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vendredi 12 avril 2019

Il va vraiment falloir que les partisans de la laicité s’organisent !


Provocation et dénonciation organisées des islamistes

La responsable d'un magasin Etam dans le centre-ville de Montpellier a été "mise à pied à titre conservatoire" après des accusations de discrimination à l'embauche envers une femme voilée, annonce le groupe dans un communiqué publié mercredi 13 mars sur les réseaux sociaux.
La décision d'Etam fait suite à une vidéo diffusée mardi par une jeune femme sur Twitter dans laquelle elle explique s'être rendue dans ce magasin pour proposer sa candidature spontanée à un poste de vendeuse, ce à quoi la responsable lui aurait répondu, selon le récit qu'en fait la jeune femme : "Non mais c'est une blague, j'espère que vous n'êtes pas sérieuse ? Vous êtes voilée et vous me demandez un travail, en plus ça fait même pas deux jours, c'était la [journée des droits des femmes] !"

Moi j'étais tellement choquée que j'étais bloquée. Je ne savais pas quoi dire. Tout le monde me regardait. Tout le monde était choqué mais personne [n'a osé] parler. "Je la regarde et je lui dis : c'est quoi le rapport entre la [journée des droits des femmes], le voile et le travail ? poursuit-elle dans la vidéo qu'elle a postée sur les réseaux sociaux. Elle me dit : 'Déjà vous ne vous présentez pas comme ça dans mon magasin pour demander une embauche, vous devez enlever votre voile avant de rentrer. Et je suis désolée, mais moi je n'accepte pas les voilées'."
"J'avais les larmes aux yeux, parce que j'avais tellement la haine contre elle, témoigne-elle dans sa vidéo. Vous êtes une raciste : c'est tout ce que j'ai pu dire. (...) Et quand je lui ai dit ça, elle a rajouté 'Non, je ne suis pas raciste, je suis féministe'. Mais ça ce n'est pas du féminisme !"

La candidate dit être "bloquée" depuis cette expérience. "Je n'arrive même pas à aller dans d'autres magasins pour déposer ma candidature. (...) C'est ça être une femme voilée en France. Ce qui me tue, c'est qu'ils disent toujours Egalité, Fraternité, etc, mais il n'y a rien de ça. (...) Elle n'a même pas eu honte de dire ça devant ses clients. Je ne comprends pas". La jeune femme dit diffuser son histoire "pour montrer à quel point il est difficile de vivre, étudier, travailler en France avec un voile".

Le directeur général d'Etam a répondu à l'internaute sur Twitter dès mardi avant de publier un communiqué le lendemain soir, mercredi. En parallèle de la mise à pied à titre conservatoire de la responsable du magasin de Montpellier, Etam a aussi "déclenché un processus d'enquête interne pour déterminer les faits avec précision" et a"décidé de renouveler la sensibilisation de [ses] équipes, par une formation de [ses] responsables de magasin, à la question du recrutement tel qu'il doit se dérouler chez Etam".

Par ailleurs, la marque a contacté la jeune femme voilée et s'engage "à ce que sa candidature fasse l'objet d'un traitement équitable", rappelant que le recrutement dans l'entreprise se fait sur "la seule base des compétences et non de l'appartenance religieuse ou politique", mais précisant qu'elle demande à ses "employés en contact avec [ses] clients" de "respecter dans le cadre de leur fonction une totale neutralité dans leur expression comme dans leur apparence

Il faut vraiment être disons gentiment, un peu naïf, pour ne pas voir là, partout, dans le ton, dans les arguments, dans la mise en scène, dans la diffusion médiatique, dans la dénonciation publique, dans l’appel à l’émotion la stratégie habituelle de provocation des organisations intégristes musulmanes.

Comme le rappelle l’impeccable et courageuse Jeannette Bougrab dans une interview au Figaro « L'affaire du voile chez Etam montre notre faiblesse face à une minorité bruyante», il est quand même très, très, très étrange qu’une femme qui tient tant à porter en public un hijab pour obéir à la sourate 24 du Coran qui fonde l'obligation du port du voile: «Et dis aux croyantes qu'elles baissent leurs regards, et qu'elles gardent leur chasteté, et qu'elles ne montrent de leurs parures que ce qui en paraît.. » vienne solliciter un emploi chez Etam, pour vendre de la lingerie fine !!!
qui plus est pour une marque qui organise des défilés extravagants tentant d'égaler sa concurrente américaine Victoria Secrets dans des défilés pas désagréables, mais, disons, assez érotiquement chargés !

« c'est quoi le rapport entre la journée des droits des femmes et  le voile » !!!!

Commentaire de Jeannette Bougrab : « Aujourd'hui on apprend par sa famille que Nasrin Sotoudeh, prix Sakharof, avocate iranienne vient d'être condamnée à 38 années de prison et 149 coups de fouet pour avoir notamment défendu des femmes qui ont retiré leur voile en pleine rue. Je pense qu'il y a une forme d'indécence de la part de ceux qui se murent dans un silence coupable refusant de défendre les femmes qui sont torturées dans des geôles en Iran ou en Arabie Saoudite pour avoir refusé de porter ce maudit voile » . En effet !

Enfin, soyons clair la loi française pose que « dans les services publics, les agents sont astreints à une obligation de neutralité. Cette jeune femme ne pourrait pas être employée dans une administration. Quant au secteur privé, depuis la décision de la Cour de cassation rendue en assemblée plénière le 25 juin 2014, les choses sont claires. Si la Cour affirme que le principe de laïcité n'a pas vocation à s'appliquer dans une entreprise privée dès lors que celle-ci ne gère pas un service public, elle admet qu'un employeur puisse restreindre cette liberté en raison de la nature de la tâche à accomplir par l'employé ». On peut tout de même imaginer que le vente de string soit peu compatible avec le port du Hijab, et Etam était particulièrement fondé à refuser la candidature d’une musulmane voilée.

Ce sont évidemment ces lois et jugements que vise à remettre en cause la provocation de Montpellier.

