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jeudi 27 août 2015

Mercator Océan, un succès français


Connaître l’Océan : l’océanographie opérationnelle ou la météo de l’Océan

La conférence globale sur le climat COP 21, qui aura lieu en France en décembre 2015 doit être aussi l’occasion de faire mieux connaitre la recherche française et ses réalisations en ce domaine ; c’était déjà l’objet d’un de mes précédents blogs sur le diplomatie scientifique de la France, un concept qui a un temps passionné Laurent Fabius.  En voici ici un exemple impressionnant, utile, fascinant, fun , une vraie réussite : Mercator.

Mercator est une initiative française, un groupement d’intérêt public existant depuis 2002, et qui a d’abord réussi l’exploit de faire travailler sur un projet  commun cinq organismes : le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), l’ Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer), l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement), Météo-France et le SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine), le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales y est fortement associé, ne serait-ce que pour la fourniture des données satellitaires dont Mercator est très gros utilisateur.

Que fait Mercator ? De l’ « océanographie opérationnelle » ! C’est-à-dire ?  Le terme, qui qualifie une discipline jeune qui n’a pas vingt ans (il fallait un saut en termes de  techniques, de données et d’ informatique) n’est peut-être  très heureux, mais globalement, il s’agit d’« être capable de décrire l’océan en temps réel et de le prévoir de façon opérationnelle dans toute son étendue en surface comme en profondeur ».

Alors qu’il couvre près de 70% de la surface du globe, l’océan occupe une place croissante dans le domaine économique (alimentation, énergie, transports…), environnemental (changement climatique, protection des espèces, qualité des eaux…) et sociétal (sécurité en mer, éducation, emploi…) ; bref, le but de Mercator  est décrire et prévoir l'océan de façon opérationnelle, « comme la météo décrit l'atmosphère ». L’enjeu n’est pas qu’économique et sociétal : mieux connaître et prévoir l’océan, c’est mieux le protéger.

Pour une meilleure compréhension, la fascination et le fun, se reporter au site internet et au bulletin physique journalier grand public (http://bulletin.mercator-ocean.fr/fr/PSY4#2/71.7/-55.5). Une carte similaire à une carte météo y donne sur tout le globe les courants, la température et la salinité, et ceci pour des profondeurs de  zéro , 30, 100, 300,  1000 et 3000 mètres !  Et également la hauteur de mer, la hauteur  et la vitesse des glaces ! De quoi voir venir le naufrage du Titanic et les catastrophes comme Xynthia  à La Faute-sur-Mer !

Histoire d’un succès

Mercator est né le 26 juin 1995, à l'initiative de Michel Lefebvre et de Jean-François Minster ; une trentaine d'océanographes rassemblent les pièces du puzzle : un océan sous observation continue des satellites altimétriques Topex/Poseidon et ERS, des équipes de recherche à la pointe en matière de modélisation et d'assimilation. Dès 1998, les cartes de la topographie des océans tracées par Topex/Poséidon et ERS (projet Ssalto/Duacs) sont pour la première fois élaborées et diffusées en temps réel : les grands courants océaniques s'animent en direct sous nos yeux.

L'océan profond, qui ne peut s'observer qu'in situ, prend le relais suivant avec le programme international Argo et sa composante française Coriolis. Le déploiement de 3000 flotteurs à travers l'océan global est entrepris (près de 2500 sont déjà déployés fin avril 2006) pour apporter aux modèles les indispensables mesures verticales de température et salinité, entre 0 et 2000 m de profondeur.

En avril 2002, les six membres historiques Cnes, CNRS, IRD, Ifremer, Météo-France et Shom créent le Groupement d'Intérêt Public (GIP) Mercator Océan pour une durée de 4 ans. Le GIP a une mission claire : développer la capacité de description en routine de l'océan mondial à haute résolution, et préparer le futur Centre d'Océanographie Opérationnelle.

C’est un succès et finalement, en 2014, la Commission européenne a signé avec Mercator Océan un accord qui lui confie la mise en place du futur Copernicus Marine Service à compter d’Avril 2015. Ce service a pour mission de fournir un accès libre et gratuit à une information scientifiquement qualifiée et régulière sur l’état physique et biogéochimique de tous les océans du globe, en surface comme en profondeur : température, courants, salinité, hauteur de mer, glace de mer, couleur de l’eau, chlorophylle. Le Contrat de délégation de la Commission Européenne porte sur un montant de 144 Millions d’Euros entre 2014 et 2021.

