaste, avec de bonnes raison :

« Nos centrales ont été conçues pour optimiser la production d'électricité, qui est notre cœur de métier », explique Dominique Minière, directeur délégué de la production et de l'ingénierie chez le géant français de l'énergie.

« Développer la cogénération à partir des centrales existantes nécessite des études approfondies . Tant d'un point de vue technique – cela conduirait à installer des systèmes de soutirage de vapeur d'eau, qui réduiraient le rendement de nos installations, et il faudrait obtenir des autorisations de l'Autorité de sûreté nucléaire – que d'un point de vue économique, la rentabilité n'étant pas assurée. » .

Toutefois, indique-t-il, l'option de la cogénération reste ouverte, « en priorité sur de futures centrales qui seraient conçues avec cette double finalité », et « dans la mesure où il y aurait une volonté commune de tous les acteurs, compagnies de chauffage, élus et usagers ».

Ajoutons que la cogénération ainsi conçue n'apporte un gain réel en termes d'économie d'énergie et de réduction des gaz à effet de serre qu'à la condition de fonctionner de façon aussi constante que possible, en maintenant un équilibre optimal entre production de chaleur et production d'électricité, car les équipements de cogénération ne permettent généralement pas la modulation d’une production par rapport à l’autre- et il est difficile de gérer en même temps les demandes d’électricité et de chaleur. Pour diminuer les pertes thermiques, il  faut poser des canalisations isolées et enterrées (plutôt qu'à l'air libre en raison de contraintes environnementales), ce qui engendre des coûts relativement importants (de l'ordre de 1 M€/km). Il faut d'autre part gérer l'indisponibilité des réacteurs (notamment programmée pour le chargement de combustible ou pour la maintenance) Il faut aussi gérer les différences de températures entre l’eau des installations existantes et celles récupérée des centrales. La cogénération alimentant un réseau de chauffage urbain souffre de pertes de transport importantes, et surtout de pertes de rendement dues aux fluctuations des besoins de chauffage causées par les variations de température ; au total, cette catégorie de cogénération n'a qu'un rendement à peine supérieur à celui d'une centrale classique, et même parfois inférieur à celui d'un CCG (cycle combiné gaz). Sans compter, selon les situations individuelles, d’autres dispositifs comme les pompes à chaleur.

En fait la cogénération nucléaire pour le chauffage urbain, souffre de nombreux inconvénients techniques et économiques, même quelques exemples particuliers se sont développés. Cela explique que la directive 2004/8/CE19 du Parlement européen et du Conseil du 11 février 2004 concernant la promotion de la cogénération sur la base de la demande de chaleur utile dans le marché intérieur de l'énergie, et l'envolée du coût des énergies fossiles ait été un échec, un de plus.
Dans le domaine à strictement parler du chauffage, la cogénération nucléaire est utilisée en France pour des applications variées mais assez anecdotiques comme le chauffage de piscines municipales, d’équipements scolaires, sportifs et municipaux ou encore une réserve de crocodiles.

En revanche, la cogénération nucléaire pourrait être extrêmement  intéressante pour alimenter des installations industrielles gourmandes en chaleurs à proximité des centrales (c’est d’ailleurs ce que fait la centrale de Saint Petersbourg). Il y aurait là matière à un beau programme de réindustrialisation, d’équipement du territoire et de lutte contre le réchauffement climatique, le tout en même temps.

Alors est-ce à dire que le chauffage nucléaire urbain n’a pas grand avenir. Eh bien non, justement ! Sans doute pas par la cogénération, en effet, mais par de nouveaux types de réacteurs nucléaires conçus pour cet usage, les SMR (small modular reactors) Suite au prochain blog.

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vendredi 13 décembre 2019

La sobriété énergétique est mal partie (2) : le scénario négaWatt.


NegaWatt et les Pirates

Le scenario negaWatt, j’en ai déjà parlé à propos du Parti Pirate, qui l’a sérieusement évalué dans une démarche tout à fait agnostique…et en a conclu :

« la poursuite du développement du nucléaire en France, énergie aujourd’hui la moins carbonée, nous semble pour l’instant inévitable. »

avec des remarques assez assassines. Le scénario negaWatt :!

