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dimanche 10 décembre 2017

Recherche Zéro, la politique à Macron

Recherche publique : Zéro, Zéros, Zéros création d’emplois
Zéro, Zéros, Zéros création d’emplois stables dans les laboratoires de la recherche publique, tels sont les chiffres du bleu budgétaire pour le programme 2018 du gouvernement Macron. Un tableau qu’apparemment peu de députés auront eu le courage de lire, vu le manque de réactions.
Détaillons donc. Zéro création d’emplois pour l’ IRD- Institut de recherche pour le développement (tiens l’Afrique ne sera la zone en expansion économique du XXIème siècle..) ; Zéro emplois créés pour l’INRIA (institut de recherche en informatique et automatique ( pas une priorité pour le développement économique- mais c’est vrai que Las Vegas, c’est plus drpole que Nnacy) ; Zéros emplois pour l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques - évidemment une thématique mineure pour nos sociétés, d’immigration en baisse de la natalité) ; Zéro, et même baisse pour l‘INRA ( une baisse… de 9 997 à 9 989 On admire la précision…) sans doute sont-ils punis pour douter de la toxicité du glyphosate et de l’existence d’alternatives pour le remplacer). Et bien entendu, Zéro création d’emplois pour ce navire amiral et ce symbole même de la recherche publique française, le CNRS ( là aussi, punition ?– baisse des effectifs de chercheurs, ingénieurs et techniciens de 28 618 à 28 597 !!) (Précision étonnante !). Seule l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) passe à 254 emplois à plein temps stables contre 228. Curieusement, cette ANR est qualifiée d’opérateur de recherche alors que cette Agence n’en réalise strictement aucune, et qu’elle n’est en fait qu’un mécanisme beaucoup plus lourd et bureaucratique de distribution des financements de programme que ce qui existait auparavant,  atteint de la folie des évaluations en cascade.
C’est une méconnaissance et un mépris total de la recherche dans son ensemble. Souvenons-nous tout de même que l’agenda du Traité de Lisbonne, proposait de créer l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde, avec 3% du PIB en moyenne, plus pour la France, consacré à la recherche. Nous en sommes  à 2.2%, loin derrière les pays nordiques et l’Allemagne (2,7), et cela a encore diminué ces dernières années. Pendant ce temps, la Chine, en vingt ans, la Chine est passée de 0.5% à 2% et n’est nullement en passe de freiner.
Mépris et incompréhension  des enjeux globaux, mépris total des personnels, en particulier des précaires, dont les laboratoires, face à l’absence de création de postes) ont pourtant bien besoin pour tourner. Ces jeunes techniciens, ingénieurs ou chercheurs sont  jetés des labos et de tout emploi dans la recherche publique en raison de l’application bête et méchante de la loi Sauvadet, après parfois une thèse  et des années en CDD - dispositif pour le moins stupide lorsqu’il s’agit de techniciens indispensables au fonctionnement d’équipements de pointe. Dans une réunion récente, le cabinet de la ministre de la Recherche, Mme Vidal ( tiens qui connait son nom ?, la recherche est vraiment une priorité pour ce gouvernement) a répondu : «on n’est pas mûrs sur ce sujet et on a rien à proposer pour l’instant » !!!
CNRS-La lettre d’Alain Fuchs- une recherche sacrifié
La lettre de fin de mandat d’Alain Fuchs, président du CNRS de 2010 à 2017 aurait du au moins alerter les politiques et l’opinion publique ( mais il est vrai que la rédiger en langage inclusif, que je n’ai pas repris dans les citations ne facilite guère la lecture …).
Extraits : « : «Les années 2010-2017 ont été continuellement difficiles pour la recherche sur le plan budgétaire et l a fallu mettre en place des modalités de gestion très strictes…Le niveau d’emploi du CNRS a donc baissé au cours de ses années et j’ai choisi de faire porter l’effort sur le volant de CDD recrutés sur les subventions de l’Etat, ce qui a permis de maintenir un recrutement convenable de jeunes chercheurs et techniciens. C’était ma priorité absolue…Encore une fois, le niveau d’emploi global au CNRS a baissé de quelques 10% en 10 ans et c’est à la chute vertigineuse du budget de l’ANR doublée d’une politique  d’appel à projets contestables qu’il faut d’abord attribuer les difficultés budgétaires des laboratoires. On ne peut pas s’arrêter de recruter ne serait-ce qu’une seule année au risque d’envoyer un signal désastreux au jeunes qui se destinent à une carrière scientifique. Le niveau exceptionnel et très international du recrutement au CNRS est un atout dont notre pays ne peut se passer. C’est le message fort que j’envoie à la puissance publique. »
Au-delà de la colère
Cette lettre de départ  traduit au ton tout à fait inhabituel reflète l’exaspération du directeur d’un grand organisme de recherche publique, en fait du navire amiral de la recherche publique en France qui a vu constamment les moyens de la recherche publique diminuer alors même que la recherche ne cessait d’être revendiquée comme une priorité politique ; la colère d’un citoyen engagé qui voit la France décrocher de l’Europe en matière de recherche, et l’Europe décrocher par rapport au Monde, et des objectifs nécessaires de l’Europe de la Connaissance ; l’indignation d’un dirigeant responsable devant la manière indigne dont sont traités particulièrement  les jeunes chercheurs ( pas d’emploi stable, pas de revenus dignes avant quoi une thèse et trois post doc -29- 30 ans ?). Qu’on ne s’étonne pas si les meilleurs de nos étudiants se détournent des carrières de recherche – « un signal désastreux au jeunes qui se destinent à une carrière scientifique ».
Comme dans beaucoup d’autres domaines, il semble que la politique du gouvernement actuel et de cette présidence soit le pire et de la droite et de la gauche, doublé d’un cynisme électoraliste implacable : il est peu probable que les chercheurs votent en masse pour Marine Le Pen.

