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samedi 13 juillet 2019

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) juge le nucléaire nécessaire pour répondre au défi climatique


Il y a quand même quelque chose qui bouge dans le débat climatique, une évidence qui enfin, contre l’ignorance, contre les marchands de peur, contre les margoulins de l’éolien, contre le fanatisme de certains écologistes s’impose : le rôle indispensable de l’énergie nucléaire. Lorsque c’est l’Agence Internationale de l’Energie qui l’affirme, il est difficile de l’ignorer (rapport du 28 mai 2019 : L’énergie nucléaire dans un système énergétique propre ».

Et c’est ainsi que des media très très prudent, quasi-officiels comme Connaissance des énergies ou Le Monde de l’énergie se sentent quand même obligés de rendre compte des analyses de l’AIE, avec il est vrai quelques pincettes ou plutôt guillemets incongrus. Ainsi, pour Connaissances des énergies :

Le recours au nucléaire jugé « nécessaire » par l'AIE dans la transition bas carbone

Ben oui, quoi : nécessaire, indispensable, essentiel, primordial, obligatoire, vital….

Résumé du rapport de l’AIE : 1) Augmenter de 80% la production nucléaire d’ici à 2040        

Le parc nucléaire mondial est actuellement composé de 452 réacteurs répartis entre 31 pays. En 2018, ce parc a généré près d’un dixième de l’électricité dans le monde (18% dans les économies qualifiés d’« avancées » par l’AIE. Les filières « bas carbone » dans leur ensemble (nucléaire et renouvelables) ont compté pour 36% de la production mondiale d’électricité l’an dernier. Cette contribution était  identique il y a 20 ans , déplore l’AIE, la croissance des productions éolienne et solaire n’ayant depuis que compensé « le déclin » du nucléaire. Les chantiers de nouvelles centrales nucléaires ont « considérablement ralenti au cours des années 1980 » et plus encore dans les années 1990. Les nouvelles constructions ont connu un nouvel essor dans les années 2000 dans les « économies en voie de développement », indique l’AIE

Commentaire : donc la consommation carbonée et par conséquent les rejets de gaz à effet de serre n’ont pas bougé d’un poil ; malgré tout le battage autour des énergies renouvelables, il n’y a pas de décarbonation de l’énergie. Ben oui, et l’explication est assez simple :  témoin l’Allemagne et sa mirifique transition énergétique à quelques 33% de renouvelables. Pour chaque GW de renouvelable non pilotable, il faut également garder ou construire  un GW de pilotables ; et en Allemagne, c’est du gaz ou du charbon : pas bon du tout pour le climat ; voire même criminel !

Dans son rapport, l’AIE estime que le recours à l’énergie nucléaire lors des dernières décennies a permis d'éviter l’émission supplémentaire de 63 milliards de tonnes de CO2 entre 1971 et 2018. « Sans nucléaire, les émissions liées à l’électricité aurait été supérieures de près de 20% durant cette période et le total des émissions liées à l'énergie de 6% », estime l’AIE. Selon l’AIE, l’Union européenne a évité d’émettre près de 22 milliards de tonnes supplémentaires de CO2 en ayant recours au nucléaire entre 1971 et 2018, ce qui équivaut à plus de 40% des émissions liées à son secteur électrique durant cette période.

Commentaire : Merci la France, Merci le nucléaire ; sans lui, le défi du réchauffement climatique serait encore plus dur …

Selon l’Agence, pour respecter les engagements climatiques,  la part des sources de production bas carbone devrait être portée à 85% de la production électrique mondiale à l’horizon 2040 pour se rapprocher des objectifs internationaux de lutte contre le dérèglement climatique. Dans cette optique, la production électrique devrait être décarbonée à un rythme « trois fois plus rapide qu’à présent.L’AIE juge en particulier qu’il serait nécessaire d’augmenter de 80% la production nucléaire mondiale d’ici à 2040

Une des recommandations centrales de l’AIE dans son nouveau rapport  est d’autoriser les extensions de durée de vie des centrales existantes « aussi longtemps que possible » au regard de la sûreté des installations. Cette décision est « considérablement moins coûteuse que la construction de nouvelles centrales », souligne l’AIE qui met en garde contre les nombreuses fermetures de réacteurs prévues dans les économies « avancées ».
L'AIE appelle dans le même temps à soutenir les nouvelles constructions de réacteurs nucléaires, en s’assurant que « les processus d'obtention de licences ne conduisent pas à des retards de projets et à des augmentations de coûts non justifiées par des exigences de sûreté ». L’Agence appelle également à encourager l’innovation dans de nouvelles conceptions de type « SMR » (petits réacteurs modulaires) et souligne l’importance de « maintenir le capital humain » et les capacités d’ingénierie dans la filière nucléaire.

Résumé du rapport de l’AIE : 2) Une condamnation énergique des politiques de réduction        du nucléaire  – donc de la PPE française.

