Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

lundi 22 octobre 2018

Raisons de détester l’Eurokom-12 : la politique énergétique


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne

L’Europe met le paquet vers toujours plus de libéralisation

La commission européenne a livré en 2018 son 4ème paquet (le Winter Package !) de recommandations et directives  intitulé « une énergie propre pour tous les européens ». Ces textes ont vocation à devenir – après vote du parlement européen, puis du conseil, des règlements d’application immédiate dans tous les secteurs concernés ou des directives à transposer en droit français avant mise en œuvre.
L’Europe de l’Energie (après celle de la métallurgie et du charbon !) s’est mise en route au début des années 1990. Le premier paquet concerna la libéralisation du marché de l’énergie ; le deuxième paquet (2003 ) a organisé un accès régulé des tiers au marché et la libéralisation pour tous les particuliers. Le troisième paquet (2009) a imposé l’indépendance des GRT (réseaux de transport) et un réseau européen de  gestionnaires de réseaux de transport, l’ENTSOs. 

Donc l’Europe ne s’est soucié jusqu’à présent  que d’une seule chose :la dérégulation du secteur de l’énergie, démanteler le service public, piller le patrimoine des citoyens des différents états au service de firmes privées.  

Ce quatrième paquet énergie,  aussi l’occasion de montrer comme l’Europe (l’Eurokom) dysfonctionne. Ce sont 5000 pages porteuses d’éléments à forts impacts pour l’avenir des salariés, des entreprises, des clients, qui vont encore plus dans le sens de la libéralisation du marché de l’énergie et de la dérèglementation, au point de mettre en péril l’accès égal de tous à l’énergie, et d’ailleurs l’accès à l’énergie tout court.   Or  parmi les rapporteurs des textes au parlement européen, il n’y a aucun parlementaire français, et  selon la pratique européenne, Il ne faut pas compter sur des marges de manœuvre possibles lors de la déclinaison !!! au parlement français – il sera alors trop tard. Et le calendrier politique en France ne facilite pas l’implication des hommes politiques français- à l’exception notable des Sénateurs de l »’Ancien Monde » ( c’est-à-dire pas des beni oui oui du libéralisme d’En Marche) qui à travers un rapport sénatorial très fourni ont publié une très sévère et inquiète mise en garde : cf. Rapport n°435 de la Commission des Affaires économiques, 22 février 2017, L. Poniatowski, J. Bizet et M. Delebarre)

Les points principaux mis en avant dans ce quatrième paquet par la Commission sébatoriales sont les suivant :

La suppression des tarifs régulés, tel que les tarifs réglementés de vente (TRV) de l’électricité

Les textes demandent un arrêt immédiat des tarifs particulier réglementés de l’électricité et du gaz. Outre les pertes de part de marché attendues pour les entreprises et l’impact sur les emplois commerciaux du segment particulier, la mesure est sans justification dès lors que ces tarifs sont contestables par les fournisseurs alternatifs. Leur suppression expose le consommateur d’autant plus   que d’autre mesures rendent obligatoires de proposer au consommateur une tarification dynamique (indexée sur le prix marché) et qu’une autre prévoit le déplafonnement total des prix de gros de l’électricité et l’interdiction d’un prix plancher…
Une tarification dynamique qu’es aco ? une étude de la CRE (Commission de régulation de l’énergie) montre qu’un pic extrême aboutirait à multiplier par 1000 la valeur du prix horaire, soit en une heure l’équivalent d’une semaine ou un mois de consommation. C’est lorsque vous aurez vraiment besoin de chauffage que vous le paierez très très cher !!!!

Les Mécanismes de capacité remis en cause et les contrat long terme non confortés… Vers le black out 
!
Les mécanismes de capacité (ils sont indispensables pour assurer la sécurité d’approvisionnement électrique aux périodes de pointe de consommation), dans un contexte durablement marqué par l’essor de la production d’électricité intermittente  devraient se trouver confortés. Pourtant il n’en est rien : conditionnés à la réalisation d’une étude à l’échelle européenne, révisés annuellement  et qui plus est sans  cadre de réciprocité entre états membres, comment pourraient-ils conforter les investissements et mener une politique de long terme ?
De manière assez étrange, les mécanismes de capacité allemands reposant sur des centrales à charbon !!!! se trouvent confortés tandis que ceux d’EDF seraient invalidés. Comme quoi le lobbying européen est important et certains le pratiquent mieux que d‘autres.

Droit des « communautés d’énergies renouvelables » de produire, consommer, stocker et vendre de l’énergie… mais aucune étude sur la stabilité du réseau et la fin de l’égalité tarifaire (péréquation géographique)

Avec le développement des ENR et leurs intégrations  le droit des « communautés d’énergies renouvelables » de produire, consommer, stocker et vendre de l’énergie est affirmé (ainsi que le  droit à l’autoconsommation d’ENR individuelle et collective et à la vente des surplus d’électricité). L’encadrement de ces nouveaux modèles énergétiques plus décentralisés est absolument nécessaire pour préserver la solidarité entre les territoires et la péréquation tarifaire. Aucune des conséquences possibles et gravissimes sur l’optimisation des réseaux et la sécurité même de l’approvisionnement ne sont envisagées, non plus que sur la robustesse du mode de financement des réseaux. Fort légitimement, le Sénat s’est intéressé aux effets néfastes attendus sur l’égalité entre les territoires et la péréquation et a publié un rapport très critique sur la quatrième paquet.

Tout cela s’ajoute au lourd bilan des paquets précédents.

Le lourd bilan des paquets précédents : la loi Nome !

La mécanique (made in Bruxelles) infernale de la loi Nome (la libéralisation) est implacable : Lorsque les coûts de production d’EDF sont supérieurs à ceux d’un marché surcapacitaire, EDF n’a pas le droit de vendre à perte à ses clients, mais doit produire à perte pour ses « compétiteurs » qui, eux, feront des bénéfices, en revendant à un coût supérieur auquel EDF les livre.  Et lorsque les coûts de production d’EDF sont inférieurs à ceux du marché, EDF est obligé de vendre une partie de son électricité à ses compétiteurs.

Exemple tiré de La France dans le Noir (remarquable ouvrage de M. Hervé Machenaud  ( Les Belles Lettres)  « C’est ainsi qu’avec les premiers froids de l’hiver 2016 et l’indisponibilité d’un certain nombre de centrales nucléaires, les prix ont beaucoup monté en Europe , en particulier sous l(effet des importations réalisées par EDF. . Les concurrents d’EDF se précipitent sur son électricité nucléaire titre Le Figaro du premier décembre. Pourquoi se gêneraient-ils ? Acheter 42 euros un MWh qu’ils vont revendre (éventuellement à EDF) 70 euros n’est-il pas tentant ?... Un monde de fous ! « Obliger EDF à vendre à ses concurrents à 42 euros le MWh risque de peser sur sa rentabilité  déclare Paul Marty, analyste chez Moody’s.