Face à cette régression sans précédent, la ministre Mme Vidal ( l’inconnue), ne peut plus rester la grande muette ; et il est une autre voix dont on ne comprendrait pas qu’elle ne  se manifeste pas , M. Cedric Villani.
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jeudi 7 décembre 2017

Glyphosate : la raison l’emporte en Europe, la démagogie en France

Etude épidémiologique : pas de confirmation de caractère  cancérigène du Glyphosate

Alors que l’Union européenne doit décider, le 27 novembre, du sort du glyphosate, le Journal of the National Cancer Institute (JNCI) publie quelques jours avant  dans sa dernière édition les données d’une grande recherche épidémiologique visant à mettre en évidence les effets des pesticides sur les travailleurs agricoles. Il s’agit de la plus grande étude épidémiologique à ce jour sur ce sujet. Débutée dans les années 90, l'Agricultural Health Study a suivi plus de 50.000 agriculteurs et épandeurs américains en Iowa et en Caroline du Nord et dont 80% utilisaient du glyphosate. Près de 6.000 cas de cancer ont été observés au cours de ce suivi. Verdict de l'analyse : le glyphosate n'est pas significativement associé à une augmentation du risque de cancer, quelle que soit sa localisation. Toutefois, parmi les épandeurs qui ont été le plus exposés au glyphosate, les chercheurs constatent un risque accru de leucémie aiguë myéloïde par rapport aux autres utilisateurs, qui augmente avec la durée d'exposition et devient statistiquement significatif au-delà de 20 ans.

En 2005 déjà, les premiers résultats issus de l'étude prospective Agricultural Health Study, incluant des hommes et des femmes suivis sur plusieurs années, ne montraient déjà pas d'association statistiquement significative entre l'utilisation du glyphosate et le risque de cancer à l'exception d'un risqué augmenté mais non significatif de myélome multiple. Luc Multigner, médecin épidémiologiste à l'Inserm et spécialiste de l'effet des substances chimiques environnementales sur la santé commente, dans Science et Avenir  : " Peut-être que dans un avenir proche, ce suivi montrera un risque plus important mais ma conviction est qu'il sera modeste si cela était le cas ».
C’était plutôt une bonne nouvelle qui invitait à relativiser les déclarations d’un CIRC (Centre International de Recherche) sur le caractère cancérogène probable ( et seulement probable) du glyphosate spécialisé dans les alertes tonitruantes  confirmait ce que le Ministre M. Hulot reconnaissait déjà, à savoir que le glyphosate est certainement le plus efficace et le moins toxique des herbicides.

Le glyphosate est toxique : il rend fou…les écolos et les éditorialistes

Il est curieux, mais pas inattendu, que cette bonne nouvelle ait déclenché une véritable hystérie chez les écologistes fanatiques. Stéphane Foucart, dans Le Monde, d’habitude beaucoup mieux inspiré tenta d’expliquer  que l‘étude était douteuse puisque le glyphosate était tellement répandu qu’il était impossible de déterminer des groupes exposés et non exposés. Cette notion curieuse n’a pas eu grand succès mais Le Monde, suivit d’un certain nombre de journaux, dénonça alors un scandale incroyable : le rapport d’expertise de l’agence européenne, sous-traité aux allemands, reprenait des passages complets des études menées par Monsanto. Ben oui, si les industriels font des études, autant qu’elles servent à quelque chose, et je ne vois pas pour quels motifs elles ne devraient pas être prises en considération – si elles sont mal faites ou insuffisantes, que les autorités publiques le disent
Autre remarque, précisément en matière de cancer ; c’est la reproductibilité et la qualité  des résultats publiés par les laboratoires publics qui est maintenant davantage sujet à caution, puisque moins du tiers d’entre elles peuvent être reproduite ; les raison : pressions à la publication intégrité scientifique en baisse…

Commentant la décision finale européenne de prolonger l’autorisation du glyphosate pour cinq ans (au lieu de 10 ans comme initialement envisagé et de trois ans comme le souhaitait MM. Macron et Hulot, Marianne (1er décembre 2017)  rajoute plusieurs couches. C’est « une humiliation pour la France » ( enfin pour la démagogie de ses dirigeants, pas pour les agriculteurs ni la plupart des scientifiques) ! Le « Parlement européen est bafoué » (Quelle est sa compétence scientifique ?). « Où est la rigueur scientifique lorsque les experts recopient les travaux de Monsanto « ? ( Ben davantage dans les travaux de Monsanto que dans bien des équipes universitaires ou organes internationaux en manque de publicité et de crédits). » Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert a affiché une position notoirement alignée sur celle de l’agrobusiness » (tiens donc, les agriculteurs, pourtant les premiers et à vrai dire les seuls exposés ne seraient pas d’accord pour l’interdiction ?). « La ministre de la santé, Mme Agnès Buzyn, cancérologue professionnelle, n’a pas daigné mobiliser ses homologues ? » (Ben justement, elle sait peut-être de quoi elle parle…)

Tiens, au fond ils ont raison, le glyphosate est dangereux, il rend fou.