Malgré son habituelle prudence toute diplomatique, l’AIE est quand même particulièrement claire. Elle constate que l’énergie nucléaire est une ressource énergétique en perte de vitesse : le vieillissement du parc nucléaire mondial et le faible nombre de projets électronucléaires en cours de construction entraînent une réduction de la part de l’atome dans le mix électrique mondial et que c’est pourtant la tendance inverse qui serait souhaitable dans le cadre de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.
La part du nucléaire dans l’approvisionnement mondial en électricité a diminué ces dernières années (…).  Cette tendance a donc freiné la transition vers un système électrique propre : malgré la croissance de l’énergie solaire et éolienne, la part des énergies décarbonées dans le mix électrique mondial en 2018, 36%, est la même qu’il y a 20 ans”, expliquent les auteurs du rapport. L’AIE estime que pour accélérer la décarbonation de notre société, et notamment du secteur de la production d’électricité, il est aujourd’hui indispensable d’enrayer la chute du nucléaire ; d’autant plus qu’il s’agit d’un outil quasiment indispensable pour contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport à la période préindustrielle : sans nucléaire, les experts de l’AIE estiment en effet que l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris coûtera beaucoup plus cher et demandera des efforts trop importants à la communauté internationale.
Si la tendance au déclin du nucléaire se confirme, le parc électronucléaire mondial verra sa puissance diminuer de plus de 60% au cours des 20 prochaines années… ce qui augmentera considérablement les émissions de dioxyde de carbone !

Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence, appelle ainsi les gouvernements à modifier leurs politiques énergétiques et à reconsidérer le rôle du nucléaire dans le secteur de la fourniture d’électricité.
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Enfin, l’AIE attire l’attention des gouvernements sur l’importance de maintenir les compétences et l’expertise des professionnels du secteur nucléaire.

En effet, et nous avons vu comment en France l’étouffement du nucléaire, par refus des financements nécessaires, de lancer de nouveaux projets toujours indéfiniment retardés, cette tactique hypocrite des écologistes facilitées par la lâcheté, l’ignorance et la démagogie des politiques a failli mettre à bas l’industrie nucléaire français.

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vendredi 12 juillet 2019

Le nucléaire et la canicule


Excellente lecture d’été et de chaleur de la part du non moins excellent Sylvestre Huet, sur son blog du Monde :

L’électricité pendant la canicule

Extraits : « Quelles sont les moyens de production d’électricité décarbonés les plus adaptés à une période de canicule ? L’épisode que vient de vivre la France permet d’apporter quelques réponses, valables uniquement pour son système électrique…
Les données en temps réel de RTE permettent de visualiser l’origine de l’électricité toute la journée du pic de canicule, le vendredi 28 juin. Production à 15h : nucléaire 68%, hydraulique 11%, solaire 10%, gaz 7%  , éolien 2%.

L’hydraulique ? L’hydroélectricité dépend du débit des rivières et des fleuves, et du stock des lacs artificiel. Si le premier est utilisé comme un moyen « fatal », le second est géré en fonction de prévisions de court et long terme visant à utiliser ce stock de la façon la plus efficace possible. Durant cet épisode de canicule, les débits étaient… de saison. Assez faibles sur les cours d’eau alimentés par les pluies, plutôt plus élevé que la moyenne en cette saison sur le Rhône en raison de fonte des neiges tardives. Gérée habilement, l’hydraulique a non seulement fourni de 5 700 MW à 11 475 MW, soit de 11% à 17% de la production mais aussi assuré l’essentiel du réglage fin de l’équilibre entre production et consommation, gage de la qualité de l’électricité dont la tension demeure ainsi très stable. Un rappel salutaire au moment où la menace d’une vente à l’encan de l’usage des barrages à de multiples producteurs sous prétexte de concurrence ne pourrait se traduire que par une sous-optimisation de leurs usages (pour l’électricité, l’agriculture, les loisirs…).

 L’éolien ? Cela va dépendre de la configuration météo. Si la canicule provient du passage d’une masse d’air très chaud – comme pour celle de la semaine dernière – il y aura donc du vent. Pas nécessairement beaucoup, puisque les éoliennes ont produit entre 800 et 5600 MW de mercredi à samedi dernier (sur une puissance installée de 15 475 MW , soit entre 2 et 10% de la production totale.  Au pic de la canicule, le vendredi 28 juin, la production éolienne fut particulièrement médiocre, environ 1500 MW à 15h. Ajouter des éoliennes n’aurait pas changé grand chose aux productions les plus basses. En revanche, si c’est l’installation d’un anti-cyclone qui est la cause de cette canicule, inutile de compter sur elles. Elles seront pour la plupart paralysées, faute de vent, et sur une surface d’autant plus vaste que la canicule sera forte et de longue durée. Ce fut le cas en 2003 en Europe.

Le solaire ? Les panneaux solaires aiment le Soleil, bien sûr… mais pas la température. Leur température idéale de fonctionnement c’est 25°C. La production du parc solaire français, d’une puissance théorique maximale de 8612 MW, ne fut que d’environ 6200 MW à midi heure solaire lors des jours de canicule. Pour tomber à zéro une fois l’astre du jour passé de l’autre côté de la Terre. Mais la longueur du jour en juin fut tout de même très favorable à cette technologie qui a pu contribuer jusqu’à 10% de la production française entre 11h et 16h.

Le nucléaire !!! Les réacteurs nucléaires, eux, n’ont pas vraiment souffert de la canicule. Et fournit l’essentiel de l’électricité demandée par les usagers domestiques, professionnels ou industriels, entre 38 200 MW et 43 200 MW, et entre 64% et 78% de la production. Avec la souplesse due à la capacité à monter ou descendre la puissance des réacteurs en « suivi de charge », tant pour s’accommoder des variations de la consommation que pour compenser les hausses et les baisses des énergies intermittentes et non pilotables, solaires et éoliennes. Il est vrai que les ingénieurs d’EDF ne sont pas restés inertes après la canicule de 2003. Un plan « grands chauds » a été élaboré pour renforcer la résistance aux températures élevées de tous les équipements qui le nécessitaient. La capacité de refroidissement des aéroréfrigérants (les « tours » qui accompagnent certaines centrales) a été renforcé pour leur permettre de remplir leur office en consommant moins d’eau. Les mesures de l’effet de réchauffement du cours d’eau en aval de la centrale ont été renforcées pour s’assurer qu’aucun problème ne surgissait pour la faune et la flore. Et EDF a eu aussi un peu de chance météo pour la vallée du Rhône, le retard à la fonte de neiges en mai a fait que fin juin le fleuve était encore alimenté en eau de fonte bien fraîche. Il ne faut d’ailleurs pas exagérer les problèmes rencontrés, entre 2000 et 2017 les pertes de production d’électricité nucléaire dues aux canicules ne représentent que 0,18% du total en moyenne annuelle et 1,2% en 2003. (NB : le problème n’est pas limité au nucléaire ; les centrales thermiques, il faut aussi les refroidire..)