« Le voile est le signe de cette volonté hégémonique des intégristes musulmans d'imposer leur monde…La mise à pied de cette salariée à la suite d'une campagne calomnieuse et violente montre notre faiblesse face à une minorité bruyante qui aura toujours raison face à une majorité silencieuse. « 

Jeannette Bougrab a évidemment mille fois raison et il est temps que ceux quo sont attachés à la liberté, à la laïcité, à l’égalite des femmes et des hommes se mobilisent. Ils pourraient commencer par exemple à manifester leur désaccord avec la lâche décision de la direction d’Etam…

Nous sommes heureusement dans un pays où il y  a pas mal de choix en matière de lingerie fine !

Quant aux organes de presse qui reprennent sans réfléchir des titres tels que « Une étudiante voilée victime de discrimination dans une boutique Etam », on est aussi libre de consdérer qu’ils font très mal leur travail…

Menaces : Un élu parisien menacé de mort après un échange houleux avec Rachid Nekkaz

C'est une séquence de quelques minutes. D'un côté, Pierre Liscia, élu du 18e arrondissement de Paris (élu Les Républicains, né en Corse) et chroniqueur des Terriens du dimanche !. De l'autre, Rachid Nekkaz, ancien candidat à l'élection présidentielle algérienne, connu en France notamment pour avoir payé les amendes des femmes qui portaient un niqab dans la rue. L'ambiance tendue entre les deux hommes a eu des conséquences très concrètes pour Pierre Liscia après l'émission. Il a en effet été menacé de mort, victime de harcèlement sur les réseaux sociaux, explique le HuffPost.

Stéphane Simon, le producteur de l'émission, l'a révélé sur Twitter lundi soir. « Notre ami et chroniqueur @PierreLiscia #LTD est victime d'une inadmissible campagne d'intimidations et menacé de mort depuis dimanche soir. Nous le soutenons, comme nous soutenons sans réserve la liberté d'expression. »
Pierre Liscia confirme en effet être dépassé par la quantité de messages qu'il reçoit sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, Twitter et Instagram, insultes et menaces s'accumulent à une vitesse incroyable. « Depuis dimanche, ces messages d'insultes et ces menaces ne s'arrêtent pas, c'est un à deux messages par minute, essentiellement sur Facebook, et par message privé Messenger. J'ai aussi été forcé de passer mon compte Instagram en privé. » Ce mercredi matin, Pierre Liscia publie sur son compte Twitter une courte vidéo dans laquelle il fait défiler des dizaines de messages d'insulte qu'il a reçus en privé. Au total, il avance en avoir reçu entre 20 000 en français et en arabe.
Face à cette situation, l'élu parisien n'hésite pas à soupçonner un mouvement concerté des comités de soutien du candidat à la présidentielle algérienne. Il a décidé d'aller déposer une plainte pour menaces de mort. Il a reçu le soutien de Pierre-Yves Bournazel, candidat à la Mairie de Paris, mais aussi Zineb El Rhazoui, ancienne journaliste de Charlie Hebdo, menacée de mort fin 2018 après ses propos sur l'islam.

Pour mémoire : Charlie Hebdo, 7 janvier 2015 : Cabu, (76 ans) dessinateur ; Charb, (47 ans) dessinateur et directeur de la publication ; Tignous, (57 ans) dessinateur ; Honoré, (73 ans) dessinateur ; Wolinski, (80 ans) dessinateur ; Bernard Maris, (68 ans) économiste et chroniqueur ; Mustapha Ourrad, (60 ans) correcteur ; Elsa Cayat, (54 ans) psychanalyste et chroniqueuse ; Frédéric Boisseau, (42 ans), employé de la société Sodexo,  Michel Renaud,  (69 ans) invité de la rédaction, Franck Brinsolaro, officier du service de la protection chargé de la protection personnelle de Charb, Ahmed Merabet, (40 ans), gardien de la paix

Laïcs de tous bords, de gauche, de droite, défenseurs de la liberté d’expression, d’exposition, de discussion, d’appréciation (qui n’est pas la liberté de menacer ou de calomnier),   défenseurs de la liberté de pensée, il est temps et plus que temps de faire corps et de ne plus rien laisser passer

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dimanche 7 avril 2019

Jours de colères –Avril 2019

Jours de colères –Avril 2019

Disons-le, cette présidence continue à me plonger dans une rage continue. Compte-rendu mensuel

Geneviève Legay : cynisme et mensonges

Une manifestante âgée de 73 ans, Geneviève Legay a été grièvement blessée à Nice le samedi 23 mars, lors d’une manifestation des gilets jaunes, acte 23.  Cette militante d’Attac bien connue localement souffre de fractures au crâne et aux côtes, après avoir chuté violemment contre une borne.

Déclaration du procureur : Mme Legay n’a « eu aucun contact avec les forces de sécurité… On ne voit pas qui la pousse. Si ce n’est que ce n’est pas un agent de sécurité, qui sont  reconnaissables. C’est quelqu’un qui était devant elle, j’en connais trois », avait-il répété lundi. Il avait aussi laissé planer le doute sur l’identité de la personne qui aurait pu la pousser, citant notamment « un cameraman » et « un homme avec une casquette marron ».

Déclaration de Macron : « Cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre », dans un entretien au quotidien Nice-Matin. « Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci »…

On connait son manque total d’empathie qui ne fait que se confirmer et sa propension à donner des leçons à tort et à travers. Ici, en plus, il y a mensonge, mensonge, mensonge et insulte, mensonge ety manipulation.

Après une semaine d’enquête où Mediapart a joué son rôle :

1)  Le Monde, le service CheckNews de Libération, l’Agence France-Presse et Arrêt sur Images ont  analysé les images à leur disposition et ont conclu qu’un policier était sorti du cordon au début de la charge et avait volontairement poussé Mme Legay, entraînant sa chute puis ses blessures.

2) Le garde du corps d'un journaliste a également relaté le moment de la chute de Geneviève Legay à Mediapart : «Nous étions à deux mètres d’elle comme je l'ai expliqué aux policiers lors de mon audition. Geneviève Legay était comme nous en première ligne, personne ne l’a séparée des policiers qui ont chargé brutalement. Je n’ai pas vu lorsqu'elle est tombée. Je suis moi-même tombé et j’ai entraîné avec moi le caméraman pour le protéger. Quand je me suis relevé, j’ai vu qu’elle était à terre avec du sang qui coulait de sa bouche.»