Exemple par l’absurde : le premier janvier 2018, il faisait relativement bon, il y avait du vent. Production très importante éolienne en France et en Europe, sauf qu’il n’ y avait aucun besoin industriel et peu de vesoin domestique. Résultat sur le marché  l’électricité était achetée à 82 euros le MW par EDF (prix garantis Cochet oblige) et vendue à -15 euros ! le MW, ce qui coûte aux Français 97 euros le Mw ! Le lobby des margoulins de l’éolien remercie bien l’Europe et les Verts !

Le lourd bilan des paquets précédents :  la privatisation des barrages hydroélectriques.

Donc la Commission Européenne  a décidé d’imposer la concurrence sur l’énergie hydroélectrique. Pourtant, il s’agit d’un marché naturellement limité et concernant des ressources publiques – 1) on ne peut pas construire autant de barrages que l’on veut. 2) C’est une industrie où la sécurité est primordiale et le profit ne peut être le seul moteur – les barrages ont tué plus que le nucléaires. 3) C’est un secteur qui a été relativement négligé ces dernières années et qui nécessite de gros investissements.
Eh bien, rien n’ y fait, et la très redoutable et rigide  Commissaire à la Concurrence, Margareth Vestager a expédié en novembre 2015 un véritable missile : « La Commission considère que les mesures par lesquelles les autorités françaises ont attribué à EDF et maintenu à son bénéfice l’essentiel des concessions hydroélectriques en France sont incompatibles avec l’article 106 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ». A l’inverse de ce pays socialo-bolchevik, qu’est la Suisse, qui défend et investit généreusement dans son service public d’Etat de l’électricité hydraulique, l’Europe nous impose un bradage et une dégradation de l’hydroélectrique. Inquiets, révoltés, déboussolés, les hydrauliciens  d’EDF ont fait, coup sur coup, deux grèves très suivies, dans une indifférence  assez générale (plus de 60% de grévistes)
L’énergie est trop sérieuse pour être abandonnée au marché, surtout si l’on veut respecter les objectifs de la COP21. EDF doit pouvoir rester un champion de l’hydraulique en France et à l’étranger

La folie de la secte libérale de l’Eurokom

C’est donc une concurrence non pas normale, mais de nature parasitaire, qu’a mis en place la folle  politique européenne de libéralisation de l’énergie. C’est une recette infaillible vers la catastrophe économique et sociale. Il suffisait de savoir comment a tourné la déréglementation de l’électricité en Californie en 1990 ; en moins de dix ans, elle a provoqué une catastrophe nécessitant la fin de l’expérience, avec de nombreuses pannes, des prix en hausse et un parc de production fortement dégradé. Pourquoi ? Les producteurs privés n’ont eu aucun intérêt à des investissements lourds pour maintenir ou améliorer la production et la distribution de l’électricité… puisqu’il leur suffisait de vendre de plus en plus cher une électricité de moins en moins abondante !

Toutes les caractéristiques, toutes, absolument toutes, du « marché » de l’électricité : produit non stockable, besoin d’adaptation immédiate à la demande, lourds investissements et grande intensité capitalistique, garantie d’approvisionnement, garantie absolue de sécurité, égalité des clients et des territoires, besoin essentiel de l’industrie et des particuliers pointent vers ceci : le marché de l’électricité n’est pas un marché comme les autres, il ne  peut pas, quant à son cœur de métier, être libéralisé.

Mais la secte libérale de l’Eurokom ne veut rien entendre et met le paquet vers toujours plus de libéralisation. Il faut les arrêter, et sortir de cette Europe-là.

Quelques commentaires du rapport sénatorial (Rapport n°435 de la Commission des Affaires économiques- très instructif sur le mode de gouvernement de l’Eurokom.

« Le dogme selon lequel le marché pur serait gage d’harmonie absolue pour tous les consommateurs, les producteurs et les territoires inspire largement les textes. Le passage de compétences en principe partagées entre l’état et l’UE à une compétence européenne quasi exclusive se fait sentir sur un certain nombre de points. L’utilisation excessive des normes et règlements au détriment d’une ambition politique est évidente. »

« On regrettera cependant qu’un tel volume (5000 pages), en partie justifié par la technicité des sujets abordés, rende malgré tout difficile son appropriation par les citoyens. J’ajoute que cela fait déjà presque trois mois que les textes ont été présentés et que de nombreux volets ne sont pour autant toujours pas traduits en français !
L’électricité est un bien de première nécessité, ce que la Commission européenne semble oublier… »

« En matière de compétence européenne sur l’énergie, nous sommes passés d’une compétence partagée à une compétence imposée ! »

« Toute évaluation de la politique européenne, et en particulier, un bilan indépendant de la Commission des étapes précédentes de la politique de libéralisation de l’énergie s’avère impossible à obtenir : « Mon intention était que la Commission européenne nous fournisse un rapport avec des chiffres sur longue période, couvrant l’ensemble de l’Europe, pour comparer les objectifs initiaux et les résultats de la construction du marché intérieur de l’électricité. »
Ce dernier texte était une proposition d’amendement de M.  Montaugé, sénateur socialiste. Refusé car impossible : la Commission ne fournit aucune évaluation de ses politiques

Il y a comme un petit problème, non ?????



dimanche 21 octobre 2018

Jours de colères (2) : Je ne veux pas manger Halal !


L’abattage Halal, même si vous l’ignorez, même si vous n’en voulez pas !

Un jour de colère, provoqué par la conjonction  de deux informations :

1) Hakim El Karoui, travaillant pour l’Institut Montaigne, à propos de l'organisation de l'islam de France, propose d’instaurer une taxe sur le Halal, pilotée par une institution nouvelle chargée d’organiser et de financer le culte musulman. Ce rapport remis au président Macron correspond à sa volonté, affirmée devant les parlementaires réunis en Congrès, : « à l’automne, l’islam de France sera organisé ».
Le rapport préconise la taxation des produits halal, qui pèse cinq à six milliards d'euros de chiffre d'affaires chaque année en France. La présidence de la République et la république en marche (vers quoi, au fait), ont confirmé qu’il s’agit d’une piste sérieuse.

