Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

dimanche 17 juin 2018

Raisons de détester l’Eurokom 6 : L’Europe de l’impuissance


Europe et Eurokom

Suite de la série précédente : légèrement énervé par Macron proclamant que « l’Europe nous a donné la Paix »  et face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne

La capitulation face aux lois américaines d’extraterritorialité

Depuis des années, les lois d’extraterritorialité américaines agissent comme un instrument majeur de l’impérialisme américain. Pour la France, c’est notamment Alstom, ce vrai scandale d’Etat dont Macron est largement responsable, avec des poursuites diligentées opportunément aux USA pour corruption juste au moment où General Electric s’intéressait fortement à la branche énergie d’Alstom : bilan : GE s’empare d’une activité stratégique importante, en particulier pour l’industrie nucléaire. Une mission d’enquête parlementaire de l’ « ancien monde », qui ne travaillait pas si mal que ça a établi que depuis 2008, les lois d’extraterritorialité américaine ont permis de taxer diverses entreprises françaises de 20 milliards de dollars !

L’affaire Alstom a eu un précédent qui aurait dû servir d’avertissement :  Alcatel, condamné à 137 millions de dollars d’amende, pour des faits de corruption, alors que le concurrent américain Lucent, pour des faits analogues, n’a été condamné qu’à une amende de… 2,5 millions de dollars. Fin 2006, Lucent prendra le contrôle d’Alcatel…

Commentaires de la Commission « Actuellement, nous assistons à une volonté manifeste des États-Unis d’utiliser leur droit à des fins politiques, de sécurité et d’influence, mais également à des fins commerciales : c’est une volonté impérialiste. Le droit américain est utilisé pour obtenir des marchés et éliminer des concurrents. Nous devons ne pas être naïfs et prendre conscience de ce qui se passe. Les derniers gouvernements français n’ont pas réagi, mais ils ne sont pas les seuls coupables : les entreprises françaises qui étaient mises en cause dans des affaires de corruption aux États-Unis n’ont rien dit au Gouvernement. En effet, les grands groupes sont dans les mains des cabinets d’avocats américains, qui leur conseillent de ne surtout pas avertir les autorités françaises, et de régler leurs procès discrètement, grâce au mécanisme du plaider coupable ; ces cabinets facturent pour cela des honoraires substantiels. Il est important de prendre en compte l’existence de tels intérêts privés dans notre réflexion. Les États sont éliminés, sauf l’État américain qui, dans la jungle transnationale, a su utiliser son droit de manière extraterritoriale.

On en arrive à des situations d’auto-accusation et à une violation totale et directe de la souveraineté française. Il est scandaleux que des moniteurs soient placés en France, enquêtent en France et transmettent des informations aux États-Unis sans que cela passe par la justice française. Nous ne sommes pas là dans une situation théorique. Il s’agit de mesures d’exécution et je m’étonne qu’il n’y ait pas de magistrats pour réagir à la Chancellerie ».

En effet ! Au niveau européen, c’est plus de 40 milliards de dollars. Et depuis 2008, l’Europe n’a jamais réagi contre ce véritable racket et cette attaque directe contre son industrie et ses banques

Et revoilà le Boycott contre l’Iran !

Les entreprises européennes qui travaillent en Iran ont six mois pour tout arrêter et pour déménager. Faute de quoi, elles encourent un paquet de pénalités très sévères qui peuvent aller jusqu'à être interdites de faire des affaires sur le marché américain ou même de faire du business en dollars. Comme le dollar est la monnaie internationale de paiement, ces entreprises sont complètement prises en otage. Pour la France,  Airbus, Total, Peugeot, Renault, Accor sont sévèrement impactées. 

Total a déjà annoncé qu’il se retirait du champ gazier iranien South Pars 11, l’un des plus prometteurs de ses récents investissements – projets et profits ont été gentiment cédés à la Chine- eh oui, le yuan craint moins que l’euro les représailles américaines… 

Peugeot PSA a pris la décision de suspendre ses livraisons en Iran et tout laisse à penser que Peugeot va se désengager définitivement du marché iranien…alors qu’ en Iran, le groupe français détient près de 30% du marché, ce qui représente 22% des volumes de la marque. Son partenaire Iran Khodro commercialise en effet avec succès des Peugeot 405 et 206, assemblées en Iran à partir de pièces détachées fabriquées sur le site de Vesoul en France. Peugeot quitte l’Iran alors même que ce pays représente son premier débouché pour les véhicules particuliers devant la France (458 000 ventes en Iran contre 441 790 en France en 2011).  La présence de Peugeot en Iran date de 1978 ! 

Airbus doit renoncer à des commandes de compagnies aériennes iraniennes (Iran Air Tour, Zagros Airlines) pour 100 avions au total, dont des A320neo, pour un montant de 20,8 milliards de dollars L'avionneur européen a des usines aux États-Unis, et un nombre important de pièces installées dans ses appareils sont fabriquées sur le sol américain, ce qui soumet automatiquement Airbus aux sanctions américaines…

Face à cela, l’Europe agite un fumeux règlement anti-boycott de 1996, qui n’ a jamais fonctionné et n’a pas empêché des firmes européennes de payer des amendes record pour ne pas avoir respecté, rappelons-le des embargos purement américain et non internationaux ( donc illégaux !) contre l’Iran déjà, Cuba- un dangereux repaire de terroristes- la Lybie…

Ah , et une nouvelle arme secrète- la Banque européenne d’investissement pourrait soutenir financièrement les firmes décidant de rester en Iran. Y a Qu’à croire ! C’est sur Russia Today que j’ai pu lire la réponse de la Banque Européenne : Bien sûr, elle s’engage à soutenir la Politique de la Commission, mais en aucun cas, elle ne saurait encourager les firmes européennes à violer les règles américaines…..

