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lundi 5 avril 2021

Brève chronique de quelques black-out

 Dédié aux tweets récurrents des fanas des ENR sur tel jour à telle heure, le pourcentage d’éolien et de solaire a dépassé un nombre mirifique

Australie du Sud,  30 sept. 2016,  panne géante, l’une des plus grande de l’époque moderne,  la totalité des habitants d'Australie-Méridionale privés d'électricité pendant plusieurs heures, après déjà plusieurs black out partiels ; 45%  d’éolien, un prix de l’électricité quadruplé. Le gouvernement travailliste perd les élections.

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/01/electricite-vers-le-grand-noir-le.html

Angleterre, 9 août 2019, 16 h 16. Le gestionnaire du système électrique britannique communique fièrement : Ce matin, la part de l’éolien dans le mix énergétique britannique atteignait près de 50 %, la proportion la plus élevée jamais enregistrée, Une demi-heure plus tard : black-out. Londres et le sud de l’Angleterre, du Lincolnshire, à l’est, aux Cornouailles, à l’ouest, sont touchés par une panne d’électricité géante ! plus de métros à Londres, dans les hôpitaux, on termine les opération à la lumière de téléphones portables


https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/trop-denr-black-out-assure.html

Le 21 avril/23 mars 2020, en plein crise COVID, la France a échappé  de justesse à un black out avec une fréquence descendue à  49, 8801 Hz à 10 heures et 10 secondes ! En cause, exactement ce qui était annoncé, la priorité sur le réseau des ENR et leur brusque variation. Idem pour l’Allemagne et  l’Angleterre , les gestionnaires de réseau s’étant trouvés à court de moyens permettant de conserver l’équilibre du système. Pendant cette période, la consommation avait baissé, ce qui avait permis d’analyser in vivo l’impact d’une proportion plus importante d’ENRi.

 https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/06/black-out-elisabeth-borne-et-francois.html

https://threadreaderapp.com/thread/1272219764421799937.html

 Californie, aout 2020 : Trop chaud ! : coupure brutale du réseau, les 33 % d’ENR par temps de canicule fournissent que dalle, pas assez de pilotables.


https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/08/canicule-covid-enr-et-nucleaires-qqs.htmlhttps://twitter.com/EricSartori3/status/1297067391009067008

France-Europe, 8 janvier 2021 : vers 14h, variation brutale de la fréquence électrique sur le réseau européen – l’Europe coupée d’urgence en 2 pour éviter un effondrement du réseau

Texas et Oklahoma, février 2021 : trop froid !  une tempête de froid, les ENR au tapis et le gaz censé suppléer aux ENR quand elles ne fonctionnent pas,  gelé. 4.5 millions privés d’électricité par grand froid, plusieurs dizaines de morts. (58?)




https://twitter.com/EricSartori3/status/1362158907871879172

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/rollink-black-out-blackout-tournants-au.html

Note de France Stratégie  : https://www.strategie.gouv.fr/publications/securite-dapprovisionnement-electrique-europe-horizon-2030: Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ? Une forte part d’ENRi dans le mix électrique augmente la probabilité de déstabilisation du réseau et en complexifie le pilotage.

 https://twitter.com/EricSartori3/status/1363974762779803654?s=19

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/note-de-france-strategie-quelle.html

La PPE et le 100% ENR encore moins, ça passera pas !

,En avant vers un futur brillant selon le Rac et NegaWatt !

jeudi 15 août 2019

Trop d’ENR, black out assuré!


Le vendredi noir londonien -9 août 2019

Allez, un peu de Schadenfreude !   

Vendredi 9 août, 16 h 16. Le gestionnaire du système électrique britannique communique fièrement : Ce matin, la part de l’éolien dans le mix énergétique britannique atteignait près de 50 %, la proportion la plus élevée jamais enregistrée, peut-on lire sur le compte Twitter du National Grid. Entre le soleil et le vent qui caractérisent la météo du jour, les énergies renouvelables assurent près des deux tiers de la production, précise l’hebdomadaire The Spectator.

Une demi-heure plus tard : black-out. Londres et le sud de l’Angleterre, du Lincolnshire, à l’est, aux Cornouailles, à l’ouest, sont touchés par une panne d’électricité géante !
Près d’un million de britanniques ont été privés de courant. King’s Cross à Londres, l’une des gares les plus fréquentées de Grande-Bretagne, a dû être évacuée, provoquant une véritable marée humaine en surface, pendant que des milliers de navetteurs se sont retrouvés coincés dans des trains bloqués. La panne a également affecté la circulation routière, mettant hors services des feux de signalisation à Londres, ainsi que très brièvement l’aéroport de Newcastle et, plus dramatique, l’hôpital d’ Ipswich, dont les générateurs de secours n’ont pas fonctionné, forçant les chirurgiens à terminer en catastrophe des opérations à la lueur de téléphones portables. Environ 300 000 personnes ont été touchées à Londres et dans le sud-est de l’Angleterre, selon UK Power Networks, et 500 000 autres dans les Midlands, le sud-ouest de l’Angleterre et le Pays de Galles, d’après Western Power Distribution. Dans le Yorkshire et le nord-est de l’Angleterre, ce sont 110 000 personnes qui ont été privées d’électricité, a indiqué Northern Powergrid, tandis qu’au moins 26 000 l’ont été dans le nord-ouest, d’après Electricity North West.