 2) Hebdomadaire Marianne, 11 october 2018 : interview d’une bouchère de l’est parisien : « On ne travaille qu’avec des abattoirs de province, notamment Alençon, parce que nous ne voulons pas que les bêtes que nous vendons passe par le circuit halal, systématique en ile de France. Mon mari était carrossier. Quand il a fait sa reconversion, il a visité un de ces abattoirs, il est revenu traumatisé par la souffrance des bêtes qu’on n’étourdissait pas . Il a failli tout lâcher. »

Ainsi, on propose de financer l’islam en pérennisant une pratique barbare, génératrice d’immense souffrance, dangereuse d’un point de vue sanitaire et  qu’il faudrait  interdire (quelques pays européens l’ont déjà fait). Et au passage, on apprend que, certains abattoirs jugeant que gérer une chaine d’abattage Halal et une chaine avec étourdissement préalable coutait trop cher…sont passés à une pratique exclusivement halal. Donc, sans le savoir, sur toute une partie de territoire (l’Île de France, notamment !!), il n’y a que de l’abattage Halal. Et bien sûr, les consommateurs ne sont pas prévenus, et soutiennent ainsi des pratiques qui leur répugnent, mangent une viande non conforme à leurs souhaits et à leurs habitudes, et, cerise, sur le gâteau, financent le culte musulman.

L’abattage Halal, réalité et dangers !

Le principe de l’abattage halal est le suivant : l’animal n’est pas du tout étourdi préalablement à la saignée, alors que la pratique de l’étourdissement existe chez nous depuis toujours. On pratique directement un égorgement large jusqu’aux vertèbres sectionnant toutes les structures anatomiques, et notamment l’œsophage et la trachée. L’animal est tourné vers la Mecque et le sacrificateur musulman doit être en « état de pureté rituelle ».
Le vétérinaire Alain de Peretti précise : « En abattage traditionnel, l’animal étourdi est décontracté, et la saignée peut se faire de façon très précise et se limite aux vaisseaux. L’œsophage est ligaturé. Après l’étourdissement, il est immédiatement suspendu pour être saigné. L’opération est extrêmement propre : le sang s’écoule sur le caillebotis et est parfaitement récupéré.
– En abattage halal, on égorge jusqu’à la vertèbre : l’artère carotide, la veine jugulaire, la trachée et l’œsophage sont totalement sectionnés. A partir de l’œsophage, des souillures de régurgitation de l’estomac vont venir salir toute la zone, aller dans la trachée jusqu’au poumon puisque l’animal respire toujours, et possiblement aller contaminer le reste de la carcasse. L’animal est immobilisé dans un piège rotatif, qui génère un stress énorme puisqu’il se retrouve en position inversée. La saignée se fait dans un bain de sang terrible, et ce sang est répandu sur tout le piège. Or, le piège ne peut être nettoyé à chaque animal, donc les animaux se succèdent et baignent dans un « bouillon de culture de sang, de déjections liées à la peur, de régurgitation, et tout ça reste joyeusement mélangé à température durant toute une journée… ». L’animal met au minimum un quart d’heure avant de mourir.

En décembre 2006, l’Académie vétérinaire de France a alerté sur les dangers de l’abattage sans étourdissement. Les risques bactériens sont multiples : souches mutées d’Escherichia Coli, salmonelles, staphylocoques dorés, et même les prions. L’abattage halal est aujourd’hui montré du doigt comme une cause possible des augmentations d’épidémies de gastro-entérites. L’absence des règles les plus élémentaires d’hygiène augmente aussi  considérablement le risque de résistance des bactéries aux antibiotiques.

Les dangers sanitaires réels de l’abattage Halal sont minorés dans la cuisine traditionnelle arabe car les viandes y sont très cuites. Mais attention : amateurs de steak tartares ou de bavettes saignantes, vous mettez votre santé en danger, puisque vous avez une grande chance de consommer de la viande halal sans le savoir !

Les pouvoirs publics sont parfaitement au courant, ainsi la circulaire ministérielle du 23 avril 2007 impose que la viande des cantines soit fortement cuite. Enfants de nos cantines,, si vous ne trouvez que  de la semelle infâme dans vos assiettes, vous savez pourquoi !

L’abattage halal, symbole et conséquence de la barbarie intégriste.

L'abattage sans étourdissement préalable est interdit en Suisse depuis 1893, en Norvège depuis 1929, en Suède depuis 1937, au Danemark depuis 2014, ainsi que l'Islande et le Liechtenstein. Aux Pays-Bas les abattoirs halal et casher seront obligés d’étourdir l’animal si celui-ci n’a pas perdu connaissance dans les quarante secondes qui suivent l’égorgement. En dehors de l'Europe, la Nouvelle-Zélande impose l'étourdissement depuis 2010. Et Australie, la quasi-totalité des abattoirs pratiquent l'étourdissement avant l'abattage.
Jamais en retard d’une lâcheté, la Commission Européenne, contrairement à ce demandaient certains députés, a refusé de légiférer et a seulement publié quelques propositions, dont celle de « développer les recherches sur l’étourdissement réversible chez les ovins et les bovins », de « procéder à une évaluation du dispositif de traçabilité et en améliorer le fonctionnement », de « poursuivre le débat avec les communautés religieuses et les scientifiques au sein du comité national d’éthique des abattoirs », et enfin de « prévoir, sous le contrôle de l’État, une formation pratique des sacrificateurs et subordonner l’agrément religieux à la détention établie de cette compétence technique »…ce qui revient en fait à officialiser et maintenir l’abattage Halal ( un halal modéré !!!).

La situation de barbarie et de tromperie actuelle n‘a rien d’inévitable. Elle constitue tout d’abord une formidable régression, un désaveu et l’annihilation d’un combat de plus de cinquante ans, celui de l’ OABA (l'Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs). Se donnant pour mission que «les bêtes qui nous nourrissent aient une vie et une mort sans souffrance», l'Oaba fut à l'origine du décret de 1964 rendant obligatoire l'étourdissement des bêtes avant leur égorgement, un progrès décisif repris par Bruxelles en 1974, et aujourd’hui remis en cause, par la conjonction de l'industrialisation du marché de la viande et de la montée de l'intégrisme religieux. Et dans ces conditions il ne faut pas s’étonner que des associations plus activistes que l’Oaba s’imposent.

Mais surtout, les musulmans peuvent parfaitement se passer de l’abattage halal. Il existait depuis longtemps en France une possibilité de dérogation à la loi commune permettant à l'abattage rituel (kasher et halal) d'échapper à l’obligation d’étourdissement. Et depuis très longtemps, les musulmans de France ne s'en prévalaient pas, suivant les consignes de la Grande Mosquée de Paris qui acceptait l'étourdissement, comme beaucoup de musulmans progressistes en Europe (Danemark, Suède, Allemagne, Suisse, Autriche) ou même dans certains pays musulmans (Jordanie, Indonésie, Malaisie).