Face à cet impérialisme financier et industriel américain, à ce racket, à ces vols caractérisés qui durent depuis des années, qui peut frapper n’importe qui, pourvu simplement qu’il utilise le dollar, l’Europe a été incapable de rien faire et est toujours incapable de rien faire !
Il y a eu quand même dans ce triste numéro un moment drolatique, la visite de Merkel à Moscou pour demander à Poutine de bien vouloir être un peu indulgent dans cette période difficile en ce qui concerne les mesures de rétorsion russes prises en réponse aux sanctions européennes à propos de la Crimée…

La taxation impossible des GAFA- le fiasco de Sofia

Un certain nombre de firmes internationales, dont les fameux Gafa profitent abusivement et industriellement des possibilités d’optimisation fiscale que leur offre la stupide et mortelle concurrence fiscale à la baisse des états européens. Pour mémoire, Facebook, en France, paie un million d'euros de taxes sur les bénéfices un chiffre d'affaires estimé autour de 700 millions d'euros !  C’est à peine les dépenses d'investissement d'une commune rurale ; cela ne suffit même pas à faire tourner un hôpital public durant une journée. C'est 150 fois moins que le coup de rabot de 5 euros sur les Aides Publiques au logement du gouvernement Macron. 

En impôt européen, Facebook paie à peu près 3% de ses bénéfices, Apple 4%, Google est un poil plus civique avec 11%. D'après Ouest-France, Google et Facebook auraient évité entre 2013 et 2015 de payer 5,4 milliards d'euros au sein de l'UE.

C’est évidemment scandaleux et la France, suivie pour une fois par la Commission Européenne, avait proposé, dans chaque pays,  une taxe sur le chiffre d’affaire des grandes entreprises opérant en Europe – le chiffre d’affaire contrairement aux bénéfices ne  peut faire l’objet des même trafics de transfert. Le principe de cette taxe est de fixer le taux d'imposition sur la base de leur chiffre d'affaires réalisé dans chaque pays, et non plus les bénéfices logés dans des filiales installées dans des Etats à faible fiscalité.

Eh bien raté ! la réunion de Sofia, où cette mesure devait être adoptée s’est soldée par un fiasco intégral. Les pays habituellement bénéficiaires de ces trafics fiscaux (Irlande, Luxembourg). Mais le coup de grâce est venu de l’Allemagne, qui soutenait jusque-là l’initiative…et a fait savoir que compte-tenu de ses exportations industrielles aux USA, il valait mieux éviter de les provoquer en taxant leurs géants numériques.

Même le placide Bruno Le Maire s’est un peu énervé : « L'Europe est-elle capable de se montrer forte ?...Les UA ne comprennent que les rapports de force…Si vous voulez allez jusqu'aux élections européennes l'an prochain avec le message "nous avons beaucoup parlé, beaucoup débattu, mais pris aucune décision" bonne chance !».
Il faut vraiment sortir de cette Europe-là, de cet Eurokom !

Et un autre sujet dont je n’ai pas traité ici : les investissements chinois !




samedi 9 juin 2018

Big Linky is watching you ! Linky Big Brother vous surveille


Derrière Linky, la fin du service public et des tarifs régulés pour l’électricité, et la libéralisation à outrance

Les compteurs Linky, dits « communicants  sont connectés à distance avec le système d’information d’Enedis par courant porteur en ligne (CPL) et par les réseaux téléphoniques. Linky sera relevé à distance, ce qui facilite la vie des consommateurs et d’Enedis, mais Linky est aussi censé profiter au consommateur en lui permettant de connaitre sa consommation, donc de mieux la maitriser, voire même dans le futur, de la contrôler à distance. En fait Linky permet une surveillance constante et intrusive de votre vie privée, le contrôle à distance de votre installation, un « effacement » quasi-immédiat, l’imposition de prix extravagants…

Avant même de profiter au consommateur, Linky est une bonne affaire pour Enedis. S’il est censément gratuit, son coût sera répertorié sur le tarif d'acheminement de l'électricité - un ou deux euros par mois sur la facture du consommateur. Dans son rapport du 7 février 2018, la Cour des comptes a critiqué le financement de Linky, estimant qu'il permettrait à ENEDIS de générer 500 millions de revenus lors du déploiement. La rémunération atteindrait 5,25% même en prenant en compte les éventuelles pénalités de retard qu'ENEDIS se verrait infliger s'il ne respecte pas le calendrier établi. Ajoutons que les économies d’énergie annoncées par ENEDIS-ERDF concernant Linky sont loin d’être avérées - L’Allemagne, l’Italie, la Belgique, le Québec sont en train de le constater.

Linky sera remplacé tous les 15/20 ans au lieu de 60 ans pour les compteurs actuels. 35 millions de compteurs en état de fonctionnement vont être jetés aux dépens de toute considération environnementale et économique. Conclusion de la Cour des Comptes : « Les gains que les compteurs peuvent apporter aux consommateurs sont encore insuffisants. Ce sont pourtant eux qui justifient l’importance de l’investissement réalisé. »

Alors, pourquoi tant de hâte, pourquoi la contrainte et l’obligation d’installation ?

Parce que derrière Linky, il y a la préparation de la libéralisation complète du marché de l’électricité, avec notamment, réclamé par le « paquet  » Européen , la fin des tarifs réglementés, qui servent de base tarifaire et surtout protègent les consommateurs contre les variations brutales de prix d’ un marché spot non régulé, d’autant que le paquet énergie de la Commission Européenne, très abusivement nommé « Clean Energy package », oblige aussi à mettre en place des tarifs dynamiques, qui, en gros permettront au consommateur d’acheter de l’énergie électrique pas chère quand il n’en a pas besoin… et de devoir la payer très cher (trente fois, quarante fois plus …) quand il en a vraiment besoins, grand froid hivernal, canicule d’été.