Les alternatives au Glyphosate Un rapport pas très encourageant

Donc finalement le glyphosate reconduit pour cinq ans, fureur écologiste et  Macron cédant à la démagogie écologiste (curieusement, Hulot apparait presque modéré) pour annoncer qu’en France ce sera trois ans (difficile à faire, la FNSEA se chargera de lui expliquer) et le ministre de l’agriculture et le premier ministre disant trois ans, sauf si pas d’alternatives meilleures d’ici là.
Et des alternatives justement, un rapport de l’INRA (Usages et alternatives au glyphosate) sort au bon moment La bonne presse (Le Monde, …) triomphe. Sauf que les conclusions sont rien moins qu’encourageantes : « Sortir du glyphosate en particulier, des pesticides en général, passe et passera par des changements profonds ». Les solutions : désherbage mécanique et travail superficiel du sol, labour, couverts intermédiaires et gel hivernal ou hachage. Bref peu enthousiasmantes.  Impossibilité d’alternative pour l‘agriculture de conservation, pour les terrains difficiles, pour la production des semences, pour celles des légumes de frais et de conserve, la culture du lin, celle des fruits à coquescerise sur le gateau l’INRA prévient : utilisation ciblée d’autres herbicides homologués (mais qui peuvent avoir des profils tox/écotox plus défavorables que celui du glyphosate), pourra être nécessaire pendant une période de transition ( de combien ?)

Et ceci encore : « L’évaluation du surcoût économique est délicate… l’impact économique sera d’autant plus marqué que la diversification des cultures est faible, qu’il n’y a pas d’élevage, que le secteur concerné touche des marchés très concurrentiels au sein de l’Union Européenne. C’est-à-dire qu’on est en France dans le cas le plus défavorable ! : Les principaux blocages peuvent être de nature biotechnique ou résulter de notre trajectoire agricole ayant conduit i) à des exploitations de grande taille, ayant peu recours à la main d’œuvre, ii) à la spécialisation des territoires qui limitent les utilisations alternatives des terres et favorisent la sélection d’une flore adventice difficile, iii) à des standards de marché et des cahiers des charges ».

« La réflexion sur la transition vers la sortie du glyphosate doit donc se faire sur une échelle de temps qui prend en compte la mise en œuvre de ces techniques alternatives. ». Compte-tenu de la tonalité du rapport, à vue de nez,  c’est bien  plus de dix ans !
Bon autrement dit, si des journalistes et commentateurs ont trouvé ce rapport encourageant, moi, je veux bien, mais c’est tout de même le lire de manière assez curieuse.
Finalement, la seule solution, celle  du Président Mao, l’envoi massif à la campagne des écologistes pour désherber, sarcler etc. Why not ?

Face aux  professionnels de l’intimidation

On peut s’étonner du silence général d’une communauté scientifique et des experts et des  professionnels. Mais c’est qu’il y a  un lobby de gens  fanatisé, rétrograde, idéologues de l’anti-science, persuadés de lutter pour le bien contre le mal et les méchants, et devenus des professionnels de l’intimidation bien relayés par des medias qui ont renoncé à tout travail d’éducation, à toute liberté d’exposition, de discussion, d’appréciation. Un lobby grassement subventionné et devenus des professionnels de l‘intimidation.

Contre ces professionnels de l’intimidation et de la désinformation, il faudra réagir. Cela ne pourra se faire que par un effort de transparence et de discussion accrues : par exemple, (une solution que ne refuserait pas Stéphane Foucart) : comme en matière de santé, la publication obligatoire  de toutes les études de toxicité et d’écotoxicité menées par les industriels, soit dans des publications scientifique, soit dépôt  obligatoire auprès des agences réglementaires des données et d’un résumé.

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samedi 25 novembre 2017

La politique énergétique-6- l’indépendance nationale bradée

Au nom de qui et quoi sacrifions- nous notre héritage et nos avantages compétitifs ?

Extrait de La France dans le Noir, Hervé Machenaud, les Belles Lettres : « A l’époque des grands politiques visionnaires, la France a construit le parc de production d’électricité le plus économique et le plus efficace d’Europe, insensible aux variations des prix des matières premières, et n’émettant aucun gaz à effet de serre. Ella a dans un gigantesque effort pour cette époque créé un outil industriel pour en assurer le succès et la pérennité. Au nom de quoi et de qui les gouvernements actuels accompagnent-ils sa destruction ? »
« Les services publics, l’industrie, les services, qui représentent près des deux tiers de la consommation de l’électricité en France, réclament une énergie régulière, à un prix stable et garanti à long terme. L’impact du coût de l’énergie est considérable sur l’économie, l’emploi et le niveau de vie. »