Mais la montée des Frères musulmans et leur emprise sur le Conseil français du culte musulman ont entrainé le décuplement de l'abattage halal, aujourd'hui pratiqué dans plus de la moitié des abattoirs pour ruminants. La massification de la dérogation a eu un effet démobilisateur, tant sur le personnel (pourquoi respecter la bête sur une chaîne quand on s'en passe sur une autre ?) que sur des patrons d'abattoir pressés par la guerre des bas prix et qui ont sauté sur l'occasion de faire de la dérogation la règle : généraliser l'abattage halal coûte moins cher que de faire deux chaînes distinctes en réduisant les frais de personnel et de nettoyage. Autre remarque : lorsque le Danemark a récemment défendu l’abattage halal, les autorités religieuses musulmanes du pays ont simplement fait savoir qu’ils se plieraient à la loi…

Cette barbarie en regain récent de l’abattage halal est un marqueur de la barbarie intégriste, non de l’islam. Cette formidable régression s’impose en raison de la propagande islamiste, de l’avidité de certains prêts à tout tolérer pour préserver leurs gains, mais aussi et surtout de  la lâcheté de la société française et de la plupart de ses intellectuels, se conchiant à l’idée d’être accusés d’islamophobie.

Rappelons la position de l’impeccable Charb (martyr de l’intégrisme islamiste)  : «Les élus de la République devraient militer pour l'interdiction totale de l'abattage rituel, non seulement au non de la souffrance animale, mais aussi parce que la loi doit être la même pour tous.»

L’abattage Halal doit être interdit, et surement pas servir de financement à l’islam en France.

Résultat de recherche d'images pour "abattage halal"

vendredi 19 octobre 2018

Raisons de détester l’Eurokom-11 : les politiques de libéralisation- l’énergie


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.


Libéralisation de l’énergie : bravo et continuons !

Escroquerie à la TVA sur les quota de carbone : 5 à 10 milliards d’euros

La fraude à la TVA sur les quotas de carbone, parfois improprement appelée « fraude à la taxe carbone », c’est selon la Cour des Comptes, l’escroquerie du siècle. En 2005, l'Union européenne, pour lutter contre le réchauffement climatique, a une idée géniale et très libérale : quoi de mieux que de faire confiance aux marchés ! Créons pour cela  une bourse du carbone qui permet l’échange de droits (ou quotas) d’émission de CO2, le principal gaz à effet de serre. Chaque année, des quotas étaient attribués aux entreprises les plus polluantes, qui pouvaient les revendre si elles n’avaient pas atteint leur plafond ou racheter ceux des entreprises qui n’avaient pas dépensé les leurs. Pour être encore plus citoyen et surtout plus libéral, le marché s’ouvre à toutes les sociétés, pollueuses ou non. On institue une TVA (taxe sur la valeur ajoutée) sur ces quotas achetés hors taxe et revendus toutes taxes comprises (TTC) – l’Etat se chargeant d’avancer la TVA. Pour faire plus libéral encore, il n’y a aucun contrôle a priori sur la réalité des acheteurs et des vendeurs.

Ah oui, mais des escrocs spécialistes de l’arnaque à la TVA, il y en a ; et ils se sont précipités dans cette faille, parvenat à prélever systématiquement et efficacement les 20 % de TVA sur chaque transaction. Jusqu’à gagner, pour certains d’entre eux, plus de 500 000 euros par jour !
La recette est assez simple : il  s'agit d'acheter des quotas hors TVA dans une société fictive dans un pays étranger, avant de les revendre en France à une autre société fictive à un prix incluant la TVA, puis de disparaitre (dissoudre la société) avant de reverser la TVA à l’Etat.

Et les escrocs se sont montrés très actifs : le marché européen des échanges de quotas de CO2 a été victime d’échanges frauduleux depuis dix-huit mois. Dans certains pays, jusqu’à 90 % du marché du carbone était le fait d’activités frauduleuses.

Conclusion : Face à cette fraude qui a permis de détourner entre 1,6 et 1,8 milliard d'euros en France en 2008 et 2009 et entre 5 et 10 milliards d'euros pour l'ensemble des États membres de l’Union européenne selon Europol, la TVA sur les quotas a été supprimée !.

Commentaire du Procureur financier de la République : « L’espace de liberté que les Etats ont créé n’a qu’un seul antécédent, celui de la haute mer. Ce phénomène criminel, ce n’est pas la mafia, c’est la piraterie. »

Voilà une belle définition des politiques de libéralisation !

Manipulations boursières et gros profits sur le gaz

C'est une grande première et elle mérite qu'on s'y arrête. Une amende de 5 millions d'euros a été infligée au négociant Vitol pour de sérieuses irrégularités sur le marché de gros du gaz. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a annoncé en début de semaine des sanctions pour manipulation de marché sur le marché de gros de l'énergie. En l'occurrence, c'est le comité de règlement des différends et des sanctions (Cordis) qui est à la manœuvre. Le bras armé du régulateur en termes de surveillance des marchés a décidé, après une longue enquête de la CRE, d'infliger une amende de 5 millions d'euros au négociant Vitol, basé aux Pays-Bas. Les faits incriminés courent sur la période allant de juin 2013 à mars 2014. De quoi s'agit-il exactement? La CRE a repéré les étranges manœuvres de Vitol sur le marché de gros du gaz contraires à l'intégrité et à la transparence des marchés. À plusieurs reprises, tôt le matin , quand le marché était encore peu liquide - avec donc peu de transactions -, le négociant passait beaucoup d'ordres de vente qui avaient pour effet de faire baisser les prix. Plus tard dans la journée, quand le marché redevenait plus actif, non seulement Vitol pouvait acheter des volumes à un prix attractif à la suite de quoi il annulait les ordres de vente passés un peu plus tôt. Le procédé s'est répété suffisamment de fois pour pour que la CRE s'empare du dossier et saisisse le Cordis. Vitol n'est pas un petit acteur du paysage énergétique. Fondé à Rotterdam en 1966, le néerlandais s'appuie sur quelque 40 représentations dans le monde et commercialise quotidiennement plus de sept millions de barils de pétrole brut et de produits dérivés.
Le cas de Vitol ne serait pas isolé. Même si la CRE refuse d'en dire beaucoup plus, plusieurs enquêtes portant sur la surveillance des marchés de gros sont ouvertes actuellement. Ni les noms des sociétés concernées ni le calendrier des procédures n'est communiqué.

La libéralisation du marché du gaz, ou le retour aux immenses scandales boursiers du début du XXème siècle !

Une autre absurdité : la privatisation des barrages hydroélectriques.