Alors là, oui, Linky se comprend, pour que le consommateur puisse aménager la pénurie et l’on comprend aussi pourquoi, si l‘on est attaché au service public de l’électricité, il faut s’opposer à l’obligation d’équipement en Linky.
Linky, c’est l’instrument obligé de l’ultra libéralisation du marché de l’électricité !

Linky, big brother : une surveillance intrusive vers un totalitarisme doux

Er ce n’est pas tout. Il suffit de lire les pages qu’Enedis consacre à Linky pour comprendre le reste.
 Linky est un compteur connecté. Le gestionnaire du réseau de distribution collecte les données de consommation électrique à chaque demi-heure. Or, ces informations permettent de déduire de nombreux éléments sur nos habitudes de vie : à quelle heure nous levons-nous et nous couchons-nous ? A quelle heure partons-nous et revenons-nous du travail ou de l'école ? Quand la maison est-elle occupée ? Quels appareils utilisons-nous et à quel moment de la journée ? Autant de questions susceptibles de flirter de trop près avec l'intimité des ménages. Avec Linky, votre gestionnaire de réseau saura  quel appareil est utilisé à un instant t. la CNIL a reconnu le problème dès 2013: « « Linky n’est pas sans risque au regard de la vie privée, tant au regard du nombre et du niveau de détail des données qu’ils permettent de collecter, que des problématiques qu’ils soulèvent en termes de sécurité et de confidentialité de ces données « 

Alors, à quoi servira Linky ? Eh bien Enedis annonce benoitement sur son site que, grâce à la plus imbécile des lois de transition énergétique qui puisse se concevoir,  nous devons nous préparer à  des pénuries d’électricité résultant de la réduction du nucléaire à 50% et à l’injection massive d’énergies renouvelables (éolien, solaire) non pilotables ( intermittentes- elles produisent quand elles veulent bien). Certes, ce n’est pas tout à fait dit comme cela, mais comme ceci : «la production devient plus rigide (avec une augmentation de l’injection d’électricité fatale) alors que la gestion dynamique de la demande permet de la rendre de plus en plus flexible »… , l’intégration de ces nouvelles énergies au sein du processus de production d’électricité n’est pas aisée, notamment du fait de leur caractère intermittent mais aussi du fait de la difficulté structurelle de l’électricité liée aux problématiques de stockage. Au regard de ces enjeux, l’utilisation des nouvelles technologies a vocation à faciliter l’équilibre entre l’offre et la demande d’énergie. »
  
 Vous avez le culot d’avoir froid en plein hiver, ou d’avoir un enfant malade, ou une personne âgée frileuse et fragile, qu’il faut protéger de toute infection ;  vous préférez les bains un peu chaud ; vous êtes un peu maniaque et vous ne supportez l’accumulation de linge ou de vaisselle sale ; vous êtes un fan de home cinema et de chaine stereo, les deux en même temps…et vos enfants de jeux videos.   Eh bien, si vous demandez plus que le gestionnaire de réseau est prêt à vous accorder, vous serez sanctionné par des prix extravagants ; et si en plus, pas de bol, un bel anticyclone sibérien s’est établi sans une once de vent, et vous persistez à vouloir prendre un bain chaud, ou un thé brûlant accompagné de tartines grillées – ou à cuire une dinde… alors là, vous êtes carrément un mauvais citoyen et Linky pourra vous « effacer » : plus rien, que dal d’électrons.

Ce sera, au nom bien sûr de la préservation de la Planète, au nom de la citoyenneté responsable ou autre, un totalitarisme doux d’un nouveau genre qui s’installera et que permettra Linky. Chacune de vos actions, chacun de vos comportements, dans  votre propre domicile, sera connu, enregistré, suivi en distance pratiquement en temps réel.  Linky vous catégorisera, vous délivrera une note de citoyenneté énergétique, vous sanctionnera au besoin, voire vous effacera, vous rayant de la liste des citoyens énergétiques méritants.

Conclusion 1 : c’est bien la peine de s’épouvanter de l’intensification de la reconnaissance faciale en Chine et du système de « crédit social » que le gouvernement chinois rêve de mettre en place ( compte-tenu d’un certain goût chinois pour l’anarchie spontanée, c’est pas gagné- allez-voir ce film superbe – Les anges vivent en blanc ») ; nous sommes, dans l’indifférence générale en train de mettre en place un système équivalent

Conclusion 2 : Au moment où l’on annonce à grands sons de trompe une loi « européenne » ! sur la protection des données personnelles (un croquemitaine harassant pour des millions de petites entreprises, un boulevard pour les Gafas), il est assez paradoxal d’imposer Linky sans que les citoyens ne sachent clairement quelles données seront connectées, lesquelles pourront techniquement être collectées, quels usages pourra le gestionnaire techniquement en faire, quels usages seront légalement autorisés, y-aura-t-il toujours des tarifs régulés, quelles variations tarifaires seront autorisées et dans quels délais, quelles règles pour effacer votre Linky, quel délai..).
Il faut au moins un moratoire pour que ces questions fassent l’objet d’une information loyale et d’un large débat ;

Conclusion 3 : il est possible de s’opposer à Linky, soit passivement, soit activement, en particulier en passant par vos maires – ce sont semble-t-il eux qui sont propriétaires des compteurs. Plus de 500 Communes ont pris des arrêtés interdisant le déploiement de Linky – la situation est évolutive au gré des arrêtés et de leur devenir judiciaire- dont, Caen, Grenoble,  Nicolas Dupont-Aignant à Yerres….

On peut aussi signer une pétition, l’une des plus convaincantes et des plus simples est celle-ci : https://www.petitions24.net/contre_le_deploiement_du_linky#sign



lundi 4 juin 2018

Défi climatique : vers le chaos


Les pays du G20 se moquent du futur chaos climatique

Le très utile site Enerdata a publié son bilan énergétique annuel sur les pays du G20 et le titre en est très clair : Un pas en arrière dans la transition énergétique.