« impose donc une société qui ne pourra être que très contrôlée, le moindre écart ayant des conséquences importantes pour la collectivité.
Il  impose une société ou les campagnes devront se vider vers des villes, car nous n’aurons pas l’énergie pour les transports domicile - travail.
Il impose une société ou le citoyen ne sera toujours pas en droit de définir sa politique énergétique à court, moyen et long terme. »

Bien vu, et  pour une critique plus complète de negaWatt, un article remarquable de Bernard Cassoret, Maitre de Conférence à l’Université d’Artois

Le scénario négaWatt : des hypothèses difficilement envisageables

Extraits :

1) negaWatt, une impossibilité technique !

Parmi les scénarios de transition énergétique, négaWatt est sans doute le plus connu, élaboré par l’association du même nom. Il concerne la totalité de l’énergie consommée en France, et pas seulement l’électricité.
Alors que les énergies renouvelables ne représentaient en 2017 que 10,5% de nos besoins, elles en couvriraient  la quasi-totalité en 2050.  La mise en œuvre de ce scénario permettrait donc de se passer à la fois des énergies fossiles et nucléaire.
Les hypothèses du scénario, récemment publiées par l’association, permettent  de mieux se rendre compte du niveau de difficulté d’un tel challenge.
Ce scénario supposerait des efforts considérables dans les énergies renouvelables, en particulier l’éolien et le photovoltaïque qui connaitraient une croissance spectaculaire.

L’éolien devrait fournir 247 TWh en 2050 contre 24 TWh en 2017, dix fois plus donc ! Cela supposerait environ 20 000 éoliennes terrestres et 4 000 éoliennes maritimes, contre environ 7 000 terrestres et aucune en mer actuellement.
La puissance totale du parc installée devrait atteindre 77 GW contre 13 GW en 2017. La durée de vie de ces machines étant inférieure à 25 ans, il faudrait dans le futur tripler le rythme actuel d’installation (1.2 GW par an en moyenne ces 5 dernières années) rien que pour maintenir les 77 GW de puissance installée.
Le photovoltaïque devrait fournir chaque 147 TWh contre 9 TWh en 2017 ; la puissance du parc photovoltaïque devrait pour cela passer de 8 à 140 GW !
Sachant que l’on a installé 0.8 GW par an en moyenne ces 5 dernières années et que la durée de vie des panneaux ne dépasse pas 30 ans, il faudrait dans le futur un rythme d’installation 7 fois supérieur au rythme actuel rien que pour maintenir la puissance installée de 140 GW ! »

Commentaire : et on les met où tous ces moulins à vent ? D’autant que les sites les plus favorables étant déjà pris, le nombre me semble plutôt sous-évalué !

« Les problèmes d’intermittence (pas de production les soirs sans vent) seraient essentiellement réglés par la production et le stockage d’hydrogène et de méthane.
Il faudrait donc des investissements considérables dans des usines de transformation de l’électricité en gaz, une technologie actuellement au stade expérimental (comment et où construire les usines, comment stocker le gaz ?) et dont les rendements sont faibles. »

2) negaWatt, un monde cauchemardesque !

« Mais l’essentiel n’est pas là. Malgré ces efforts très importants, il faudrait selon négaWatt réduire la demande en énergie primaire de 65 % alors que la population augmenterait de 15 %....

L’essentiel viendrait de la sobriété énergétique qui consiste, selon négaWatt, à privilégier les usages les plus utiles, à « restreindre les plus extravagants et supprimer les plus nuisibles » ; de beaux débats en perspective pour juger ce qui est utile ou nuisible… Il faudrait accéder à moins de biens et de services, c’est-à-dire vivre de manière moins riche.

La consommation résidentielle et tertiaire diminuerait de 49 % grâce à une stabilisation du nombre d’habitants par foyer (moins de célibataires ?), un développement de l’habitat en petit collectif (faudra-t-il interdire de construire des maisons individuelles ?), un ralentissement de la croissance des constructions (le nombre de logements construits chaque année serait divisé par 3, leur surface baisserait de 25%), l’optimisation des systèmes de chauffage et l’isolation des logements.