Donc la Commission Européenne  a décidé d’imposer la concurrence sur l’énergie hydroélectrique. Pourtant, il s’agit d’un marché naturellement limité et concernant des ressources publiques – 1) on ne peut pas construire autant de barrages que l’on veut. 2) C’est une industrie où la sécurité est primordiale et le profit ne peut être le seul moteur – les barrages ont tué plus que le nucléaires. 3) C’est un secteur qui a été relativement négligé ces dernières années et qui nécessite de gros investissements, pour la sécurité et aussi pour augmenter la productivité, et les expériences étrangères montrent que les opérateurs privés ne les feront pas. 4) Enfin, l’énergie hydroélectrique constitue une énergie durable et écologique au plus haut point, et une énergie d’appoint mobilisable à volonté lorsqu’une pénurie menace, justement ce dont nous avons le plus grand besoin !

Mais aucune de  ces considérations n’est de nature à faire reculer la secte libérale au pouvoir à Bruxelles ! Et devant les réticences de la France, la très redoutable et rigide  Commissaire à la Concurrence, Margareth Vestager a expédié en novembre 2015 un véritable missile : « La Commission considère que les mesures par lesquelles les autorités françaises ont attribué à EDF et maintenu à son bénéfice l’essentiel des concessions hydroélectriques en France sont incompatibles avec l’article 106 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. ». Das ist Klaar ?

Les Allemands ont gentiment expliqué à la Commission que leurs monopoles régionaux équivalent à une concurrence au niveau national, et que donc, ils ne feraient rien ;  les Portugais se sont dépêchés de faire passer leurs concessions de service public sur l’hydroélectrique à cent ans ; l’Autriche a choisi 80 ans, ce qui laisse aussi le temps de voir venir les prochaines Commissions. La Norvège et la Suède ont carrément choisi de garder le contrôle public de leurs barrages – ce qui n’empêche pas les Suédois d’être candidats à la reprise de barrages en France.
Mais la France, elle, va obtempérer.

Le fait que les barrages hydrauliques, non seulement produisent, avec le nucléaire, la seule énergie électrique décarbonnée, pilotable ; que leur entretien et les conditions de leur exploitation doivent impérativement faire passer la sécurité avant les profits ( les catastrophes liées aux barrages ont fait beaucoup plus de mort que le nucléaire) ; qu’ils ne font pas que produire de l’électricité, mais gèrent aussi la ressource hydraulique de toute une vallée, pour les agriculteurs, pour les pêcheurs, pour des activités de loisir diverses ; qu’ils jouent un rôle important dans la sécurité des centrales nucléaires en assurant un débit suffisant à leur refroidissement, bref qu’ils sont impliqués dans des missions de service public et même de sécurité publique, tout cela impose une conclusion : les barrages électriques ne doivent pas être privatisés !

L’ensemble des organisations syndicales s’oppose à cette libéralisation de la production hydraulique. CFDT, CFE-CGC, CGT et FO sont allés manifester devant la Commission Européenne sur le mot d’ordre : « Stop à la casse du modèle hydroélectrique français et au bradage des concessions hydrauliques ! » Face à la volonté de la Commission européenne d’ouvrir à la concurrence l’exploitation des barrages, les syndicats de l’énergie veulent défendre « le patrimoine hydroélectrique français et ses missions de service public » et entendent « mettre en garde les eurodéputés contre les conséquences des choix de la Commission, notamment sur la gestion des ressources en eau de ces barrages » actuellement gérés en majorité par EDF. On trouvera d’autres éléments sur le site de la CGT, qui mène une campagne exemplaire (avec FO et la CFE-CGC) pour sauver le service public de l’électricité (voir https://www.mainbassesurlenergie.com), et notamment le fait qu’en cas de pénurie d’électricité, il sera très tentant pour les exploitants des centrales hydrauliques d’attendre le quasi-effondrement du réseau pour profiter du prix spot le plus élevé possible !

Les syndicats n’ont pas été entendus. La voix de la raison non plus. Les leçons de l’expérience de libéralisation californienne de l’électricité, qui a conduit à un effondrement toatl, puis à une renationalisation, non plus.

 C’est pourquoi il est urgent de quitter cette Europe-là !

samedi 13 octobre 2018

Raisons de détester l’Eurokom-10 : la politique européenne de la pêche


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.


Après 1) la campagne Européenne commence bien ! Macron à Epinal, 2) la politique étrangère, une certaine odeur d’affairisme, 3) grands problèmes avec l’euro, 4) petits arrangements avec la démocratie, 6) l’Eurokom, son immigration, sa démographie ; 7) A la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne 8) Des dizaines de milliers de normes !  continuation de la série sur une compétence européenne : la politique de la pêche, ou quel bilan quand on donne le pouvoir à l’Eurokom.

Rapport au vitriol  de la Cour des Comptes.

Voyons donc comment l’Europe s’en tire quand on lui confie une compétence. Et bonheur des bonheur, pour une fois, il y a eu une évaluation de cette politique par la Cour des Comptes Européenne (Rapport spécial n° 08/2017). Ladite Cour commence bravement par rappeler que « la politique commune de la pêche (PCP) vise à garantir la viabilité à long terme du secteur de la pêche et des stocks halieutiques. Et la conclusion est claire : l’ « Union européenne ne disposait pas encore d'un système de contrôle des pêches suffisamment efficace pour contribuer à la réussite de la PCP ». En fait, aucun des pays controlés n’est en mesure de vérifier jusqu’à la capacité exacte de sa flotte de pêche (pour la jauge notamment). Même chose pour les informations sur les navires figurant dans son fichier de flotte. Le rapport souligne également un décalage important  (euphémisme eurocratique :  des incohérences !) entre les informations contenues dans le fichier de flotte et les pièces justificatives, entre les débarquements déclarés et les relevés effectués lors de la première vente, entre le total des captures enregistrées par les Etats membres et les données dont dispose la Commission. Incohérences à tous niveaux. Et encore : « La surveillance par satellite ne couvre quant à elle qu’un bateau sur 10. Finalement, 89% des navires de la flotte de l’Union européenne ne sont pas contrôlés, ce qui laisse la porte ouverte à de nombreuses infractions. Et quand contrôle il y a, les sanctions ne sont généralement pas dissuasives. ». .

La Cour conclue que tout ceci  « est de mauvais augure pour le respect effectif des quotas et pour la survie des espèces les plus menacées par la surpêche » Fermez le ban !

Pêche électrique, pêche profonde. Des aberrations trop longtemps tolérées, voir encouragées.