En fait soyons clair l’ensemble des pays du G20 s’assoit sur l’accord de Paris. 2017 a vu une augmentation de 2% des émissions de CO2. La stabilisation observée les années précédentes était simplement due à une croissance atone : avec la reprise de la croissance, les émissions sont repraties à la hausse. Nous avons échoué à créer une croissance décarbonée et les conséquences en sont terribles et démoralisantes : l’effort à consentir pour limiter la hausse de la température à 2°C s’alourdit : aujourd’hui la réduction moyenne requise monte à 3,5%/an jusqu’à 2050, alors que 2,9%/an auraient été suffisants entre 2015 et 2050 au moment de l’Accord de Paris.

La consommation de charbon a augmenté de 1%, la consommation de pétrole de 1.8% et celle de gaz de 3.3%. Avec le retour de la croissance, la consommation d’énergie augmente partout : Chine 28% ; Inde 8%, USA : 20%, Union Européenne : 15%

Autrement dit la croissance entraine toujours une augmentation de la consommation d’énergie, et l’Union Européenne n’est nullement en position de donner des leçons. Si cette consommation d’énergie est compréhensible chez les pays en voie de développement, dans les pays hautement développés, elle signe la fin d’une utopie : Il n’y a aucune chance de voir accepter et se produire une diminution globale de la consommation d’énergie, cela ne se produira pas- sauf pénurie et guerre.

Emissions de GES : deux bons élèves, la France et la Chine ; deux criminels : les USA et l’Allemagne

Pour éviter le changement chaotique du climat, la seule solution est de décarbonner l’énergie. Avec un effort titanesque dont elle doit être remerciée (voyez l’omniprésence des scooters et véhicules électriques) dont le développement du nucléaire et celui du solaire sont les outils principaux, la Chine est parvenue à stabiliser les siennes, qui se stabilisent au  niveau européen (6.43 tonnes par an par habitant). L’Union Européenne se stabilise autour de 6.42 - ce qui n’est guère glorieux et signale un effort minime – le principal responsable, voir ci-après, en étant l’Allemagne ; le seul pays à diminuer les siennes sont les USA, et là, ce n’est pas glorieux tant leur taux démission est élevé.
 Le seul pays qui diminue les siennes est… les Etats-Unis d’Amérique, ce qui, pour le coup, n’est pas du tout glorieux car les émissions par habitant demeurent à un niveau très élevé, avec 15,6 tonnes par an, près de trois fois celles d’un Chinois ou d’un Européen ; cette diminution  a été obtenue pour l’essentiel par le recours accru au gaz pour générer de l’électricité au détriment du charbon – et ce très faible gain risque encore d’être remis en cause par la politique de Donald Trump. En terme de politique énergétique et climatique, les Américains se comportent comme des criminels contre l’Humanité.
Et ce ne sont pas les seuils : Prenons le cas des Allemands : 9 tonnes par ans de GES par habitant contre 6.2 au Royaume Uni, 6 au Danemark, 4.2 en France. L’Allemagne,  malgré un effort considérable sur les renouvelables, a toujours un bilan catastrophique ; ce qui s’explique ainsi : la part du charbon n’a baissé que de 4 points de pourcentage depuis 2010 alors que celle des renouvelables a grimpé de 16 points. Mais comme le nucléaire a diminué de 10 points les émissions n’ont évidemment pas diminué autant que ce que l’on pouvait espérer. En outre, l’arrêt définitif du nucléaire d’ici 2022 va faire disparaître cette production décarbonée et pilotable du mix électrique ce qui devrait continuer à faire augmenter les émissions de carbone – même l’éolien émet davantage de carbone que le nucéaire, et si vus remplacez du nucléaire existant par du gaz, ou pire du charbon, c’est évidemment catastrophique.
Au contraire, la Grande-Bretagne peut afficher une évolution très favorable de son mix énergétique et de ses émissions de CO2 en raison d’un point de départ très carboné, puis de l’éviction rapide du charbon ces dernières années sous la montée des renouvelables et le maintien de son nucléaire.
Et la France, en matière de lutte contre le dérèglement climatique est un élève modèle, avec ses 4.2 tonnes par an et par habitant de dégagement de gaz à effet de serre.  Elle affiche un bon et déjà ancien résultat pour la décarbonation de son mix électrique, grâce à son électricité à 77 % nucléaire et 20% hydraulique ce qui donne un record absolu de 97% d’énergie électrique décarbonée ». D’où un problème : compte-tenu de son niveau de départ, la France ne peut pas diminuer ses émissions à effets de serre dans son mix électrique puisque le charbon a presque disparu (les derniers 3 000 MW installés devraient être fermés d’ici la fin du quinquennat) et que le gaz occupe une place modeste, mais très utile au pilotage de l’équilibre offre/demande. Et toute diminution du la production nucléaire entrainera au contraire une augmentation de l’émission de gaz à effets de serre puisque le solaire ou l’éolien émettent plus que le nucléaire et surtout que leur intermittence doit être compensée… par du gaz ! La France peut progresser dans l’habitation et les transports… ce qui signifie avantage de chauffage et de véhicules électriques… donc des besoins accrus en électricité nucléaire.
Conclusion : La France pays modèle grâce au nucléaire !
Bilan énergétique 2017 du G20 : l’accord de Paris oublié (cf. huet.blog.lemonde.fr/2018) Il est clair qu’après un semblant de stabilisation dû en fait à la crise économique, les pays du G20 s’assoient sur leurs engagements climatiques et que la situation s’aggrave. Un dérèglement climatique majeur est devant nous !
Deux pays majeurs se comportent en véritables criminels contre l’Humanité : les USA, le pays qui gaspille le plus l’énergie ; l’Allemagne, à cause de l’arrêt du nucléaire.
Il est clair aussi que la consommation mondiale d’énergie ne diminuera pas ; trop de pays n’en dispose tout simplement pas assez. A noter les efforts considérables faits par la Chine qui lui permettent de stabiliser ses émissions à effets de serre par le développement intensif de la locomotion électrique, du solaire et du nucléaire, des efforts qui la place en même temps en très bonne position pour l’industrie de l’énergie du futur.
La stabilisation des émissions de gaz à effets de serre passe par la substitution de l’énergie électrique au pétrole et au charbon partout où cela pourra se faire, et de manière très agressive ; et par un  mix énergétique électrique comprenant une forte proportion de nucléaire.
 Avec 4.2 tonnes par an et par habitant de dégagement de gaz à effet de serre, avec une énergie électrique à 97% décarbonée (77% nucléaire, 20% hydraulique), la France est un pays modèle. Et toute diminution du nucléaire affaiblirait son bilan. A tous point de vue, économique, d’indépendance nationale, climatique, la diminution de la part du nucléaire à 50% envisagé par la loi de transition énergétique est une ânerie démagogique.