Fin 2011 , les prix de l’électricité des autres pays européens, étaient en moyenne 50% plus élevés qu’en France (+70 euros/MWh), ceux de l’Allemagne deux fois plus élevés (+110 eur/MWh). Cela représente pour un ménage français une économie d’environ trois cents à  trois cent cinquante euros par ans par rapport à un ménage européen équivalent et cinq cents à cinq cent cinquante euros  par rapport à un ménage allemand. Dans le Pacte pour la Compétitivité de l’industrie française remis au Premier Linsitre le 5 novembre 2012, Louis Gallois écrit : «  Le prix de l’énergie électrique pour l’industrie est relativement bas en France, et représente un avantage qu’il est primordial de préserver. … Le faible coût de l’énergie comparé aux autres pays européens, est un atout pour l’industrie française, Il fait partie des éléments qui  qui soutiennent la marge des entreprises et donc leur capacité à investir. .. Dans la transition énergétique qui s’engage, il est essentiel que cet atout, lié au développement de la filière électrique, ne soit pas perdu. Ce sont des centaines de milliers d’emploi que cet avantage contribue à pérenniser. »

« Le nucléaire assure, à la fois, l’indépendance nationale et la stabilité des coûts de production sur le très long terme. Entre 1973 et 2010le taux d’indépendance énergétique de la France est passé de 24% (dont 14% dus aux énergies fossiles locales qui ont disparu depuis), à 51% grâce au nucléaire. Ce taux d’indépendance énergétique est de 20% pour l’Espagne, et l’Italie, et s’il est de 40% pour l’Allemagne, c’est grâce à ses abondantes ressources nationales de charbon lignite à partir desquelles près de la moitié de l’électricité allemande est produite  (source OCDE 2016) »
Et rappelons que le nucléaire constitue un avantage imbattable pour la France en matière de lutte contre le réchauffement climatique : Emissions de CO2 par type d’énergie en kg équivalent par TEP (tonne équivalent pétrole) :Charbon : 1125 , Diesel Fuel : 860 ; Pétrole Essence : 830,  Charbon propre supercritique 670 ; Gaz naturel 650 ; Photovoltaïque 310 ; Eolien : 32 , nucléaire 19…

Et il n’y a pas que l’électricité, dont il est même étrange qu‘elle mobilise à ce point à elle seule, pour son malheur, les ardeurs de la secte libérale et des écologistes irresponsables. Olivier Appert 5ème forum européen de l’énergie , 10 mai 2016 : « Alors que l’électricité ne représente que 20% de notre consommation totale d’énergie, elle a occupé 95% des interventions. Serait-ce parce qu’on ne sait pas résoudre les problèmes posés par les 80% restants ? Où et quand parlerons- nous des 95.5% de l’énergie primaire consommée : chauffage, transport et industrie ? »

Conclusion de l’auteur de la France dans le Noir : « Le temps de l’industrie n’est ni celui de la politique, ni celui de des jeux videos. Encore moins celui des idéologies ; Ce sont les industriels qui porteront la responsabilité de ne pas avoir alerté les politiques, d’avoir mis en œuvre leurs politiques, sans les avoir mis en garde contre leurs conséquences. La dépendance politique descend toute la chaine du pouvoir jusque dans les organismes de recherche et développement. Ainsi se forme le grand consensus de l’air du temps »

Passons donc à deux nouvelles récentes concernant le gaz et le pétrole

Gaz : Le gouvernement met en péril la sécurité d’approvisionnement de la France

Communiqué de la CFE_CGC à propos de la société Gazocéan : ENGIE vient de confirmer la cession de ses activités amont du GNL incluant la filiale Gazocéan chargée du transport du gaz naturel par méthanier. En cédant ces activités, ENGIE rompt une partie de ses engagements de service public, qui le lient pourtant à l’Etat par un contrat de service public signé le 6 novembre 2015. ENGIE s’assoit donc également sur le code de l’énergie. Or, cette décision ne peut être prise sans l’accord de l’Etat qui démontre une nouvelle fois son absence de vision stratégique au lieu de ne se préoccuper que des dividendes perçus. En effet, dans le cadre de ses obligations de service public, les engagements d’ENGIE sont clairs. ENGIE doit notamment  « … conserver un portefeuille d’approvisionnement diversifié en gaz naturel, notamment sous forme liquéfiée, fondé sur : …une capacité de production [de gaz] propre… »  « …[faire] en sorte de maintenir la diversification géographique de ses approvisionnements destinés au marché français et de conforter sa couverture contre les aléas relatif à la fourniture… [l’] obligation de détenir des capacités d’acheminement jusqu’à la frontière française et d’avoir accès à plus de trois points d’accès au réseau français. » Ainsi, en mettant en vente ses capacités d’approvisionnement de GNL, ENGIE, avec le consentement de l’Etat, met très clairement en risque la sécurité d’approvisionnement énergétique de la France.