La pêche électrique a été interdite en Europe en 1998 mais la Commission européenne l’a autorisée, avec l’accord du Conseil, à partir de 2006 dans le cadre d’un régime dérogatoire exceptionnel. Cette décision inique, qui allait à l’encontre de l’avis scientifique explicite fourni à la Commission, n’en finit pas de semer le désordre dans le secteur de la pêche : toute une flotte chalutière aux Pays-Bas a été convertie à l’électricité, c’est-à-dire une méthode de pêche interdite et destructrice, sous couvert de licences expérimentales et scientifiques.

Bien pire : pour sauver la flotte de chalutiers à perche néerlandais au bord de la faillite, la pêche électrique, jusqu’alors considérée « destructrice » a été rebaptisée comme « innovante ». Ce tour de passe-passe a non seulement permis aux industriels de pratiquer cette méthode de pêche interdite, mais aussi d’obtenir des millions d’euros de subventions pour équiper les chalutiers en électrodes, la note étant payée par l’argent public des contribuables et des citoyens européens.
Réaction de l’Association Bloom : « ce qui nous indigne, c’est de voir que les politiques publiques sont sciemment complices de la destruction de l’emploi. Soutenir les méthodes de pêche les plus violentes pour l’environnement est déjà inacceptable, mais que les pouvoirs publics persistent à encourager, et même financer, les méthodes de pêche qui détruisent les métiers les plus vertueux, ça nous ulcère ». Il faut savoir que les chalutiers électriques rejettent entre 50 et 70% des poissons capturés, contre 6% pour  les filets maillants.

Le Parlement européen s’est prononcé en janvier 2018 pour l’interdiction totale et définitive de la pêche électrique en Europe. L’issue du vote est demeurée incertaine jusqu’au dernier moment, les pêcheurs industriels néerlandais se déchaînant auprès du Parlement qui a été inondé de « fake news » de la part des lobbies… Reste maintenant à mettre la mesure en application, et c’est pas encore fait….après autant d’encouragements donnés aux néerlandais.

De même, Bloom et Deep Sea Conservation Coalition après une pétition lancée en 2013 (900 000 signatures) ont fini par obtenir fin 2016 l’interdiction du chalutage profond à plus de 800 mètres dans les eaux européennes, technique extrêmement destructrice d’éspèces frgiles se renouvelant lentement. Encore Bloom a-t-il pointé « les nombreux reculs du texte par rapport à la version du Parlement européen que la rapporteure du texte aurait dû défendre mais qu’elle a bradée en raison de conflits d’intérêts et d’une prise de position ouvertement favorable aux industriels de la pêche. Les deux principales pertes sont la zone d’application du règlement qui ne concerne que les eaux européennes mais ne s’appliquera pas en eaux internationales de tout l’Atlantique Nord-Est, et l’ensemble des mesures contraignantes qui visaient à assurer une gestion durable des poissons d’eau profonde ».

Et pourtant, il y a urgence : Au fil des ans, l’épuisement du poisson le long des côtes de la mer du Nord a amené les pêcheurs traditionnels au bord du gouffre économique. A titre d’exemple, entre 2014 et 2018, les fileyeurs des Hauts-de-France ont perdu en moyenne 50% de leurs captures de soles. Les lobbies industriels, année après année, ont pris le contrôle des flottes, des organisations de producteurs (qui allouent les quotas de pêche), des organes de représentation politique et des structures de gestion portuaire. Lentement mais sûrement, les petits pêcheurs ont été réduits au silence. Ils savent que s’ils osent dénoncer les acteurs dominants, les représailles sont immédiates et féroces (quotas, droits de pêche, licences, etc.)

Des solutions qui marchent mais ne sont pas défendues par l’Europe : l’exemple vertueux de la coquille Saint Jacques.

Et pourtant aussi, les solutions sont connues : le contrôle de la pêche par des associations locales, par exemple  les groupes d’action locale pêche (Flags, en euranglais) qui permettent de mettre en place des stratégies et des mesures en faveur de la pêche durable. Elles permettent le renforcement de la compétitivité des zones de pêche, la  restructuration, le
redéploiement et la diversification des activités économiques, la valorisation des produits
de la pêche, la  protection de l’environnement ; restauration d’une production endommagée par une calamité…

Un très bon exemple est la gestion de la pêche de la coquille Saint-Jacques en Manche. À la fin des années 80, son équilibre fut en effet menacé par de mauvaises reproductions et le secteur entier a failli  disparaître. Les pêcheurs se sont alors d’eux même imposé un certain nombre de restrictions. Tout d’abord avec une limitation des jours de pêches, l’établissement d’un système de licence ou encore une réglementation accrue sur la taille des navires et la largeur des mailles des filets. Un quota est fixé chaque année par les pêcheurs eux même et évolue au fil de la campagne. Les captures sont comptabilisées au jour le jour pour suivre les évolutions du stock. C’est l’institut Français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) qui se charge de fournir les données scientifiques et c’est sur ses recommandations que le comité des pêcheurs fixe le quota annuel. Typiquement, la pêche se pratique d’octobre à avril, 2 jours par semaine, 45 minutes par jour. Les coquilles Saint-Jacques ne correspondant pas aux critères sont rejetées en mer.
« Chaque pêcheur est responsable de sa production et agit en conséquence » affirme Christophe Halary, chargé de mission du secteur pêche des Côtes d’Armor. Depuis la mise en place de ces mesures, les résultats sont concluants. Un vrais succès : le stock de coquilles Saint Jacques  s’est rapidement renouvelé et stabilisé, et les pêcheurs en v très bien.

Rappel : La coquille n’est pas une espèce régie par des quotas de l’Union européenne ! Ah ben voilà, c’est pour ça que la pêche durable pu s’imposer. A un petit problème près : les britanniques ne s’estiment pas tenus par les décisions des pêcheurs français et viennent piller les stocks que ceux si ont si heureusement reconstitués, et l’Europe ne fait rien pour les protéger. Alors en aout 2018, une trentaine de bateaux français et anglais se sont affrontés dans une véritable bataille navale, allant même jusqu’à l’abordage- tiens, un problème que le brexit devrait résoudre !

Bref, cette politique de la pêche confiée à l’Europe est du propre aveu des instances européennes, un échec qui n’a pas permis l’instauration d’une pêche durable ; elle n’a pas empêché la détérioration des stocks de poissons, elle a trop longtemps autorisé, et même encouragé, et même financé  des pratiques néfastes ( pêche électrique, pêche à grande profondeur), elle n’a pas permis à de nombreux pêcheurs de vivre de leur activité, bien au contraire, elle a favorisé une pêche ultra industrielle, ravageuse, dans des conditions totalement obscures, sans contrôle réel des quota ; il est quand même étrange que tant d’armements espagnols se soient imposés sur nos côtes bretonnes au détriment des pêcheurs locaux. Elle n’a même pas épargné les vexations inutiles aux littoraux, limitant leurs prises à 3 bars par jours au sud de Quimper et l’interdisant totalement au nord. !!! alors que pendant des années, nul n’a pu empêcher l’industrie de la pêche de piller les frayères en toutes saisons.