Rappelons que selon tous les témoins, manifestants ou pas, la manifestation était totalement pacifique et calme, et que rien ne justifiait une charge policière, surtout aussi violente.

3) Un autre témoin contacté par Mediapart, Thibault Huart, secouriste de rue, a expliqué : «Geneviève Legay a reçu un coup de bouclier au visage et s’est effondrée à ce moment-là. J’étais à un ou deux mètres d’elle avant et pendant la charge des policiers. Elle a bien reçu un coup des forces de police au visage, ce qui l’a fait tomber. Ensuite j’ai dû m’occuper d’un journaliste et je ne l’ai retrouvée que lorsqu'elle était à terre. J’ai voulu l’aider mais des policiers m’ont empêché de le faire.»

Donc la police a empêché les premiers secours pour Mme Legay

4) Les filles de la victime relatent l’intrusion de policiers dans la chambre d’hôpital de leur mère le samedi même, alors que cette dernière était toujours choquée et en état de faiblesse, pour tenter de lui « faire dire que c’était un cameraman qui l’avait bousculée, et pas les forces de l’ordre ». Ils sont ensuite revenus deux fois le dimanche, pour les mêmes raisons.

Alors là le tableau est complet. Cette présidence ne peut qu’entrainer un vomissement généralisé de tout ce que le pays compte encore d’honnêtes gens, de droite, de gauche, et même du centre….

Muriel Penicaud, mensonge, cynisme, fake news

Annoncé trompettes sonnantes (et aussi flutiaux) par la ministre des ordonnances  travail Muriel Pénicaud : un chômeur sur cinq toucherait une allocation supérieure à son salaire antérieur.

Patatras et boule de gomme : « Le débat sur la réforme de l’assurance-chômage vient de connaître un rebondissement très intrigant. A l’origine de ce nouvel épisode, une note de quatre pages rendue publique, mercredi 27 mars, par l’Unedic, l’association paritaire qui pilote le dispositif d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Ce document remet en cause l’un des arguments-clés de l’exécutif pour transformer le régime : il s’agit de l’idée selon laquelle 20 % des chômeurs bénéficieraient d’une allocation supérieure à leur salaire mensuel moyen, perçu avant de s’inscrire à Pôle Emploi…. D’après l’Unedic, ce sont surtout les personnes ayant travaillé  moins de 25 % de l’année précédant leur ouverture de droit » qui ont touché une prestation supérieure à leur salaire antérieur. Or, elles sont peu nombreuses : 4 %, au total, soit un pourcentage très éloigné de celui évoqué par Mme Pénicaud.

La présidente CFDT de l’UNEDIC, Patricia Ferrand a exprimé son scepticisme lors d’une conférence de presse. Interrogée sur les 20% de chômeurs dont l’allocation excèderait leurs revenus d’activités mensuels moyens, elle a répondu : on ne sait pas du tout comment cela a été calculé…. ». « Les chifrres du gouvernement tenaient de la communication politique, dans l’optique de faire baisser les droits des demandeurs d’emploi. Nous, on avait dit depuis le début qu’ils étaient faux et l’étude de l’Unedic en fait la démonstration (Michel Beaugas, FO)

 Eric Le Jaouen, le vice-président Medef a fait chorus : « on aurait besoin d’un appui technique sur ce chiffre parce que ce n’est pas du tout ce que l’on constate dans notre position de gestion de l’assurance chômage…  Que c’est gentiment dit !

Constat du Monde : « Les écarts significatifs qui existent entre la note de l’Unedic et les constats de Pole Emploi ont de quoi laisser perplexe.  Comment parvenir  un diagnostic partagé sur l’assurance chômage, si des chiffrages disparates circulent ? »… Que c’est gentiment dit !

Pas 20%, 4% et au fait, des gens, dont le revenu qui sont à peine au-dessus du RSA…

Mensonge, cynisme, ignorance, idéologie indécrottable : Tiens, au fait, où en est la loi sur les Fake News ?

Yassine Bellatar, l’autre copain de Macron

L’ « humoriste » Yassine Belattar soutient Emmanuel Macron en 2017. Selon Wikipedia,  Yassine Belattar et le président Emmanuel Macron entretiennent des relations proches ; Yassine Belattar le considère comme un « frère » et est figure parmi les visiteurs du soir  de l'Elysée.

En mars 2018, Emmanuel Macron le nomme membre de l'instance du Conseil présidentiel des villes, animé par Anne de Bayser, secrétaire générale adjointe de l'Elysée, qui vise à prendre des mesures pour les quartiers difficiles. Ce comité, composé de 25 membres qualifiés par Emmanuel Macron de « vraies gens des quartiers », a été placé en concurrence avec les élus de la République que sont les maires et les spécialistes reconnus de la politique de la ville lors de son intronisation le 22 mai 2018. Le rôle de Yassine Belattar dans l'enterrement d'un rapport sur le sujet par Jean-Louis Borloo en mai de la même année a par ailleurs été critiqué.
Yassine Bellatar, c’est en quelque sorte le conseiller privé  banlieue de Macron. Ajoutons qu’il est connu pour avoir déclaré : « Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas un homme de slogan. Je ne choisis pas mes deuils. Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas Nice, je suis Français et tout ça fait que je suis toujours en deuil quand il y a un malheur sur le territoire français » ou encore pour avoir comparé les djihadistes français prisonniers en Irak et en Syrie à des enfants qui « foutent le bordel à un anniversaire ». Ou encore qu’il n’a rien trouvé à redire à cette curieuse présidente de l’UNEF qui porte ostensiblement le voile.