Pétrole : après Schlumberger, Technip, la CGC (Compagnie générale de géophysique)

Une « pépite » technologique française vieille de 86 ans joue sa survie. Les actionnaires du groupe parapétrolier CGG devaient se prononcer, mardi 31 octobre en assemblée générale, sur le plan de sauvetage présenté par la direction. Faute d’accord ou même de quorum, le groupe pourrait être placé en redressement judiciaire. Près de 6 000 emplois, dont 1 600 en France, et un patrimoine en géosciences accumulé au fil des décennies sont en jeu.
Depuis plus de trois ans, la société d’équipements et d’acquisition de données sismiques se bat pour surmonter des difficultés largement dues à la baisse des prix du brut, qui a entraîné une forte réduction des investissements de compagnies pétrolières. La cession d’une grande partie de sa flotte, les coupes claires dans ses effectifs (50 %) et une augmentation de capital de 350 millions, début 2016, n’ont fait qu’assurer une fragile survie sur un marché atone.
Au terme de l’assemblée générale, ce sont des hedge funds, des fonds spéculatifs, anglo-saxons qui seront bel et bien maîtres à bord de CGG. L’Etat n’a pu que sauver les meubles en obtenant des engagements pour la sauvegarde des emplois en France jusqu’à fin 2019 et des centres de décision dans l’Hexagone jusqu’à fin 2022.
Il n’y a qu’à croire, l’avenir de CGG est écrit e il est bien sombre . A noter que dans ce type de cas,  la CFDT joue les idiots utiles :  « c’est « un moindre mal » et il n’y avait guère d’autre choix que cette dilution de l’actionnaire public pour sauver la société », tandis que les oppositions les plus fortes viennent généralement de la CGT et, fait plus nouveau, de la CFE -CGC, convergence inattendue mais qui signe un vrai intérêt et une vraie inquiétude commune pour l’industrie française
Reste que en moins de deux ans , une grande partie du patrimoine parapétrolier français est passé sous pavillon étranger à la faveur d’un tsunami de consolidation dont la France sort toujours perdante. Ainsi Schlumberger, fleuron de la prospection pétrolière passé sous le contrôle de Cameron – tiens, ça sonne comme une défaite ! Technip ; autre fleuron, passé sous le contrôle de l’américain FMC technologie, au mépris de certains engagements,- ainsi la direction générale est maintenant installée au Texas. Comme le note Le Monde du31 octobre 2017, M. Macron, alors ministre de l’économie, n’avait rien trouvé à redire à ce passage de Technip sous pavillon américain et plus grave encore, fin 2024, il n’avait pas du tout soutenu un rachat de CGG par Technip.

La secte libérale au pouvoir brade l’industrie française


Tout cela est bien inquiétant et montre qu’au plus haut niveau de l’Etat, il n’ y aucune politique économique, mais seulement financière, aucun intérêt pour ‘industrie , mais seulement pour la finance, aucun souci de l’indépendance nationale, en trahison complète de la politique et de l’héritage gaullo mitterandien. Mais sans doute les beni oui oui de la libéralisation heureuse, les membres de la secte libérale croient-ils que la nationalité d’une entreprise, celle de ces centres principaux de décision et de recherche n’a aucune importqnce ? Cette innocence, pour rester dans l’euphémisme, est extrêmement inquiétante et dangereuse, surtout lorsqu’il s’agit d’énergie, la matière première de toute industrie et en fait, de toute prospérité.


vendredi 24 novembre 2017

Politique énergétique _5_ la grande escroquerie des énergies renouvelables

Extraits du remarquable livre de M. Hervé Machenaud, la France dans le Noir

Les énergies renouvelables sont les plus chères.

Pourquoi ? à cause d’un facteur souvent passé sous silence et rarement mentionné dans les présentations flatteuses des apôtres du renouvelable : leur disponibilité. Extrait :

« On appelle facteur de charge le rapport entre la production réelle sur une année et la production théorique pour un fonctionnement à pleine puissance, toute l’année. Le facteur de charge est de 75% pour le nucléaire, (arrêt pour maintenance et rechargement), 20 à 40% pour le thermique à flamme, entre 20 et 30% pour l’hydraulique,  entre 20 et 25% pour l’éolien,  autour de 15% pour le solaire. »
« Les ENR sont de tous les moyens de production le plus cher. L’éolien et le solaire sont  en Europe, de tous mes moyens de production ceux dont le coût est plus élevé, entre deux et dix fois plus que le nucléaire en France. Alors pourquoi tant d’intérêt ?  C’est une industrie  extrêmement profitable, (pas seulement pour les promoteurs des projets éoliens si ‘on en croit le SCPC 5Service Central de Prévention de la Corruption), qui vit de subventions massives  ( près de 50 milliards d’euros en 2015 en Europe dont 20 en Allemagne payés par les consommateurs  et d’autre part de sa priorité règlementaire d’accès au réseau, c’est-à-dire que  quand il y a du vent et du soleil,  c’est cette électricité qui est là consommée, obligeant les autres moyens à s’arrêter. L’éolien et le solaire venant se substituer de manière aléatoire au nucléaire, au charbon et au gaz, environ un quart du temps ceux-ci qui restent nécessaires pour couvrir la pointe sont arrêtés et doivent être amortis pour sur les trois quarts de temps restant,  augmentant à proportion leur coût de production…
Subventions massives, priorité d’accès au réseau, corruption, coût réel de production et factures qui s’envolent, tel est le paysagé économique de l’éolien et du  solaire. La priorité d’accès au réseau, avantage exorbitant et indu qui déséquilibre tout le marché (ou pseudo-marché de l’électricité) a ainsi pour conséquence que le solaire et l’éolien fortement subventionnés renchérissent le coût du nucléaire ! d’où de vraies absurdités « Pendant que l’Allemagne brule son lignite, l’éolien allemand déferle sur la France alors qu’il a été déjà payé par les contribuables allemands, cela balaye toute l’économie du secteur »

Enfumage généralisé sur les performances de l’éolien et du solaire. La Beauce n’est pas Abou Dhabi.