Il faudrait, selon négaWatt, rénover chaque année jusqu’à 780 000 logements pour les amener à une consommation moyenne de 40 kWh/m² par an pour les besoins du chauffage.
Est-ce possible ? La réglementation thermique 2012 en vigueur exige qu’un logement neuf (Bâtiment Basse Consommation) consomme moins de 50 kWh/m² par an, donc plus que 40, mais on sait que la consommation réelle est souvent supérieure ; les logements collectifs neufs ont d’ailleurs droit à des dérogations.
La consommation moyenne des logements français est actuellement proche de 200 kWh par m², très loin de 40…
En 2012, l’État français avait fixé l’objectif de rénover 500 000 logements chaque année, un objectif qualifié dans le journal Le Monde du 4 juin 2014 de « définitivement hors d’atteinte »…
Et rénover un logement ne signifie pas que sa consommation atteigne un niveau suffisamment bas : on peut gagner beaucoup sur des logements mal isolés, passer par exemple de 300 à 150 kWh/m² par an, mais il est très difficile dans l’ancien de descendre en dessous de 50.

Quant au logement, il me semblait plutôt que les Français en manquaient et qu’ il était nécessaire de relancer la construction !

Acceptabilité sociale zéro !

« Dans les transports, le nombre de kilomètres parcourus par personne chaque année diminuerait de 26 %, ce qui irait à l’encontre de l’évolution que nous connaissons depuis toujours. Ainsi il y aurait moitié moins de déplacements de plus de 1500km, il n’y aurait plus de vols intérieurs, les vols internationaux diminueraient d’un tiers.
L’usage de la voiture individuelle telle que nous la connaissons actuellement diminuerait de moitié dans les campagnes et serait exclu dans les grandes villes.
Le taux de remplissage des voitures individuelles dans les campagnes devrait augmenter de 50% avec une moyenne de 2.4 personnes par véhicule contre 1.59 actuellement. Le transport des marchandises diminuerait de 17%

Se déplacer moins, ça n’est pas seulement moins partir en vacances, c’est aussi moins voir sa famille et ses amis, avoir moins d’échanges avec les étrangers, avoir plus de difficultés à travailler, à se fournir en nourriture et matériaux de construction…  

La consommation énergétique de l’industrie diminuerait grâce à un gain en efficacité et à une baisse des besoins en matériaux : -26% d’acier, -35% de plastique, -39% de ciment, -41% de verre.
Cette baisse signifie une diminution de la consommation de produits manufacturés s’inscrivant dans une économie décroissante que bien peu de politiques souhaitent, avec probablement de nouvelles fermetures d’usines en perspective…

Entre autres réjouissances, on peut noter également :
– baisse de 29% de la quantité d’eau chaude consommée par personne,
– baisse de 22% du nombre de cycles de lave-linge,
– baisse de 18% du nombre de cycles de lave-vaisselle,
– baisse de 18% du taux d’équipement en sèche-linge,
– baisse de moitié du taux d’équipement en congélateur,
– baisse de 33% de l’usage du fer à repasser,
– passage de 8 à 5 heures d’éclairage par jour dans le tertiaire,
– disparition des consoles de jeux,
– baisse d’un tiers du nombre  d’écrans par foyer,
– division par 3 du nombre d’ordinateur par foyer,
– division par 2 du nombre de lecteurs musicaux,

Des conséquences peu réjouissantes 

D’une manière générale, je constate que les changements proposés auraient des conséquences considérables et peu réjouissantes sur nos modes de vie, et je vois mal comment une vaste prise de conscience collective des enjeux environnementaux pourrait les imposer dans la joie et la bonne humeur.
On peut se demander si ces changements sont compatibles avec la démocratie : ils impliquent des mutations de mode de vie si importantes qu’il est possible qu’il faille les imposer par la force.
Il est probable qu’une forte sélection se fera par l’argent : ceux ayant les moyens continuant à vivre dans le confort, les pauvres devant se débrouiller et avoir une vie plus dure »

Commentaire final de M. Bernard Cassoret : «  Il est probable que l’objectif de certains membres de cette association soit avant tout de montrer qu’il est possible de se passer du nucléaire sans grandes conséquences. »

Eh bien, c’est pas gagné ; et au vu de l’interaction entre negaWatt et le Parti Pirate, c’est le contraire qui s’est produit !

