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jeudi 16 août 2018

Glyphosate et procès de sorcières


Utilisation des documents internes : une judiciarisation dangereuse

Que la justice américaine fasse n’importe quoi, on y est habitué. La société Monsanto a été condamnée par la justice californienne, vendredi 10 août, à verser 289,2 millions de dollars (248 millions d’euros) à un jardinier américain, Dewayne « Lee » Johnson. Agé de 46 ans et père de deux enfants, il est en phase terminale d’un cancer du système lymphatique qu’il attribue à son exposition à des herbicides contenant du glyphosate.

Comme souvent aux USA, le jugement ne s‘est pas basé sur la réalité de la mise en cause, sur la démonstration de la responsabilité du glyphosate dans l’apparition de cancers en général, ni , en particulier, de celui dont est atteint M. Dewayne. Les diverses dépositions des experts, honnêtement menées, contradictoires n’ont absolument pas permis d’aboutir à cette conclusion. Ce qui a emporté la conviction du jury, ce  sont des documents internes de Monsanto tendant à montrer que celle-ci a cherché à dissimuler des éléments pouvant mettre en cause le glyphosate et à recruter et à influencer des experts allant dans le sens de ses intérêts. En particulier, était  en cause un mail dans lequel une responsable de la recherche de Monsanto critiquait une responsable  de la communication affirmant que le glyphosate était un produit sûr en lui rétorquant qu’elle ne pouvait l’affirmer, puisque Monsanto n’avait pas fait les études permettant de le prouver.

Scandaleux ? ça dépend du contexte, et, à vrai dire, ce que je trouve plutôt scandaleux, c’est l’utilisation que l’on fait de ce mail- et peut-être le moyen dont on se l’est procuré. S ’il s’agit de rappeler à des responsables de la communication un peu trop enthousiastes qu’aucune étude jamais ne démontrera qu’un produit est sûr, mais ne pourra qu’éliminer des facteurs connus de risque, où est le scandale ? S’il s’agit de divergences de vue en interne sur la significativité et la pertinence de telle ou telle étude, où est le scandale ?

Les contempteurs du progrès et de l’industrie triomphent, ils ont bien tort. Car la conséquence certaine de cette affaire sera dans des milliers d’industrie d’ôter toute liberté d’expression aux chercheurs et d’interdire tout débat interne, l’expression de tout doute sur tel ou tel méthode ou résultat. Aller à l’encontre de ce que souhaite entendre la direction deviendra un motif légitime de licenciement, tant les conséquences risquent d’en être importante pour la compagnie. Personne n’y gagnera, et surtout pas la santé et la sécurité publique

Selon les connaissances scientifiques actuelles, le glyphosate est peu dangereux

 Non, la dangerosité du glyphosate pour les agriculteurs, n’est pas établie, et encore moins pour le reste de la population. Car il faut distinguer les tests de toxicologie conduits, in vitro ou sur des rongeurs soumis à de fortes doses, des système modèles dans lesquels on cherche à voir un effet pour éventuellement définir une dose sûre d’utilisation des études épidémiologiques menées sur des population pour évaluer le risque en cas d’exposition, à des doses réalistes, dans les conditions d’utilisation.

La santé des agriculteurs (et heureusement, et encore insuffisamment) est surveillée dans de nombreux pays (par exemple, étude AHS aux USA sur 54000 agriculteurs pendant 20 ans et prenant en compte 22 types de cancers,  étude Agrican en France – 180.000 personnes depuis 2005). Aucune de ces études n’ a mis en évidence une responsabilité du glyphosate dans le déclenchement de cancers. Pourtant, des résultats significatifs et inquiétants ont été incontestablement établis. Ainsi, il existe bien une augmentation chez les agriculteurs de la maladie de Parkinson par rapport à une population générale analogue (13% en moyenne, 18% chez les 60-84 ans) et les molécules impliquées sont les fongicides thiocarbamates et dithiocarbamates. Il y a contrairement à ce qu’on croit, moins de cancer chez les agriculteurs que dans le reste de la population- mais certains cancers sont plus représentés et clairement liés à certains expositions, par exemple le cancer de la prostate, lié à des pesticides  à des chlorés et phosphorés (Aldrine, Lindane, Heptaclore, Fonofos), du poumon (Atrazine, DDT, Parathion, diazinon, arsenic), de la vessie (Arsenic, Alachlor, imazaquin). Et, bonne nouvelle, les agriculteurs semblent relativement moins atteints que la population générale par l’asthme.

A aucun moment, le glyphosate n’est mis en cause. Rien, aucun signal.Ajoutons qu‘un pays comme la Suède, pionnier de ce type d’étude et qui prend généralement au sérieux l’épidémiologie et la prévention a voté en faveur de l’extension de cinq ans du glyphosate.