« Le cout de production de l’éolien et du solaire ne cesse de diminuer ? 2.6 C. euro/ kwh pour le solaire, record battu ! Oui, mais où à Abou Dhabi où naturellement il contribue à la couverture de la pointe ; 2.7 cEur/kwh dans le désert d’Atacama au Chili, où le niveau de radiation solaire est l’un des plus élevé au monde.  . On extrapole la réduction des couts de l’éolien qui seront bientôt compétitifs, mais alors pourquoi continue-t-on à les subventionner aussi massivement ? »
« Aussi faibles que soient les coûts atteints, cela ne changera pas le fait que la Beauce n’est pas le désert d’Atacama, et qu’en Europe, les ENR ne contribuent pas à la couverture de la pointe et ne sont utiles que couplés à des moyens de stockage dont on sait pas quand et à quel coût ils seront disponibles, et le cas échéant, à quel coût ? On peut comprendre que les spécialistes du secteur abondamment cités dans les journaux utilisent la baisse des coûts de production au Maroc, au Chili ou à Abu Dhabi, pour justifier des investissements dans des fermes solaires en France. Ils défendent leurs intérêts, mais quand ce sont des responsables politiques en principe dépositaires de l’intérêt général, on est  en droit de se poser certaines questions »
« Dans la note d’analyse du 15 août 2014 de France Stratégie,  Y-A-t-il une place pour l’hydrogène dans la transition énergétique, on peut lire, « Concernant une restitution finale sous forme d’électricité, la rentabilité semble hors d’atteinte à cause des limites imposées par le rendement de Carnot ».  L’Expérimentation en Corse d’une production solaire photovoltaïque avec une chaine hydrogène pour le stockage conduit à un coût de production de 8000 euro/ MWh ( deux cents fois le prix de cession du MWh par EDF à ses concurrents). ;Le troisième marché de l’hydrogène potentiellement important est celui de la mobilité, où l’hydrogène bénéficie actuellement d’un engouement médiatique sans rapport avec des perspectives réalistes d’avenir »


L’éolien ou le solaire domestique c’est pas sympa ! l’égalité des territoires et des abonnés remise en cause, ainsi que la sûreté du réseau et de l’approvisionnement

« Quelle  place pour l ‘énergie décentralisée ? On voit se développer l’économie énergétique des consommateurs individuels, mais aussi au niveau de résidences, d’écoquartiers ou de communes. …une note de France Stratégie intitulée « 2017/2027 Energie centralisé  ou décentralisée ? présente les courbes de consommation et de production en été et en hiver d’un particulier disposant d’un panneau photovoltaïque et note  «  Le particulier est censé résider en région PACA. On constate qu’en hiver la production locale par le panneau solaire  ne permet pas de couvrir la consommation et que la pointe du soir est entièrement assurée par le réseau centralisé. En été, la production photovoltaïque est très excédentaire et doit être évacuée par le réseau. En d’autres termes, le particulier vend son surplus d’électricité quand le réseau en a le moins besoin, et achète au prix moyen du KWh  l’électricité dont le coût de production est le plus élevé, puisqu’il aura fallu maintenir des moyens de production centralisé pour répondre à cette demande.

C’est là le changement de paradigme, c’est la capacité à répondre présent ce jour-là qui devient précieuse. Jusqu’alors, le service public français garantissait la continuité du service pour tous et l’égalité de traitement des consommateurs. Dans les mêmes conditions, tous les consommateurs bénéficiaient des mêmes offres et des mêmes tarifs quels que soient l‘heure ou le lieu de leur consommation. Cette péréquation tarifaire, comme pour le service postal, répond au principe même du service public. Elle prend en compte la variabilité d’accès et de desserte, et le maintien nécessaire de capacités disponibles pour le passage des pointes. Le prix du KWh était calculé et moyenné (péréqué) sur la base du coût global de la production nationale. Ainsi, jusqu’à ce jour, le consommateur paie ce qu’il consomme, c’est-à-dire la production d’électricité. Moins il consomme, moins il paie. S’il ne consomme qu’au moment des pointes, ce sont les autres consommateurs qui paient pour lui la disponibilité des moyens de production centralisés.

C’est ce modèle que remet en cause la production décentralisé d’énergies renouvelables, si elle devait s’étendre. Plus de péréquation, plus d’égalité de traitement des consommateurs, un risque réel de pannes et d’effondrement du réseau en périodes de pointe.  « Du fait que l’électricité n’est pas stockable, c’est donc la capacité et non plus la production qu’il va falloir payer à son juste prix. » explique M. Hervé Machenaud, qui propose alors « un service public de la capacité » qui teste à définir.