L’hebdomadaire Marianne a ainsi intitulé un article  titré « Yassine Belattar, faux clown et vrai danger ». C’était assez prémonitoire. Début avril 2019 Yassine Belattar, visé par une plainte d'un ancien collaborateur d'une émission satirique, les Guignols de l'info, a été mis en examen (inculpé) jeudi à Paris, notamment pour «menaces de mort» et «harcèlement moral» sur des personnes du monde du spectacle, a appris l'AFP auprès de son avocate et de source judiciaire. Le comédien, devenu aussi polémiste à la télévision, a été mis en examen pour «menaces de mort, menaces de crimes réitérés, envois réitérés de messages malveillants et harcèlement moral» dans le cadre d'une information judiciaire ouverte jeudi par le parquet de Paris de ces mêmes chefs, selon la source judiciaire.

Selon le site d'information «Mediapart», l'enquête préliminaire avait aussi permis de recueillir des témoignages de personnes du monde du spectacle dénonçant «des comportements humiliants ou menaçants». «Quatre personnes ont décrit sur procès verbal des menaces directes, une demi-douzaine de personnes au bas mot ont évoqué des relations professionnelles difficiles et deux jeunes femmes ont raconté des conversations dérivant vers des sous-entendus ou des allusions sexuelles alors qu'elles étaient à la recherche de travail», écrit Mediapart qui dit enquêter depuis fin 2017 sur cette affaire.

Décidément après Benalla, après l’affaire du doigt d’honneur à Saint Martin, ça se confirme ! Macron a une certaine fascination pour les racailles de banlieue.

La jurisprudence Besson : le conseil d’Etat sévit !

Philippe Besson, également scénariste, est l'auteur d'une vingtaine de romans dont l'un, intitulé Un personnage de roman, narre la conquête de l'Élysée par Emmanuel Macron, dont il a suivi la campagne en tant que témoin privilégié. Il est l’ami du couple Macron et avait très envie d’être nommé Consul à Los Angelès.

Ben oui, mais c’est bête : ces postes sont dévolus au personnel sous statut des agents diplomatiques !

Qu’à cela ne tienne, à Jupiter (qui rend fous ceux qu’il veut perdre)-Macron, rien d’impossible. Donc il prend un décret en aout 2018 (tiens, pas une ordonnance, bon, bon) qui d’un seul coup, d’un seul permet au gouvernement de  nommer les titulaires de 22 postes de consul…

La voie de Los Angeles s’ouvre tout droit pour le très cher Philippe Besson.  La CFDT  réagit à la publication de ce décret par un communiqué : « Une réforme au service d'intérêts particuliers ?"  Emmanuel Macron lui, avait déclaré sans vergogne : « Il n'y a chez moi aucun copinage pour services rendus ».

Bref mars 19 : le Conseil d’Etat annule le décret d'août 2018, qui permettait au gouvernement de nommer les titulaires de 22 postes de consul, et par là même, la nomination de Philippe Besson.

LA, ce sera pour plus tard/.    

Le progrès ne tombe pas du ciel… certes non, surtout par macronisme fort

Le progrès ne tombe pas du ciel, titre d’un ouvrage de deux baby Macron, Ismaël Emelien, ancien conseiller spécial d'Emmanuel Macron, et David Amiel, économiste et ancien conseiller élyséen démissionnaires pour cause de lassitude ( et un peu d’affaire Benalla ?) . Un manifeste progressiste parait-il.

Interview à la grande matinale de France Inter et …accablante impression d’arrogance, d’immaturité et d’ignorance. Citation : « Nous, on veut transformer les corps intermédiaires en associations intermédiaires. Les syndicats devraient passer moins de temps à interpeller l'État et plus à changer la société. Pour interpeller l'État, les citoyens n'ont plus besoin d'eux. Ils n'ont pas besoin de la CGT pour organiser une manifestation »

De la part de ceux qui avec les ordonnances travail ont mené la pire des politiques de régression sociale jamais effectuée, c’est quand même assez fort ! Visiblement ils n’ont pas pris l’option histoire du travail, à Sciences PO ( elle existe ?)

Réaction de François Hommeril, secretaire générale de la ( CFE-CGC : « Rien à dire... là, je prends une leçon. 30 ans de syndicalisme et je n’avais jamais pensé à changer la société. Je vais prendre un peu de repos et réfléchir à la portée d’une telle fulgurance. Merci David. » @CFECGC


Eh ben, s’ils réussissent même à énerver la CFE-CGC….


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jeudi 4 avril 2019

Chers amis allemands (3) : le fardeau de l’euro



Selon le Centre de politique européenne, la France et l'Italie sont les pays qui, faute de réformes suffisantes, ont le plus pâti de l'adoption de l'euro. Chaque Français aurait perdu 56.000 euros sur la période 1999-2017. Et les grands gagnants seraient l'Allemagne et les Pays-Bas.

Selon cette étude intitulée du CEP intitulée «20 ans d'euro: perdants et gagnants, une enquête 
empirique», la monnaie unique aurait largement pris à certains pays ce qu'elle a apporté à d'autres, depuis son introduction.

Un gain de 23. 000 euros pour les Allemands, un appauvrissement de 56.000 euros par Français !

Selon le CEP, c'est bien l'Allemagne qui est le grand vainqueur de l'introduction de l'euro, avec 1893 milliards d'euros supplémentaires pour le PIB, sur la période 1999-2017, soit un gain de 23.116 euros par habitant. Les Néerlandais ont gagné presque autant (21.003 euros), et première surprise, les Grecs n'auraient pas pâti de l'euro (+190 euros par habitant depuis 2001). Invité à préciser ce résultat étrange, l'économiste du CEP Matthias Kullas a souligné auprès de Die Presse que concernant la Grèce, l'euro a en effet apporté un gain de prospérité au début, qui a été ensuite annihilé par la crise économique à partir de 2010. Concernant l'Allemagne, pas de surprise: le pays s'est appuyé sur la stabilité de l'euro, dans la continuité du Deutsche Mark, pour exporter ses produits de haute valeur ajoutée.

Commence ensuite la liste des perdants. Si l'Espagne et la Belgique n'ont pas trop vu baisser leur PIB par habitant (-5031 et -6370 euros), les Portugais ont plus fortement souffert de la monnaie unique (-40.604 euros par personne). Et les deux pays les plus négativement affectés sont la France et l'Italie, qui ont perdu respectivement 3591 et 4325 milliards d'euros sur 20 ans, soit 55.996 euros par Français et 73.605 euros par Italien. Le bilan global semble donc, à l'échelle de l'économie européenne, plutôt négatif.