Essayons d’être rationnel, mais c’est probablement peine perdue

- Selon toutes les connaissances actuelles, le glyphosate est peu toxique, moins que la plupart des autres produits phytosanitaires. C’est un désherbant extraordinairement efficace et qui permet de bonnes pratiques de protections des sols, telle l’agriculture de conservation (agriculture-de-conservation.com/A-tous-ceux-qui-veulent-bannir-le-glyphosate.html)
- Se passer du glyphsate entraineune perte de rendement de 5 à 15% selon les cultures, sans compter un travail beaucoup plus important. Nous avons tout de même 7,55 milliards d’hommes à nourrir
- 92 % des agriculteurs français affirment qu’ils appliqueront des traitements herbicides supplémentaires si le glyphosate venait à être interdit.
Simple question aux croisés de la lutte anti-glyphosate, du moins à ceux de bonne foi, par exemple Stéphane Foucart, du Monde, dont j’ai souvent dit du bien dans ce blog,:Sur la base des connaissances actuelles, ne pensez vous pas que l’interdiction  du glyphosate aura un effet néfaste sur la santé des agriculteurs, sur la production et l’économie agricole et se soldera par des centaines, voire des milliers de mort, si le glyphosate est remplacé, comme probable, par des produits plus toxiques ou moins évalués ?

- Je crois que l’on pourrait se mettre d’accord sur au moins une constatation :  oui, les pouvoirs publics doivent mieux évaluer les effets des produits chimiques d’usage courant  sur la popualtion, et en particulier pour leur usage professionnel. Et la dévalorisation de la médecine du travail, son démantèlement sournois et continu ne vont pas dans le bon sens !
Les agences publiques compétentes devraient être informées des études et  résultats des industriels, même non publiées.

Mais je crains fort que ce soit peine perdue, tant le débat sur la glyphosate a pris un tour irrationnel qui ne peut que rappeler les procès de sorcières. Personne n’a été brûlé vif, mais si des décisions irrationnelles sont prises, il y aura des morts. Monsanto est devenu, c’est la rançon du succès, et peut-être aussi d’une certain arrogance, une nouvelle forme du diable, de Méphistophélès, de Belzébuth, des succubes, des incubes- je ne suis pas expert en démonologie, et tout ce que ses scientifiques font ou disent est inaudible ou exploité uniquement à charge, comme dans les procès de sorcière. Ce n’est pas tolérable pour la qualité du débat public.

Le Monde du 13/08/2018 donne benoitement un autre élément de compréhension – et  merci de cet aveu: « Le glyphosate n’est pas le pire des poisons, comme on l’affirme souvent, et de nombreux autres pesticides sont bien plus problématiques. Mais il est le plus utilisé au monde, il est omniprésent et est devenu, en deux décennies, la pierre angulaire d’une agriculture productiviste qui demeure  malgré tout.. » En fait, et justement parce que c’est un bon produit très efficace et très peu toxique, le glyphosate est devenu la cible privilégiée de tous ceux qui veulent s’en prendre à « l’agriculture productiviste » !
Reste à savoir si l’on veut une agriculture non productive ! Nous avons tout de même 7,55 milliards d’hommes à nourrir, dont beaucoup souhaitent manger de la viande une fois par jour !

Autre conclusion : que ce soit pour le glyphosate ou pour la politique énergétique, M. Hulot fait preuve d’incompétence, d'ignorance,  de sectarisme, de paresse dans l’étude de de ses dossiers à un niveau insupportable et dangereux pour la France. Il est temps qu’il prenne des vacances, et très longues.

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samedi 11 août 2018

Eloge du service public 4_ la France abandonnée


La France moyenne abandonnée

C’est sous le titre Amertume et résistance à Montluçon – La France abandonne ses villes moyennes  que le Monde Diplomatique de  mai 2018 publie un reportage fort intéressant sur ce qui est déjà le présent et empirera à l’avenir en raison des réformes ultra-libérales à marche forcée de Macron et de la Communauté Européenne et, en particulier, de la libéralisation du trafic ferroviaire, et à vrai dire, de l’abandon même de notion de service public du transport ferroviaire.

Donc Montluçon, dans l’Allier et maintenant la très grande région Auvergne- Rhone Alpes; cinq mille habitants en 1830. En 1864, Napoléon III, qui a décidé d’en faire un nœud ferroviaire est accueilli en grande pompe dans les usines de la cité en 1864, sous un arc de triomphe de rails et d’essieux de wagon. Profitant du minerai de fer du Berry et du charbon voisin de Commentry, des usines métallurgiques, des hauts-fourneaux, des forges, des verreries, des fours à chaux s’installent, puis, entre les deux guerres, Sagem et Dunlop ( 5000 ouvriers dans les années 50, aujourd’hui environ 500)- mais heureusement Safran s’est installé, avec un important centre de 1,500 salariés environ. En 1960, 60,000 habitants, avec des projections à 100.000 habitants pour l‘an 2000 … en 2018, 65000 habitants et un déclin qui semble difficile à enrayer malgré le courage et la mobilisation des habitants et des élus. Montluçon, ou comment la France abandonne ses villes moyennes…en abandonnant le service public ferroviaire.

Un Montluçon –Paris parfois plus long qu’ un Paris New-york !