Donc, un vrai black out systémique provoqué par l’arrêt brutal simultané de deux installations, une centrale à gaz dans le Bedfordshire et une installation éolienne off-shore de la Mer du Nord.

Droit dans ses bottes, le National Grid (l’équivalent de notre RTE) a affirmé que « le système avait vraiment bien fonctionné », et que ce black out résultait d’une situation exceptionnelle due à la météo, ce qui a suscité l’ironie mais surtout la colère des Anglais.

Et il y a de quoi, car le National Grid se moque vraiment d’eux. D’abord, en période de fort vent, il n’ y a rien d’extraordinaire à ce qu’une ferme éolienne déclare forfait, ces petites bêtes étant extrêmement sensibles à la vitesse du vent, pas assez, ça fonctionne pas, trop, ça doit être débranché, sinon ça grille. Ensuite, et surtout , au cours du dernier trimestre, National grid avait déjà connu trois alertes majeures. La fréquence normale du réseau est de 50Hz et l’effondrement du  9 août s’est produit lorsque la fréquence est tombé à 48,88 Hz. Or, déjà en juin, après que la centrale à gaz de West Burton se soit arrêtée, la fréquence était tombée au seuol de décrochage de 49.5 Hz.  Autres incidents récents : le 9 mai, la fréquence de la grille est tombée à 49,55 Hz et le 11 juillet à 49,58 Hz.

Le black out du 9 août n’avait donc rien d’inattendu, le miracle aurait été qu’il ne se produise pas. Et des experts ont prévenu que les Anglais doivent s’attendre à ce que des incidents analogues se reproduisent de plus en plus souvent, la raison en étant la trop grande proportion de renouvelables, qui, par nature, ne sont pas pilotables, telles le solaire et surtout l’éolien (énergies dites fatales).
Au moins les Anglais peuvent-ils se dirent qu’à plus moyen terme, le problème sera réglé par la construction des EPR d’Hinkley Point, puisque eux ont eu le courage et le bon sens de faire construire de nouveaux réacteurs nucléaire. Un peu tardivement, apparemment, mais c’est mieux que d’autres…

Le ait qu’il est impossible de faire fonctionner un réseau électrique avec un pourcentage trop important de renouvelables non pilotables, assez évident, a pourtant été aussi démontré par l’Australie du Sud.

Australie-la foudre s'abat sur les énergies renouvelables

C’est ce titre assez drôle qu’ont utilisé nombre de journaux pour relater des événements qui ne le sont pas du tout, des pannes gravissimes à répétition qui ont provoqué un effondrement du réseau en Australie du Sud. Pas une fois, pas deux fois, trois fois !
L'Australie du Sud (capitale Adélaïde, 1,6 million d'habitants) a connu un premier  black-out général le 1er novembre 2015, suite à une panne de vent.  Le 30 sept. 2016,  panne géante, l’une des plus grande de l’époque moderne ; suite à un violent orage, la totalité des habitants d'Australie-Méridionale ont été privés d'électricité pendant plusieurs heures. Une nouvelle panne de vent a frappé l'Australie du Sud le premier décembre 2017 vers 22H et  200,000 foyers ont vu leur fourniture électrique coupée. Outre les dangers que cela représente, le coût de ces pannes est gigantesque ; ainsi, lors d’un incident en octobre 2016, les consommateurs d'électricité d'Australie du Sud ont été assommés par un surcoût de 4,5 millions de dollars pour une seule journée, pour stabiliser le réseau.

Pourquoi ? L'Australie du Sud est un des champions mondiaux des énergies renouvelables. Cet état dépend pour 45% de l'éolien, dont la production dispose d'une priorité et est subventionnée. Le reste de la production était assuré par des centrales classiques (charbon, fuel, gaz). Comme elles ne fonctionnent plus assez, elles ne sont plus rentables et ferment. Malheureusement, il semble difficile d'assurer la stabilité du système électrique avec des sources dont la production n'est pas contrôlable et au stade de plus de 40% d’énergie renouvelable, c’est mission impossible.

The Australian  (9octobre 2017) qualifiait le développement des éoliennes et panneaux photovoltaïques est la  « plus grande escroquerie mondiale ».

De fait le  bilan de ces énergies renouvelables à plus de 40% pour la fourniture d’électricité est catstrophique sur tous les plans : écologique, économique, social.

-  des régions entières plongées dans le noir à plusieurs reprises.  La stabilisation du réseau électrique est devenue un cauchemar.
- Le prix de l'électricité facturé aux particuliers a quadruplé et les consommateurs pauvres ne peuvent plus payer leurs factures. Les consommateurs d’énergie d'Australie du Sud avaient la dette moyenne d’électricité la plus élevée du pays. Ils étaient plus susceptibles qu'ailleurs en Australie d’être sur un programme d'aide aux nécessiteux et plus susceptibles d’avoir leur électricité coupée pour cause de non paiement.
- Les emplois verts ne sont pas au rendez-vous. Le nombre d’Australiens du Sud employées dans le secteur des énergies renouvelables a chuté ces dernières années. Le secteur de l'énergie solaire est le principal contributeur à cette baisse, après un pic à 2010 personnes employées en 2011-12 puis une chute à 470 l'an dernier. Les emplois créés le sont principalement en Chine, ou baissent lorsque les subventions diminuent.