En ce qui concerne les deux lanternes rouges du classement, le Centre de Politique Européenne mentionne l'importance d'un outil de politique économique mort avec l'adoption de l'euro: la dévaluation. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la France et l'Italie avaient en effet eu plusieurs fois recours à la dévaluation du franc et de la lire, pour soutenir leur compétitivité. Une pratique aux avantages et revers nombreux, utilisée pour la dernière fois en France en 1986, justement pour rééquilibrer la valeur du franc par rapport au mark allemand, et défendre les entreprises exportatrices. Depuis l'usage de la monnaie unique, les gouvernements des deux pays n'ont plus la possibilité de dévaluer, et selon le CEP, n'ont pas engagé les réformes qui leur auraient permis de rendre l'économique plus efficace, et de bénéficier de l'euro.

Bref selon le CEP, l’euro ça ne va pas ! et on ne peut pas lui donner tort (cf. http://vivrelarecherche.blogspot.com/search?q=probl%C3%A8mes+avec+l%27euro). 

Vu l’ampleur des dégâts, une solution pourrait être de  conseiller à la France de reprendre le contrôle de sa monnaie, et donc de précipiter la fin de la monnaie unique, de manière ordonnée. Mais le CEP s'inscrit dans la tradition de l'école de Fribourg, d'inspiration ordolibérale. Alors le think tank, à tous les pays, donne le même conseil : il faut faire des réformes  structurelles sur l'économie – traduisons : il faut faire tout comme les Allemands et obéir à leur diktat. Et le diktat le voilà, en ce qui concerne la France : « pour profiter de l'euro, la France doit suivre avec rigueur la voie de la réforme du président Macron»…Punkt

Tiens d’ailleurs, un truc que je comprends pas : si tous les pays deviennent exportateurs comme l’Allemagne, eh bien l’Allemagne perdra son excédent commercial record, hein ? Donc tout le monde ne peut pas faire comme l’Allemagne ; et d’ailleurs, tout le monde n’a pas envie de devenir allemand, ni d’être gouverné par les Allemands.

L’euro ne fonctionne pas !

Un gain de 23.000 euros pour les Allemands, un appauvrissement de 56.000 euros par Français ! Evidemment, le chiffre a choqué, alors l’étude a été mise en cause. Peu crédible, dit l'entourage du ministre français de l'Économie Bruno Le Maire à propos des résultats pour la France. « Une seule étude ne peut suffire à forger une opinion, d'autant plus que la méthode et les résultats peuvent prêter le flanc à la critique ». Les auteurs de l'étude ont en effet cherché à calculer quel aurait été le PIB entre 1999 et 2017 des pays qui ont adopté l'euro de longue date, si ces derniers avaient conservé leur monnaie nationale. La méthode retenue consiste à imaginer une évolution du PIB pour chaque pays, dans l'hypothèse où l'euro n'aurait pas existé. Les projections ont été réalisées en récréant virtuellement des trajectoires économiques à l'aide d'algorithmes, eux-mêmes basés sur les données de pays hors zone euro. Par exemple, le PIB fictif de la France sans euro a été établi en utilisant les données de l'Australie et du Royaume-Uni. C'est ce qu'on appelle "la méthode de contrôle synthétique ». Ca peut sembler un peu schématique mais le think tank précise que l'influence des évènements économiques indépendants est neutralisée.

Le chiffre peut être contesté, mais pas la réalité : l’euro fonctionne au profit exclusif des allemands et au détriment de tous les autres ! Et c’était évident dès le départ, cf par exemple la tribune de  Jean-Michel Naulot, membre du Collège de l'autorité des marchés financiers (AMF) de 2003 à 2013. http://l-arene-nue.blogspot.com/2015/03/leuro-en-crise-permanente-jusqua-quand.html ; Citations :

« Depuis l’origine, depuis sa conception même, l’euro est en crise. Dès le début des années quatre-vingt-dix, lorsque les autorités françaises décidèrent de défendre à tout prix la parité monétaire du franc avec le deutschemark pour préparer l’avènement de la monnaie unique, ce que l’on a appelé la politique du franc fort, la France a connu la crise. Tout au long de ces années, elle se tiendra à l’écart de la reprise économique mondiale. La politique de taux élevés pratiquée par la Banque de France cassera la croissance et, ce que l’on a tendance à oublier, fera exploser la dette publique. Pendant les années Bérégovoy - Balladur - Juppé (1992-1997), la croissance sera ainsi en moyenne de 1,5%, au lieu de 3,5% aux Etats-Unis, et la dette publique passera de 36% du PIB à 60%. Et pourtant, les premiers ministres de l’époque n’avaient pas la réputation d’être particulièrement dépensiers ! Le bond en avant de la dette publique française date de ces années-là. Lorsque la croissance n’est plus là, la dette augmente. La dette publique progressera à nouveau de manière spectaculaire dans la période récente en liaison avec les deux crises financières des subprimes et de l’euro (de 64% du PIB en 2007 à 95% en 2014). »

« Il faut tout faire, dès maintenant, pour que la zone euro ne soit plus le maillon faible de la croissance mondiale. L’arrivée d’une nouvelle crise financière, à échéance rapprochée, n’a en effet rien d’improbable »

« Le constat est clair : depuis sa création, l’euro n’a pas tenu ses promesses, ni en termes de prospérité, ni en termes de rapprochement des peuples. Il aurait fallu un miracle, celui du fédéralisme, pour qu’il en soit autrement. Depuis qu’existe la pensée économique, nous savons qu’une zone monétaire est indissociable de la souveraineté, Etat ou fédération. Sans cette condition, une zone monétaire ne peut fonctionner que de manière sous-optimale. Robert Mundell, Michel Aglietta et tant d’autres économistes avaient très bien montré avant l’arrivée de l’euro que sans transferts financiers massifs, sans une solidarité équivalente à celle qui existe entre l’Etat de New-York et celui de Californie, une zone monétaire se traduit par le renforcement des plus forts et l’affaiblissement des plus faibles. »