dimanche 20 mai 2018

Energies renouvelables : le rapport décoiffant de la Cour des Comptes 2018


Déjà il y a cinq ans, la Cour des comptes  fustigeait le caractère « difficilement atteignable » des objectifs de la France en matière d'implantation d'éoliennes, panneaux solaires et autres dispositifs de production d'énergie verte, ainsi que le « montant très élevé des engagements financiers consentis par l'État ». Cinq ans après, le constat a empiré et ils fustigent une politique qui reste incohérente, inefficace et extrêmement coûteuse et  réclame enfin une stratégie énergétique cohérente.

Energies renouvelables : De l’argent qui a coulé à flot pour un résultat nul

Pour la seule année 2016, la Cour des comptes estime la somme des dépenses publiques consacrée aux énergies renouvelables à 5,3 milliards d'euros. En 2023, si l'effort se poursuit, cette somme pourrait atteindre 7,5 milliards. Cette facture s'explique par un soutien financier massif de l’Etat très mal calibré. Surtout avant 2011, il a mis en place des aides, comme des tarifs garantis de rachat de l'électricité ou des subventions pour des résultats dont le moins qu’on puisse dire est qui ne sont pas à la hauteur, dénonce la Cour des comptes :

l'État doit ainsi payer chaque année 2 milliards d'euros pour produire par le solaire... 0,7 % du mix électrique français !!!. Soit, d'ici à 2030, la bagatelle de 38,4 milliards d'euros, pour une goutte d'eau énergétique.

Plusieurs appels d'offres pour des éoliennes implantées en mer sont remis en cause par le gouvernement actuel, tant les conditions tarifaires étaient avantageuses. L'éolien offshore est l'archétype de ces dysfonctionnements. Aux tarifs accordés en 2012 et 2014, les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !!! Alors que les parcs ne verront pas le jour avant 2020 ou 2021, ces tarifs (de 190 euros/MWh en moyenne) apparaissent aujourd'hui exorbitants

Aller, on compare au nucléaire pour s’amuser ? Eh ben, solaire plus éolien, c’est davantage sur cette période que le grand carénage (50 à75 milliards). Mais le nucléaire, lui, produit 80% de l’électricité et, en fait, ne devrait pas diminuer beaucoup (et rester largement au-dessus de 50%)

Et tiens, une autre donnée pour s’amuser : l’équivalent en photovoltaïque de la production d’électricité d’une centrale nucléaire de 1 300 MW nécessiterait une surface au sol de l’ordre de 68 km2 . la superficie de la commune de Nantes !!!!

Une politique incohérente….

L’incohérence, c’est la très démagogique et imbécile décision de descendre à 50% de nucléaire. La Cours des Comptes confrme une évidence : « Ce dernier objectif [la baisse du nucléaire] n'est pas compatible avec la trajectoire d'augmentation des capacités d'énergies renouvelables. » En clair : on n'arrivera pas à réduire si rapidement la part du nucléaire en si peu de temps, parce que les capacités hydrauliques, éoliennes ou solaires ne seront pas suffisantes. D'où la leçon administrée par la Cour des comptes : « Il conviendrait donc de définir une stratégie énergétique cohérente »...En effet !

Bien plus, la diminution du nucléaire serait négative pour les engagements climatiques français. Pour atteindre l’objectif de 50 % de nucléaire d’ici 2025, la France devrait fermer 23 à 27 réacteurs nucléaires et,serait obligée de recourir à des centrales à charbon et à des centrales au gaz pour assurer sa sécurité d’approvisionnement, ce qui conduirait à une hausse des émissions de gaz à effet de serre. Ce serait une folie pure, économique et écologique, et, souligne la Cour, « les acteurs du monde de l’énergie – même au sein des administrations intéressées – sont nombreux à ne pas avoir cru dans les objectifs et la trajectoire définis par la PPE (Programmation de la Politique Energétique) En effet !

Qui n’a pas permis de faire émerger des champions nationaux

Malgré les milliards déversés, la Cour des Comptes constate que faute d’avoir établi une stratégie claire et des dispositifs de soutien stables et cohérents, le tissu industriel français ait peu profité du développement des Energies Renouvelables et que la France ne soit pas parvenue à se doter de champions européens dans ce secteur. La France ne compte aujourd’hui aucun ensemblier d’éoliennes terrestres et a perdu ses champions sur l’éolien, partis chez Siemens ou chez General Electric ; et pour le solaire, ce sont les Chinois qui grâce à une politique industrielle volontariste et rationnelle et à leurs terres rares ont tout emporté ! Quelques petit innovateurs subsistent :  Compte-R (chaudière biomasse de grande puissance), Poma70 (éoliennes terrestres renforcées ou adaptées aux plafonds aéronautiques bas), DualSun (panneaux solaires hybrides), Photowatt (fabrication intégrée de modules photovoltaïques)…