Pour se rendre en train à Lyon, sa nouvelle capitale régionale, située à 183 kilomètres à vol d’oiseau, un habitant de Montluçon, première commune de l’Allier, doit compter au minimum trois heures et demie, avec un changement impératif, voire quatre à cinq heures selon les autres options proposées. C’est-à-dire davantage de temps qu’un Lillois, qui réside trois fois plus loin.
Dans les années 1980, il y avait de six à huit liaisons quotidiennes directes entre Montluçon et Paris. Il n’y en a plus que deux. En fait, la ville s’est sensiblement éloignée de Paris (à 281 kilomètres à vol d’oiseau). En 1988, il fallait deux heures et cinquante-neuf minutes pour rejoindre la capitale (et même six minutes de moins cinq ans plus tard). Il faut maintenant, au mieux, une demi-heure de plus. Et encore, moyennant un certain effort : le TER qui mène à l’Intercités en correspondance à Vierzon part à… 5 h 36. À défaut, une heure plus tard, un autocar SNCF assure la même correspondance, pour un trajet total de quatre heures. Le direct de 8 h 11, lui, ne fait pas mieux : il faut changer de motrice (diesel pour électrique) à Bourges, où l’on fait un crochet. Vingt minutes d’arrêt. 

« Évidemment, qu’un Montluçon-Paris soit parfois aussi long qu’un Paris-New York, ça joue sur le moral !, lance M. Frédéric Rodzynek, patron d’une jeune entreprise performante dans le secteur des biotechnologies. Allez expliquer à des clients canadiens, japonais ou américains qu’ils vont faire le Raid Gauloises ) avant d’arriver à destination… Cela peut prendre une journée d’aller les chercher. »
Avec une telle offre ferroviaire, comment s’étonner que le nombre de voyageurs décline ? « Les grandes villes n’ont cessé de se rapprocher entre elles, constate, amer, M. Coffin, président d’un comité d’usagers de la SNCF. Nous, nous nous sommes éloignés ! » En cause : d’une part, le report aux calendes du projet de ligne à grande vitesse Paris - Orléans - Clermont-Ferrand - Lyon (POCL), destinée à désengorger l’actuelle ligne Paris-Lyon et sur laquelle tout le monde, ici, s’était excité. Et surtout, le défaut d’investissements sur le tronçon du Cher ces quarante dernières années : une voie unique non électrifiée, où la vitesse est par endroits fortement limitée. Son ballast est fragile, ses attache-rails et sa signalisation à surveiller.

Les élus finissent par y voir une rupture dans l’égalité de traitement entre les territoires que la Constitution est censée garantir

Alors, c’est l’obligation de la voiture. « On use une énergie folle, témoigne M. Jean-Claude Perot, président du groupe Metis, spécialisé en automatisme, mécatronique et robotique et vice-président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI). J’ai fait le calcul : 70 000 kilomètres avec mon véhicule l’an passé. En temps, c’est trois mois de travail ! C’est monstrueux. Et, en plus, dangereux. » « Avec la hausse des péages et la limitation de vitesse à 80 kilomètres à l’heure », qui accroît mathématiquement de 12,5 % les temps de parcours sur les départementales (on ajouterait les nouvelles règles en matière de contrôle technique, plus strictes pour les vieux véhicules), « c’est un peu la double ou triple peine », observe Damien Tardieu, journaliste qui, dans ses entretiens à la radio associative RJFM, prend chaque jour le pouls de la société locale. Les élus finissent par y voir une rupture dans l’égalité de traitement entre les territoires que la Constitution est censée garantir.

Il suffit que deux présidents de région ne se parlent pas

Alors, vous vous direz peut-être, que voilà un beau cas d’école en faveur de la régionalisation du ferroviaire, car enfin, les régions, au plus près de leurs adminisitrés,  vont pouvoir rouvrir des lignes importantes localement.  Eh ben non, justement  ! et c’est bien ignorer les égoïsmes locaux, ignorer l(‘histoire de la France, ignorer le rôle de l’Etat dans sa construction.  Échaudés par la question ferroviaire, MM. Dugléry et Laporte ( Maire de Montluçon et Président de l’agglomération) font le constat d’un aménagement du territoire moribond. Ils exposent le récent découpage territorial imposé par Paris, qui les place dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (« Qu’a-t-on à voir avec la Maurienne ou la Tarentaise ? »), à quinze kilomètres de la Nouvelle-Aquitaine (« qui s’étend jusqu’à Hendaye !… »), alors que la ville est tournée autant vers Bourges et Vierzon (Centre-Val de Loire) que vers Clermont-Ferrand.

« Il suffit que deux présidents de région ne se parlent pas, et rien ne bouge !  Pour le rail, ce serait flagrant : la Nouvelle-Aquitaine a rouvert la ligne Bordeaux-Montluçon, qu’Auvergne-Rhône-Alpes, hostile à la régionalisation des lignes, ne veut pas étendre jusqu’à Lyon. La région Centre-Val de Loire veut bien participer, sur la partie Cher, à la restauration du tronçon Bourges-Montluçon vétuste ; mais Auvergne-Rhône-Alpes (dont le président, M. Laurent Wauquiez, est pourtant du même bord politique que M. Dugléry) n’est pas chaude pour le faire sur la partie Allier, si éloignée de Lyon…

« Le ferroviaire, c’est primordial »,  plaident les édiles locaux, qui demandent que Montuçon« soit remis à moins de trois heures de Paris » et rouvrir la liaison vers Lyon. « C’est une catastrophe : l’État a tout sacrifié. » Le désenclavement ferroviaire ne conditionne pas seulement la capacité d’attraction économique (« Vous trouverez peut-être un salarié. Mais vous aurez du mal à faire venir son conjoint ! »). Par ricochet, il a aussi une incidence sur la qualité des missions de service public. À commencer par la santé..