Et ceci alors que les solutions sont connues, la gestion par des communautés de pêche locales, avec le respect de zones et de périodes de reproduction…mais qu’elles vont à l’encontre de la doxa libérale de Bruxelles.

Oui, vraiment, il faut sortir de cette Europe-là




mercredi 10 octobre 2018

Politique énergétique : mensonges et enfumage!


Gros Mensonge de Greenpeace sur le CO2, le solaire et le nucléaire.

L'association a publié en septembre 2018 un classement des fournisseurs d'électricité « verte » dans lequel sont diffamés comme d’habitude les services publics ( EDF comme fournisseur d’électricité au tarif réglementé, Engie pour le gaz) et dans lequel ne sont reconnus comme  véritablement verts que des acteurs marginaux (Energie d’ici, Enercoop et Ilek.).

Cette action de Greenpeace  a au moins un mérite : dénoncer un enfumage total et même une escroquerie caractérisée : « un fournisseur d’offres vertes peut se contenter d’acheter de l’électricité produite dans une centrale à charbon ou nucléaire, du moment qu’il achète aussi un certificat “vert” ».

Il met aussi en évidence qu’il est tout simplement impossible d’assurer l’approvisionnement en électricité  et de lutter contre le dérèglement climatique si, par idéologie, on refuse de considérer comme « verte » l’énergie nucléaire, la plus décarbonnée et la plus économique qui soit.

 Enfin, il démontre une étrange alliance entre les écologistes antiprogressistes, les ultra libéraux et de grands intérêts privés, qui, constatant que la privatisation du nucléaire électrique ne sera jamais acceptée, veulent en réduire la part pour s’octroyer un immense gâteau dont profitent déjà  les margoulins des énergies nouvelles (notamment  éoliennes)

Et en passant Greenpeace commet un petit mensonge dans sa note où  le nucléaire est considéré émettant plus de CO2 que le photovoltaïque, ce qui est faux. Pour Greenpeace, le nucléaire est classé +/- en émission de CO2 alors que le photovoltaïque est classé ++. Un résultat surprenant au premier abord. En effet, les chiffres du Giec (cohérents avec les estimations internationales)  évaluent les émissions de CO2 autour de 50 g/kWh pour le photovoltaïque et autour de 12 g/kWh pour le nucléaire (contre plus de 700 pour pétrole et autour de 1000 pour le charbon)- soit tout de même, pour ce qui nous intéresse, quatre fois plus pour le solaire que pour le nucléaire !

Un peu embarrassé (et faisant preuve d’un petit reste d’honnêteté),  Greenpeace a avoué la manipulation : « Nous avons voulu marquer le fait que, en raison des défaillances du parc nucléaire existant en France et en Belgique, les centrales sont de plus en plus souvent arrêtées et, pour compenser, les exploitants font appel à des énergies très carbonées»… » «La France est très en retard sur le développement des énergies renouvelables. Ainsi, quand le nucléaire ne peut pas produire, c’est le charbon ou le gaz qui le prend en charge »

Oh les gars et les filles  ! Vous vous fichez un peu du monde. Et vous êtes incorrigibles : car lorsque le nucléaire tombe en panne, on ne peut le remplacer que par une énergie pilotable, qui produit de l’électricité quand on en a besoin, et pas quand il fait beau et qu’il vente !- donc, ni du solaire, ni de l’éolien !

Donc, si l’on veut lutter contre le réchauffement climatique, il faut plus de nucléaire et du plus puissant - des EPR. 
Réclamez tous à EDF le contrat citoyen et responsable nucléaire : « Parce que je suis conscient des périls climatiques et que je veux lutter contre eux, je veux que vous me garantissiez une électricité à 80% nucléaire ( et un peu hydraulique) »

 Gros mensonges sur les coûts : Le débat sur la transition énergétique doit prendre en compte tous les coûts.

C’est sous ce titre que deux experts de l’économie de l’énergie Jacques Percebois (Professeur émérite à l’université de Montpellier) et Stanislas Pommeret (Président de la division énergie de la SCF) ont publié une tribune intéressante dans Le Monde du 3 octobre 2018. Extraits :

Le débat parlementaire sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) va relancer les discussions sur la place relative du nucléaire et des renouvelables. Le mix électrique français est très largement « décarboné », ce qui est un atout dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, mais se trouve être largement le produit de l’histoire et des diverses transitions impulsées par les pouvoirs publics depuis des décennies, et non pour des raisons environnementales.
Lors des chocs pétroliers (1974 et 1979), la France s’est tournée vers le nucléaire au nom de l’indépendance énergétique. En 1974, le nucléaire ne représentait que 8 % de la production d’électricité ; il en couvre aujourd’hui 72 à 75 %. Comme l’hydraulique permet de satisfaire 12 % environ des besoins et que les autres renouvelables (éolien et photovoltaïque) en fournissent 6 %, l’électricité produite en France est à 93 % « décarbonée ».

Le nucléaire de 2e génération (les 58 réacteurs en fonctionnement), largement amorti, est aujourd’hui compétitif puisque, malgré le bas prix de l’électricité sur le marché de gros (40 à 50 euros le MWh, soit 4 à 5 centimes d’euro par kWh), son coût est de l’ordre de 33 euros le MWh (soit 3,3 centimes d’euro par kWh).

(Et voilà pourquoi fermer Fessenheim est un gaspillage éhonté du patrimoine français, et une aberration climatique, industrielle, économique et sociale !)

Pour l’EPR de Flamanville, le montant annoncé de 10,9 milliards d’euros porte le coût du MWh à près de 100 euros, soit 10 centimes d’euro par kWh. La décision récente d’Edf de reporter à fin 2019 la mise en service de l’Epr de Flamanville, prévue au départ fin 2012 montre que l’industrie française a un peu perdu la mqin dans un domaine où elle excellait. .. Ainsi, la Russie, grâce à Rosatom, et la Chine, qui a mis en service il y a quelques semaines le premier réacteur EPR grâce à la collaboration française, deviennent aujourd’hui des leaders d’un secteur dont les perspectives demeures prometteuses.
« Les énergies renouvelables dont on vante la compétitivité croissante ne sont pas non plus exemptes de dérives. La promotion des énergies renouvelables du type solaire et éolien se justifie car elles sont décarbonées, mais à condition qu’elle se substituent à des énergies carbonées, et non au nucléaire (décarboné)…

Un rapport de la Cour des Comptes d’avril qui montre que les engagement déjà pris du fait de ces tarifs (promotionnels et subventionnés) des énergies renouvelables vont conduire à un surcoût cumulé de 121 milliards d’euros pour le consommateur d’électricité (jusqu’en 2044 !!, avec un pic vers 2022) surcoût financé par des taxes ( la CSPE- contribution au service public de l’électricité),soit de l’ordre de 4 à 5 milliards d’euros par an.