Résultat des courses : une réaction du gouvernement face à l’opinion publique qui s’indigne : Et donc, l’Australie a relancé ses centrales à charbon, pour pouvoir équilibrer son réseau !!!!! et tant pis pour le climat. Ou les énergies renouvelables, ou le climat, il faut choisir !


Et avis aux dirigeants politiques :  Elections fédérales du  18 mai 2019. La coalition du Parti Libéral au pouvoir de Tony Morrisson était donnée perdante par tous les sondages qui prédisaient une large victoire du Travailliste Bill Shorten… qui a  finalement perdu.
La raison : Bill Shorten ambitionnait de faire de l’île une « superpuissance des énergies renouvelables… Les Australiens ont compris

Conclusion pour la France : En hiver, et maintenant en été, les pointes de consommations se font de plus en plus importantes et proches de la limite de production. Fermer Fessenheim, sur des critères, non pas de sécurité, mais politiques et démagogiques est déjà une gigantesque, périlleuse et coûteuse erreur, mais sur laquelle il parait maintenant difficile de revenir ! Alors, il faut construire 2,4,6 EPR ! 

Maintenant !




dimanche 27 octobre 2019

Un seul Fessenheim vous manque, et le réseau saute


Les scénarios inquiétants de RTE. Elisabeth Borne en mode panique

La fermeture de Fessenheim, rappelons-le, n’a été décidée que pour des motifs politiques, pour cause de complaisance envers les écolos les plus fanatiques et les plus rétrogrades (disons EELV, pour schématiser), ceux qui « périsse l’humanité pourvu que le nucléaire périsse avant ») et aux pressions de nos chers amis allemands, dignes du Reich.

Sauf que Fessenheim ne devait être fermé que lorsque Flamanville et son superbe EPR arriverait, ce qui permettait une soudure sans problème pour la production d’énergie renouvelable en France. Or, il faut bien l’avouer, il y a eu quelques problèmes et retards dans la construction du prototype Flamanville (rappelons que les deux EPR crachant tous leurs électrons de Taishan fonctionnent parfaitement (4 milliards d’euros par réacteur de 1660 MW, 10 ans de construction).

Sauf que par conséquent, soudure il n’y a pas eu, et que la très peu courageuse Elisabeth Borne (c’est sa fête ce mois-ci sur mon blog, mais elle le mérite bien cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/10/nucleaire-quand-elisabeth-passe-les.html) commence à paniquer devant les risques d’effondrement du réseau et de black out… dont elle sera légitimement tenue responsable. Donc elle a demandé en urgence un rapport au RTE. La logique scientifique étant ce qu’elle est, inflexible, elle n’a pas été déçue du voyage.

Extraits : « En novembre 2018, RTE avait estimé dans son Bilan prévisionnel de l’équilibre offre-demande d’électricité que les 5 dernières tranches au charbon en France (situées sur les sites de Cordemais, du Havre, de Gardanne et de Saint-Avold) pourraient être fermées d’ici à 2022 - comme s’y est engagé le gouvernement - « tout en conservant un niveau de sécurité d’approvisionnement équivalent à aujourd’hui ». Pour ce faire, les fermetures devraient être progressives : elles débuteraient mi-2020 avec l’arrêt de 2 réacteurs et concerneraient 2 autres tranches en 2021 et la dernière en 2022 »

« En janvier 2019, le ministère de la Transition écologique et solidaire a demandé à RTE de présenter des analyses complémentaires dans le cas de « configurations particulièrement dégradées », par exemple dans l'hypothèse de « décalages significatifs » de la mise en service de l’EPR de Flamanville (en 2023 ou 2024), de la centrale de Landivisiau (en 2022 ou 2023) ou de l’interconnexion Eleclink. Ces nouvelles analyses évaluent également l'impact potentiel pour le réseau électrique du projet de conversion à la biomasse des 2 tranches au charbon de la centrale de Cordemais (« Ecocombust ») »

« Dans les scénarios « les plus défavorables » (« non-réalisation cumulée de plusieurs des hypothèses principales du cas de base » de RTE), le critère de sécurité d’approvisionnement électrique en France - fixé par le code de l’énergie - « pourrait ne plus être respecté en 2022 ». Le gestionnaire de réseau précise toutefois que cette situation critique se limiterait à la période hivernale et serait « transitoire (au plus tard jusqu’en 2024) » avant la mise en service de nouveaux moyens de production .Parmi les différents facteurs défavorables étudiés, « c’est le report de l’EPR qui constituerait la situation la plus pénalisante pour le système français », indique RTE (la puissance du réacteur de 3e génération est de 1 650 MW). Dans le cas « où seule la centrale de Landivisiau ou l’interconnexion Eleclink avec le Royaume-Uni ferait défaut par rapport au cas de base », le déficit de puissance sur le réseau devrait « être relativisé par rapport à l’ensemble des incertitudes existant à l’horizon 2022 », indique RTE.