Oui, le ferroviaire, c’est important, oui, l’égalité territoriale, c’est important, oui, le rôle égalisateur et administrateur du territoire de l’Etat, c’est important, oui, les services publics, et, en particulier, le service public ferroviaire c’est important. Et oui, l’abandon du service public ferroviaires, les réformes ultralibérales de la Commission Européenne, poursuivies avec zèle et brutalité par Macron, ce sont des centaines de villes moyennes délaissées, une province sacrifiée, une France enlaidie, déconstruite, morte.

Fernand Braudel :  « les tardives liaisons des chemins de fer  construisent l’unité française »

Marcel Boiteux : Les activités de réseau sont nécessairement monopolistiques, les obligations de service public, quand elles sont poussées à ce niveau, paraissent difficiles à marier avec la concurrence.

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vendredi 10 août 2018

Barrage effondré au Laos : l’hydraulique, il faut le faire sérieusement !


Une catastrophe attendue

La rupture dramatique d’un barrage au Laos à Atteupeu le 21 juillet 2018 a causé la mort de 130 personnes au moins, annonce un régime dont la principale vertu n’est pas la transparence, mais c’est en réalité un millier de villageois dont on est sans nouvelles. Cinq milliards de mètres cubes d’eau – l’équivalent de plus de deux millions de piscines olympiques – ont été brutalement libérés par la rupture d’une retenue de 770 mètres de long et 16 mètres de haut. Encore les laotiens ont-ils relativement eu de la chance. Le projet de 410 mégawatts, qui devait entrer en service en 2019, consiste en deux barrages principaux et cinq retenues auxiliaires qui devaient permettre de détourner trois branches de rivières. C’est une digue secondaire qui a cédé, et non un des ouvrages principaux du complexe hydroélectrique. Par ailleurs, la province d’Atteupeu est très faiblement peuplée, avec moins de 10 habitants au km2, ce qui explique que seuls quelques milliers de personnes sont affectées !

C’est une société coréenne, SK Engineering & Construction, qui était responsable du chantier. Ingénieurs  et autorités locales ont mis en cause les pluies extraordinairement abondantes de la mousson. Mais, selon le spécialiste Olivier Ducourtieux (Libé, 24 juillet 2018), « la question n’était pas si un accident allait arriver, mais quand. Depuis une quinzaine d’années, il y a un rush vers les investissements hydroélectriques au Laos. Des dizaines de barrages ont été construits ou sont en projet. Or l’Etat n’a ni les capacités techniques et humaines ni la volonté politique de réguler sérieusement ces opérations. A la fin des années 90, un des premiers projets, celui de Nam Theun 2, porté par le français EDF, avait donné l’opportunité aux ONG et aux militants de faire des études sociales et environnementales. Refroidi par la complexité du dossier, le pouvoir laotien a ensuite donné la priorité à des partenaires asiatiques locaux qui ne parlent qu’un seul langage, celui du dollar. Ces projets construits dans des zones reculées à un rythme extravagant, déconnectés les uns des autres, passent sous le radar médiatique. Une telle défaillance était dans l’ordre des choses ».  De fait, la branche ingénierie et construction de SK a annoncé que la partie haute du barrage auxiliaire avait été emportée» dans la soirée de dimanche, alors que le barrage était loin d’être plein, avant qu’il ne cède, un jour plus tard. Les fortes pluies ont bon dos, c’est bien plutôt un vice de construction qui est en cause. Par ailleurs,  il semble que SK Engineering ait tardé à prévenir les habitants du danger.

Le Laos tire de l’exportation de l’énergie hydroélectrique une source de revenus importante, exportant la majeure partie de l’électricité vers les pays voisins comme la Thaïlande, et des dizaines de barrages sont en construction, par des sociétés chinoises et coréennes essentiellement. Comme expliqué plus haut, après le barrage de Nam Theun 2, l’enjeu que représentent ces barrages pour un pays resté extrêmement pauvre, aux mains d’une des dernières dictatures communistes, dont la transparence et le respect de la vie humaine ne sont pas les qualités principales, a conduit à un relâchement de la sécurité.

Une énergie propre, mais dangereuse- le scandale de la privatisation des barrages électriques

L’énergie hydroélectrique est par excellence une énergie propre et pilotable – c’est la première source d’énergie renouvelable dans le monde qui représente 20% de l’électricité produite (11% en France, 95% en Norvège, qui n’aura pas de peine à atteindre ses objectifs climatiques), elle n’est pas sans inconvénients, notamment par une centaine de milliers de personnes déplacées pour Yaryceta en Argentine et Les Trois Gorges en Chine.
 Mais surtout, l’énergie hydroélectrique est dangereuse : entre 1969 et 2000, 11 accidents de barrages ont causé plus de 30,000 morts – en France, Malpasset en 1959 421 morts.( pour mémoire, Fukushima, 0 morts)
Alors, il faudrait  que, en France, en Europe et partout dans le monde, les barrages hydroélectriques soient aussi bien surveillés et contrôlés que les centrales nucléaires par leurs autorités de contrôle ; et se dire que certains des barrages français, qui datent de plus de cinquante ans, doivent faire l’objet de restaurations urgentes.

Et, bien sûr, c’est la première chose que feront les concessionnaires privés qui reprendront les barrages d’EDF en France !