Une précision s’impose sur l’usage de l’eau par les réacteurs nucléaires. Pendant la canicule, des ONG, Greenpeace par exemple, présentent l’utilisation d’eau pour refroidir les centrales nucléaires comme le principal usage de l’eau en France. Une présentation carrément trompeuse. En réalité, plus de 98% de l’eau prélevée… est renvoyée immédiatement dans la rivière,  un peu plus chaude. Il est d’ailleurs à noter que, même en 2003, aucune conséquence négative pour la flore et la faune n’a été observée, même pour les réacteurs qui avaient obtenu une dérogation temporaire pour relâcher l’eau en dépassant un peu la limite réglementaire. Cela provient du fait que la part du débit du cours d’eau déviée pour refroidir les réacteurs est assez faible au regard du débit total. En général, les valeurs observées de réchauffement à l’aval de la centrale sont modestes, moins de 1,5°C pour celle du Bugey, mais on peut observer 6°C durant trois jours par an en moyenne. Enfin, les centrales de bord de mer n’ont pas d’effet thermique observable sur la flore et la faune marines.
Au total, si l’on ajoute l’apport marginal des bioénergies,  le système de production d’électricité de la France métropolitaine a encaissé sans aucun problème la canicule, a contribué à une politique climatique sérieuse puisqu’il est resté décarboné autour de 95% en permanence, et exporté une électricité tout autant décarbonée aux voisins qui en avaient besoin. »

Marci ! M. Huet !

Ca, c’est pour les Français. Voyons maintenant en Europe !

Début de canicule : l'Allemagne fait tourner son charbon et son gaz et est le plus  gros pollueur européen en valeur absolue (en intensité énergétique %CO2 produit parMWh) ...ca monte, ça monte, ça monte !
Et vous voyez la petite courbe rouge en bas, eh ben c’est nous, c’est la France



Et durant la semaine : ben, c’est de pire en pire ! Ca explose carrrément ! L’Allemagne réchauffe la Terre !
Et nous, la France ben on est toujours tout en bas. A vue de nez, 4 fois moins de CO2 que l’Allemagne par kwh !!!! Grâce au nucléaire.

Merci aux teets de Tristan Kamin et à son réseau pour ces courbes !

Et voilà pourquoi grâce au nucléaire, la France est l’un des pays les plus efficaces dans la lutte contre le réchaufffement climatique, tandis que l’Allemagne, son Energiewende et ses quelques 33% de renouvelables qui ne sont jamais là quand on en a besoin, eh bien l’Allemagne, en abandonnat le nucléaire, se spécialise tout simplement dans ce qu’elle fait de mieux, le crime contre l’Humanité

jeudi 11 juillet 2019

EPRs : Ce sera un succès ! Construire 4, 6,8 EPR !


Un point honnête sur Flamanville (Sylvestre Huet)

Dans le déluge de commentaires alarmistes, de ricanements réjouis, de mauvaise foi, de bêtise qui a accueilli la décision de l’Autorité de Sécurité d’obliger EDF à reprendre les soudures de l’EPR de Flamanville, un commentaire factuel et honnête, celui de Sylvestre Huet, sur son blog du Monde, et qui plus est, très bien rédigé !


Extraits (en fait presque tout, tellement c’est bon et ça fait du bien !)

Dirigée par un soudeur diplômé, l’Autorité de Sûreté Nucléaire a traité sans faiblesse les soudures défectueuses de l’EPR de Flamanville. Par courrier envoyé hier à EDF, elle a imposé à l’électricien la réparation de ces soudures avant toute mise en service du réacteur. Mettant fin ainsi au dernier espoir de l’électricien : repousser la réparation à 2024, après une mise en service.

Les 8 soudures défectueuses concernent des tuyaux qui traversent l’enceinte du réacteur pour conduire la vapeur produite dans les générateurs de vapeur, et donc sous pression, vers la turbine où est produite l’électricité, dans un autre bâtiment. Il s’agit donc du circuit dit « secondaire », distinct de celui qui mène l’eau et la vapeur du réacteur lui-même au générateur de vapeur. Les deux circuits sont séparés physiquement, le transfert de chaleur se faisant par le contact des parois externes des tuyaux des générateurs de vapeur avec l’eau chaude provenant du réacteur. (NB ; donc aucun problème de fuite radioactives ...)
Ce point final à un problème technique  survenu lors de la construction de l’EPR va occasionner un nouveau délai avant la fourniture d’électricité par ce nouveau type de réacteur destiné à remplacer le parc actuel de centrales nucléaire. Il permet quelques commentaires.

1)  L’ASN confirme sa réputation d’Autorité de sûreté la plus sévère du monde. Malgré l’enjeu industriel et financier de l’EPR, elle n’a cédé à aucune des demandes d’EDF tout au long de l’instruction du dossier.