Autres incohérences : emploi et coûts réels

Emplois : La Cour fustige également le flou considérables des prévisions  ( déjà démenties par le flop  industriel décrit ci-dessus) et même du suivi des emplois créés par les Energies Renouvelables ; l’ADEME estimait le nombre d’emplois directs liés aux marchés des EnR hors biocarburants sur le territoire national en 2016 à 79 000, en hausse de 30 % par rapport à l’année 2006…mais seuls 15 % (12 000) peuvent ainsi être considérés comme des emplois industriels. Face à cela, on ne met jamais en balance le nombre d’emplois industriels bien payés qui seront détruits dans le nucléaire (220 000 emplois directs et indirects)

Coûts : la Cour signale que pour l’instant les coûts d’adaptation du réseau à l’arrivée des énerges renouvelables n’est jamais mentionné, ni pris en compte.  L’Ademe l’estime de 13 à 18 €/MWh pour 30% d’eénergies renouvelable- ce qui double le coût de l’acheminement  et représente de 15 à 20% d’augmentation automatique et inévitable !
De même, les solutions d’autoconsommation ont aujourd’hui une attractivité financière qui repose en partie sur l’absence de paiement du tarif d’utilisation du réseau.

Enfin, il y a tout de même une incohérence fondamentale à vouloir réduire le poids du nucléaire tout en expliquant que c’est une énergie qui, du fait de sa compétitivité, perturbe la concurrence….

Des problèmes différents selon les pays :

La Cour des comptes met en cause également la cohérence des aides de l'Etat, concentrées pour l'essentiel (4,4 milliards d'euros) sur les EnR électriques, alors que 567 millions seulement vont vers les EnR thermiques, qui représentent pourtant 60% de la production nationale… Plus de la moitié de l’énergie consommée en France l’est sous forme de chaleur (50,6 %), devant l’électricité (34,2 %) et les transports (13,2 %). D4autre part La prépondérance de l’énergie de source nucléaire en France conduit en effet à ce que l’électricité française produite soit décarbonée à 98 % et que les émissions de gaz à effet de serre françaises du fait de la production électrtique soient donc limitées comparativement aux autres pays de l’UE.

En France, pour lutter contre la pollution, contre le réchauffement climatique et pour faire des économies, ce n’est pas à la production électrique qu’il faut s’intéresser, mais au thermique et au transport ! En Allemagne et en Angleterre, c’est le contraire !

L’exemple suédois est souvent mis en avant, mais si les Energies Renouvelables ont atteint en Suéde  en 2016 près de 54 % de la consommation énergique finale de la Suède.c(est parce que celle-ci dispose d’une énergie renouvelable pilotable et stockable, c’est l’énergie hydroélectrique qui représente  47 % de l’électricité produite en Suède.  Et  contrairement à beaucoup de pays européens, ce n’est pas grâce à la multiplication de dispositifs de soutien que la Suède est parvenue à développer massivement sa production d’énergies renouvelables mais, dès 1991, via une taxe carbone élevée (120 €/tCO2)

Recommandations de la Cour des Comptes :

Afin d’éclairer les décisions publiques prises à l’avenir, la Cour considère désormais indispensable de calculer et révéler le coût complet du mix énergétique programmé et les soutiens publics induits, et d’asseoir les décisions de programmation énergétique sur ces informations. En effet- et de le comparer au nucléaire !

La Cour formule en outre les recommandations suivantes : accroître les moyens du fonds chaleur pour atteindre les objectifs de développement fixés aux EnR thermiques ; définir une stratégie énergétique cohérente entre les objectifs de production d’énergies renouvelables (EnR) électriques et le nucléaire dans le mix ; - clarifier les objectifs industriels français associés au développement futur des EnR.



vendredi 18 mai 2018

Raisons de détester l’Eurokom 5 : Grands problèmes avec l’euro


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.

L’euro, c’est l’austérité

Soyons clair, dès le début, il a été entendu que l’euro devait être géré comme l’était le deutschmark, avec cette volonté de l’Allemagne, pour des raisons historiques obsessionnelles d’avoir un « euro » fort. Résultat : lorsqu’une monnaie se trouve beaucoup trop forte pour l’économie qui la sous-tend, celle de l’ensemble de la zone euro, il existe deux moyens pour y remédier et restaurer sa compétitivité :  l‘un est la dévaluation, et c’est ce qui nous est  interdit par l‘euro, l’autre est la déflation, la réduction des coûts , des salaires, des filets de sécurité sociaux. C’est cette politique d’austérité qui a été menée avec une férocité inouïe, avec les conséquences que l‘on sait en  Europe du Sud, en Grèce, en Espagne, en Italie, certes, mais aussi en Angleterre et en Allemagne, avec la multiplication des travailleurs pauvres, pour ne pas dire indigents – et c’est cela que l’on nous propose comme modèle !

Et ne parlons même pas du traitement indigne qui a été infligé à la Grèce, un traitement avec la volonté de punir et d’humilier, tellement que même le FMI  s’était indigné d’une méthode contreproductive qui a fini par coûter beaucoup plus cher à toute l’Europe. Là, l’Euro, ce n’est plus l’austérité, c’est la sauvagerie ! : forte hausse du chômage dans toutes les catégories sociales, doublement des cas de suicides, une hausse des homicides, une augmentation de 50 % des infections au virus HIV, des gens, des morts faute de soin.

Et la crise grecque a rapporté près de 8 milliards à la BCE !

 La réalité de l’euro, c’est l’explosion de l’Europe, pas la convergence      
 
Patrick Artus au Rendez-vous de l’Histoire de Blois (1017) : l’idée vendue par les promoteurs de l’euro que celui-ci entrainerait une convergence des économies n’était qu’une escroquerie, démentie par les théories économiques les plus solides. Une même monnaie pour des économies hétérogènes entraine au contraire une divergence et une spécialisation des économies. Donc ce qui était prévisible, avec l’Euro, l’Allemagne renforce son industrialisation, l’Espagne et l’Italie se désindustrialisent et se spécialisent… dans quoi : le tourisme et les primeurs et fruits à bas coût… Et la France dans quoi ? le tourisme, la viticulture, la gastronomie, quelques services publics, un peu d’agriculture.-(cf Houellebecq !)