C’est dire que la privatisation des barrages hydroélectriques, plus ou moins imposée par la Commission de Bruxelles, mais que la France de Macron, contrairement aux autres pays européens applique avec zèle , est non seulement une erreur économique, non seulement une aberration en ce qui concerne un service public de l’eau usines, pêcheurs…)qui organise la vie de vallées entières et des usagers de l’eau ( agriculteurs, agglomérations, mais en plus une menace majeure pour la sécurité.


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jeudi 9 août 2018

Macron et la voyoucratie- La Racaille en Marche


Affaire Benalla : rappel

Le 18 juillet 2018, Le Monde publie un article identifiant Alexandre Benalla, garde du corps très privé et très proche du Président de la République, chargé de mission à l’Elysée, comme interpellant assez brutalement un couple de personnes en usurpant la fonction de policier, place de la contrescarpe à Paris, très en marge des manifestations du 1er mai 2018 à Paris. On apprendra ensuite qu’il existe une autre video montrant une autre interpellation le même jour ; que Benalla portait les insignes des policiers ; que, sans en avoir l’autorisation, il portait aussi une arme ; qu’il était accompagné d’un de ses amis, Vincent Crase, chargé du service d’ordre à la République en Marche, également usurpant la fonction de policier et se livrant au même amusement. On apprit ensuite à quel point Benalla était proche de Macron, l’accompagnant partout, possédant les clés de ses domiciles privés ; que déjà, lorsqu’il assurait la sécurité de Macron lors de la campagne électorale, le propriétaire du local de campagne avait demandé qu’il ne soit plus autorisé à y entrer compte-tenu de ses menaces et insultes ; qu’il disposait d’un badge d’accès à l’Assemblée, privilèges tout à fait exceptionnels que Macon comptait lui confier des responsabilités plus importantes, court-circuitant la vingtaine de policiers et de gendarmes chargé de sa sécurité. 

Mentionnons encore que Benalla a été très brièvement chauffeur d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, qui l’a licencié après qu'il ait provoqué un accident de voiture en sa présence et voulu prendre la fuite.

Bref, l’un des chouchous de Macron, chargé de mission à l’Elysée, Alexandre Benalla, qui a constitué au sein du GSPR un groupe chargé de protéger les sorties privées du président, se distrait avec ses potes en se déguisant en CRS et en allant matraquer des manifestants.

Un comportement apparemment jugé bénin, puisque pour toute sanction, il a subi une suspension de deux semaines- avec maintien du salaire ( moi, j’appelle ça des vacances), et durant cette suspension, il a continué à travailler. Mieux, un luxueux appartement de fonction, quai Branly, l’ancien d’Anne Pingeot, la seconde famille de Mitterrand lui a été attribué. Il est vrai que L'Express indique que « la relation d'Alexandre Benalla avec Emmanuel Macron a longtemps étonné à l'Élysée et ailleurs » et note des témoignages de « grande proximité » entre eux…

Macron, qui tient donc beaucoup à Benalla, a commencé par  fustiger la presse qui selon lui « ne cherche plus la vérité » -les journalistes ont rétorqué que l'affaire Benalla serait restée secrète sans l'enquête du Monde. Dans une réunion hallucinante des députés LRM, Macron a affirmé « Benalla n'a jamais été mon amant » (Effectivement, on aurait pu se demander !)et que ceux qui lui demandent des comptes « n’ont qu’à venir le chercher- lui Macron). Ce langage de voyou, de petite frappe rappelons le devant son groupe de députés, son groupe à lui qui l’écoutait bien gentiment. Que n’aurait-on pas dit s’il s’était agi de Sarkozy, tant critiqué pour une phrase certes peu présidentielle, mais finalement plus pardonable dans un contexte plus animé ?

Des affaires de barbouze, sur le fond, il y a eu pire dans le passé, et le parti gaulliste pourrait sen souvenir, et des affaires plus graves, des suicides vraiment louches aussi, et le PS pourrai s’en souvenir. Mais ce qui scandalise et inquiète légitimement, c’est ce que cela révèle de Macron, et de sa fascination pour les petites frappes, et de son comportement à lui.

Les voyous à l’Elysée

Petite frappe, Macron l’a été  en Corse, en refusant de reconnaitre les élus du peuple Corse et en les provoquant.
Petite frappe,  il l’a été envers l’armée, en limogeant brutalement son chef-d’état major pour des critiques qu’il ne pouvait supporter.
Petite frappe,  il l’a été avec les salariés, avec les parlementaires en balayant un siècle de législation sociale à la hache, en s’exhibant fièrement en train de signer des ordonnances qui lui permettent de s’affranchir de toute contradiction.
Petite frappe encore, dans son comportement envers les syndicats, qu’il veut mettre au pas, envers les élus locaux qu’il méprise, envers tous les corps intermédiaires, dont ils ne supportent pas qu’ils limitent son pouvoir.
Petite frappe dans sa manière, la plus violente qu’on ait vu depuis des années, de réprimer les manifestations syndicales, des manifestations où se pressaient familles et enfants- au fait quelles instructions ont été données aux forces de police, et combien de Benalla ?
Petite frappe avec des oppositions qu’il a démantelé façon puzzle, façon président flingeur.
Petite frappe dans sa manière extrêmement brutale de démanteler les services publics en mentant et en salissant leurs agents.
Petite frappe dans sa manière de tyraiter les journalistes, les chassant de l(Elysée, les menaçant à coups de lois liberticides prétendant lutter contre les fake news et protégeant les secrets des affaire et des affairistes.
Petite frappe lorsqu’il s’adresse aux chômeurs qui contestent sa politque en les traitant de fainéants.
Petite frappe lorsqu’il veut limiter les droits de l’opposition à s’opposer et réduire mes possibilités pour les parlementaires de contester ses propositions de loi