Parmi ces incertitudes figurent notamment l’évolution de la consommation en France, le développement du reste du système électrique européen ou encore le « placement et le positionnement des visites décennales » des réacteurs du parc nucléaire français
Commentaire : le scenario le plus défavorable, on y est avec 1)  la fermeture de Fessenheim avant la mise en service de l’EPR, 2) une évolution de la consommation en France minorée de façon délirante par la PPE, que le RTE n’ose remettre en doute, 3) l’échec total de l’energiewende en Allemagne et l’Angleterre, qui a réussi sa décarbonation de l’énergie électrique, mais au prix  d’une fragilité extrême du réseau qui a déjà conduit à des black out important à Londres (cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/trop-denr-black-out-assure.html). Nous ne pourrons donc pas compter sur nos voisins en cas de problème électrique
.
Et c’est pas pour le futur, on y est déjà : Afin d'éviter le risque de black-out, RTE a baissé le courant de 20 sites industriels énergivores le 7/10/2019.  Et surtout c'est la 2ème fois que ce dispositif d'urgence anti black-out est activé depuis sa création en 2011, la fois d'avt étant le 10/01/2019...! 11 octobre rebelote :  La réalité est que ce matin RTE a publié un manque d'offre pour passer la pointe de 7h a 13h la marge de sécurité requise en cas de panne d'un moyen de production n'est pas couverte, et comme de bien entendu la tendance de la prod éolienne est en baisse ce matin...

Donc Elisabeth Borne a raison de s’inquiéter, et la question n’est plus si un black out majeur risque de se produire en France, mais quand il se produira. Et c’est la conséquence logique de décisions prises par la même Elisabeth Borne, dans la lignée de ses prédécesseurs, et dont elle sera tenue pour responsable.

La situation actuelle résulte principalement de deux décisions : la libéralisation du marché de l’électricité qui, comme partout où elle a été mise en œuvre  (cf. Angleterre, Californie) a conduit à un manque criant d’investissement dans les moyens de productions et le réseau ; la fermeture anticipée de Fessenheim qui n’a aucune justification autre que démagogique.

Les causes du black out à venir : libéralisation du marché de l’électricité (loi Nome) et fermeture de Fessenheim

Loi Nome

Comme expérimenté ailleurs et parfaitement prévisible, la libéralisation du marché de l‘électricité a conduit à l’apparition d’acteurs parasitaires qui ne produisent rien et revendent avec un bon bénéfice le courant du nucléaire historique qu’EDF est obligé de leur céder à bas prix par le mécanisme dément de l’ARENH.

« En 2010, la loi NOME met en place l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique). Ce mécanisme permet aux nouveaux arrivants de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Le prix de l’Arenh fixé par l’État à 42 € n’a pas évolué depuis 2012. En 2018, les opérateurs alternatifs ont demandé plus de 100 TWh, soit le quart de la production nucléaire d’EDF, sans obtenir satisfaction compte tenu du plafonnement légal, ils n’ont obtenu que 75 % de l’électricité demandée à 42 €…. En 2007, lors de l’ouverture du marché à la concurrence, l’AFOC avait dénoncé le manque d’incitation à investir dans la production par les défenseurs de la concurrence à outrance. Elle avait alerté en disant que tout ceci aura des conséquences graves au regard de la sécurité d’approvisionnement qui est déjà fragilisée par le manque d’investissement… » (Communiqué FO- Energie).

Dans la grande tradition des décisions idéologiques (ici ultra libérales) – puisque ça ne marche pas, il faut continuer plus fort- le gouvernement avait décidé…d’augmenter le plafond de l’Arenh de 50 % pour les concurrents d’EDF puisse se gaver encore plus. Il semble qu’il soit en train de revenir sur cette mesure…

Fermeture de Fessenheim

Là-dessus, remarquable tribune de Maxence Cordier, l’un de ces jeunes ingénieurs (CEA, e crois) de plus en plus nombreux et actifs  qui en ont marre du nucléaire bashing et du nucléaire honteux (https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/fessenheim-symbole-de-notre-schizophrenie-face-a-lurgence-climatique-1140070?_lrsc=462ce07e-5171-48bb-922b-a06024da1f17) :

Avec la fermeture de la centrale de Fessenheim, la France va perdre l’an prochain 1.800 mégawatts de capacités électrogènes bas carbone. Cette décision politique aura des conséquences pour les émissions de gaz à effet de serre, la sécurité énergétique française et l’emploi dans le Haut-Rhin,
C’est confirmé, la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin)  fermera bien en 2020. EDF a adressé à l’Autorité de sûreté nucléaire et au gouvernement la demande d’abrogation de l’autorisation d’exploiter la centrale, ainsi que sa déclaration de mise à l’arrêt définitif. Il s’agit du dernier épisode d’un feuilleton entamé lors de la campagne présidentielle de 2012, lorsque le candidat François Hollande s’était engagé à plafonner les capacités de production électrique nucléaires et à fermer Fessenheim – un engagement repris par son successeur, Emmanuel Macron.
Alors que le gouvernement martèle son engagement pour le climat, on est en droit de s’interroger quant à l’adéquation entre les discours et les actes, au travers de cette décision.

Mauvaise opération pour le climat : Les deux réacteurs condamnés de Fessenheim ont une capacité de production électrique cumulée de 1.800 mégawatts (MW). Leur production sur une année est légèrement supérieure à celle de 2.800 éoliennes terrestres de 2 mégawatts (dont la production dépend du vent), soit davantage que le tiers du parc éolien français. En outre, cette production est pilotable : elle est disponible suivant les besoins et non pas quand il y a du vent ou que le soleil brille.
La production électrique nucléaire présente l’avantage d’être très faiblement carbonée : sur son cycle de vie – chaîne d’approvisionnement, infrastructures et exploitation des centrales – elle émet 6 grammes d’équivalent CO2 par kilowatt/heure (kWh) selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). La France et les pays limitrophes comptent encore de nombreuses centrales à gaz (500 grammes d'équivalent CO2/kWh) et à charbon (1.000 gCO2éq/kWh).

