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jeudi 15 juin 2017

L’équipe Macron a des problèmes avec la démocratie

Et surtout, avec la démocratie sociale !

 Nous avions déjà ces considérations de Macron selon lesquelles les syndicats n’ont pas vocation à représenter l’intérêt général et, en surplus ceci   : « Je suis pour un changement profond de la répartition des rôles entre l’Etat et les partenaires sociaux, a martelé M. Macron, qui font beaucoup plus de politique que de dialogue  social. » ( Le Monde , 09/3/2017)

Nous avons maintenant les poursuites, par le Ministère du travail, contre Libération de recel pour avoir publié un document de travail du ministère qui préconisait- entre autres :
-       
-      - la possibilité pour les employeurs de négocier avec les syndicats, dans chaque entreprise, les causes préalables du licenciement. Un vieux rêve du Medef, qui pourrait conduire à ce que les salariés, par exemple, s’engagent, à l’avance, à produire une quantité précise et définie de travail. Au risque, sinon, d’être virés, sans possibilité de recours devant le juge, le fait de ne pas atteindre les objectifs constituant une «cause réelle et sérieuse» de licenciement.

-         -   permettre aux entreprises de négocier dans des domaines jusqu’ici dévolus aux branches : les minima salariaux, les classifications des métiers, la protection sociale complémentaire, la formation, la pénibilité et l’égalité professionnelle. (cf Libération, Code du travail : la folle entreprise du gouvernement, 13 juin 2017)

Donc Libération poursuivi pour recel, mais comme ç’est un peu risqué de s’en prendre aux journalistes surtout en période électorale, la plainte pour recel a été retirée ; par contre la plainte pour vol, qui vise l’informateur des journalistes est maintenue ; si l’on ne peut s’en prendre aux journalistes directement, il faut terroriser et « assécher » leurs sources.

Et encore tout chaud cet avertissement à la CGT :   le directeur de cabinet de la ministre du travail aurait indiqué, en préalable aux discussions, que le syndicat n'obtiendrait plus d'informations dans le cas où il les communiquerait à la presse. "Avant d'entrer dans le vif du sujet, le directeur de cabinet s'est fait insistant en nous précisant qu'il attendait de nous une totale confidentialité sur le contenu de ces discussions, expliquant que si la CGT communiquait avec la presse, les informations délivrées par le gouvernement se réduiraient au minimum", explique le document de la CGT. "Ce à quoi nous avons rétorqué que nous étions libres de communiquer et attachés à rendre compte à nos organisations et aux salariés", affirme le compte rendu.

Ça ne vous inquiète pas ? Et quand ils auront la majorité écrasante qu’on leur prédit à l’Assemblée Nationale


Etudes de médecine : un pur scandale

Des étudiants en médecine recalés par tirage au sort

En Île-de-France, 857 candidats à la première année de médecine, la fameuse Paces, ont été recalés. Pourtant, ils avaient bien respecté les consignes qui devaient les assurer de pouvoir intégrer ce type de formation: relever du secteur géographique de l’université demandée et avoir placé Paces en premier voeu absolu. Les 7 650 places ouvertes cette année par l’UFR Santé Île-de-France, qui regroupe les 7 UFR franciliennes de santé, n’étaient donc pas suffisantes.
Et suivant la nouvelle procédure, ces candidats n’ont pas été refusés parce qu’ils auraient des résultats insuffisants, qu’ils manqueraient de motivation, qu’ils auraient été négligents dfans leurs dossiers. Non ! Ils ont été refusés par tirage au sort.
Voyez sur les réseaux sociaux le témoignage poignant de Abraham Boccara, 18 ans, en terminale scientifique dans un lycée parisien :

« Pour moi, c’était sûr que j’allais avoir médecine quand j’ai postulé. C’était improbable que je ne sois pas pris, mais on m’avait quand même dit de mettre des facs dans ma liste de souhaits en seconds choix. Et ce n’était pas pour rien, il y avait une très bonne raison. Si je mettais plus de cinq facs dans la même académie juste en dessous de mon premier choix, j’étais prioritaire pour la médecine. Du coup, à côté de médecine, j’avais mis des facs à droite et à gauche, mais rien qui ne m’intéressait sincèrement.
J’avais déjà anticipé ma première année en médecine ? En parallèle de mon année terminale, j’ai suivi une prépa anticipée toute cette année. Depuis octobre, j’ai eu des cours le week-end et pendant chaque vacances, un stage intensif d’une semaine. Ça m’a préparé à tout ce qui était censé se passer l’année prochaine. Cette année, il y avait 7650 places en médecine en Île-de-France. Depuis l’annonce des résultats du premier tour d’APB jeudi 8 juin, nous sommes 857 lycéens à avoir été recalés. J’étais choqué quand je l’ai appris. »

Poignant et scandaleux. Et d’autant plus que nous sommes en déficit grave de médecins, que nous connaissons déjà des désertes médicaux, que les inégalités sociales face aux soins (face au déni de soin !) s’aggravent, et que les prospectives de démographie médicale montrent que la situation va encore s’aggraver.
Alors, en urgence, avant le premier tour des législatives, le ministère a annoncé que les recalés par tirage au sort  se verront offrir une solution. Où, quand, comment, de quelle sorte ? Est-ce que cela se concrétisera avant le second tour, ou pas du tout,  après ?
C’est au mieux un replâtrage d’une situation indigne qui persiste depuis de très longues années avec des conséquences gravissimes pour la santé des français

Déserts médicaux : ça va encore empirer!