Tiens, il est possible que l’affaire Benalla ait pour conséquence de retarder, voire supprimer une réforme constitutionnelle qui baisserait encore le Parlement et renforcerait son pouvoir.
Eh ben, tant mieux, car il y a a franchement de quoi s’inquiéter !



samedi 14 juillet 2018

Raisons de détester l’Eurokom 8 : A la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne

Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.

Nous serons tous sacrifiés à l’Automobile Allemande

Volkswagen (avec Audi et Porsche), Mercedes et BMW représentent près de 80 % du marché mondial de l'automobile "premium". Mais cette industrie accumule les scandales dont l’emblématique Dieselgate aux multiples rebondissements : le groupe Volkswagen, de 2009 à 2015, a utilisé différentes techniques visant à réduire frauduleusement les émissions polluantes (de NOx et de CO2) de certains de ses moteurs diesel et essence lors des tests d'homologation. Plus de 11 millions de véhicules de ses marques Volkswagen, Audi, Seat, Škoda et Porsche sont concernés à travers le monde. L'affaire, sans équivalent dans l'histoire automobile, est révélée en septembre 2015 par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) et a entraîné la démission du président du directoire du groupe, Martin Winterkorn. James Liang, ancien haut responsable de Volkswagen USA, est aujourd’hui en prison. A cela s’ajoute le monkey gate- les singes utilisés pour démontrer l’innocuité des rejets.

Peut-on se fier à une industrie qui multiplie les scandales depuis deux ans ? A une technologie qui, malgré les progrès annoncés en matière de dépollution sur les moteurs les plus récents, accumule un si lourd bilan ? Le crépuscule du diesel est annoncé, en Allemagne, le pourcentage de véhicules diesel est en chute libre (38,8 % des nouvelles immatriculations) et certaines villes ont programmé l’interdiction du Diesel à court terme. Les Chinois sont de plus en plus exigeants en matière de pollution et de réchauffement climatique et développent des véhicules électriques et le président Trump, qui s’énerve de voir le déséquilibre entre important de véhicules allemands aux US et exportations de véhicules américains en Europe menace de yaxer ces importations. 

L’automobile allemande, deutsche qualitat ou pas, est menacée, et l’Allemagne avec. Alors, lorsqu’à Sofia le 30 avril 2018, les Européens se réunissent pour tenter de taxer enfin les Gafa sur leur chiffre d’affaire réel dans chaque pays afin de limiter leurs optimisations fiscales, eh bien l’Allemagne dit non !  Pas question de risquer d’irriter les USA et d erisquer de les voir taxer les précieuses voitures allemandes. Et lorsque les taxes US deviennent effectives, l’Allemagne propose, sans consulter la Commission de Bruxelles et es partenaires européens…une baisse générale et internationale des taxes sur les voitures.

Bravo, bien joué : les voitures allemandes de luxe pourront continuer à être exportées, tandis que les voitures françaises de moyenne gamme seront davantage soumises à la concurrence asiatique. Génial. Et c’est ainsi que les allemands font de la politique européenne !

Vive le charbon allemand et merde au climat !

La décision de Mme Merkel en 2011 de sortie du nucléaire a évidemment renforcé le charbon et la très polluante et très inefficiente lignite pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables – La production des centrale à houille couvre 17% du mix énergétique, et les centrales à lignite 23.1%. Bilan : les Allemands se moquent de leurs engagements climatiques et de ceux de l’Europe, leurs dégagements de gaz à effets de serre augmentent – il génèrent deux fois plus de GES par habitant que les Français et sont parmi les plus grands émetteurs mondiaux. Et, au gré des vents, les épisodes de pollutions s’accroissent, à l’est ou à l’ouest de l’Allemagne.

Vive non seulement le charbon, maos aussi la lignite ! L’Humanité du 6 juin 2018 raconte copmment, dans les trente dernières années, près de trente mille personnes ont dû quitter leurs villages et près de trois cent villages ont été détruits pour permettre l’extension de la mine géante de charbon de Garzweiler. Et ça ne s’arrête pas , bien au contraire :  l’électricien RWE, propriétaire de la mine accélère : le village de Keyenberg, ses fermes classées, ses mille habitants, ses églises historiques, tout va disparaitre et être sacrifié au charbon allemand. L’Allemagne s(est engagée à sortir du charbon en 2030 ? Les charbonniers allemands font comme s’ils n’avaient pas entendue, planifient leurs exploitations jusqu’en 2045 au moins, continuent à ouvrir de nouvelles mines- quitte à réclamer une indemnisation si l’Etat se décide un jour à arrêter leur exploitation. D’ailleurs, ils ont raison, puisque la ferlmeture du nucléaire a entriané une augmentation de la consommation de charbon.

Bref, l’Allemagne se moque dans les grandes largeurs du chaos climatique et de la pollution, et personne ne le lui reproche !