Maintenant, il faut savoir que RTE a été prié d’intégrer des éléments de negaWatt dans ses scenarios, que negaWatt a bureaux et tables ouvertes à l’Ademe, qui lui apporte publicité et crédibilité ( à moins qu’elle ne perde surtout la sienne), qu’Elisabeth Borne, en exigeant qu’EDF étudie un scénario 100% renouvelable s’inspire de negaWatt.

Il fait donc faire connaître le programme de negaWatt, et merci à M. Cassoret pour avoir eu la patience de se pencher sur un tel amoncellement d’insanités.


jeudi 12 décembre 2019

L’avenir de l’ARENH et par conséquent du nucléaire. Des scénarios inquiétants

A qui appartient le nucléaire ?

 Echange musclé entre les PDG de Total et d’EDF, Patrick Pouyanné (Total) et Jean-Bernard Levy (EDF) lors du congrès de l’Union Française de l’électricité, le 3 décembre à Paris :

 «  Patrick, plutôt que de demander des TWh nucléaires, construis des centrales au gaz ! » (Levy) (allusion à l’ARENH)
« Ah bon, qui c'est qui a construit les centrales ? », (Levy)
« Mais ils ne t'appartiennent pas les TWh nucléaires, Jean-Bernard ! » (Patrick Pouyanné).

Et surtout qui construira les centrales nucléaires du futur, dont nous aurons besoin quand les actuelles devront s’arrêter, dont nous grand besoin pour disposer d’une énergie décarbonée et pilotable, disponible qu’il pleuve et ne vente pas, économique, abondante, car les utilisations de l’électricité s’étendront.

L’ARENH , une rente injustifiée aux frais d’EDF et des contribuables

L’Arenh ( Accès régulé au nucléaire historique), ou plutôt le scandale, l’absurdité  de l’ARENH qui oblige EDF à subventionner ses concurrents ( les fournisseurs verts !) en leur cédant à bas prix du courant nucléaire quand ça les arrange, j’en ai déjà pas mal parlé, cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/06/pourquoi-les-tarifs-edf-augmentent_26.html

C’est ce système dont se pliant avec une ironie amère Jean-Bernard Levy : « « Des concurrents, j’en ai, mais des concurrents qui produisent, j’en cherche »


Et de l’ARENH, qui leur assure de si jolis bénéfices, les concurrents d’EDF en demandent de plus en plus :

« Les concurrents d'EDF ont demandé encore plus d'électricité d'origine nucléaire que l'année dernière et largement dépassé le plafond prévu par la loi, a annoncé la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
Comme prévu , les concurrents d'EDF ont explosé le plafond. Ils ont demandé à avoir accès à 147 térawattheures d'électricité au tarif de l'Arenh (l'accès régulé à l'énergie nucléaire historique), bien au-delà des 100 térawattheures prévus par la loi, a annoncé la Commission de régulation de l'énergie (CRE) ce vendredi soir. Les prix de l'électricité devraient encore augmenter l'année prochaine, même si l'impact exact de ce dépassement sur les tarifs réglementés n'est pas encore connu.
L'année dernière, les fournisseurs alternatifs d'électricité avaient dépassé ce plafond pour la première fois . Ce qui avait conduit à une hausse des tarifs réglementés de l'électricité de 6 % , annoncée en janvier 2019 par la CRE. Cette année, les concurrents d'EDF ont encore grignoté des parts de marché à l'opérateur historique. Le dépassement du plafond n'est donc pas une surprise, ces fournisseurs ayant tout intérêt à acheter le plus d'énergie possible au tarif de l'Arenh (42 euros du mégawattheure). Les prix de marché tournent actuellement autour de 49 euros pour l'année 2020. »

D’où réattaque Jean-Bernard Levy : « Les concurrents d'EDF profitent d'une rente injustifiée »

Retour sur la loi NOME et l’ARENH : un échec prévisible et annoncé (Lionel Taccoen)