Une énergie antisociale

A qui profitent les milliards de subvention déversés sur  les énergies renouvelables ? A quels foyers est-il proposé d’installer des panneaux photovoltaïques sur leur toit et de décoratives batteries Tesla sur leurs murs. Quel pourcentage de la population peut investir une vingtaine de milliers d’euros à amortir sur quinze ans ? Evidemment, pas les milliers de foyers en situation de précarité, non plus que la grande majorité de la population urbaine. C’est portant eux qui auront à payer le surcoût de cette politique de gribouille. La transition énergétique qu’on nous propose, sous les apparences de modernisme progressiste et de protection des particuliers, contribue à accentuer l’injustice sociale et l’accaparement des richesses par une minorité nantie aux dépends d’une majorité qui s’appauvrit. Le comble est bien de voir les grands énergéticiens se faire concurrence auprès des propriétaires de pavillons pour être les premiers à leur installer les panneaux solaires de leur rêve. Qui est encore censé défendre l’intérêt général ?

Le nucléaire, champion du décarbonné !

La France accusée d’un coupable retard dans le développement des ENR, émet dix fois moins de gaz carbonique par KWh produit que la moyenne des pays européens, 30kwh contre 325. L’Allemagne,  notre guide et notre modèle en matière d’écologie, avec ses 49 GW d’éolien et ses 39GW de photovoltaïque,  soit près de 50% de ses faculté de production, l’Allemagne émet  cinq fois plus que la France, soit 500 g de CO2 par KWH produit, soit trente fois plus que la France, (Le problème, c’est les autres 50%...)

Contenu en CO2/ kwh produit : Charbon : 1125 , Diesel Fuel : 860 ; Pétrole Essence : 830,  Charbon propre supercritique 670 ; Gaz naturel 650 ; Photovoltaïque 310 ; Eolien : 32 , nucléaire 19 !



jeudi 23 novembre 2017

Politique énergétique_4_L’escroquerie de la voiture tout-électrique

Le défi industriel derrière le fantasme de la généralisation du véhicule électrique 

Suivons toujours La France dans le Noir de Hervé Machenaud (Les Belles Lettres), c’est un guide sûr. « A-t-on une idée du défi industriel derrière le fantasme de la généralisation du véhicule électrique ? A ce jour, une des technologies les plus avancées (à quel prix !) celle de Tesla permet avec une batterie de 500 kg ½ tonne, une autonomie de  500 kM ? Le temps de recharge est de 20 minutes à partir de bornes de fortes puissances (quelques centaines en France) ou quinze heures à partir d’une recharge domestique.

Comment imagine-t-on de généraliser la recharge à domicile ? Comment feront les gens qui habitent dans les immeubles des grandes villes et leur banlieue ? Ils auront tous un parking souterrain équipé, ou bien devront-ils trouver une place dans le rue devant une borne de stationnement ?  A supposer que tous les trottoirs de toutes les villes en soient pourvus, quel sera le pourcentage de voitures qui pourront être rechargés pendant plus de douze heures ? 
 Les pouvoirs publics visent 6 millions de véhicules électriques à l’horizon 2030. Cela pourrait représenter une augmentation de 30% de la demande de pointe. Le procès fait au chauffage électrique responsable en France de la demande de pointe sera-t-il fait dans dix ans aux véhicules électriques qui auront tous besoins d’être rechargés entre 19 heures et 7 heures du matin ? Il faut une certaine candeur et pas un grand sens des réalités pour diffuser l’idée à la mode que les six millions de voitures pourront se recharger sur des bornes intelligentes, elles-mêmes équipées de batteries  qui, chargées la journée, chargeront les véhicules la nuit. A-t-on idée du poids de la taille, du coût d’une telle batterie ? Dans chaque borne ? Sans parler de son propre temps de chargement ! »

Analyse coûts et bénéfices des véhicules électriques : le thermique toujours meilleur

Economie en CO2 ; ça dépend de la source de l’énergie électrique !

Or justement, le CGDD (Commissariat Général au Développement Durable) a publié cette année (2017) une « Analyse coûts et bénéfices des véhicules électriques ».

https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Analyse%20co%C3%BBts%20b%C3%A9n%C3%A9fices%20des%20v%C3%A9hicules%20%C3%A9lectriques.pdf

En ce qui concerne le bilan environnemental (suppression des émissions de polluants locaux en circulation liés à la combustion, moindre bruit et très faibles émissions de CO2),  la motorisation tout électrique permet de réduire sensiblement les coûts : suppression des émissions de polluants locaux en circulation liés à la combustion, moindre bruit (nul en milieu urbain très dense), et très faibles émissions de CO2 (liées à la production d’électricité qui sont faibles compte tenu du mix électrique français).

Sauf que ce gain environnemental de la motorisation électrique est. réduit par le coût environnemental de production de la batterie. Et surtout, la faiblesse des émissions en CO2 est intimement lié au mix électrique français et ses 70% de nucléaire dans la production électrique. Conséquence : le contenu CO2 moyen en France de l’électricité en 2013 est de 64 g de CO2 /kWh alors qu’il est de 486 g en Allemagne ( où l’on voit l’effet de l’abandonnement scandaleux du nucléaire allemand) et environ 270 au Royaume Uni, 290 en Italie, 220 en Espagne, 560 en Pologne.

Conséquence de la conséquence : en matière de CO2,  en usage mixte (c’est-à-dire non intensivement urbain) le véhicule électrique est plus performant que le véhicule thermique en France, mais pas   en Allemagne (330 g), au Royaume-Uni (270 g), en Italie (290 g) ou en Pologne (560 g). En 2020, le Véhiculé électrique  sera cependant plus performant que le véhicule thermique dans toutes les zones urbaines quel que soit le pays de l’UE. Mais, même en 2050, en usage mixte, le véhicule électrique  serait toujours moins performant que le thermique dans des pays comme l’Allemagne (240 g CO2/kWh), l’Italie (230 g) ou la Pologne (400 g).