 L’immigration, c’est quand et comment ça arrange l’Allemagne

Dans un blog précédent (L’Eurokom, son immigration, sa démographie), je rappelais comment en 2015, Angela Merkel avait décidé d’ouvrir très grand « Wir Shaffen das » ! les portes de l’immigrations en proposant d’accueillir un million d’émigrés et de réfugiés- compte-tenu de la démographie allemande, le patronat était très demandeur d’immigrés dociles et travailleurs, qu’il espérait facile à former. Les agressions sexuelles en meute de la Noël 2016, la déception du patronat quant à la facilité d’adaptation et à la volonté de travail de leur recrues, la colère d’un peuple allemand qui n’avait guère était consulté, et la politique a changé. Plus question d’accepter en Allemagne des immigrés ayant d’abord traversé un autre pays européen – les « dublinés ». C’est facile, quand on est un pays central, et que du coup, on laisse l’Italie se débrouiller face à une vague migratoire inédite- et que même de généreux bateaux allemands vont récupérer auprès des passeurs libyens des immigrés qu’ils ramènent dans les ports italiens.

L’immigration, c’est quand et comment ça arrange l’Allemagne.

L’euro, c’est comment ça arrange l’Allemagne !

Pendant la réunification allemande entre 1990 et 2001, les pays européens, dont la France au premier chef, dans le cadre du serpent monétaire, ont accepté de payer des taux d’intérêts plus élevés que leur seule situation l’autorisait : ils ont ainsi participé au financement de cette réunification. La contrepartie, dans l’idée de Mitterrand avait une contrepartie, l’acceptation par l’Allemagne d’une monnaie commune et unique, l’euro, d’une unification monétaire prélude à une unification économique plus importante devant apporter puissance et prospérité.
De monnaie commune, il n’y eut pas : l’euro est une monnaie allemande, faite pour servir les intérêts allemands. L’euro n’est pas fait pour soutenir l’activité économique dans la zone euro, , il n’est pas fait pour faciliter les exportations françaises, italiennes, espagnoles – il est pile poil réglé pour les intérêts de l’industrie allemande. L’euro n’est pas là pour faciliter la convergence des économies européennes ; bien au contraire, faute de transferts massifs ( comme entre les différents états US), il en accentue la divergence ; l’euro renforce l’industrie allemande et participe à la désindustrialisation de la France, de l’Espagne, de l’Italie.

Faute de transferts budgétaires massifs d'un pays à l'autre, la divergence des économies est appelé à croître-et de transferts massifs, il semble désormais clair qu'il n'y aura pas.

Surtout l’euro sert d’abord à ce qui constitue l’objectif principal de l’Allemagne, compte-tenu du grand problème allemand, le problème démographique : la protection des avoirs des retraités allemands. L’euro est une monnaie de vieux épargnants soucieux de préserver leur capital-retraite. De retraités allemands ; car pour les retraites en France, en Espagne, en Italie, pour ne rien dire de cette boucherie économique absolue que fut le « plan d’aide » à la Grèce. Lequel plan fut d’abord un plan d’aide à l’euro : pour un temps, les Allemands eurent vraiment peur pour l’euro, pour un euro qui sert si bien leurs intérêts.

En fait l’Allemagne a voulu exercer une domination monétaire sur l’ensemble de la zone euro, parce qu’elle n’a confiance en personne pour gérer « sa » monnaie. Fréderic Lordon a parlé de cet hégémon monétaire qui, pour fonctionner exige différentes conditions : 1) veiller à ne pas laisser sa balance courante devenir par trop excédentaire, voire la maintenir déficitaire, pour soutenir l’activité dans la zone, équilibrer les autres balances et éviter les crises de change (ou bien, en régime de monnaie unique, les ajustements meurtriers de la « dévaluation interne ») ; 2) assurer la fonction névralgique de fournisseur en dernier ressort de la liquidité internationale. S’établir confortablement dans la position du prêteur international en dernier ressort suppose en effet une « complexion monétaire » telle que celle des Etats-Unis, entièrement décontractés avec l’idée de création monétaire, aisance et coudées larges auxquelles le système financier mondial doit d’avoir été sauvé du désastre à plusieurs reprises depuis 1987, et encore depuis 2007-2008.

Or l’Allemagne a une phobie furieuse de la création monétaire - une majorité d’Allemands désire que la Cour constitutionnelle de Karlsruhe impose l’arrêt du programme de rachat de dettes souveraines de la BCE (OMT) lors de la crise des dettes souveraines de 2010-2013.- le premier opposant étant le président de la Bundesbank !

Bref l’Allemagne a voulu tous les avantages de la direction de l’euro sans en assumer aucun des devoirs. « C’est avec cette force lancée droit devant elle, sans but ni raison autre que le maintien à tout prix de sa raison monétaire à elle, avec cette force dont on se demande alors ce qu’elle fait embarquée dans cette aventure collective qui fondamentalement ne lui convient en rien, puisque le partage de la souveraineté monétaire était dès le début voué à lui être une plaie vive, c’est avec cette force aveugle et sans projet au-delà d’elle-même, donc, que les Européens s’obstinent à vouloir une monnaie partagée » (Frédéric Lordon)



dimanche 8 juillet 2018

Vive la Coopération franco-chinoise !