Si des pays se spécialisent à l’excès, leurs structures économiques deviennent très différentes. Cela entraîne une divergence des niveaux de revenus entre les différents pays, prévisible et inévitable ! Il était assez naïf de croire que du moment qu’on a la même monnaie on a la même économie… c’est une terrible erreur d’analyse de ne pas avoir réfléchit à l’hétérogénéité engendrée par la spécialisation des nations membres.

Donc, le principal bénéfice attendu de l’euro, le marché unique, a en fait très mal fonctionné, et seulement au profit de l’Allemagne. L’Euro, c’est comme l’Allemagne et le foot du monde d’avant , tout le monde joue, à la fin c’est l’Allemagne qui gagne

La zone euro meurt d’un manque de solidarité et de l’égoïsme allemand

Pour remédier à l’hétérogénéité engendrée par la spécialisation des économies, il faut à l’intérieur d’une union monétaire hétérogène un mécanisme qui permet des transferts massifs et automatiques  des fonds des zones les plus riches vers les zones les plus pauvres. C’est exactement ce qu’on observe aux Etats-Unis où les transferts entre Etats sont énormes ; si un Etat perd un euro, le système fédéral lui rapporte 60 cents (en Europe, pour un euro perdu c’est un cent seulement…)

La grande crise pour l’Europe de 2011 à 2014 résulte de ce que l’Allemagne a cessé de prêter au pays du Sud. De façon brutale, le déficit extérieur de ces pays n’a plus été financé, ce qui les a obligé à le réduire en contractant les dépenses intérieures. L’austérité européenne est en fait une conséquence de l’arrêt brutal du financement allemand, soit l’égoïsme d’une des nations les plus riches qui a le plus bénéficié des avantages du marché unique sans en subir les inconvénients. Et pourtant, l’Allemagne n’a pas hésité .à ces transferts massifs pour financer sa réunification, que les autres pays européens dont la France ont aussi financés par des taux d’intérêts anormalement élevés…Mais fallait-il s’attendre à autre chose ?

L’euro a raté son internationalisation

Un des grands arguments en faveur de l’euro était la volonté d’échapper à l’hégémonie du dollar en matière de règlements internationaux.- le dollar, c’est notre monnaie, mais c’est votre problème proclamait le ministre des Finances de Nixon !

Or l’euro a complètement raté son internationalisation, et les échanges. En fait, depuis  sa création en janvier 1999, la place de l’euro dans les échanges internationaux n’a cessé de décliner ! – au point qu’il est clair aujourd’hui que la monnaie qui fera inexorablement concurrence au dollar, c’est le yuan que la Chine internationalise très progressivement et prudemment.

Sur ce plan là aussi, l’euro est un échec. Et un échec qui nous coûte cher :- En 2014, la banque BNP Paribas a ainsi dû verser 8,9 milliards de dollars pour des transactions menées hors des États-Unis, avec des pays sous embargo américain, comme l'Iran. Et nous le réalisons à nouveau, avec la rupture par les USA de l’accord avec l’Iran et, par exemple ; Total qui se voit contraint de céder ses parts de champ pétrolier …à la Chine.

Une anecdote : Poutine, lors de l’affaire Ukrainienne, au pire de ses relations avec l’administration Obama, menace Mme Clinton de transférer ses contrats pétroliers et gaziers du dollar vers l’Euro. Réponse de Mme Clinton : c’est beau, la solidarité orthodoxe, mais vous voulez vraiment utiliser la monnaie de la Grèce ! Et Poutine ne fit rien.



dimanche 13 mai 2018

Anne Hidalgo et Smovengo ; l’histoire d’un désastre !


Un désastre pour les Parisiens

Après avoir géré pendant dix ans le service de vélo en libre-service parisien, l’entreprise JCDecaux a perdu l’appel d’offres en avril 2017 au profit de Smovengo (qui réunit la PME montpelliéraine Smoove, les espagnols Mobivia et Moventia et Indigo, leadeur du parking). Le plannig initial était le suivant : Le planning officiel était le suivant : fin du dématèlement des Cvlocity (Decaux) fin janvier 2018,installation de la moitié des Smovengo en janvier et l’autre moitié au cours du premier trimestre. Mi mai 2016,  nous en sommes à lors que le mouvement social est entré dans sa quatrième semaine, seules 675 stations sont ouvertes alors que le plan initial prévoyait la mise en place de 1400 stations fin mars. Mais station ouverte ne signifie pas que l’on puisse y prendre des vélos : Smovengo a annoncé le retrait de 1500 à 2000 vélos électriques et 3000 vélos bloqués en station en raison d'erreurs informatiques, notamment, sur environ 9000 déployés ! Seules 11 stations électrifiées sont en état de marche ; la solution provisoire des stations sur batterie se révèle un bricolage répugnant qui ne fonctionne pas. Et les vélos électriques sont pour l’instant retirés !