Eh oui : l’euro ne peut fonctionner sans transferts massifs, sans fédéralisation. Allons vers la fédéralisation répètent les perroquets de l’ultra libéralisme.  Oui, mais la fédéralisation, ça veut dire ceci : aux USA, lorsque la Louisiane  perd un euro, le système fédéral lui redonne 60 cents (en Europe, pour un euro perdu c’est un cent seulement selon Patrick Arthus). Donc la fédéralisation, ce seraient des transferts massifs, et plus que massifs de l’Allemagne vers l’Europe du sud et de l’est.
Croyez-vous que les Allemands l’accepteraient ? Non la seule chose qu’ils souhaitent, c’est de maintenir l’euro tel qu’il existe et tel qu’il leur profite énormément, au détriment des autres. Et quand ça ne sera plus tenable, lorsque tous les pays européens, sauf l’Allemagne en seront au point de la Grèce, eh bien ils ‘sen iront.

Alors, il faut tout changer ! Maintenant ! Et éventuellement s’en aller !



mardi 2 avril 2019

Le glyphosate et les procès de sorcières (2)


Glyphosate- études divergentes à qui faire confiance ?

En décembre 2017, la Commission Européenne a mis fin à deux ans de tergiversations chez les législateurs européens en autorisant l’utilisation du glyphosate pour 5 ans. L’autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA)  a estimé qu’elle ne disposait d’aucune preuve d’un éventuel caractère cancérogène. Pour davantage de sureté, la Commission Européenne a également demandé l’avis de l’Agence Européenne des produits chimiques (ECHA) , qui a également conclu à l’absence de preuve de danger du glyphosate. En mai 2016, un panel d'experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture et de l'Organisation mondiale de la santé a tranché de la même façon. L'Office fédéral suisse de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires et l'Office fédéral de l'agriculture ont observé le 30 juillet 2015 que « le CIRC ne disposait pas de nouvelles études reconnues au plan international pour sa décision de reclassifier le glyphosate comme carcinogène », et réitèré qu'ils « considèrent que les résidus de glyphosate provenant de l'utilisation de ce produit comme produit phytosanitaire sont inoffensifs pour la population ». Même position pour les agences canadiennes, australiennes, Etats-Uniennes…

Bref, la quasi totalité des agences de régulation dans le monde considèrent qu’il n’y a aucune preuve de toxicité ou de caractère cancérogène du glyphosate.

Une seule agence notable liée à l’ONU fait exception, le CIRC. En 2015, le CIRC a considéré le glyphosate comme « cancérigène probable, catégorie 2A)

La classification CIRC  - curieuse ?

Le CIRC a tout de même une curieuse méthode de classification. Le glyphosate se retrouve ainsi dans le même groupe  que le bromure de vinyle et les N methyl et ethyl nitrosourées, que tout chimiste classerait sans hésiter dans les cancérogènes certains. C’est que le CIRC estime ( et je trouve cela en l’espèce vraiment contestable) un risque global tenant compte de la cancérogénicité « intrinséque » et de l’exposition au produit de la population : ainsi s’explique que des produits fortement cancérigènes mais très peu utilisés se retrouvent dans la même catégorie qu’un produit extrêmement utilisé mais dont la cancérogénicité intrinsèque est non démontrée- comme le glyphosate.

Dans cette classification du CIRC, le glyphosate se retrouve finalement assez logiquement dans la même catégorie que la consommation de viande rouge  et le travail de nuit. Va-t-on pour autant interdire le travail de nuit ? Bien sûr que non ; simplement, on serait bien inspiré de mettre en place un meilleur suivi sanitaire des travailleurs de nuit.

Eh ben, pareil pour le glyphosate !

Une autre différence importante est que les agences de régulation telles l’EFSA se fonde sur les études réglementaires effectuées par les industriels que les agences exigent avant la mise sur le marché d’un phytosanitaire. Au contraire, le CIRC n’utilise que les publications universitaires.

Quelles études, pour faire quoi ?

Maintenant, à quoi faites-vous davantage confiance ? Aux tests réalisés par les industriels conformément aux exigences réglementaires ou aux tests décrit dans les publications universitaires et effectués par des chercheurs libres de tout conflit d’intérêt ?
Eh bien, choc des chocs, scandales des scandales,  abomination et pic et pic et colegram. Evidemment aux tests réglementaires pratiqués par les industriels ! Ils sont standardisés, calibrés, parfaitement reproductibles, leur interprétation est immédiate, leur pertinence quant aux effets biologiques certaine et universellement reconnue.
Les chercheurs eux testent des protocoles, nouveaux, originaux, que seuls de petites équipes maitrisent. Leur pertinence quant aux effets toxiques chez l’homme est incertaine, pas encore reconnue…. Ce n‘est pas un vain mot : les instances universitaires se trouvent confrontées à une très sérieuse crise de la reproductibilité.

Ainsi, précisément dans le domaine de la biologie du cancer, des chercheurs de Bayer et d’Amgen ont passé un an à tenter de reproduire des expériences critiques : pour les premiers, 21% seulement  de ces expériences ont pu être entièrement reproduites et 11% partiellement ; pour les seconds, seulement 11 expériences sur 53. Dans cette crise de la reproductibilité, il y a là une part intrinsèque à l’activité de recherche (surtout lorsqu‘elle utilise des matériaux biologiques de plus en plus complexes et artificiels), il y a aussi malheureusement une part due au publish or perish - la pression pour publier très vite très souvent-. Et enfin une part liée aux biais de publication, à la politique éditoriale : un article mettant en cause Monsanto trouvera plus facilement preneur qu’un article confirmant les résultats de ses chercheurs…

Il est donc quand même assez étrange que le CIRC ne prenne pas en compte les tests les plus validés  et les plus pertinents…

Est-ce à dire que les tests réglementaires auxquels sont soumis les industriels sont suffisants et que la recherche est inutile ? Bien sûr que non ! Ils fixent l’état des connaissances certaines à un instant donné. Les résultats de la recherche, lorsqu’ils seront certains, suffisamment reproductibles pour donner lieu à des protocoles précis et que leur pertinence biologique sera reconnue par consensus de la communauté des experts ont vocation à améliorer, compléter ou remplacer les tests existants.