Les données fournies par Mercator permettent déjà une cartographie des courants, ce qui est important pour la sécurité et l’économie du routage en haute mer, pour retracer le trajet d’objets échoués, ou de nappes de pollution et identifier les pollueurs, d’assurer une meilleur prévision et sécurité des côtes et de leur environnement, d’améliorer la prédiction des événements climatiques où l’océan joue un rôle majeur, et notamment une meilleur prévision des cyclones et autres événements extrêmes, un meilleur suivi et une meilleure prédiction de l’évolution des ressources halieutiques, etc  et aident, les climatologues à comprendre et modéliser l’évolution du climat,

Bonne chance et longue vie à ce projet passionnant et beau, d’origine française, qui met en valeur plusieurs points de la recherche en France (océanographie, mathématiques, modélisation, spatial, météorologie). Le débat autour de la COP 21 et du climat est l’occasion de mieux faire connaître internationalement de tels projets. Maintenant, un esprit pragmatique (anglo-saxon ?) pourrait aussi  se demander si on peut en faire une activité rentable….

lundi 3 août 2015

Médecine du travail ; pas de quoi pavoiser !

Une médecine sinistrée ?

Le drame sans précédent provoqué par le pilote ultra dépressif de la German Wing qui a précipité son avion et ses 150 passagers sur une montagne des Alpes du Sud (Andreas Lubitz avait consulté plus de 40 médecins ces quatre dernières années) a fait l’objet d’un satisfecit français bien mal placé, sur le thème : cela ne pourrait pas arriver en France, avec notre médecine du travail. C’est peut-être vrai à Air France, où il semble que le suivi médical des pilotes soit sérieusement effectué ; mais ce ne l’est surement dans le pays en général. En fait, depuis plusieurs mois, les médecins du travail et leurs organisations préviennent, en particulier l’Association Santé et médecine du travail  : la médecine du travail est sinistrée.
Tout d’abord, le nombre de médecins du travail ne cesse de diminuer  (5.666  en 2013 contre 6 280 en 1992), pour l’ensemble des salariés ! Comme de toute évidence, ils ne peuvent fournir au travail, la visite annuelle périodique a été remplacée par une visite tous les deux ans pour les salariés non exposés à un environnement particulier (chimie, laboratoire..etc.) Malgré cela, un rapport de l’IFRAP estime que 30 à 60% d'entre elles ne sont jamais réalisées ! (l’Ifrap, organisme patronal militant propose en conséquence de passer à une périodicité de cinq ans !). Faudra-t-il en arriver à ce que des salariés poursuivent l’Etat ou leur entreprise pour ne pas avoir respecté la loi ?
Harcèlement et intimidation

Et quand ils exercent leur travail, les médecins du travail sont de plus soumis aux pressions des employeurs. Depuis deux ou trois ans les plaintes d’employeurs devant l’ordre des médecins se multiplient. Dominique Huez, médecin à la centrale nucléaire de Chinon explique : « les juristes des entreprises ont découvert qu’il existait une brèche juridique et ont pensé qu’ils pouvaient l‘utiliser pour nous discréditer ». En effet, un décret de 2007 permet aux employeurs de poursuivre les médecins en chambre disciplinaire – une sacrée entorse tout de même à leur indépendance. En ce qui concerne le Dr Huez, il lui reproché d’avoir manqué de « prudence et de circonspection » en établissant un lien entre une dépression et les conditions de travail. Devant la multiplication de ce type de procès, dont le point commun est que les entreprises reprochent aux médecins d’établir un lien entre les conditions de travail et l’état psychique de salariés, leurs organisations professionnelles protestent : «leur travail consiste bel et bien à «  éviter toute altération de la santé physique ou mentale des travailleurs du fait de leur travail » ; et ils rappellent que « la déontologie médicale n’est pas au service de l’employeur, mais avant tout fondé sur la protection de la santé des patients ». Et ils dénoncent dans des lettres et des appels une campagne organisée de harcèlement et d’intimidation.
Et ce n’est pas fini : la Caisse d’Assurance Maladie se lance à son tour dans une campagne d’intimidation à propos des arrêts maladies et envoient des lettres d’avertissement aux médecins qui prescrivent plus d’arrêts maladies que la moyenne. Et le ton est rien moins qu’aimable : « Pierre Fendu, directeur de la lutte contre les abus de la CNAM, explique comment l’Assurance maladie procède avec les médecins en dépassement : « Soit le médecin va dire, 'Oui je pense que je peux faire un effort', ou 'Non, je ne peux pas faire d’effort parce que j’estime que tous mes arrêts sont justifiés'. A partir du moment où le médecin dit non, le directeur de la Caisse peut parfaitement décider de le mettre sous accord préalable, cela veut dire que chaque arrêt de ce médecin va être contrôlé »
Le burn out non reconnu maladie professionnelle par le Sénat
Pour aggraver leur cas, certains médecins du travail  se sont lancés dans une campagne pour la reconnaissance du burn out (syndrome d’épuisement professionnel) comme maladie professionnelle. Dans une  lettre d'alerte adressée  aux ministres du Travail et de la Santé ils disent  constater une montée importante de ces cas et, dans une tribune dans l’Marianne posent la question : « combien de burn out se terminent par un licenciement pour inaptitude ou par un passage à l'acte suicidaire ? ».  Témoignage d’un médecin : « Cet été encore j'ai une dame qui me racontait avoir été à sa voiture, les clés en mains,  « et là, docteur, j'ai pas pu monter dans la voiture". Et là, j’ai dit : "maintenant c'est fini, j'arrête. Je suis remontée, j'ai enlevé mon manteau et mes chaussures, je me suis couché et j'ai dormi toute la journée »
Que croyez-vous qu’il arriva ? Les employeurs (au moins ceux d’entre eux qui ne sont pas en burn out, les autres n’ont pas le temps de mener des combats retardataires) sont vent debout et le Sénat a refusé pour l’instant la reconnaissance comme maladie professionnelle. C’est vrai qu’un train de Sénateur ne favorise sans doute pas la prise de conscience du burn out !
Merci aux médecins du travail qui se battent pour exercer le leur, dans un contexte jusqu’ici inédit d’intimidation, de déliquescence, voire même de liquidation, et qui sont trop peu entendus et trop peu soutenus.  La Médecine du Travail a été institutionnalisée en France en 1946 ; on sait que certains se sont donné pour but de déconstruire le programme du Conseil national de la Résistance ; il semble qu’ils agissent aussi sur ce terrain-là.
Le passionné d’histoire des sciences que je suis peut tout de même rappeler que la médecine du travail, et la chimie médicinale tout court, est née en France avec la traduction et l’enrichissement  par Fourcroy, le principal disciple de Lavoisier, d’un traité de Ramazzini en 1777 : «Traité des maladies des artisans et de celles qui résultent des diverses professions ».  Et que ce sont des dentistes qui suivaient des ouvrières peignant les cadrans et aiguilles de réveil de solution de radium qui ont signalé les premiers le danger cancérigène des composés radioactifs.