Extrait de Lettre géopolitique de l’électricité, Lettre n°94 – 28 juin 2019, Tarifs Réglementés de Vente d’Electricité.De bien curieuses augmentations (Lionel Taccoen)
« La Loi Nome, par le dispositif nommé Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique (ARENH), permet aux concurrents d’EDF de se procurer du courant nucléaire à un prix censé ne pas léser EDF tout en leur donnant, à efficacité égale, la possibilité de concurrencer l’opérateur historique (42 euros/MWh depuis plusieurs années). On retrouve la notion de « contestabilité » des Tarifs Réglementés. La part de la production nucléaire EDF susceptible d’être mise à disposition des fournisseurs alternatifs est (était !) plafonnée à un peu moins du quart de la production totale du parc nucléaire (100TWh). Le recours à l’ARENH est bien sûr optionnel. Les fournisseurs alternatifs n’ont intérêt à l’utiliser que lorsque les prix de marché sont plus élevés que 42 € MWh. La Loi NOME stipule que le dispositif ARENH doit s’arrêter en 2025.

L’Autorité de Concurrence, consultée, a accepté le dispositif ARENH en constatant: « Le dispositif … conduit à s’écarter des conditions normales d’un marché concurrentiel … pendant une période très longue ».
En conséquence, l’Autorité de Concurrence, en donnant son accord à l’ARENH, l’a assortit des considérations suivantes :
- L’émergence d’une concurrence réelle rend nécessaire de favoriser une incitation à l’investissement des fournisseurs alternatifs dans les moyens de production . Ces investissements sont « la contrepartie » des fournitures de courant nucléaire par l’ARENH.
- il est important de prévoir une sortie progressive du mécanisme…L’objectif est d’obliger les fournisseurs à se préparer à l’échéance du 31 décembre 2025 »(donc à prévoir à ne plus pouvoir se procurer du courant nucléaire permettant leur compétitivité à cette date).

Ca, c’est la théorie dans le monde des néo-libéraux béats ; dans la réalité l’ARENH est un échec

« Force est de constater que de telles incitations, dont la sortie progressive du dispositif, ne furent pas prévues. Les investissements dans la production des concurrents d’EDF ne sont pas apparus. La concurrence à la production d’électricité n’existe pas en France. Ce qui entraîne, dans les faits, l’absence de concurrence tout court, donc l’absence d’effet sur le prix.
Le Président de la Commission de Régulation de l’Energie le confirme : « la concurrence par les prix reste marginale ». Comme l’avait prévu l’Autorité de Concurrence : « A défaut [de la concurrence à la production…à la sortie du dispositif [ARENH] la configuration du marché ne sera guère différente de celle actuelle
L’ARENH est un échec. Le Président de la Commission de Régulation de l’Energie et l’Autorité de Concurrence constatent : aucun gain pour le consommateur, aucune avancée dans la mise en place d’un véritable marché de l’électricité.

La véritable raison de l’échec de l’ARENH est le marché de l’électricité européen, qui par son fonctionnement aberrant, ne permet pas d’investissement rentable dans la production et le stockage de l’électricité. Cette situation existant depuis des années, le résultat de l’ARENH aurait pu être prévu.
Sont apparus en France des fournisseurs alternatifs tout à fait capables de concurrencer EDF. Citons-en trois : Engie, le Finlandais Fortum (par Uniper – un géant qui se construit n EPR, c’est pas donné à tout le monde) et Total.
De petits producteurs alternatifs qu’EDF et ses abonnés subventionnent grassement grâce à l’ARENH