La fermeture de Fessenheim entraînera donc un surcroît d’émission de gaz à effet de serre compris entre 6 et 12 millions de tonnes équivalent CO2 par an, par rapport à la situation dans laquelle la centrale aurait été prolongée, du fait du recours aux centrales à gaz et charbon que sa prolongation aurait permis d’éviter. Cela correspond à une fourchette comprise entre 30 et 60 % des émissions de CO2 de la totalité de la production électrique nationale (20,4 millions de tonnes de CO2 en 2018 selon le Bilan électrique 2018 du Réseau de transport d'électricité (RTE).

Un projet alternatif peu convaincant : Dans le cadre du plan de reconversion du territoire de Fessenheim, le gouvernement a lancé début 2019 un appel d’offres pour l’installation dans le Haut-Rhin de 300 MW de panneaux photovoltaïques. Un observateur peu averti se dira peut-être que ça représente 17 % de la puissance de Fessenheim, ce qui n’est pas si mal, même si c’est insuffisant.
Cependant, les centrales nucléaires françaises ont un facteur de charge de 75 %. C’est-à-dire que l’énergie électrique fournie par les réacteurs sur une année équivaut à ce qu’ils auraient produit en fonctionnant en permanence à 75 % de puissance (ou 75% du temps à pleine puissance). Du fait de l’ensoleillement, le facteur de charge photovoltaïque dans la région Grand Est est de 13 % seulement, si l'on en croit le  Panorama de l’électricité renouvelable en 2018 du RTE.
Sur une année, les 300 MW de panneaux photovoltaïques produiront ainsi 35 fois moins d’électricité que la centrale de Fessenheim. Cela, sans compter le fait qu’une centrale nucléaire est pilotable et produit selon les besoins, même de nuit.

Menace sur l'emploi : On peut avoir tendance à l’oublier mais une centrale nucléaire est aussi une installation industrielle, comme un haut-fourneau, une aciérie ou une usine automobile. Elle emploie donc des gens et participe à l’activité économique de la région où elle est implantée. Dans le cas de Fessenheim, une analyse de l’Insee estime que «pour la région, l'existence de 1.900 emplois et les revenus de 5.000 personnes dépendent de la centrale». Même si le gouvernement soutient des projets alternatifs pour en limiter le contrecoup, l’arrêt de la centrale ne sera pas transparent pour les communautés locales.
Enfin, même s’il s’agit d’un problème bien plus vaste dont Fessenheim n’est qu’une petite composante, la plupart des pays européens ferment des capacités électrogènes pilotables – centrales nucléaires et à combustibles fossiles – sans se concerter et en comptant sur leur capacité à importer l’électricité qui leur est nécessaire en période de forte consommation. Les gestionnaires des réseaux électriques européens ne cessent d’alerter – sans succès – leurs gouvernements quant au risque croissant de coupure d’électricité majeure en Europe.
En reprenant à son compte l’engagement du président Hollande de fermer la centrale de Fessenheim, le gouvernement actuel fait preuve de schizophrénie entre un discours très clair sur l’urgence climatique, et des actions qui vont à l’encontre de la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre en France. Étant donné les enjeux vitaux portés par le changement climatique, ce manque de cohérence est grave.

Commentaire : pas mieux sauf quelques petits trucs à rajouter.

1) Fessenheim produit plus de 80% de l’électricité en Alsace, il ne faudra donc pas s’étonner (il ne faudra que Mme Borne s’étonne !) si un black out majeur se produit en Alsace, d’autant que c’est pas l’Allemagne avec son energiewende catastrophique qui pourra venir au secours des Alsaciens. (Dieu se rit de ceux qui chérissent les causes dont ils déplorent les effets, je ne pense que Mme Borne fasse rire les Alsaciens dans le futur).
2) L’électricité décarbonée de Fessenheim sera remplacée au mieux par du gaz, au pire par du charbon, français ou allemand.
3) Le surcroît d’émission de gaz à effet de serre dû à la fermeture anticipée et compris entre 6 et 12 millions de tonnes équivalent CO2 par an ; Fermer Fessenheim équivaut à autant de CO2 supplémentaire dans l'atmosphère que faire voler chaque jour 24 à 48  Airbus supplémentaires entre Paris et New York (en AR). Bravo les écolos !

En cas de black out majeur, Mme Elisabeth Borne aura du souci à se faire. Elle aura des responsabilités à assumer.


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samedi 20 février 2021

Note de France Stratégie : Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ?

 Le Texas et ses black out ( ou la Californie) sont-ils l’avenir de le France et de l’Europe ? Vous vous demandez comment le réseau électrique français et européen pourrait ne pas s’effondrer avec la baisse simultanée de l’électricité pilotable et  la montée des énergies renouvelables intermittentes ENRi dans tous les pays européens, et alors que tous les réseaux des différents pays ( RTE le premier) jurent que non, pas de problèmes, on accroitra les importations grâce aux interconnections ?

Et bien, France Stratégie l’a fait pour vous et y a répondu : ça ne passera pas !