Donfeng et la Volvo Race

La Volvo Race , c’est  à l'origine la mythique Whitbread Round the World Race fondée en 1973. Dans son format actuel,  elle compte 9 étapes, représente environ 120 jours de mer et a la réputation d’être la course la plus extrême à la voile autour du monde en équipage et avec escale : 45.000 miles soit environ 83.000 kilomètres, 4 océans, 6 continents avec 12 villes escales...

Le bateau chinois de Dongfeng, skippé par le Français Charles Caudrelier, s'est imposé dimanche1er juillet comme le grand vainqueur de la 13e édition de la Volvo Ocean Race, au terme d'une dernière étape pleine de suspense, bouclée à La Haye. Devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées sur la digue, Dongfeng est devenu le premier bateau battant pavillon chinois à remporter une épreuve nautique de cette importance.

La victoire s’est jouée de très peu entre entre MAPFRE, Team Brunel et Dongfeng Race Team. Grâce à une prise de risque stratégique maximale au moment de négocier les zones interdites à la navigation en Mer du Nord, Dongfeng Race Team a décroché dimanche à La Haye sa première victoire d’étape depuis le départ d’Alicante en octobre et du même coup remporté l’édition 2017-2018 de la course autour du monde en équipage.!

En s’engageant en 2014 dans la Volvo Ocean Race, Dongfeng, le fabricant de voitures et de camion, actionnaire également de Peugeot-Citroën, avait un double projet : développer sa communication à l’international et former des marins chinois. C’est à des Français, Bruno Dubois, directeur du Team, et Charles Caudrelier, le skipper, que la mission a été confiée. .oers de la première participation en 2014, l’équipage franco-chinois avait déjà obtenu une troisième place qui avait surpris – d’autant que le bateau avait dématé au large du Cap Horn et avait du se détourner vers Ushuaïa ; ; à la deuxième participation, c’est une victoire !

Bravo à cette collaboration franco-chinoise victorieuse et à l’équipage ( franco-chinois, mais pas seulement- quelques anglais !, une hollandaise, une Suisse ) : Charles Caudrelier, skipper,  Marie Riou, Jérémie Beyou, Pascal Bidégorry, Kevin Escoffier, Chen Jinhao, Fabien Delahaye, Franck Cammas, Liu Xue, Jack Bouttell, Daryl Wislang, Justine Mettraux, Stu Bannatyne, Carolijn Brouwer.

La Chine démarre le premier EPR

Le 7 juin 2018,  la Chine a démarré le premier réacteur nucléaire de dernière génération  EPR de la planète à Taishan. Il entrera en service commercial cet été, notamment pour alimenter la mégapole de Canton, dans la dynamique province du Guangdong qui fait figure d’« atelier du monde ». Le second réacteur de Taishan doit être raccordé au réseau en 2019.

L’EPR comporte des éléments de sûreté bien plus importants que les réacteurs de génération 2, notamment une double enceinte de béton et un réceptacle sous la chaudière nucléaire pour récupérer les éléments hautement radioactifs en cas de fonte du cœur. Ce sont ces éléments de sûreté, une exploitation plus informatisée, une baisse des coûts de maintenance et une très forte puissance (1 650 MW électrique, 4 500 MW thermique) qui en font ses principaux atouts

Ces deux EPR avait été vendus par Areva à la Chine en 2007. Ils sont le fruit d’une coopération franco-chinoise lancée dès le début des années 1980, qui a d’abord débouché sur la construction de quatre « tranches » de deuxième génération sur les sites de Daya Bay et Ling Ao. Elle s’est prolongée dans le cadre de la Taishan Nuclear Power Joint Venture Company Limited, une coentreprise détenue à 70 % par China General Nuclear Power Corporation (CGN) et à 30 % par EDF.

Le premier béton avait été coulé à Taishan en 2009, soit presque deux ans après Flamanville et quatre ans après le finlandais d’Olkiluoto. Parti le dernier, l’EPR chinois arrive le premier bien qu’ayant aussi connu quelques retards : des malfaçons ont été détectées en 2015 sur la cuve des réacteurs, un élément central pour la sûreté. Conçues par Areva, les chaudières de Taishan ont toutefois été fabriquées en Chine par Dongfang Electric Corporation et n’ont pas connu les concentrations anormales de carbone sur le fond et le couvercle détectées sur la cuve de Flamanville, qui a été forgée dans l’usine Framatome (ex-Areva NP) du Creusot. Les Chinois ayant mieux travaillé, curieusement, ils ont été davantage freinés car leur position de pionnier service du réacteur : « Dans la mesure où aucune unité de génération d’énergie avec la technologie EPR n’a été mise en opération commerciale dans le monde, Taishan doit conduire plus d’expériences et de vérifications du design et de l’équipement. »

 Ces retards doivent être relativisés : les EPR, des réacteurs à eau pressurisée, sont conçus pour fonctionner au moins soixante ans

La Chine est l’un des rares pays à prendre au sérieux ses engagements climatiques et, grâce à un effort gigantesque (voyez le développement des scooters et véhicule électriques) à contenir puis diminuer ses dégagements de gaz à effets de serre. Le nucléaire civil  joue un rôle primordial important dans cette stratégie, o ù la France, pionnière en ce domaine, joue un rôle encore important et ancien- voir mon précédent blog (Le nucléaire franco-chinois : histoire d’un extraordinaire succès)

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