Ho, ce n’est plus 1946 qu’on détricote, c’est Lavoisier !


 
 

 

vendredi 17 juillet 2015

Auguste Comte, l’altruisme et l’éducation positiviste


Le numéro de la Recherche de juin 2015 porte ce titre Tous altruiste regroupant une série d’articles sur les dernières découvertes des neurosciences concernant donc l’altruisme et l’empathie, et , plus généralement l’origine innée ou acquise de notre sens moral. Ainsi, le bébé dès dix mois distingue le bien et le mal dans certains comportements, montre de l’empathie, ressent les émotions des autres ; à trois ans, il refuse d’aider ceux qui font du mal Les grands singes sont capables de compassion et de générosité envers leurs congénères. Poursuivant un programme de recherche entamé depuis longtemps, l’équipe de Frans de Waal a même montré sans ambiguïté, par des mises en situation complexes, que les chimpanzés ressentent l’injustice dans la distribution de récompenses, préférant renoncer à une récompense s’ils sont moins bien traité qu’un semblable.

Et pourtant, à aucun moment de l’article n’est mentionné le fait que le mot altruiste est dû à Auguste Comte, alors même qu’il a fait de l’affirmation que l’homme et certains animaux disposent d’un sens inné du souci d’autrui, l’un des points fondamentaux du positivisme.

Un débat à l’Académie

En 1895, l’Académie française ne s’y est pourtant pas trompé lors des vifs débats à propos de l’introduction – ou non- du mot positivisme dans le dictionnaire. Jules Simon et Ludovic Halevy se prononcent contre : « La charité a besoin d'être louée; car elle commence à être tenue en suspicion, la libre et imprudente charité — ce joli mot, charité, ils l'ont remplacé par un très vilain mot : Altruisme ; il a été inventé, je crois, par Auguste Comte qui n'a pu faire une morale que par une transposition scientifique de la morale chrétienne ».

Cela leur vaut une mise au point un peu ferme dans l’organe des positivistes, la Revue Occidentale : « lLes conceptions positivistes sont assez répandues aujourd'hui pour que de pareilles assertions, quelque autorisée qu'en puisse paraître la source, n'en imposent plus au public ; les purs littérateurs, incapables de pénétrer au-delà des apparences extérieures, s'en tiennent à des jugements sommaires qui témoignent peut-être en faveur de leur sens esthétique, mais qui font apparaître, avec une rare vigueur, leur insuffisance mentale. Etrangers à l'évolution philosophique qui caractérisera essentiellement le dix-neuvième siècle, ils restent inhabiles à s'assimiler le langage nouveau que suscitent les idées nouvelles et ne voient qu'un barbarisme et une superfétation dans un vocable, admirablement adapté au nouvel ordre moral que le Positivisme vient instituer… Un esprit d'une trempe autrement affinée, M. Clemenceau  remet vigoureusement, en quelques lignes, les détracteurs de l'altruisme dans la véritable direction : « Auguste Comte, dit-il, a fait un nouveau mot pour exprimer ce sentiment, moins exalté que l'amour du moi chez la plupart d'entre nous. Nos académiciens, qui n'ont pas lu Comte, ou qui ne veulent pas comprendre ce qu'il a dit, rejettent ce mot, coupable à leurs yeux d'humaniser l'amour d'autrui, qu'ils tiennent à dégrader de l'appât d'une récompense céleste. — Heureusement, il n'y a pas besoin de la permission de l'Académie pour penser ». Nous pourrions nous contenter de cette citation, mais il nous paraît nécessaire d'analyser cette grande notion d'Altruisme et de faire voir combien à la fois elle diffère de l'idée chrétienne de charité et combien elle lui est supérieure.