 Le printemps arrive et les parisiens ne peuvent pratiquement pas utiliser de velib- le service a d’ailleurs proposé, pour ceux qui en font la demande, de rembourser les trois premiers mois ; c’est bien le minimum, mais encore faut-il que les abonnés le demandent en s’inscrivant sur le site

Un désastre pour les salariés

A la catastrophe industrielle se joint une catastrophe sociale. Il faut voir avec quelle morgue le président du consortium Smovengo , Yann Marteil, dans un article du Monde du 6 novembre 2017 s’adressait aux salariés de Velib Decaux: « Les anciens JC Decaux doivent postuler sans tarder  à Smovengo », en expliquant que, contrairement aux pratiques habituelles, les salariés ne seront pas repris, leurs contrats de travail ne seront pas transférés, ils doivent démissionner pour être repris, et il n‘y aura pas de la place pour tout le monde !
Et effectivement sur ce terrain là, c’est aussi une catastrophe au point que depuis le 17 avril, soit plus de trois semaines, les nouveaux salariés de Smovengo sont en grève, , franchement, on les comprends : sous-effectifs, et pas qu’un peu : « On est passé de trois cents agents de terrain sous la direction de JC. Decaux, à moins d’une centaine actuellement. ». « On nous avait dit qu’on nous reprenait aux mêmes conditions, mais Smovengo nous a imposé de nouveaux horaires ». 70 % des agents travaillent de nuit ; or  la majoration des salaires de nuit a considérablement baissé, passée de 45 % à Cyclocity à 10 % à Smovengo. Et pour les week-end, il n’y a plus du tout de majoration, zero ! Le panier-repas, lui, est passé de 12 euros à 5,73 euros. Les arrêts de travail se sont multipliés amplifiant un sous-effectif chronique…d’autant que les agents sont en première ligne pour éprouver la mauvaise humeur des parisiens, certes justifiée, mais pas contre eux.

 Résultat : pour arranger le tout, une grève des salariés de Smovengo- une cinquantaine, soit 85 % ! des agents de terrain, selon les responsables du mouvement) à faire grève. Et pour gaire mieux : Smovengo a assigné 37 employés grévistes sont assignés au tribunal correctionnel de Paris.

Un gaspillage écœurant

Commentaire d’un internaute : Si on résume : on avait un système qui fonctionnait globalement bien qu'on fout en l'air. On avait des bornes qui auraient pu être adaptées à d'autres vélos, on les détruit et on les change avec des travaux colossaux. On avait des vélos qui remplissaient leur fonction, on les jette. On avait un abonnement raisonnable, il augmente... On avait des salariés qui connaissaient leur boulot, on les vire !! Qu'est ce qu'on dit ? MERCI HIDALGO !!

Un appel d’offre étrange

En effet ; et l’on peut se demander quel mécanisme d’appel d’offre peut au juste  arriver à un tel désastre ; ce n’est ni le mieux disant ni en terme de services, ni de prix, ni pour les salariés. Challenge (7 juillet 2017) rapporte de bien curieux ou affligeants renseignements : La décision s’est faite essentiellement sur le coût , et contre l’avis de la SNCF et de la RATP ;  entre les deux offres  « s'est fondé sur un dumping social, avec une proposition excluant la reprise de l'ensemble des personnels et reposant sur de nouvelles équipes inexpérimentées, moins nombreuses et à des conditions sociales et salariales dégradées ".  Et les dirigeants de JCDecaux, assez furieux, «  n'ont pas compris pourquoi le tribunal administratif n'avait pas fait grief à Smoovengo de refuser de s'engager à reprendre leurs 350 salariés, en conformité avec le Code du travail, et n'avait pas jugé décisif le fait que Nicolas Mercat, qui a participé à l'élaboration de l'appel d'offres par le syndicat francilien, soit le frère de Laurent Mercat, patron de Smoove et porte-parole du groupement vainqueur ».

Et il n’y pas que cela, mais aussi une gouvernance financière pour le moins étrange. Toujours, Challenge (7 juillet 2017) : Dans l'alliance Smoovengo, il y a aussi le groupe de services automobiles Mobivia, l'espagnol Moventia et Indigo (ex-Vinci Park). Quels sont leurs liens financiers? "Je ne sais pas qui est qui et qui fait quoi, reconnaît Véronique Haché, la bien peu curieuse directrice du syndicat Autolib'Vélib'Métropole, qui a signé et gérera le contrat. Ce qui nous importe, c'est d'avoir eu des garanties financières ». Et en fait, la fameuse start up Smoove (qui dira le mal qu’a fait l’éloge imbécile systématique des start-up- seuls survivent les 0.1% qui réellement le méritent !) parait maintenant complètement effacée car intégrée dans Mobivia, qui appartient à la galaxie Mulliez (Norauto, Midas, Drivy).

Autre bizarrerie : le Figaro du 01/01/2918 testait les vélos Smoove à Montpellier, là où ils sont nés ; le moins qu’on puisse dire est que le résulat n’était guère convaincant : « ce matin là une panne affectait l'ensemble du réseau, ce qui rendait toute location impossible. De plus, un tiers des vélos que nous avons ensuite utilisé avait un problème technique: absence de freins ou vitesses cassées pour la plupart. Autre gros souci: nous nous sommes trouvés plusieurs fois face à des stations pleines ou des stations... vides. Par conséquent, impossible de prendre ou de rendre un vélo selon le cas. Nous avons également rencontré plusieurs problèmes avec des vélos qui ne se débloquaient pas facilement de leur point d'attache. Le service de communication de société TaM qui exploite les transports publics de Montpellier avec Transdev n'a pas souhaité répondre à nos demandes malgré une dizaine de tentatives. Quant à la société Smoove, son dirigeant Laurent Mercat, que nous avons rencontré, rejette les responsabilités de ces dysfonctionnements sur TaM…

 Rendez-nous Decaux ! Decaux, lui, avait rempli plus que correctement le contrat de dix ans qu'il avait conclu en 2007, donnant son essor à un nouveau mode de transport urbain, en rapportant toujours de l'argent à Paris, au point que Bertrand Delanoë, lorsqu'il était maire, a pu en faire profiter les communes voisines. Mais le fiasco en est à un tel point que même ce retour parait impossible.

Un fiasco total qui jette espérons-le le dernier pavé sur la tombe des espoirs de réélection d’Anne Hidalgo : Ya basta !

Résultat de recherche d'images pour "velib paris fiasco"