Rapport : https://www.strategie.gouv.fr/publications/securite-dapprovisionnement-electrique-europe-horizon-2030

La demande en électricité va augmenter :

 « Après qu'à l'automne le gestionnaire de réseau a mis en garde sur de potentielles difficultés d'approvisionnement en électricité en cas de grand froid cet hiver, la question d’éventuelles défaillances des systèmes électriques en Europe et en particulier en France a été remise dans le débat alors qu’elle avait quasiment disparu des préoccupations du grand public. Dans la prochaine décennie, les nombreux arrêts de centrales pilotables, au charbon ou nucléaires, actuellement programmés et dont les conséquences concrètes semblent assez peu intégrées dans le débat public, pourraient renforcer l’importance de cette question.

Cette réflexion est d’autant plus nécessaire que l’électricité devrait satisfaire une part croissante des besoins en énergie. En France, les stratégies énergétiques et climatiques adoptées au printemps 2020 consacrent le rôle de l’électricité. Représentant près de 25 % de la demande finale aujourd’hui, elle devrait en satisfaire 54 % en 2050. L’Union européenne a­ffiche pour sa part un objectif de 50 % »

Commentaires :

1) Pour la France, RTE prévoit une très forte augmentation aussi en valeur remative, mais aussi en valeur absolue de la production électrique à 2035 (640 TWh) contre 548,6 TWh en 2018,  ce qui est tout à fait à l'opposé des certaines prévisions dont celles de l’Ademe et d’associations écologistes irresponsables.

2) France Stratégie fait allusion au  23 avril 2020 ;  en plein crise COVID, la France a échappé  de justesse à un black out avec une fréquence descendue à  49, 8801 Hz à 10 heures et 10 secondes ! En cause, exactement ce qui était annoncé, la priorité sur le réseau des ENR et leur brusque variation.

 Commentaire désinvolte du très politique président du réseau, François Brottes  dans une conférence de presse, le 11 juin : c’est « une sorte de nouveau sport » consistant à « éviter les surtensions » en raison du risque d'écroulement… Cette situation a amené quelques surprises car on n'avait jamais connu une telle profondeur". Le mot black out n’a pas été prononcé, mais c’est bien ce qui a failli se passer, en plein Covid ! Avec les hôpitaux fonctionnant à plus que flux tendu !...

Le 11 mai dernier, 30% de la consommation électrique assurée avec l'éolien. Ca n'est plus anecdotique».

Ben oui, c’est peut-être le problème : une part ENR intermittente essentiellement éolien, variant brutalement entre 30% et 1% ( moyenne 6%)

Comment caractérise-t-on la sécurité d’approvisionnement ?Des défaillances plus importantes

« RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (GRT) français, rappelle dans son bilan prévisionnel (BP) 20197 que, dans un tel système, le « mix électrique doit disposer d’assez de capacités pour assurer l’équilibre offre demande dans la plupart des situations […] telles que des vagues de froid, des avaries imprévues de moyens de production ou encore des épisodes de vent faible. Un critère statistique fixé par les pouvoirs publics définit le niveau de risque accepté par la collectivité en matière de déséquilibre entre l’offre et la demande ».

« En France, ce critère a été défini dans la PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie) d’avril 2020. Il correspond à une durée moyenne de défaillance de trois heures par an. Une défaillance s’entend comme le recours à des moyens exceptionnels pour assurer cet équilibre entre l’offre et la demande : interruption de la consommation de grands sites industriels, baisses de tension ou appel à des gestes volontaires des consommateurs. En dernier recours, RTE peut procéder à des coupures, momentanées, localisées et tournantes. »

« Les analyses (des GRT en particulier), réalisées sur la base de statistiques climatiques, montrent qu’avec la pénétration des énergies renouvelables intermittentes (ENRi) la nature des risques évolue pour le système électrique : la probabilité qu’une défaillance se produise diminue, mais avec une profondeur (puissance, en GW) et une durée qui augmentent très significativement, ces situations correspondant en général à des vagues de froid sans vent pouvant durer plusieurs jours. Les situations de tension pourront donc également survenir lors des creux de production, en particulier éolienne, et cela en toute saison et à toute heure de la journée. Ce que l’on nomme « paysage de défaillance » est donc susceptible d’évoluer dans les prochaines années, mettant à l’épreuve les solutions traditionnellement disponibles.

Commentaire : cf. Californie, été 2020, Texas hiver 2021 cf : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/rollink-black-out-blackout-tournants-au.html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/10/la-crise-de-lelectricite-en-californie.html)

« La transition énergétique en cours induit un changement  de paradigme et peut amener à faire évoluer la définition même de la sécurité d’approvisionnement, qui aujourd’hui repose sur un kWh livrable à tout moment, à tous et en tout lieu du territoire national. Face à la montée de la part des ENR intermittentes et à la lenteur des progrès sur le stockage de l’électricité, assurer la sécurité d’approvisionnement de tous pourrait impliquer de recourir beaucoup plus aux contrats permettant d’alléger la demande lorsque l’équilibre est menacé. »

Commentaire : avec l’ultra libéralisme assumé, ça veut dire fin du service public. Auront de l’électricité quand ils en auront besoin ceux qui pourront se la payer.

La fermeture programmée en Europe de capacités pilotables doit être mieux prise en compte pour garantir la sécurité d’approvisionnement avant 2030

Dans les prochaines années, la plupart des gouvernements européens envisagent de déclasser d’importantes capacités de production pilotable. D’ici à 2030-2035, Elia, le GRT belge, évalue dans l’édition de 2019 de son étude bi-annuelle13 que ce seront plus de 110 GW de puissance pilotable qui seront retirés du réseau européen. Ils se répartissent en 23 GW de nucléaire (dont environ 13 GW en France et 10 GW en Allemagne), 70 GW de charbon/lignite (dont environ 40 GW en Allemagne) et 10 GW de gaz ou fioul. En dehors de l’Allemagne et de la France qui totalisent près des deux tiers de ces déclassements se trouvent également la Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne.