Sortie de l’ARENH : les scénarios de Jacques Percebois
1) « On peut mettre fin purement et simplement à ce mécanisme de l’ARENH, considérant qu’il a rempli son rôle et a permis l’entrée de nombreux fournisseurs sur le marché de masse de l’électricité. L’opérateur historique a perdu beaucoup de clients et il continue à en perdre, même si sa part de marché sur le segment domestique reste élevée. Mais il faut pour cela une loi qui le décide et il faudrait du même coup mettre fin au tarif réglementé de vente (TRV) « bleu », ce qui ne manquerait pas de soulever certaines oppositions politiques (même si certains contrats dits en « offre de marché » sont souvent proposés à des prix plus attractifs que le tarif « bleu »). Beaucoup de ménages pensent qu’ils sont davantage protégés avec des tarifs réglementés qu’avec des prix de marché ».
Commentaire : A) Pourquoi lier la fin de l’ARENH à celle des tarifs réglementés de l’électricité (TRV) ? Quelle est la logique ? Ah oui, j’oubliais, ce serais pas un Diktat, un Ukase (comment on dit ?) de l’Europe et de sa religion de la concurrence qui a  si bien réussi avec la libéralisation de l’électricité ? B) Ben comment dire, les ménages ont fichtrement raison de préférer les TRV aux tarifs dynamiques chers à la Commission de la Concurrence qui vous céde à bas prix de l’énerie quand vous en avez pas besoin et vous arrachent les yex la langue et le reste quand vous en avez vraiment besoin
2) Les fournisseurs dits alternatifs revendiquent une augmentation du volume de l’ARENH au-delà de 100 TWh par an, au motif que le nombre de leurs clients s’est accru et que cela leur permettrait d’atténuer la hausse des prix pour le consommateur final. Mais dans un contexte où EDF perd des parts de marché et où la production d’électricité nucléaire tend à baisser et devrait encore diminuer compte tenu des objectifs de la PPE (50% de nucléaire à l’horizon 2035), est-il justifié que l’opérateur historique continue à subventionner ses concurrents, surtout lorsque ces concurrents sont aujourd’hui des compagnies pétrolières et peut-être demain des sociétés du numérique comme les GAFA ?

Avec une telle logique, plus le nombre d’ « entrants » augmente, plus la part de marché d’EDF baisse, et plus le pourcentage d’ARENH devrait augmenter, bien au-delà du chiffre de 25% (de la production nucléaire d’EDF) initialement prévu. C’est un paradoxe qui ressemble fort à une logique de « spirale de la mort » pour l’opérateur historique.

Commentaire : Continuer et même amplifier l’ARENH comme le réclament les concurrents d’EDF grassement subventionnés par …EDF, c’est effectivement une logique mortifère pour EDF. Et quand les concurrents sont de petits producteurs indépendants comme Engie, Total et Uniper…oui, EDF subventionne Total…(une énergie décarbonée comme le nucléaire subventionne une énergie carbonée comme le gaz), eh bien l’ARENH est quand même une sacrée bêtise ( et l’on comprend mieux l’algarade entre Pouyanné (Total) et Jean-Bernard Levy (EDF)

3) On peut envisager de revoir à la hausse le montant de l’ARENH, au-delà de 42 euros le MWh pour tenir compte de coûts supplémentaires liés au « grand carénage » et aux exigences de sûreté de plus en plus fortes. C’est possible mais le décret qui devait préciser les modalités du calcul de l’ARENH n’est toujours pas publié
Commentaire : Ben non, c’est le supprimer qu’il faut ! En passant, c’est qui le plus fort, le lobby du gaz ou le pseudo lobby du nucléaire (qui a le nucléaire honteux)
4) On pourrait concevoir de faire de l’ARENH une véritable option et non une « option gratuite » comme c’est le cas aujourd’hui : les fournisseurs d’électricité alternatifs peuvent actuellement bénéficier de l’ARENH s’ils le souhaitent mais sans supporter les engagements à long terme associés au parc nucléaire. « Ne recourir à l’ARENH que lorsque les conditions du marché y sont favorables sans financer le reste du temps les actifs du parc nucléaire pèse sur l’équilibre comptable de l’exploitant nucléaire », notait déjà la Cour des Comptes dans une note publiée le 22 décembre 2017(1).

Ce caractère asymétrique des engagements n’est pas justifié ; introduire une compensation sous forme d’une prime payée par les bénéficiaires de l’ARENH rétablirait une symétrie des engagements et serait conforme à la logique même d’un mécanisme d’options. Il reste évidemment à définir le niveau de cette prime, qui pourrait peut-être prendre la forme d’une rétrocession d’une partie des gains des alternatifs lorsque le prix de gros est plus faible que l’ARENH ou d’un engagement à acquérir un volume plancher d’ARENH quel que soit le prix du marché.
Commentaire : Cette solution reste tellement favorable aux profiteurs de l’ARENH qu’elle est acceptée par la PDG de Total. Et comment fixer les compensations ? De belles infinies discussions de marchands de pétrole et de fermes  empoignades à prévoir !