Le Monde a publié le 30 mars 2017 une nouvelle carte de France des déserts médicaux (voir ci-dessous). Les zones dépourvues sont plutôt septentrionales, rurales et périurbaines. Les banlieues, contrairement à ce qui est parfois écrit, sont plutôt moins concernées que les périphéries urbaines plus lointaines. La France de la pénurie de personnels de santé n’est pas non plus, ou pas complètement, une France des faibles densités, puisque d’après cette carte, les massifs alpins et pyrénéens, le nord des Landes, ou les communes centrales de l’île de la Réunion, obtiennent des notes supérieures ou égales à la moyenne. Les espaces les plus gravement touchés sont un grand Bassin parisien, le cœur du Massif central (Aubrac, Margeride…), le Jura et les Vosges, le Bocage vendéen et la Guyane.
Circonstances aggravantes notée par Le Monde : cette carte des déserts médicaux recouvre étrangement la carte des populations sociales défavorisées, des petits paysans, des ouvriers. Le désert médical est aussi un problème social.
Les statistiques de démographie médicale montrent que d’ici à 2030,  la population devrait croître de 10% ; le nombre de patient de plus de 60 ans devrait augmenter, la consommation de soins étant croissante avec l’âge. Mais d’ici 10 ans, le nombre de médecin baissera de 20.000 ! Les disciplines en forte baisse seront la médecine du travail, la rééducation et réadaptation fonctionnelle, l’ophtalmologie, la dermatologie-vénérologie, la rhumatologie, l’anatomo-cytopathologie, la pneumologie, la gastro-entérologie, la médecine interne ; les régions sinistrées : Corse, Languedoc-Roussillon, Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Midi-Pyrénées.

Une réforme utile de l’emploi : doubler immédiatement le numérus clausus

Les causes de cette situation, on les connait : un numerus clausus dément, coproduction scandaleuse de l’Ordre des médecins, pour cause de malthusianisme bête, et les financiers de Bercy, qui pensent limiter les dépenses médicales en limitant le nombre des médecins !. Pour mémoire,  le numerus clausus, qui était de 8 000 dans les années 70, de 7 300 en 2008, et était descendu à 3 500 dans les années 90 !!! Avec les conséquences que l’on sait : les déserts médicaux, les hôpitaux qui ne fonctionnent qu’avec des internes étrangers, des disciplines sinistrées, une sélection mal conçue reposant sur les maths, la physique et la chimie, et pendant ce temps des dizaines de milliers d’étudiants motivés et capables rejetés ou contraints de tenter de détourner le système en partant en Belgique, en Roumanie, au Portugal…Et en plus, les médecins qui cherchent à vendre leur cabinet qui ne trouvent pas de repreneurs, conséquence du malthusianisme imbécile de l’Ordre.

Oui, le doublement immédiat du numerus clausus (qui ne serait qu’un retour aux années 70 !- non, le diplôme ne serait pas bradé !), voilà une réforme beaucoup plus utile pour l’emploi et la société française que la casse du code du travail( voir articles précédents)



mercredi 7 juin 2017

C’est avec les vieilles recettes qu’on fait de vieux gouvernements

Le Drian, il le faut, il a fait preuve de sa compétence à la Défense. Ah oui, mais un tel ministre, dans un tel domaine, ça peut faire de l’ombre au président. Mettons-le aux affaires étrangères et européennes où il est incompétent

Sylvie Goulard : aux affaires européennes, elle est compétente. Ça peut être gênant. Hop, A la Défense, où elle est strictement incompétente !

François Bayrou à la justice. C’est parfait, la justice, pour un mis en examen ( pour diffamation) ! En plus, pas un de ces politiciens que les Français ont assez vu, pas le genre à négocier des postes contre un ralliement

Pour le renouvellement, Marielle de Sarnez, vielle apparatchik du Modem dont même les militants Modem ne veulent pas dans leur circonscription

Pour une nouvelle façon de faire de la politique, Richard Ferrand, qui renouvelle si bien le clientèlisme et la connivence – voire ce qu’en dit le leader des bonnets rouges,  Christian Troadec

Pour la laïcité, Marlène Schiappa, « féministe qui refuse que la République mène le combat contre l’ obligation faite aux femmes, sous des prétextes religieux un tenue discriminatoire et signataire d’un appel lancé par les organisations islamiste « Je ne suis pas Charlie qui n’est rien d’autre qu’un crachat sur les martyrs de la liberté d’expression » ( Guy Konopnicki, Marianne, 26 mai 2017)

Contre les combines politiques, l’ouverture, des ministres de droite. ça c’est du jamais vu. Bienheureux les futurs Soisson et Stasi !