Ce graphique montre que dès 2030 et vraisemblablement à une date plus rapprochée, si les tendances actuelles se maintiennent, les seuls moyens pilotables ne seront pas en mesure de satisfaire toutes les demandes de pointe moyennes »

Commentaire :  ben, on voit bien à la pointe, ça passe pas !

La France, l’Allemagne et la Belgique présentent les plus forts déficits de puissance pilotable

Pour l’ensemble des sept pays étudiés, si aucun moyen pilotable autre que ceux déjà prévus n’est ajouté au réseau pendant cette période et dans l’hypothèse où les objectifs de développement d’ENR sont respectés, les marges passent de +34 GW en 2020, à +16 GW en 2025 puis deviennent négatives à -7,5 GW en 2030 et -10 GW en 2035. Mais ces chiffres cachent des disparités entre l’Espagne, l’Italie et la Suisse d’une part, qui conservent des marges positives sur toute la période, et la France, l’Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni d’autre part, qui deviennent déficitaires dès avant 2025 pour certains.

À moyen terme, dans l’Hexagone, la fermeture des centrales à charbon est prévue au plus tard en 2022, la part du nucléaire dans  le mix électrique devrait passer d’environ 70 % aujourd’hui à 50 % en 2035, et la construction de centrales fonctionnant exclusivement aux énergies fossiles est désormais interdite

Les années 2020 et 2025 indiquent des marges légèrement positives, respectivement 1 et 1,7 GW, très proches des prévisions de RTE dans son bilan prévisionnel 2019, ce qui permet de valider le choix des facteurs d’abattement.

En 2030 et 2035, sans construction de nouveaux moyens pilotables, et dans l’hypothèse où les trajectoires de l’éolien et du photovoltaïque sont respectées, ces marges deviennent négatives à environ -5 GW et -9 GW.

Sans développement de flexibilités supplémentaires, notre pays devrait alors compter sur les importations, sachant qu’au niveau européen les marges sont également négatives, qu’il ne sera pas toujours possible de compter sur les importations pour boucler l’équilibre offre-demande, et, faut-il le rappeler, que tous les pays ne pourront pas importer en même temps100 % de leur capacité d’interconnexion.

Commentaire: ben, on voit bien, à la pointe, ça passe plus ! 

Le problème de la pointe et l’ampleur du risque.

Les « crédits de capacité » sont basés sur diverses publications scientifiques  : la disponibilité moyenne à la pointe retenue pour l’éolien terrestre est de 10 %, de 20 % pour l’éolien en mer qui est beaucoup plus régulier et de 2 % pour le solaire PV, les pointes de consommation ayant généralement lieu les soirs d’hiver mais de plus en plus souvent également le matin

L’application de ces critères ne garantit pas la sécurité d’approvisionnement dans toutes les situations. RTE, conformément aux dispositions réglementaires, mène ses études par rapport à un critère probabiliste fixé à une espérance de durée de défaillance de trois heures par an. Mais il a détecté plusieurs situations de « stress tests », en particulier une vague de froid longue (du type de celle de février 2012), des épisodes sans vent ayant occasionné une très faible production éolienne (début janvier 2017, le facteur de charge des parcs éoliens français a été ponctuellement de 1 %) ou l’indisponibilité simultanée et imprévue de plusieurs réacteurs nucléaires.

La notion d’« ampleur du risque » mérite par ailleurs réflexion car la relation entre la durée de défaillance et le déficit de puissance n’est pas linéaire. RTE annonce par exemple que « par ailleurs, certaines combinaisons d’aléas particulièrement défavorables conduisent à des durées de défaillance relativement élevées : il existe ainsi une chance sur vingt d’avoir près de trente heures de défaillance lors de l’hiver le plus contraint, en 2022-2023 ». Cet événement est certes rare (et correspond très vraisemblablement à une longue période froide et sans vent), mais ses conséquences sont potentiellement plus graves que dix défaillances de trois heures cumulées. Les études probabilistes de RTE pourraient être utilement complétées par des évaluations économiques des conséquences des aléas les plus extrêmes observés

Ben on voit bien que ça passe pas, sauf à imaginer que nos voisins qui font la même politique ( plutôt en pire d’ailleurs) soit capables d’exporter, alors que eux, au même moment, compte sur nous pour exporter chez eux. Il y a un problème non ?


L’essor des énergies renouvelables intermittentes doit se faire au rythme du développement de moyens d’équilibrage du système électrique

Les ENRi off­rent une puissance garantie réduite dans le cadre de leurs différentes transitions énergétiques, les pays européens se sont fixé des objectifs très ambitieux de développement de l’éolien (terrestre et maritime) et de solaire photovoltaïque (PV). Ainsi en 2030, près de 200 GW d’ENRi devraient être installés en Allemagne d’après la dernière loi EEG, et 75 GW en France, 20 GW en Belgique, 100 GW en Espagne, 70 GW en Italie, etc.