Dans le cas des études de toxicité, en tout état de cause, l’affaire du glyphosate appelle certainement à des améliorations des process actuels, notamment en ce qui concerne la publication de toutes les études de toxicité et d’écotoxicité menées par les industriels, soit dans des publications scientifique, soit par dépôt  obligatoire auprès des agences réglementaires des données et d’un résumé.

Il faudrait aussi imposer des études sur les formes effectivement commercialisées et utilisées et non simplement sur les principes actifs purs, et tenir compte aussi des conditions réelles d’utilisation : le produit et le mode d’utilisation par un professionnel ne sont pas les mêmes que pour un jardinier amateur. Il vaut mieux éviter de confier une grue à un automobiliste lambda…

Reste aussi que pour le glyphosate, utilisé maintenant depuis plus de 40 ans,, nous pouvons disposer d’études épidémiologiques, avec, compte-tenu de sa popularité, des populations conséquentes d’utilisateurs et des durés suffisantes pour voir apparaitre d’éventuels cancers, même tardifs.

Les études épidémiologiques 

Débutée dans les années 90, l'Agricultural Health Study a suivi plus de 50.000 agriculteurs et épandeurs américains en Iowa et en Caroline du Nord et dont 80% utilisaient du glyphosate. Près de 6.000 cas de cancer ont été observés au cours de ce suivi. Verdict de l'analyse : le glyphosate n'est pas significativement associé à une augmentation du risque de cancer, quelle que soit sa localisation. Toutefois, parmi les épandeurs qui ont été le plus exposés au glyphosate, les chercheurs constatent un risque accru de leucémie aiguë myéloïde par rapport aux autres utilisateurs, qui augmente avec la durée d'exposition et devient statistiquement significatif au-delà de 20 ans.
En 2005 déjà, les premiers résultats issus de l'étude prospective Agricultural Health Study, incluant des hommes et des femmes suivis sur plusieurs années, ne montraient déjà pas d'association statistiquement significative entre l'utilisation du glyphosate et le risque de cancer à l'exception d'un risqué augmenté mais non significatif de myélome multiple.

En 2019, une meta analyse reprenant l’étude de l’AHS (Zhang et al. 2019, Mutation Research) a  sélectionné le groupe de participants avec une exposition la plus haute (niveaux et durées d’exposition importants, temps de latence important). Dans ces conditions, apparait une association statistique entre une exposition cumulée élevée aux formulations à base de glyphosate et un risque accru de +41% de lymphomes non-hodgkiniens (LNH). Il ne s’agit pas de faits nouveaux mais d’une réanalyse soutenue par le seul Dr Zhang, et non les autres  auteurs de l’article original qui ont travaillé sur les mêmes données. Sur la signification exacte et l’incertitude des chiffres obtenues après une telle sélection drastique dans l’étude originale (856 études exclues sur 866 !), alors là, c’est vraiment une discussion de spécialistes. (cf par exemple https://quoidansmonassiette.fr/analyse-critique-meta-analyse-zhang-2019-glyphosate-risque-lymphomes-non-hodgkiniens/

Le 18 mars 2019 paraissait dans l’International Journal of Epidemiology une étude menée sur des cohortes d’agriculteurs de France (cohorte AGRICAN), de Norvège et des États-Unis  montrant un risque accru de 36 % du lymphome non hodgkinien le plus fréquent, à savoir le lymphome diffus à grandes cellules B –il n’était pas significatif dans AGRICAN. Les chercheurs ont procédé à un effort de synthèse inédit, en exploitant les informations de trois grandes cohortes constituées en France, en Norvège et aux Etats-Unis, rassemblant ainsi les données de plus de 315 000 agriculteurs suivis en moyenne pendant plus de dix ans. Ils ont évalué l’exposition des fermiers à 33 pesticides différents selon une classification binaire. Trois substances sont pointées: deux insecticides, le terbuphos et la deltamethrine, et un herbicide, le glyphosate.

Les antiglyphosates ont relayé triomphalement ces études. En ce qui concerne la méta-étude du Dr Zhang, elle ne convainc pas grand monde parmi les spécialistes, et notamment n’a pas convaincu le CIRC de changer la classification du glyphosate en cancérigène certain. Les promoteurs de la seconde étude se sont eux-mêmes montré très prudents : comme ils n'ont pas évalué le degré d'exposition des agriculteurs, classant ces derniers en seulement deux catégories : «utilisateurs» et «non utilisateurs» ; ils indiquent en conséquence qu'il « est nécessaire de disposer de «données plus précises» sur cette question, avant de formuler des conclusions ».

En effet, plusieurs études ont montré avec certitude une augmentation des lymphomes non hodgkinien chez les agriculteurs (19% dans l’Agricultural Health Study (57000 agriculteurs, Iowa et Caroline du Nord entre 1993 et 1997). Elles ont abouti à un résultat : le lymphome non hodgkinien a été ajouté en juin 2015 à la liste des maladies professionnelles. L’implication de plusieurs pesticides a été clairement démontrée : lindane, insecticides carbamates, insecticides organo-phosphorés – ces derniers maintenant interdits en France et aux USA notamment. Prouver un effet propre du glyphosate suppose d’éliminer avec certitude l’exposition à ces molécules connues depuis longtemps comme toxiques…Pas facile dans des études rétrospectives…

Une certitude : il est temps enfin de suivre correctement l’état de santé des agriculteurs, et plus généralement, des salariés – et cela ne va pas dans le sens du démantèlement progressif de la médecine du travail sous les coups de boutoir continus des idéologues ultra-libéraux et des dernières décisions gouvernementales

Enfin le glyphosate serait impliqué dans l’explosion de maladies rénales chroniques observées dans les rizières, particulièrement au Sri Lanka vers 2015. Le nom donné à cette maladie (maladie rénale chronique d'étiologie incertaine, chronic kidney disease of uncertain etiology) montre le degré d’incertitude et jusqu’à présent rien ne permet d’y impliquer le glyphosate. La présence en forte concentration dans l’eau des rizières de métaux tels que le plomb, l'arsenic et surtout au cadmium fournissent des coupables potentiels bien plus convaincants, surtout que jusqu’à présent aucune étude n’a laissé entrevoir un lien entre glyphosate et pathologie rénale. Peut-être aurait-il pu jouer un rôle adjuvant en complexant ces métaux ?