5) On peut enfin considérer que le nucléaire historique est devenu pour les Français une « essential facility » (infrastructure essentielle), au même titre que les réseaux de transport et de distribution de l’électricité, une sorte de « bien commun » permettant de garantir à tous les consommateurs un socle minimal d’électricité à un prix stable non corrélé aux aléas du marché de gros de l’électricité. Pourquoi ne pas sanctuariser le nucléaire dans une structure totalement publique dont le prix serait régulé et fixé par la CRE par exemple ? Le volume d’ARENH serait ainsi porté à 100% et tous les fournisseurs d’électricité, EDF comme les « entrants », pourraient en acquérir au prorata de leur portefeuille de clients. Il faudrait prévoir des clefs de répartition équitables en cas de demande supérieure à l’offre. Le prix de l’ARENH devrait bien évidemment être fixé à un niveau permettant de couvrir tous les coûts présents et futurs du nucléaire.

Cela reviendrait à scinder EDF en deux sociétés, l’une totalement publique et régulée, l’autre partiellement publique et davantage intégrée aux mécanismes du marché. On pourrait également intégrer à cette société publique le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) dont le capital, détenu à 50,1% par EDF, sert d’actif dédié au niveau des provisions pour le démantèlement des centrales nucléaires et la gestion des déchets. L’intégration du réseau de transport dans cette société publique nécessiterait toutefois l’accord de la Commission européenne, qui pourrait estimer que cette « réintégration verticale » serait contraire aux directives européennes sur l'« unbundling».

D’autres critiques se font jour face à un tel scénario. Pour certains, cette scission d’EDF pourrait constituer une première étape vers une sortie du nucléaire, la société publique étant chargée de gérer des actifs considérés comme « échoués », à l’image de ce qui se passe en Allemagne pour le nucléaire et demain le charbon. Pour d’autres, il y aurait un risque de privatisation croissante des activités non nucléaires et en particulier un risque de voir une OPA inamicale de la part de certains « entrants » dont la capitalisation boursière est bien supérieure à celle d’EDF.

In fine, le vrai choix semble aujourd’hui être entre la solution 1 (suppression de l’ARENH) et la solution 5 (100% d’ARENH) et c’est un choix autant industriel que politique. » (Jacques Percebois)

Commentaire :
le scenario 5, c’est le scénario de tous les dangers, qui ressemble beaucoup à Hercule. Il entérine le démantèlement d’EDF. Il représente la soumission totale à l’idéologie ultra libérale, et ne tient aucun compte des échec de la libéralisation du « marché » de l’électricité, à l’étranger ( Californie, GB, cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/10/la-crise-de-lelectricite-en-californie.html). Il démantèle pour démanteler sans tenir compte des désoptimisations que cela provoque.
Comme l’évoque M. Percebois, les activités non nucléaires d’EDF risquent de devenir la proie de géants du gaz ou du pétrole : l’idéologie ultra libérale de la Commission Européenne aura réussi la brillante transformation d’un monopole public légal  dédié au service public en un monopole privé de fait.

Contrairement à certaines illusions, la vie de la partie nucléaire sanctuarisée risque de ne pas être du tout un fleuve tranquille.
Imaginons un ministère écolo/démago, un ministre de l’énergie type la patate Ségolène Royal, et elle se transforme en mouroir.
Imaginons que les EPR ou les Hualong, spécialement à Hinkley Point soient un très grand succès et que la collaboration entre EDF nucléaire et son partenaire Chinois CGN s’amplifie ( cf. À Hinkley Point, le rapprochement entre EDF et CGN, le dragon chinois (La Tribune, 11/12/2019, https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/a-hinkley-point-le-rapprochement-entre-edf-et-cgn-le-dragon-chinois-835080.html)- les Chinois remettent 8 milliards d’euros de plus au pot, alors qu’ils ne s’étaient egagés que pour deux milliards)…eh bien la privatisation d’EDF nucléaire via un partenariat avec CGN deviendrait  une option très réaliste. Et au fond, pour le nucléaire et le climat, ce ne serait peut-être pas si mal, mais quel gâchis pour la France !


Donc un seul scénario, le 1, la fin de l’ARENH !

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