 France Stratégie a intégré les hypothèses des GRT européens dans la feuille de calcul publiée en annexe, que résume le graphique ci- dessous. Comme ce graphique l’illustre, les capacités installées en ENRi sont très importantes : avec environ 400 GW, elles devraient dépasser peu après 2025 celles des moyens conventionnels (grand hydraulique inclus).

Mais 1 GW d’ENRi n’est pas de même nature que 1 GW de puissance pilotable et sa participation lors des situations de tension du système électrique n’est pas garantie car elle dépend de la météorologie (température, présence ou non de soleil et surtout de vent). Dans son bilan prévisionnel 2019, RTE indique que l’éolien contribue à la pointe à un niveau équivalent à sa contribution moyenne sur l’année, mais signale que le minimum de production éolienne peut atteindre 1 % de la capacité installée ou encore que le passage des pointes de production s’effectue dans 90 % des cas par des moyens pilotables. »

Commentaire : des moyens pilotables  tant qu’on en a suffisamment !

L’Energiewende, c’est du vent et surtout du gaz !

La situation est similaire en Allemagne, où la sortie du nucléaire est prévue en 2022, et celle du charbon en 2038. À ce stade, les moyens destinés à les remplacer restent à déterminer Il est probable que les centrales au gaz y tiennent une place importante. Cela pose un double problème : environnemental, car elles émettent des gaz à effet de serre, et géopolitique, puisque cela entretient une dépendance au gaz, russe en particulier. Les tensions autour du projet Nord Stream II illustrent cet enjeu.

Alors que les marges sont positives de plus de 6 GW en 2020, le déficit de capacité de production garantie atteint -4 GW en 2025 et même avant, les dernières centrales nucléaires devant être arrêtées avant 2022 ainsi qu’environ 10 GW de centrales au charbon ( Ce déficit reste stable jusqu’en 2035, mais une certaine incertitude règne d’une part sur le nombre de centrales à gaz qui seront installées et  d’autre part sur la capacité de l’Allemagne à atteindre des objectifs de développement de l’éolien particulièrement ambitieux. En effet, une opposition de plus en plus grande s’est fait jour soit à la construction des machines, soit à celle des lignes à haute tension nécessaires pour acheminer le courant produit.

Commentaire : ben en Allemagne, ça passe pas non plus…C’est toujours pas eux qui pourront exporter chez nous ! Ni les Belges, ni probablement les Espagnols ou les Italiens. Les Martiens ? 




 


Une forte part d’ENRi dans le mix électrique augmente la probabilité de déstabilisation du réseau et en complexifie le pilotage

« De fortes proportions d’ENRi complexifient le pilotage des réseaux, comme l’a montré la première période de confinement. L’apparition de congestions de plus en plus fréquentes sur les réseaux, en particulier de distribution, oblige les GRT26 à faire du « redispatching » et à déconnecter sélectivement un certain nombre d’installations (« écrêtement »). Ces opérations sont d’autant plus complexes que les ENR ont priorité d’injection sur le réseau, sont très réparties sur le territoire et peuvent connaître des variations de production très rapides.

L’Observatoire Capgemini a rappelé dans son édition datée du 3 novembre 2020 que l’Allemagne et le Royaume-Uni ont subi pour ces raisons des quasi black-out respectivement les 21 avril et 23 mars 2020, en pleine crise de la Covid, les gestionnaires de réseau s’étant trouvés à court de moyens permettant de conserver l’équilibre du système. Pendant cette période, la consommation avait baissé, ce qui avait permis d’analyser in vivo l’impact d’une proportion plus importante d’ENRi. »

La Californie, eldorado en demi-teinte de la transition énergétique. l’été 2020 en particulier, des coupures d’électricité ont découlé d’un déficit de capacités de production par rapport à la demande. Entre 2010 et 2019, son parc de centrales conventionnelles est ainsi passé de 50 GW environ à 43 GW37, tandis que la demande de pointe est restée stable, peu flexible. 33 % de sa production d’électricité (hors grandes centrales hydroélectriques) est de source renouvelable.

Commentaire : effet démontré par la Grande Bretagne, la Californie, l’Allemagne, l’Australie… A plus de 30% d’ENR, ça devient très très risqué…

Conclusion : vaut mieux pas trop jouer avec l’électricité 

« Alors que l’électricité est un bien particulier, essentiel à la continuité de la vie de la Nation, la situation du système électrique réclame à moyen terme des mesures ambitieuses pour garantir un accès fiable et abordable à une électricité décarbonée. Les conséquences concrètes de la fermeture de centrales conventionnelles pilotables, fossiles ou nucléaires, au cours de la décennie qui vient semblent assez peu intégrées dans le débat public. D’autre part, des objectifs très ambitieux de développement d’énergies renouvelables ont été décidés, alors que les solutions en termes de pilotage et de maîtrise de la demande, de capacités de stockage et, plus généralement, de flexibilité et d’intégration au réseau restent actuellement insuffisamment développées. »

Commentaire  : 1),si on veut éviter des black out catastrophiques, sur la période jusqu’à 2035, on garde le maximum de nucléaire que l’on pourra garder sous respect de l’accord de l’autorité de sureté, et en particulier, il faut impérativement renoncer aux fermetures de centrales envisagées.

Et après, on renouvelle le nucléaire ( mais il faut commencer dès maintenant ! Plan Mesmer bis !)

Et juste pour rappeler que les black out, c’est pas fun , bougie et feu de cheminée !