L'expression d'altruisme, construite par Auguste en opposition avec celle d'égoïsme, caractérise le besoin qui nous pousse à aimer nos semblables, et à nous dévouer pour eux; c'est essentiellement l'instinct de sociabilité, qui s'applique à la fois à nos supérieurs, à nos égaux et à nos inférieurs, sous les dénominations respectives de vénération, d'attachement et de bonté.

Ayant réuni les instincts de conservation de l'individu et de l'espèce sous le nom d'égoïsme, déjà consacré par la langue courante, Auguste Comte a été conduit à grouper sous le nom d'altruisme, les instincts sociaux, de manière à constituer, dans leur dualité fondamentale, l'ensemble de nos divers moteurs affectifs, à constater leurs conflits, et à organiser leur consensus par la subordination de l'égoïsme à l'altruisme, principe de toute morale scientifique et définitive.

L'expression altruisme était donc véritablement indispensable, et, en la créant, Auguste Comte en a fait le meilleur choix possible, puisque, sauf la différence nécessaire de racines, elle reproduit sensiblement l'expression dont elle forme pour ainsi dire la contrepartie et rend visible à l'esprit comme aux yeux leur opposition primitive et leur harmonie finale… Si maintenant nous voulons marquer la différence profonde entre l'altruisme et la charité, nous sommes conduits à donner au sentiment altruiste une source toute spontanée, jaillissant des profondeurs mêmes de la nature humaine, cultivée et perfectionnée par un long effort de l'Humanité.

La charité, au contraire, est un don de Dieu, un effet de la grâce exercée dans le seul but du salut éterel, et ne s'adressant qu'aux inférieurs. Elle est donc loin d'offrir le vaste champ d'action de l'altruisme; elle procède d'un sentiment louable de pitié, immédiatement stérilisé par la sanction égoïste du bonheur éternel auquel elle tend.

Entre la spontanéité positive et la grâce théologique, le choix ne peut être douteux ; on voit de quel côté sont la grandeur morale et l'efficacité réelle….

Ajoutons que la charité s'adresse à l'individu et que l'altruisme consacre l'amour des êtres collectifs. Â des conceptions si différentes devaient correspondre des dénominations appropriées ; la charité chrétienne, même régénérée et exercée sous l'influence d'un sentiment exclusivement bienveillant, ne sera jamais qu'un côté très accessoire de l'altruisme, devenu la règle morale de l'Humanité.

L’éducation positiviste : Fortifier les sentiments altruistes

Selon les positivistes, égoïsme et altruisme sont des penchants innés, et l’éducation consiste à encourager et favoriser les penchants altruistes, ou, si l’on préfère le point de vue de l’ensemble par rapport à celui du particulier, tout en sachant que les penchants égoïstes perdureront, car ils sont non seulement nécessaires à la conservation de chacun, mais peuvent également renforcer les instincts altruistes « En quoi et comment celui qui ne s’aime pas lui-même pourrait-il aimer autrui ? » Auguste Comte). Pas de culpabilisation de l’égoïsme, pas de faute et de sanction divine, mais la culture de la bienveillance, de la sociabilité, notamment par l’admiration d’exemples humains et non divins, tels les « saints » du calendrier positiviste, le culte de l’Humanité, l’ensemble des êtres passés, présents et à venir. Voivi par exemple ce que recommande l’un des principaux positivistes anglais, Bridges :

« Les vérités essentielles qui concernent l'essor et les progrès de l'humanité sont accessibles aux plus simples et aux plus humbles. Lorsqu'un enfant apprend à compter, on peut lui enseigner ce qu'il doit aux précurseurs Arabes et Indous et il apprendra ainsi, dès le jeune âge et pour le reste de sa vie, à surmonter les odieux préjugés de race. Chaque mot qu'il emploie, chaque outil dont son père ou les compagnons de son père se servent, une charrue, une roue, une forge, un bateau, peuvent être autant de leçons de choses pour lui montrer ce qu'il doit à nos plus lointains ancêtres. Le navire qui apporte des aliments venus d'au-delà les vastes océans raconte l'histoire d'un penseur solitaire qui fut tué à Syracuse plus de vingt siècles auparavant. Elles sont innombrables les manières dont on peut apprendre à un enfant à connaître l'Humanité, car les dons de l'Humanité sont également innombrables… » (Bridges, Positivist review)