En tout état de cause, cette maladie rénale chronique d'étiologie incertaine a été signalée à de multiples endroits au cours du siècle dernier, beaucoup de cas étant antérieurs à la découverte et à l'utilisation du glyphosate (1974).

Après l‘avoir interdit, le gouvernement Sri Lankais a réautorisé le glyphosate en 2019.

Les « pisseurs involontaires ». Du glyphosate dans les urines ?

Depuis la très contestable émission d’Elise Lucet sur le glyphosate, où un certain nombre de personnalités s’étaient fait tester pour la présence de glyphosate dans leurs urines et montraient leur affolement devant un résultat qui ne donnait ni valeurs, ni incertitudes,  (pauvre Julie Gayet, c’est honteux de la paniquer comme ça !), le mode des pisseurs involontaires de glyphosates s’est étendue et du glyphosate, on en trouve partout et chez tout le monde à des taux ahurissants !

Bah c’est quand même très très très très  étrange. Le glyphosate est un produit phosphaté très simple qui se dégrade rapidement en AMPA, un phosphate omniprésent dans la nature… et qui provient aussi des phosphates utilisés dans les lessives. Certains esprits critiques en ont conclu un peu rapidement que « les pisseurs de glyphosates étaient en fait des pisseurs de lessive ».

Oui, mais non. C’était peut-être le cas avec les tests plus anciens mesurant indifféremment  la présence de glyphosate et d’AMPA dans l’eau, et montrant une forte corrélation avec l’introduction de certaines lessives, mais les tests urinaires utilisent des anticorps anti glyphosate et ne sont pas sensibles à l’AMPA. Les sites de Counterchecking se sont fait une joie de le faire remarquer, traitant les douteurs de suppôts de Monsanto. Mais ce qu’ils n’ont pas dit, c’est que ces tests ont été validés pour mesurer le glyphosate dans l’eau, et pas dans l’urine, où des molécules phosphatées naturelles variées  sont présentes en quantité importantes et peuvent peut-être interférer avec le test.

C’est aussi étrange compte-tenu de la faible rémanence du glyphosate, qui ne fait vraiment un produit miraculeux : le glyphosate fut un des premiers herbicides permettant de semer directement après usage et sans effet sur la culture suivante ; l'effet désherbant apparaît uniquement en cas de pulvérisation sur les feuilles de la plante. La possibilité de planter vite juste après un désherbage efficace était une vraie rupture à l'époque de sa mise sur le marché.

Devant des résultats aussi étonnants, il convient certainement de mettre d’abord en cause le test. Lorsque dans un appareil d’optique vous voyez un ciel gris alors qu’en le regardant vous le voyez d’un bleu superbe, il faut peut-être revoir les réglages…

Les décisions judicaires : inadmissibles procès de sorcières

Le groupe de produits phytosanitaires Bayer-Monsanto a perdu mercredi son deuxième procès lié au Roundup aux Etats-Unis. La justice américaine a donné raison au retraité Edwin Hardeman, estimant que Monsanto avait mis sur le marché un produit présentant « un défaut de conception ». Le point sur les nombreuses procédures en cours ou à venir. En août dernier, un premier procès a conclu que les herbicides de Monsanto avaient causé le lymphome non hodgkinien du jardinier Dewayne Johnson et n’avait pas suffisamment averti des risques. Le groupe de produits phyto a été d’abord condamné à verser 289 millions de dollars, une peine réduite ensuite à 78 millions.
Au terme du procès Hardeman, la condamnation s’élève à près de 81 millions de dollars. « Le verdict rendu dans ce procès n’a aucune conséquence sur les futurs procès et affaires, étant donné que chaque procès repose sur des faits et des circonstances légales qui lui sont propres », a réagi jeudi le groupe dans un communiqué. Dans les deux cas, Bayer a fait appel de la décision.
Dans son dernier rapport annuel, Bayer disait faire face, au 28 janvier dernier, à des procédures lancées par « approximativement 11 200 plaignants » exposés à des produits Monsanto à base de glyphosate aux Etats-Unis. Le groupe s’attend à faire face à d’autres procédures.

Compte-tenu de ce qui précède, je crois que la conclusion s’impose. Qu’est-ce qui permet aux juges d’aller au-delà des préconisations des agences de régulation ? Qu’est-ce qui leur permet d’affirmer la responsabilité du glyphosate dans les cancers des malheureux plaignants ? D’où tiennent-ils la compétence scientifique de trancher des débats à le place des experts ?
Oui ou non Monsanto s’est-il soumis aux législations en vigueur ? A-t-il (comme certains constructeurs automobiles…) triché sur ces tests ?
Non !
Disposait-il de données reconnues irréfutables pouvant impliquer le glyphosate dans des cancers ? Les a-t-il dissimilées ? Non !

La vérité est que Monsanto est victime d’un véritable procès de sorcières obscurantistes et rétrogrades qui lui reprochent moins le glyphosate (de nombreux pesticides dont la toxicité est bien prouvée ne suscitent pas autant de réactions…) que les cultures OGM (génétiquement modifiées)  résistantes au glyphosate, et d’avoir été un véritable précurseur dans un nouveau mode d’agriculture  qui risque fort d’être le seul à permettre de nourrir une population en augmentation. Et que certains juges, par ignorance, compassion ou lâcheté s’en sont fait les complices.

Aucune bonne justice ne peut être rendue contre les connaissances scientifiques, en l’état où elles sont. Que l’on y prenne garde ! Demain, le procès de sorcière contre Monsanto pourra s’étendre aux vaccins, aux médicaments, aux ondes électromagnétiques des linky par exemple….