Coût pour l’utilisateur

En ce qui concerne le coût pour l’utilisateur, pour un usage mixte, le véhicule thermique demeure plus avantageux que le véhicule électrique. Ainsi par exemple le surcoût socio-économique pour un VE en 2030 est de 7 000 euros sur la durée de vie de la voiture (et supérieur pour les autres technologies et/ou pour 2020). Ce résultat s’explique par le fait que la technologie électrique voit ses avantages compétitifs s’éroder du fait de vitesses plus élevées (hausse des consommations par rapport au milieu urbain) alors qu’au contraire le rendement du moteur des véhicules thermiques est optimal autour de 80 km/h3, et du moindre coût environnemental dans les zones moins peuplées. Ce phénomène est renforcé par une hypothèse de baisse annuelle de plus de 2 % des consommations des véhicules thermiques. Par ailleurs, pour rendre un service équivalent, le véhicule électrique considéré doit posséder une grosse batterie d’une capacité de 50 kWh correspondant à une autonomie plus importante (200 km). Cela implique davantage d’émissions de polluants et de Gaz  à Effet de Serre lors de la phase de fabrication.

Et ajoutons encore ceci : le Véhicule Electrique  est pénalisé par un investissement relatif à l’installation de bornes de recharge. Aux 7000 euros s’ajoutent  donc une prise à domicile pour un coût de 600 euros  et l’aménagement de places de parking avec borne à destination (travail, études, commerces…) pour un coût de 2 000 euros, soit un surcoût  total de l’ordre de 9 500 euros pour le Véhicule électrique, sur sa durée de vie.

 Et encore ces résultats sont très sensibles. Une hypothèse alternative de 8 500 km au lieu de 16.000 par an conduit à un surcoût pour le VE de plusieurs milliers d’euros. Moins on roule, moins le véhicule électrique et intéressant.



Mise en garde de Carlos Tavares . Merci Monsieur !

Au tsunami continu de la démagogie écologiste politique surmontant les hautes eaux de l’ignorance scientifique et technique s’ajoute l’irresponsabilité de certains industriels, prêts à tout pour faire leur cour aux pouvoirs politiques et pour empocher toute subvention bonne à prendre- en matière de voiture électrique se distingua Carlos Goshn, le multi patron paranoïaque  de Renault et Nissan. En revanche, son ex bras droit et maintenant patron de Peugeot, Carlos Tavares, se montra autrement plus critique à l’occasion du dernier salon de Francfort. Extraits rapportés par La Tribune 13 septembre 2017 :

« Les constructeurs ainsi que les autorités publiques auraient bien tort de faire de l'électromobilité l'alpha et l'oméga d'une automobile écologiquement vertueuse….Qui aujourd'hui est en train de se soucier de traiter de la question des mobilités propres dans leur globalité ? Quelles solutions pour la fabrication de batteries, le recyclage des batteries, l'exploitation mais également l'approvisionnement en terres rares, la nature de la production d'électricité... Etc »,
Estimant que « l'emballement autour de l'électromobilité risquait de revenir comme un boomerang au visage des citoyens, Carlos Tavares a ironiquement imaginé sa position s'il devait revenir dans dix ans avec l'électromobilité au banc des accusés, au même titre que les moteurs thermiques aujourd'hui » ( il était ironique ou inquiet ? l’inquiétude serait assez justifiée)

Carlos Tavares s’est aussi inquiété du fait que les subventions publiques sur l'électromobilité ne dureront pas éternellement, et qu’il en résultera un renchérissement du prix des voitures, (qui deviendront moins abordables pour beaucoup) et une concurrence chinoise accrue ( la Chine bénéficiant d’une géologie favorable pour la production des batteries »

Merci, M. Tavares, vous avez  plus fait pour la société que bien de vos confrères aux déclarations écologistes tonitruantes- pourvu qu’il y ait des subventions à toucher ! Cette remarque, toujours tirée de La France dans le noir, d’Hervé Machenaud , qui recoupe votre inquiétude : « Ce sont les industriels qui porteront la responsabilité de ne pas avoir alerté les politiques, d’avoir mis en œuvre leurs politiques, sans les avoir mis en garde contre leurs conséquences »

Le tout électrique en matière de voiture ? Une absurdité totale !

Bref, du point de vue écologique, économique, sociétal, la voiture tout électrique ne peut se justifier qu’en zone urbaine très dense, et encore à condition d’un programme extrêmement couteux d’équipement de recharge,  à condition même qu’il possible ( Mais ou mettra-t-on toutes les voitures à recharger à Paris la nuit ????)…. Et à condition de produire plus d’électricité décarbonnée, donc en particulier nucléaire…(parce que le soleil, la nuit ?). M. Hulot, on  vous met une dizaine d’EPR de plus ???

Le tout électrique en matière de voiture ? Une absurdité totale ! Lorsqu’enfin la  simple rationalité l’emportera, le thermique et les bio carburants- qu’il faudrait se résoudre enfin à produire en masse auront de beaux jours devant eux…