2) L’ASN confirme son haut niveau de compétence sur sa capacité à surveiller les dispositifs essentiels pour la sûreté. La qualité de l’instruction par ses propres experts puis par les « groupes permanents » qui réunissent également des experts externes, voire étrangers, a de nouveau montré sa pertinence technique et sa capacité à repousser toute tentative de pression de l’industriel. En outre, le refus de tout compromis technique – comme celui de repousser de quelques années la réparation – indique que l’ASN n’exclut pas de ses relations avec l’industriel une dimension de « punition » dans ces décisions…

3) La première détection d’un défaut possible sur les soudures remonte à octobre 2013, par le sous-traitant de Framatome qui les a réalisé en usine, par une mesure inférieure aux règles sur un assemblage témoin. Or, malgré cette détection, ni Framatome ni EDF ne réagissent, les opérations sont terminées et les traversées installées à Flammanville en 2014 et 2015. C’est seulement en juin 2015 que Framatome semble avoir été informée des observations de 2013 et transmet l’information à EDF. Il faut ajouter à ce délai le fait que EDF n’avait pas veillé à ce que ses exigences de qualité soient transmises au sous-traitant réalisant les soudures. Puis, entre janvier et mars 2017, l’information est transmise à l’ASN, oralement puis par un courrier officiel d’EDF. Ces délais successifs révèlent qu’une bonne gestion du chantier aurait permis de limiter considérablement les effets de la mal-façon initiale en reprenant les soudures en usine. Manifestement, la direction en charge de la construction de l’EPR était plus motivée par des indicateurs de coûts que par la qualité des travaux. Comme souvent en pareil cas, le résultat d’une telle démarche est une augmentation considérable des coûts…

3) Les aléas du chantier de l’EPR de Flamanville contrastent fortement avec le succès des deux chantiers d’EPR réalisés en Chine pour deux réacteurs dont l’un est déjà en service et l’autre sur le point de l’être, sur le site de Taishan. Ces succès confirment que ce réacteur de troisième génération, dont le niveau de sûreté est amélioré et permet notamment d’éviter la dissémination de radioactivité en cas de destruction du cœur, ne pose pas de problème particulier de construction par conception. Son coût supérieur aux centrales de deuxième génération s’explique par son niveau de sûreté plus élevé. Il est en partie compensé par une puissance plus élevée et une durée de fonctionnement plus longue. Mais l’essentiel de la différence du coût des chantiers actuels tient aux erreurs liés à la perte d’expérience, elle peut donc disparaître si cette expérience est reconstituée – ou déjà là montre l’exemple chinois.

4)  En revanche, les aléas de Flamanville soulignent que les capacités à conduire un tel chantier dépendent de la solidité du tissu industriel mobilisé – des entreprises comme des compétences techniques des opérateurs. Négliger cette dimension a conduit aux délais et surcoûts des chantiers d’Okiluoto en Finlande et de Flamanville. Cette négligence met en cause la responsabilité des directions d’EDF (et d’ex-Areva pour Okiluoto) au plus haut niveau. Elle souligne que lorsque des pouvoirs politiques mettent à la tête de ces entreprises des personnes ne disposant pas d’expériences personnelles liées à la mise en oeuvre des technologies cruciales, ils prennent le risque de voir des indicateurs financiers de court terme l’emporter sur une approche technique dans les consignes données aux équipes. Ma grand mère me le disait déjà : « le bon marché est toujours plus cher ». C’est vrai pour les chaussures, c’est encore plus vrai pour une centrale nucléaire.

5) De manière plus générale, l’option nucléaire ne débouche sur une véritable maîtrise de son approvisionnement électrique que si l’industrie de construction et d’entretien des centrales est en bon état de marche. La désindustrialisation profonde de la France – où la part du PIB générée par l’industrie est descendue à 10% contre 14% pour l’Italie et 20% pour l’Allemagne – peut mettre en cause cet objectif. Des soudures de qualité nucléaire sont un produit industriel certes de haut niveau mais standard et réalisé par centaines dans d’autres secteurs (oléoduc, gazoduc, pétrochimie…) et en routine en Chine pour les centrales nucléaires en construction. Puisque la PPE – programmation pluriannuelle de l’énergie – prévoit de conserver un socle nucléaire à la production d’électricité, il faudra donc un programme de construction de centrales. Le conduire avec succès suppose de s’assurer que la capacité à réaliser toutes ces opérations dans la durée est bien là. »

Merci, M. Huet, comme pour bien d’autres articles essentiels et passionnants sur votre blog du Monde. (https://www.lemonde.fr/blog/huet/). ( tiens, mais pourquoi M. Sylvestre Huet ne s’exprime quze sur le blog pendant que Stéphane Foucart a droit aux articles dans le journal ?)

Quelques réactions et commentaires

De Rugy :« Il faudra tirer toutes les leçons pour voir (…) aussi du point de vue économique si ce type de réacteur nucléaire est compétitif. Aujourd’hui on peut avoir des doutes en effet sur la compétitivité future par rapport aux énergies renouvelables dont les coûts de production baissent »

Ben non, coco ! :  un EPR, un seul EPR, mesdames et mrs, à la louche c’est 2400 éoliennes, soit à peu près, avec un espacement minimal irréaliste, une double rangée d’éoliennes tout le long de la côte méditerranéenne… Au total, les investissements dans les EnR-i se chiffrent autour de 120 milliards d’euros, soit déjà plus que la valeur historique de construction du parc nucléaire (96 milliards pour la construction des centrales-58 réacteurs !) et tout cela pour ne rien gagner en CO2 et détruire de l’emploi ! ( et pour produire 5% de l’électricité, et encore quand on n’en a pas besoin !)
C’est quand même bizarre, plus il y a de renouvelables (non pilotables, soit disant pas chères, plus les prix de l’électricité augmentent ! (cf Le grand maléfice : pourquoi plus il y a de renouvelable, plus le prix de l’électricité augmente (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/07/le-grand-malefice-pourquoi-plus-il-y-de.html)

Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique : « Nous avons pris acte et nous avions d’ailleurs anticipé ce scénario pessimiste. Cela ne changera pas notre décision et notre programme de travail à savoir la fermeture de Fessenheim en 2020 et la fermeture des quatre centrales à charbon d’ici la fin du quinquennat…la fermeture de Fessenheim n'est pas conditionnée à la mise en route de l'EPR de Flamanville »

Eh ben ! C’est bien dommage. C’est une très mauvaise nouvelle pour la politique climatique française. Sans un EPR fonctionnel et ses 1600 MW, le pays va se retrouver dans une situation électrique tendue, si l’on en croit les conclusions du gestionnaire du réseau électrique RTE, dans son rapport de fin 2018 sur la sécurité d’approvisionnement du pays d’ici 2023. Sans la puissance de l’EPR et alors que Fessenheim va fermer, ce sont des énergies fossiles qui vont prendre le relais. Celles des 16 centrales à gaz françaises et surtout celles issues des outils de production de nos voisins européens, voire du charbon allemand. Pas du tout décarboné, et très dur pour le climat !

De Rugy : Invité à dire si le gouvernement envisageait tout de même la construction de nouveaux EPR, François de Rugy s’est montré plus clair: La décision n’est pas du tout prise d’aller dans cette voie ».

Bruno Le Maire : « C’est la sagesse d’attendre que Flamanville ait fait la preuve de son fonctionnement avant d’engager des décisions. »

Ben non, non et non ! Deux EPR fonctionnent déjà en Chine, tout jeunes, bien nés et  crachent vaillamment de l’électron. Le 6 juin 2018 Taishan 1 est le premier réacteur EPR au monde à diverger23, puis le 29 juin 2018 à 17h59, il est le premier à être couplé au réseau et donc à produire de l'électricité. Taishan 2 a divergé le 28 mai 2019; la connexion au réseau est prévue avant fin 2019. La puissance de ces réacteurs (1 750 MW chacun) leur permettra alors de fournir au réseau électrique chinois jusqu'à 24 TWh d'électricité par an, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 5 millions de Chinois.
Un autre EPR, en Finlande, Olkiluoto 3, est en voie d’achévement et  a reçu le 25 février 2019 l‘autorisation de mise en exploitation par l’Autorité de Sécurité  Finlandaise  la STUK, reliement au réseau prévu pour  janvier 2020.
Deux autres EPR sont en construction en Angleterre, à Hinkley Point. Et tiens, une bonne nouvelle : « Vendredi e 28 juin 2019 en présence du ministre de l’Industrie britannique, EDF inaugure la dalle de béton qui servira de socle au premier EPR implanté en Grande-Bretagne. L’achèvement de la dalle constitue le premier jalon industriel important dans la construction de Hinkley Point ».

Pourquoi des EPR ? Parce que c’est le nucléaire du futur !

L’EPR est un monstre d’efficacité et de puissance. L’EPR a une puissance inégalée de 1 750 MW (900MW pour les réacteurs de Fessenheim ; 3 MW pour une éolienne, mais avec un facteur de charge de 20% contre 80% pour le nuc ;   Cette forte concentration géographique, maximale, d’une énergie décarbonnée est l’un des grands atouts écologique de l’EPR.
L’EPR permet un gain de l’ordre de 20 % sur la consommation d’uranium naturel par kWh électrique produit. C’est la conséquence de l’effet gros cœur et de la présence d’un réflecteur lourd  en acier.  L’EPR possède une dynamique de pilotage unique : ses réacteurs sont capables d’ajuster jusqu’à 80 %, à la hausse ou à la baisse, leur puissance en 30 minutes, et ce, deux fois par jour. L’ EPR possède une sécurité améliorée.

Et tiens aussi : L’EPR consomme donc 8 fois moins de béton et 20 fois moins d’acier que l’éolien par kWh !

Pourquoi Flamanville ? Qui veut la peau du nucléaire ? Le jeu trouble des écologistes et des Allemands !

Cet échec relatif s’explique par le fait que Flamanville est un prototype ; que l’EPR était au départ un projet franco-allemand, avant que, grâce à la démagogie d’Angel Merkel, les Allemands ne laissent le projet en plan avec des spécificités qui leur étaient propres.  Mais il y a surtout ceci, qui est bien expliqué dans le texte ci-dessus de M. Huet : la France aurait-elle perdu des compétences locales après une interruption de 10 ans dans la construction de réacteurs nucléaires ?
Ben oui ; dans le nucléaire comme ailleurs, la désindustrialisation massive a frappé ! Mais pas seulement !

Et il y a eu de la part d’adversaires idéologiques du nucléaire une volonté inlassable, vigilante d’étouffer le nucléaire ; de le combattre de face en agitant des peurs irrationnelles, mais comme cela ne suffit pas,  de l’étrangler en le privant de financement, d’investissement et de projets. Cette haine des écolos logophobes, adversaires de la science du progrès et de la rationalité (pas de tous les écolos, il y en a qui sont conséquents et favorables au nucléaire !), elle a trouvé des complices, par ignorance, mais aussi par démagogie- et c’est ainsi que la France a failli perdre ses compétences nucléaires, comme cela s’est passé en Angleterre- ce qui était le but.