Oui, vraiment, il est étrange et dommage qu’on écrive des articles, des thèses, des livres  sur l’altruisme sans même mentionner l’inventeur du mot, Auguste Comte, et les conceptions positivistes.
 

jeudi 16 juillet 2015

La science au lycée, une réforme atterrante

C’est sous ce titre que les habituellement assez discrètes Union des professeurs des classes préparatoires, Société française de Physique et Union des professeurs de physique et de chimie, ou du moins leurs présidentes et présidents respectifs publient une tribune inquiétante dans Le Monde (supplément science) du 15 juillet 2015.

On y apprend que la réforme du lycée commencée en 2011 a des effets désastreux sur le niveau scientifique des bacheliers issus du bac S. «  les concepteurs des programmes ont parié sur une plus grande diffusion de la culture scientifique au détriment d’une formation basée sir le raisonnement… il apparait que mener une démonstration développée en plusieurs étapes, maîtriser les outils mathématiques de base et s’astreindre à la rigueur pour construire un raisonnement sont des objectifs éliminés de la formation donnée aux bacheliers S. La compétence majeure est devenue « extraire l’information »…. « Ces programmes ont été conçus avec l’idée que la majorité des élèves de filière S ne poursuivra d’études scientifiques supérieures » «  L’enquête montre que les meilleurs étudiants scientifiques quittent le lycée avec une vision erronée de la physique et de la chimie. Ils sont très mal préparés à utiliser des outils formels et à pratiquer des démarches scientifiques rigoureuses. Ils n’ont reçu au lycée qu’un vernis culturel superficiel asséné par des arguments d’autorité ». ( Si cela est vrai, c’est l’exact contraire d’une formation scientifique !!!). La conclusion : « le bac S ne prépare plus convenablement à l’enseignement supérieur scientifique ». Un constat alarmant, selon les auteurs de la tribune (Sylvie Bonnet, Alain Fontaine, Vincent Parbelle) ; d’autant que la ministre, après avoir prétendu qu’aucun rapport n’était prêt sur le sujet, a annoncé la présentation de ce rapport qui n’est pas prêt aux syndicats, puis a ajourné cette présentation…
Elite « delenda est »
Que ce soit la réforme en cours du lycée, celles annoncées du collège et de l’Ecoles Polytechnique, l’esprit est le même ; il semble que  la persistance de filières d’élites ( premières  et terminales S, classes européennes, classes préparatoires et grandes écoles) constitue un défi ( un reproche permanent ?) à toute une partie de la haute administration de l’Education Nationale et aux politiques qui ont la faiblesse de les écouter ; et que, depuis le début de ce quinquennat ( mais ce n’est que la suite de ce qui a précédé.. ), un seul but est méthodiquement poursuivi avec obstination : la fin de toutes les filières d’élite, de tout élitisme républicain.
Que Madame et Mrs Sylvie Bonnet, Alain Fontaine, Vincent Parbelle, les organisations qu’ils représentent, les professeurs qui ont participé à l’établissement du bilan de cette réforme du lycée, et, avec eux, tous les professeurs qui luttent quotidiennement contre la destruction de l’enseignement soient remerciés de leur courage.
Nous sommes ici en complète rupture avec ce que Jean-Pierre Chevènement définissait comme l’élitisme républicain et comme l’esprit du plan Langevin- Wallon «  la promotion de tous, la sélection des meilleurs ».  Et le résultat est déjà connu : un système scolaire encore plus injuste socialement. Décidément, il semble que ce gouvernement poursuive l’objectif que d’autres avaient affiché : « déconstruire systématiquement le programme du Conseil National de la Résistance »
Dans la torpeur estivale, cette tribune n’a suscité  que peu de réactions ; le gouvernement aurait tort de s’y fier et de ne pas sentir la colère qui monte, chez les enseignants et dans les familles de cet espèce de sabotage systématique de ce qui fonctionne encore dans l’enseignement.
 