Ce coûteux système mis en place engendre deux effets pervers qui ne doivent pas être sous-estimés dans le calcul économique : l’injection sur le marché de gros de ces énergies rémunérées hors marché exerce un effet d’éviction sur le parc nucléaire et thermique, et cela risque fort de coûter cher en stockage ( NB qu’au surplus, on ne sait pas réaliser). Au-delà de 30 % environ de pénétration du renouvelable intermittent dans le mix électrique français,… le coût du stockage et du déstockage de cette électricité risque d’être élevé... Si l’on suppose que la part du nucléaire est plafonnée à 50% de la production d’électricité et que ce sont les renouvelables solaires et éoliens qui compensent cette réduction, le coût du stockage et du déstockage peut représenter à lui seul entre 4 et 20 centimes d’euros par kwh….
Conclusion : En d’autre termes, le débat doit prendre en compte tous les coûts directs et indirects des diverses solutions en compétition….

Coûts comparés de l’éolien et de l’EPR. Les margoulins de l’éolien et l’Ecolo Business.

En effet, donc petite remarque sur le site très utile du grand débat sur la transition énergétique : si l’électricité renouvelable est si intéressante, comment se fait-il que le prix de l’électricité augmente de façon très bien corrélée à l’augmentation des productions renouvelable dans tous, absolument tous les pays ?
Et réponse plus argumentée : Avis n°478 Comparaison des coûts de production éoliennes et EPR en Europe en 2017.

Eolien on et off-shore : 103 MW de puissance installée. Ces installations ont un productible de 26 GWh/an pour un facteur de charge moyen de 30 %. Leur durée d’exploitation est prévue pour 20 ans. Au MW installé, ces éoliennes coutent 4 600 k€ par MW. Ramené au MWh produit, cela donne une production de 520 TWh sur 20 ans soit 88 €/MWh d’amortissement p
EPR : Sur 60 ans, l’EPR coute 11 Mds d’€ pour 1,65 GW installé ; donc au MW installé cela donne 6400 M€/MW. Le productible de l’EPR est 13 TWh par an sur la base d’une puissance installée de 1650 MW et d'une disponibilité de 90 %. Donc sur 60 ans, l’EPR aura produit 780 TWh.
Comparaison finale : Eolien : 106 €/MWh pour une électricité non pilotable sans back-up et stockage. EPR : 72,5 €/MWh pour une électricité pilotable.
Et encore : l’éolien est maintenant une technologie mature pour laquelle le coût ne diminuera plus significativement. L’EPR est une tête de série (qui a connu certains problèmes…) ; compte-tenu du retour d’expérience, le coût des futurs EPR diminuera considérablement.

Autres éléments, que l’on trouve sur le site de la CGT, qui mène une campagne exemplaire (avec FO et la CFE-CGC pour sauver le service public de l’électricité (voir https://www.mainbassesurlenergie.com). Extraits :

Il existe un Ecolo business qui vise à  casser le service public pour favoriser le privé. Les heureux profiteurs de l’Ecolo business ont été gavés par un flot d’aide d’Etat : le prix de l’électricité produite par le éoliennes est fixé à plus de 8 centimes d’euros le kw heur soit le double du prix de l’électricité classique (mesure prise par le vert Yves Cochet !).

S’en est suivi une ruée vers le nord : en une dizaine d’années, 5000 turbines le département de l’Aisne.  Les communes se lancèrent dans une compétition échevelée,  c’était la ruée vers les éoliennes, c’était véritablement la manne. On promettait des emplois, de la taxe professionnelle, du tourisme, des cars entiers de touristes devaient venir admirer les éoliennes. Et puis quoi : des installations qui changent de main à haute fréquence, en trois ans, quatre exploitants et des montages de plus en plus opaques ; des fonds de pension qui viennent d’Australie pour ramasser la manne des contribuables français. Et pour les riverains, au leu de la manne promise, des bruit continus, les nuisances visuelles, effets stroboscopiques, perte de valeur des habitations. Même Ségolène Royal s’en était émue : «  il y a tout un système spéculatif qui se met en place, on a eu des expériences assez désastreuses par le passé. Et Xavier Bertand reprenant pour sa région le cri de Marine Le Pen : Plus une seule éolienne.

En 2018, le surcoût des énergies renouvelables s’est élevé à pas moins de 8 milliards d’euros. Il s’agit d’un véritable hold up.
Ce fait significatif, repris aussi dans les video de la CGT. Le premier janvier 2018, il faisait relativement bon, il y avait du vent. Production très importante éolienne en France et en Europe, sauf qu’il n’ y avait aucun besoin industriel et peu de vesoin domestique. Résultat sur le marché  l’électricité était achetée à 82 euros le MW par EDF (prix garantis Cochet oblige) et vendue à -15 euros ! le MW, ce qui coûte aux Français 97 euros le Mw ! Le lobby de l’éolien remercie les Verts !

L’article de M. Percebois, article d’expert semble arriver au maximum de critique que peut exprimer un expert reconnu sans se mettre en péril. Mais enfin Mrs, s’il faut vous remercier pour votre lucidité, peut-on vous demandez un peu plus de courage. Si vous ne dites pas haut et fort ce qu’il en est qui le dira ?

Baisser la part du nucléaire à 50% est une absurdité injustifiable, c’est aller au rebours de nos engagement climatique et de la lutte contre la précarité énergétique, c’est catastrophique pour le climat, c’est catastrophique pour l’environnement, c’est catastrophique pour les consommateurs, c’est catastrophiques pour la compétitivité de l’industrie, c’est catastrophique pour la sureté d’approvisionnement aujourd’hui encore plus qu’hier indispensable tant nous sommes devenus dépendant, pour notre santé, pour notre vie même de l’électronique, c’est catastrophique socialement pour les salariés et pour les usagers.

Prétendre lutter contre le dérèglement climatique en baissant la part du nucléaire, c’est une hypocrisie ou une imbécillité. Il faut au contraire maintenir la part du nucléaire en France et l’augmenter dans tous les autres pays :

La production nucléaire d’électricité a encore un grand avenir devant elle, si nous voulons que l’Humanité et la Terre en ait un !