Et c’est bien ce qui en jeu avec la décision sans cesse reportée de lancer de nouveaux EPR, maintenant qu’on sait les faire. C’est la même stratégie de l’étouffement qui se met en place, soutenue par M. De Rugy ;  en retardant indéfiniment la décision,  les antinucléaires masqués espèrent la disparition de capacités industrielles et techniques critiques. C’est en fait sans délai avant 2020 pour tenir l’objectif de mise en service d’une première paire de réacteurs à l’horizon 2030. Cette première paire s’inscrirait dans un programme industriel d’une série d’EPR, que le retour d’expérience conduit à dimensionner à trois paires de réacteurs à minima.

Faute de quoi, il faudra de toute façon construire de nouveaux réacteurs nucléaires…mais ils seront chinois ou russes- Rosatom monte sérieusement en gamme et en qualité !

Est-il normal que le futur de l’énergie en France soit aux mains d’un écologiste aux convictions hostiles au nucléaire ? Qu’avec les enjeux climatiques et énergétiques il n’ y ait plus de ministre de l’énergie de plein exercice ? Ni d’ailleurs de ministre de l’industrie ?

Et peut-être y-a-t-il d’autres forces en jeu, Ceci, tiré d’un blog du très remarquable Michel Gay (https://www.contrepoints.org/2019/06/22/347391-retard-de-lepr-de-flamanville-une-aubaine-pour-les-antinucleaires)

« Au Sénat en question orale, la sénatrice Anne-Claire Loisier a demandé quel était le bien-fondé de l’existence d’un bureau franco-allemand de lobbyistes des énergies renouvelables établi (infiltré ?) au sein du ministère de l’Écologie, et nommé Office Franco-Allemand pour la Transition Energétique (OFATE).
Cet « office » a été créé par les gouvernements français et allemand en 2006 avec des bureaux dans les ministères de l’Écologie à Paris et à Berlin, et son comité de pilotage se compose essentiellement de promoteurs des énergies renouvelables.
Une étude d’Agora Energiewende, une ONG appartenant aussi au lobby des énergies renouvelables opposée au charbon et au nucléaire, indique clairement que : « L’évolution du parc de production nucléaire en France influera sur la rentabilité du parc à charbon en  Allemagne. Le nucléaire a un coût marginal plus faible que le charbon, si bien que sa production peut se substituer à celle des centrales à charbon lorsque qu’il reste des capacités d’interconnexion disponibles. Si des capacités nucléaires sont retirées du mix français, la compétitivité des centrales à charbon maintenues dans le système en Allemagne sera améliorée… »

Avec le développement gigantesque de leurs énergies fatales du vent et du soleil, les Allemands semblent craindre de dépendre d’importations du nucléaire français dans un contexte de sortie du charbon… pilotable. Il semble que dépendre du gaz russe leur fasse moins peur, pourtant nettement moins décarboné ! »


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mercredi 10 juillet 2019

Tarifs réglementés de l’électricité : une bien curieuse augmentation


La Lettre géopolitique de l’électricité juin 2019 est consacrée à l'étude des causes de la forte et inhabituelle hausse des Tarifs Réglementés d'EDF au 1er juin 2019. Vous la trouverez sur www.geopolitique-electricite.com . Encore une intervention du très remarquable Lionel Taccoen pour expliquer comment contribuables, clients d’EDF et EDF lui-même sont pillés pour faire vivre une pseudo concurrence.

Elle complète joliment et précise un de mes blogs précédents : Pourquoi les tarifs EDF augmentent ? Magouilles et mensonges. Un système fou, fou, fou (2) !Ou l’ARENH expliqué à vos enfants (enfin, on essaie)

Donc ici ce sera, l’ARENH expliquée à vos grands enfants ! Extraits du texte de Lionel Taccoen

Les Tarifs réglementés : qu’y-a-t-il dedans ?

Les Tarifs Réglementés sont obtenus par empilement des différents coûts : coûts d’approvisionnement en électricité (produite ou achetée), d’acheminement (réseaux de transport et de distribution), de commercialisation additionnés d’une modeste marge (bénéfice), auxquels s’ajoutera ensuite une composante de taxes. On observe que les concurrents d’EDF produisent peu ou pas d’électricité. Leur approvisionnement impose donc qu’ils l’achètent pour la revendre. D’où un premier coût : le prix d’achat. Mais il faut ajouter un second coût indirect : la garantie d’approvisionnement. Tout fournisseur doit acquérir des certificats de capacité prouvant qu’il a accès à une capacité de production compatible avec l’approvisionnement de ses clients. On constate que la cause unique d’augmentation des Tarifs Régulés est une forte augmentation des coûts directs et indirects (garantie de capacité) d’approvisionnement en électricité. Les autres postes sont restés stables. C’est donc dans les achats d’électricité qu’il faut rechercher la cause des augmentations des Tarifs Réglementés d’Electricité. Les concurrents d’EDF ont deux possibilités pour se procurer du courant : le parc nucléaire d’EDF et le marché de l’électricité. Les prix de l’électricité de ces deux sources entrent dans le calcul des Tarifs Réglementés.

Un marché qui se retourne, l’électricité polluante étant davantage taxée ! Les concurrents d’EDF accros au biberon nucléaire !