 
 

samedi 11 juillet 2015

L’ Ecole Polytechnique détruite ? Le rapport Attali (4)

Alors qu’un projet aberrant vise à bouleverser de fond en comble  la prestigieuse Ecole Polytechnique, avec notamment une fusion dissolution de l’Ecole dans un magma universitaire, des admissions post-bac, la fin de la solde des élèves et du caractère militaire (voir notamment sur le huffington post  Rapport Attali: ou comment tuer l'École polytechnique, Thierry Berthier,http://www.huffingtonpost.fr/thierry-berthier/rapport-attali-ou comment_b_7559320.html), il m’a semblé utile de rappeler le nom des principaux hommes d’Etat et grands fonctionnaires issus de l’Ecole, l’instrument de l’élitisme républicain par excellence. Chacun pourra alors se souvenir du rôle des Polytechniciens dans la construction de l’Etat républicain français, en particulier dans ces périodes où la stabilité ministérielle était faible et où l’action de l’Etat reposait sur des hauts fonctionnaires de qualité ; et chacun pourra constater que la compétence technique et humaine donnée par la formation scientifique et militaire valait bien mieux que la formation au copinage et à l’absence de déontologie de l’ENA. Au lieu de la réforme de Polytechnique, c’est peut-être de la dissolution de l’ENA qu’il faudrait discuter.
L’Ecole Polytechnique : “Pour la Patrie, la Science et la Gloire” : Fonctionnaires et hommes d’Etats

François Arago (1786-1853), ministre et président de la IIème république, abolition de l’esclavage ; Gaspard de Chabrol (1773-1843), grand préfet de la Seine, réaménagea Paris sous l’Empire et la Restauration ; Louis Eugène Cavaignac (1802-1857) ; Président de la IIème République, candidat républicain contre Napoléon III ; Freycinet (X1846), collaborateur de Gambetta, Président du Conseil et plusieurs fois ministre ; Louis Rossel, (X1862), seul officier à avoir rejoint la Commune dont il devint ministre de la Guerre, fusillé en 1871 ; Louis André (X1857), général, ministre de la guerre qui réhabilita Alfred Dreyfus (X1878), aussi polytechnicien ; Jules Moch (X1912), ministre de Léon Blum (travaux publics, organise une aide clandestine aux républicains espagnols, résistant, plusieurs fois ministre et vice-président du conseil) ; Louis Loucheur (X1890), ministre de la IIIe République, à l'origine de la loi qui porte son nom sur le logement social et disciple de Briand, partisan d’un rapprochement industriel et politique avec l’Allemagne ; Maurice Bourgès-Maunoury (X1935),  résistant, premier ministre ; André Giraud (X1944), ministre de l'Industrie et de la défense ( CEA, énergie nucléaire) ; Valéry Giscard d'Estaing, ministre des Finances, puis président de la République, Bruno Durieux (X1964) ministre  de la santé, des affaires sociales puis du commerce extérieur ; Christian Sautter (X1960), ministre des finances, le seul  qui osa tenter de réformer Bercy ; Francis Mer (X1959), ministre des finances ; François Loos (X1973), ministre délégué à l'Industrie ; Nathalie Kosciusko-Morizet (X1992), ministre de l'Écologie ; Denfert-Rochereau (X1842), défenseur de Belfort durant la guerre de 1870 ; Joseph Joffre (X1869), maréchal de France ; Ferdinand Foch (X1871), maréchal de France ; Honoré d’Estienne d'Orves (X1921), officier de marine et résistant ; Louis Armand 190561971), résistant, DG de la SNCF ; Jules Brunet (1838-1911), le dernier samuraï ; Jean-Michel Charpin (X1968), statisticien repport sur les retraites ; Michel Chevalier (1806-1879), professeur d’économie au Collège de France et artisan de la politique de libre échange sous Napoléon III ; Raoul Dautry (1880-1951), ministre de l’armement en 1939, fit envoyer le stock d’eau lourde française à l’étranger, ministre de la Reconstruction de De Gaulle,  joua un rôle important dans le développement de la SNCF et du CEA ; Jacques Dondoux (1931-2002), telecom, créateur du plan câble et du minitel ; Jean Baptiste Eugène Estienne (1860-1936), créateur de l’armée blindée en France ; Louis Faidherbe (1818-1889), premier gouverneur du Sénégal, sénateur républicain, contribua à l’établissement de la République ; Gustave Ferrié (1868-1932), général, développa les télécommunications, fit installer la première antenne de radio en haut de la Tour Eiffel ; Pierre Guillaumat (1909-1991), ministre de la guerre puis de l’énergie et de la recherche de De Gaulle- développement du CEA, d’EDF, d’ELF ; Jacques Jacquesson (1912-1996), colonel, mise au point de la bombe atomique française ; Hippolyte Langlois (1839-1912), le canon de « 75 » ; Jean-Marie Louvel (1900-1970), ministre de l’industrie, du commerce et de l’énergie, premières prospections pétrolières en Algérie, mise en marche de la Communauté du Charbon et de l’Acier ; Claude Thélot (X1965), statisticien, sociologue, Haut Conseil de l’évaluation, Haut Conseil de la population et de la famille, rapport sur l’avenir de l’enseignement ; Charles Gilbert Tourret (1795-1858), ministre républicain de l’agriculture de Cavaignac ; Louis-Léger Vallée (1784-1864), développement du chemin de fer ; François de Wissocq (1933-), Directeur des mines, Directeur Général de l’Energie, dirigea le service industriel de la DATAR et la Cogema…

Et c’est cela que l’on veut détruire..
 
 

L’ Ecole Polytechnique détruite ? Le rapport Attali (3)


Alors qu’un projet aberrant vise à bouleverser de fond en comble  la prestigieuse Ecole Polytechnique (voir notamment pour le détail des mesures absurdes Rapport Attali: ou comment tuer l'École polytechnique, Thierry Berthier, http://www.huffingtonpost.fr/thierry-berthier/rapport-attali-ou-comment_b_7559320.html), j’ai pensé intéressant de rappeler les grands entrepreneurs, les grands patrons issus de l’Ecole.
L’attaque folle contre l’Ecole a commencé par la remise en cause de la pantoufle, la solde des étudiants. Depuis les années 1970, les conditions dans lesquelles les Polytechniciens doivent rembourser leurs études ont été assouplies ; il s’agissait de les encourager de renoncer au confort tranquille et somme toute bien rétribué des postes de hauts-fonctionnaires (bon pour des énarques) afin de les encourager à partir dans des activités moins bien payées comme la recherche, ou plus risqués comme l’industrie ou la création d’entreprise. Donc, ce gouvernement, en prélude à l’imbécile et destructeur rapport Attali a décidé que nous n’avons plus besoin des meilleurs chercheurs, entrepreneurs, industriels. Sans compter qu’évidemment, ce sont les élèves les plus modestes que cela gêne davantage ; merci pour la justice sociale et l’élitisme républicain !
 L’Ecole Polytechnique : “Pour la Patrie, la Science et la Gloire” : les industriels

Émile Martin (X1812), industriel, fondateur des Fonderies de fer et de cuivre Émile Martin et Cie ; Paulin Talabot (X1819), fondateur de la compagnie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) ; Ernest Goüin (X1834), fondateur, Société de construction des Batignolles origine de Spie Batignolles ; Fulgence Bienvenüe (X1870), père du métro parisien ; André Citroën (X1898), fondateur de Citroën ; Conrad Schlumberger (X1898), cofondateur de Schlumberger ; Jean Panhard (X1933), président-directeur général de Panhard et Levassor ; Auguste Detœuf (X1902), fondateur d'Alsthom ; Jean Bertin (X1938), créateur de l'Aérotrain, daéroglisseurs et de la société Bertin ; Serge Dassault (X1946), président-directeur général de Dassault, créateur de Dassault Systèmes ; Georges Besse (X1948), président-directeur général de Renault et père du nucléaire en France ; Claude Bébéar (X1955), président-directeur général de Axa ; Jean-Marie Descarpentries (X1956), président-directeur général de Carnaud Métal Box et de Bull ; Serge Tchuruk (X1958), président-directeur général de Total puis du groupe Alcatel ;Jean-Louis Beffa (X1960), président-directeur général de Saint-Gobain ; Pierre Faurre (X1960), président-directeur général de SAGEM ; Pierre Gadonneix (X1962), président-directeur général d'EDF ; Guy Dollé (X1963), président-directeur général d'Arcelor ; Thierry Desmarest (X1964), président-directeur général et actuel président du conseil d'administration de Total ; Jean-François Roverato (X1964), président-directeur général d'Eiffage ; Noël Forgeard (X1965), président-directeur général d'Airbus ; Jean-Martin Folz (X1966)7, président-directeur général de PSA Peugeot Citroën ; Gérard Mestrallet (X1968), président-directeur général du groupe Suez ; Bernard Arnault (X1969), président-directeur général de LVMH ; Denis Ranque (X1970), président-directeur général de Thales ; Carlos Ghosn (X1974), président-directeur général de Nissan et de Renault ; Antoine Frérot (X1977), directeur général de Veolia Environnement ; Fabrice Brégier (X1980), directeur général d'Airbus ; Frédéric Oudéa (X1981), président-directeur général de Société générale ; Jacques Veyrat (X1983), Président de Robert Louis-Dreyfus ; Patrice Caine (X1989), président-directeur général de Thales ; Fabrice Brégier, X1980, président-directeur général de MBDA, d’Eurocopter, puis d’Airbus ; Patrick Kron, président-directeur général d'Alsthom ; Jules Mény 1890-1945), directeur de la Compagnie Française des Pétroles (future Total), résistant mort en déportation ;
 
Et Jean-Marie Messier (X1978) ; mais ça ne compte pas, dans son cas, l’ENA l’a emporté sur Polytechnique

Et c’est cela que l’on veut détruire..
 