Durant des années, les prix de l’électricité sur le marché ont été très bas. Les centrales à charbon allemandes déversaient du courant, polluant, mais bon marché, au prix proche du nucléaire EDF. Les surplus de charbon américain, arrivant en Europe avaient fait chuter les coûts de ce combustible. A cela s’ajoutait l’apport des renouvelables, une électricité livrée à un prix dérisoire car payée hors marché par des taxes. Dans un premier temps, le prix bas (artificiel) des renouvelables et des combustibles fossiles firent énormément chuter les prix de marché. Ils devinrent inférieurs au prix de production des centrales à charbon seules et également à celui du nucléaire mis à disposition des concurrents d’EDF par le dispositif ARENH… On observa simultanément des baisses du prix de gros de l’électricité sur le marché et des augmentations de factures des particuliers en raison des taxes finançant les renouvelables. Bref, l’époque fut bénie pour les concurrents d’EDF. Lorsque le marché ne procurait pas assez d’électricité à bas coût, il suffisait de compléter par des achats de nucléaire EDF à prix d’ami. Certes, en l’absence de concurrence lors de la production, aucun gain n’apparut pour le consommateur (sur les factures TTC) comme l’indiqua le Président de la Commission de Régulation de l’Energie (voir ci-après).

Mais début 2018, l’annonce d’une modification des règles du marché du carbone provoqua une forte hausse des prix de la tonne de CO2 pour les centrales électriques (Enfin, une volonté politique de décarboner l’énergie !). A cela s’ajouta une augmentation du coût des combustibles fossiles. La conséquence fut une l’augmentation notable des coûts de production des centrales à combustibles fossiles (dont le charbon). Le prix du marché de gros de l’électricité suivit. Le changement majeur fut que les prix de marché dépassèrent le prix de vente du courant nucléaire d’EDF (42 euros/MWh).

Les concurrents d’EDF devinrent alors accros au biberon nucléaire. La situation était renversée : désormais les fournisseurs alternatifs, qui produisent peu ou pas devaient acheter une partie de leur courant sur le marché à un prix supérieur à celui issu des centrales nucléaires, qui, comme chacun sait, procurent la plus grande partie du courant à EDF. Ils se ruèrent sur le courant nucléaire : en 2018, les deux tiers de leur approvisionnement vinrent du parc nucléaire EDF.

ARENH : un échec complet parfaitement prévisible, et des margoulins qui se goinfrent.

EDF, premier producteur mondial occupe en France une position dominante. Le législateur français a, par la Loi Nome (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité , décidé de s’écarter des règles habituelles de concurrence afin d’aider l’apparition et le développement des nouveaux fournisseurs d’électricité. La raison invoquée est le prix très bas du nucléaire lié à l’amortissement du parc de centrales. La Loi Nome, par le dispositif nommé Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique (ARENH), permet aux concurrents d’EDF de se procurer du courant nucléaire à un prix censé ne pas léser EDF tout en leur donnant, à efficacité égale, la possibilité de concurrencer l’opérateur historique (42 euros/MWh depuis plusieurs années)…. Le recours à l’ARENH est bien sûr optionnel. Les fournisseurs alternatifs n’ont intérêt à l’utiliser que lorsque les prix de marché sont plus élevés que 42 € MWh. La Loi NOME stipule que le dispositif ARENH doit s’arrêter en 2025. L’Autorité de Concurrence, consultée, a accepté le dispositif ARENH en constatant : « Le dispositif … conduit à s’écarter des conditions normales d’un marché concurrentiel … pendant une période très longue ». Et encore :  l’Autorité de Concurrence, en donnant son accord à l’ARENH, l’a assortit des considérations suivantes : - « L’émergence d’une concurrence réelle rend nécessaire de favoriser une incitation à l’investissement des fournisseurs alternatifs dans les moyens de production ». Ces investissements sont « la contrepartie » des fournitures de courant nucléaire par l’ARENH. - « … il est important [de prévoir] une sortie progressive du mécanisme…L’objectif est d’obliger les fournisseurs à se préparer à l’échéance du 31 décembre 2025 »

Force est de constater que de telles incitations, dont la sortie progressive du dispositif, ne furent pas prévues. Les investissements dans la production des concurrents d’EDF ne sont pas apparus. La concurrence à la production d’électricité n’existe pas en France. Ce qui entraîne, dans les faits, l’absence de concurrence tout court, donc l’absence d’effet sur le prix. Le Président de la Commission de Régulation de l’Energie le confirme : « la concurrence par les prix reste marginale » , Comme l’avait prévu l’Autorité de Concurrence : « A défaut [de la concurrence à la production]…à la sortie du dispositif [ARENH] la configuration du marché ne sera guère différente de celle actuelle ». L’ARENH est un échec. Le Président de la Commission de Régulation de l’Energie et l’Autorité de Concurrence constatent : aucun gain pour le consommateur, aucune avancée dans la mise en place d’un véritable marché de l’électricité. On notera que ni la Commission de Régulation de l’Energie, ni l’Autorité de Concurrence ne parlent de renouvelables: ces sources sont toujours largement hors concurrence. La véritable raison de l’échec de l’ARENH est le marché de l’électricité européen, qui par son fonctionnement aberrant, ne permet pas d’investissement rentable dans la production et le stockage de l’électricité. Cette situation existant depuis des années, le résultat de l’ARENH aurait pu être prévu. »

NB : Si l’ARENH qui contraint EDF à céder à prix coûtant (voire même plus bas) un quart de sa production nucléaire, n’a permis aucun gain pour le consommateur, ni aucun progrès dans la constitution d’un marché de l’électricité, elle fait en revanche un tabac chez les pseudo-concurrent d’EDF, qui en demandent toujours plus, soit une augmentation de 30% ! Accordée en dépit de tout bon sens par M. De Rugy, alors que l’ARENH était au contraire censée disparaître progressivement. Une aberration de plus !
 Et c’est ainsi qu’EDF se trouve contraint de subventionner (et de plus en plus) des margoulins qui prétendent fournir de l’énergie verte et qui n’ont investi dans aucune installation de production, et qui se contentent de revendre le courant nucléaire qu’EDF est forcé de leur vendre à bas prix !