 

vendredi 10 juillet 2015

L’ Ecole Polytechnique détruite ? Le rapport Attali (2)


Alors qu’un projet aberrant vise à bouleverser de fond en comble  la prestigieuse Ecole Polytechnique (voir notamment pour le détail des mesures absurdes Rapport Attali: ou comment tuer l'École polytechnique, Thierry Berthier, http://www.huffingtonpost.fr/thierry-berthier/rapport-attali-ou-comment_b_7559320.html), j’ai pensé intéressant de rappeler les principales gloires scientifiques de l’Ecole. Les étudiants en science y retrouveront nombre de noms qu'ils connaissent sous formes de lois physiques ou de théorèmes mathématiques...
On peut se demander quelle rage, folie, saisit une partie de nos élites, des fonctionnaires de l’Education Nationale, apparemment écoutés par ce gouvernement, de détruire ce qui fonctionne encore bien dans notre enseignement  au lieu de s’attaquer à ce qui ne fonctionne pas ; désir de terre brûlée, égalitarisme néo montagnard, simple bêtise, le classement de Shangai qui rend fou ? Que l’on compare en tous cas avec le prestige et la considération  accordés, dans leurs pays respectifs,  à ces vieilles institutions, Oxford, Cambridge, Harvard, Princeton, le MIT, l’institut Lomonossov…Qui aurait l’idée d’un rapport Attali pour Harvard ?
 L’Ecole Polytechnique : “Pour la Patrie, la Science et la Gloire” - Les scientifiques
 
François Arago (1786-1853), lança Ampère et Fresnel sur l’électricité et la théorie ondulatoire de la lumière ; Maurice Allais, prix Nobel d'économie (1911-2012) ; Henri Becquerel, un des trois découvreurs de la radioactivité, prix Nobel de physique en 1903 ; Jean Bertin 1917-1975) inventeur de l'aérotrain ; Irénée-Jules Bienaymé (1796-1878), calcul des probabilités ; Fulgence Bienvenüe, (1852-1936), « père » du métro parisien ; Jean-Baptiste Biot (1774-1862), électricité, magnétisme- loi de Biot Savart ; Auguste Bravais (1811-1863), cristallographie et réseaux de Bravais) ; Charles Cagniard de Latour (1777-1859), sirène, machines à vapeur, fluide supercritique ; Augustin Louis, baron Cauchy (1789-1857), fondateur de l’analyse moderne ; Michel Chasles (1793-1880), géomètre ( mais pas historien) ; André Citroën (1878-1935) ; Benoît Paul Émile Clapeyron (1799-1864), un des fondateurs de la thermodynamique ; Jean-François Clervoy, spationaute ; Auguste Comte (1798-1857), fondateur du positivisme ; Pierre Louis Dulong (1785-1838) (loi de Dulong et Petit) ; Charles Fabry (1867-1945), optique, interféromètre Fabry Perrot ; Augustin Fresnel (1788-1827), lentilles de Fresnel, fondateur de l’optique ondulatoire ; Georges Friedel (1865-1933), cristallographie, loi de Friedel ; Louis Joseph Gay-Lussac (1778 -1850, chimiste, nombreuses lois du même nom ; Henri Navier (1785 -1836) équation hydrodynamique du même nom; Charles Hermite (1822-1901), nature transcendantale de e ; fonctions elliptiques.. ; Camille Jordan (1838-1922), analyse mathématique, théorie des groupes ; Henry Louis Le Chatelier (1850-1936), loi des équilibres chimiques ; Louis Leprince-Ringuet (1901-2000), physique des particules, mécanique ondulatoire ; Urbain Le Verrier(1811-1877), codécouvreur de la planète Neptune ; Joseph Liouville (1809-1882), analyse complexe, théorie des nombres ; Edmond Malinvaud (1923-2015), économiste, théorie du déséquilibre ; Étienne Louis Malus (1775-1812), polarisation de la lumière ; Henri Poincaré (1854-1912), mathématicien, chaos déterministe, géométrie différentielle, topologie, relativité… ; Siméon Denis Poisson (1781-1840), probabilités, théorie de l’intégration ; Jean-Léonard-Marie Poiseuille (1797-1869), physicien et médecin, circulation sanguine ; Jean-Victor Poncelet (1788 - 1867), géométrie, mécanique ; Henri Victor Regnault (1810-1878), propriété thermique des gaz, photographie ; Sadi Carnot (1796-1832), fondateur de la thermodynamique ; Alfred Sauvy (1898-1990), démographe ; Pierre Schaeffer (1910-1995), père de la musique concrète et de la musique électroacoustique ; Jean Tirole, Prix Nobel d’économie 2014 ; Louis Joseph Vicat (1786-1861), inventeur du ciment artificiel; Benoit Mandelbrot (1924-2010) découvreur des fractales; Léon Charles Thévenin (1857-1926 à Paris), électricité,  théorème de Thévenin
Et c’est cela que l’on veut détruire.