Ou encore par l’ARENH, EDF est forcée de subventionner Total au frais des consommateurs…pour que Total lui prenne des clients ! Au fou !

Pourquoi l’augmentation ? Pour sauver la parodie de concurrence !

Tout consommateur qui a quitté les Tarifs Réglementés d’EDF peut y revenir quand il veut. La seule façon d’éviter l’effondrement des concurrents de parodie d’EDF était d’augmenter les Tarifs Réglementés d’EDF … afin que les concurrents puissent augmenter leurs prix tout en évitant que leurs clients retournent chez EDF.

Concurrents de parodie , qui ne produisent rien, et se contentent, dans un marché de gros devenu plus cher à cause  de tensions internationales et de  l’ augmentation des taxes carbones, de revendre à coût plus élevé le courant nucléaire qu’EDF est contrant de leur céder à bas prix ! Comme ils ne produisent pas ( et comment pourraient produire à plus bas coût qu’EDF ?), comme ils n’investissent pas dans de nouveaux moyens de production, leur seul levier, c’est une concurrence au niveau des frais de commercialisation, 6 à 8% de nos factures !. Alors on assiste  à ce déplacement massif des centres d’appel dans des pays où le soleil est plus généreux et le code du travail nettement moins. Une grande entreprise (Suez) a ainsi délocalisé massivement ses commerciaux au Maroc et à Madagascar… avec les conséquences évidentes sur l’emploi en France et la qualité du service rendu./

La hausse des tarifs réglementés pour maintenir l’hypocrisie de la concurrence sur le marché de l’électricité

Les dirigeants français ont essayé de se soumettre aux directives européennes sur la libéralisation du marché de l’électricité en particulier par l’adoption d’un dispositif nommé ARENH, qui oblige l’entreprise EDF à fournir aux autres fournisseurs du courant nucléaire à un prix tel que ceux-ci aient la possibilité de la concurrencer (à efficacité égale). Il en a résulté une Usine à Gaz, dont le fonctionnement semble échapper à ses concepteurs. L’espoir était que les concurrents d’EDF investissent dans la production. Ils ne l’ont pas fait. Cela entraîne l’absence de concurrence à la production, donc l’inexistence d’une concurrence permettant de faire baisser les prix. . L’augmentation récente des prix de gros de marché de l’électricité menace la compétitivité des concurrents d’ED.  Pour sauver la face vis-à-vis de Bruxelles et maintenir cette apparence de concurrence sans intérêt pour le consommateur, il est nécessaire d’augmenter les Tarifs Règlementés d’EDF ainsi que la quantité de courant nucléaire livré aux « fournisseurs » alternatifs. Il faut éviter que les clients qui ont quitté EDF y retournent. Le consommateur français va payer son électricité plus chère et sera privé d’une partie de la compétitivité du nucléaire, utilisée pour aider les concurrents d’EDF. EDF, seul investisseur conséquent dans le secteur électrique et dont dépend une branche industrielle de centaines d’entreprises, est fragilisé par les aides à ces mêmes concurrents, qui eux, investissent bien peu.

C’est technique ? Non, en fait, c’est assez simple. Les syndicats et organisations de consommateurs ont bien compris ce qui se passe et le dénoncer. Par exemple, la position de la CNL :

« Durant des décennies, la France a fait le choix politique de développer un service public de l’énergie en offrant aux usagers de l’électricité et du gaz un prix uniforme et accessible sur tout le territoire, et qui garantissait l’indépendance énergétique du pays.

En 2000, le choix de privatiser les opérateurs historiques EDF et GDF ainsi que les différentes étapes de l’ouverture du marché de l’énergie ont conduit à des augmentations très importantes des prix pour les consommateurs et à la recherche systématique des profits pour les actionnaires.
La situation ne va faire qu’empirer avec la dernière loi de nouvelle organisation du marché de l’électricité et la mise en place de nouveaux compteurs. L’objectif est très clair : la disparition des tarifs réglementés de l’électricité, entre autres, et une ouverture totale à la concurrence et à la spéculation. Avec cette loi, il n’existe plus de garde-fou sur l’évolution des tarifs.
Pour la CNL, il est scandaleux que l’Etat ait renoncé à un service public de l’énergie, garant de l’accès de tous à ce bien de première nécessité, d’autant plus que 3,5 millions de ménages ne peuvent plus se chauffer correctement. Ces familles sont prises dans une spirale infernale : factures impayées, restriction ou privation de chauffage, tout conduit à la dégradation accélérée du bien-être dans le logement. Les conséquences sanitaires et sociales sont tout autant dramatiques. Qu’en sera-t-il demain ? Ce ne sont pas les Tarifs de solidarité énergie actuels qui peuvent aider les familles en difficulté. »

La CNL et d’autres ont entrepris de contester l’augmentation des TRV. Comme le souligne M. Taccoen, « la base juridique, comme l’explique l’Autorité de Concurrence, est fragile.Il est bien possible que le Conseil d’Etat, saisi par des associations de consommateurs annule l’augmentation de 5,9 % pour la ramener à 3,54%. Cette même Autorité de Concurrence, qui a donné un avis défavorable à cette initiative de la Commission de Régulation, estime qu’il s’agit d’un transfert financier aux concurrents d’EDF fait aux dépens des consommateurs »

Nous voyons à quels sommets d’absurdité mène l’idéologie de l’ultralibéralisme – la pseudo libéralisation du pseudo marché de l’électricité en est un exemple particulièrement clair !

Il est peut-être temps d’arrêter !

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