A l’Intérieur, si important par ces temps peu sympathiques,  pas du tout la récompense d’un très vieux fidèle qui a bien servi et ne s’est jamais intéressé à la Sécurité, , non un jeune ministre dynamique qui a montré un réel intérêt pour les questions de sécurité.. .Gérard Colomb !

Et où est le grand ministre de l’Industrie, de la si nécessaire réindustrialisation, de l’innovation, des industries nouvelles, de la recherche, de la politique industrielle, oui, un ministre de l’industrie et de la recherche, de la compétitivité par la rupture technologique, ? Et il est où ? Et il est où ?


Et toute une presse béate de s’extasier !!!!

Deux autres fausses idées sur le « marché du travail « et la dérégulation (2)

La dérégulation du travail a été un succès en Espagne et en Italie  Fake !


Les partisans de la loi Macron n’hésitent pas à faire référence à l’Espagne qui, « ayant adopté une loi similaire en 2012 (...) a connu un surcroît de 300 000 embauches en CDI dès l'année suivante ». Ce chiffre est une invention : selon Eurostat, 178 600 emploi ont étdétruits en Espagne au cours de l’année 2013 ; 77 600 emplois précaires (CDDet intérim) ont été créés, tandis que 256 200 CDI disparaissaient. Les courbes Eurostat pour l’Espagne et pour l’Italie sont quand même particulièrement nettes et sans discussion : la dérégulation du travail a entrainé une augmentation de l’emploi précaire et, loin de l’amélioration proclamée,  la situation est toujours dégradée.


Là où le fake devient un mensonge odieux, c’est lorsque les économistes libéraux expliquent que le chômage a reculé en Espagne, passant de 26,1 % à 20,4 % en 2015.
Mais il était de 11,3 % en 2008 ! La situation est toujours bien dégradée
Mais c’est encore pire. La baisse relative du chômage en Espagne est liée à deux phénomènes massifs : 1)  la population active a baissé de 435 000 personnes, qui ont renoncé à chercher un emploi ; 2) une émigration tout aussi massive : entre 2010 et la mi-2015, le solde migratoire net est de 577 000 personnes.


Non, la dérégulation du travail n’a été un succès ni en Espagne, ni en Italie. Matteo Renzi , le premier ministre blackboulé se vantait : « En Italie, je le dis aux jeunes Français, les choses ont fonctionné : 764 000 contrats signés en CDI », Faux, comme en témoigne la courbe Eurostat ci(jointe- finalement, c’est la France et son « emploi rigide qui s’en est mieux sortie !


NB : ces derniers graphiques et arguments sont tirés de l’excellent blog  de Michel Husson –Hussonet) (http://hussonet.free.fr/euroflx.pdf)

Le code du travail français fait plus de 3000 pages, le code du travail suisse 60 ! Faux, archi-faux


Cet argument a été largement diffusé par Pierre Gattaz et abondamment repris sans contrôle.  Or, le code du travail français est en fait un ouvrage annoté comprenant une très grande partie de jurisprudence. L’ouvrage de 60 pages n’est en fait que la loi suisse sur le travail. Si l’on veut la comparer au code français, il faut y ajouter l’équivalent. Par exemple, pour commenter les quatre dernières ordonnances fédérales sur l’emploi, le Secrétaire d’Etat à l’Economie a publié deux recueils, l’un de 384 pages, l’autre de 296 pages ! Le Commentaire du contrat de travail signé par 22 juristes, l’année dernière occupe 1300 pages ! A cela s’ajoute des réglementations propres à chaque canton !! ( Marianne, 26 mai 2017)


mardi 6 juin 2017

Deux fausses idées sur le « marché du travail « et la dérégulation

La dérégulation augmente la flexibilité et fait décroitre le chômage  Fake !

Trois études du FMI sont souvent citées en faveur des politiques de dérégulation du marché du travail. En observant un ensemble de 97 pays entre 1980 et 2008, Lorenzo Bernal-Verdugo, Davide Furceri et Dominique Guillaume ont suggéré que les gains dans la flexibilité du marché du travail se traduisent par une baisse du chômage total, du chômage des jeunes et du chômage de longue durée. Parmi les différents indicateurs de flexibilité du marché du travail qu’ils observent, les coûts d’embauche et les règles d’embauche et de licenciement semblent être les plus importants. Bernal-Verdugo et alii(2012b) constatent que les crises financières ont un impact largement négatif à court terme, mais ils suggèrent également que cet effet disparaît rapidement dans les pays disposant d’institutions du marché du travail flexibles, tandis que l’impact des crises financières est moins prononcé mais plus persistant dans les pays caractérisés par des institutions du marché du travail plus rigides. Enfin, à partir d’un échantillon de 167 pays pour la période s’écoulant de 1991 à 2009, Ernesto Crivelli, Davide Furceri et Joël Toujas-Bernaté (2012) suggèrent que les politiques structurelles visant à accroître la flexibilité des marchés du travail et des produits et à réduire la taille du gouvernement ont un impact fortement positif sur les élasticités de l’emploi : la dérégulation enrichirait la croissance en emplois.
Or ces études ont été sévèrement critiquées et même réduites à néant par une économiste expérimentée de l’OIT, Mariya Aleksynska (Deregulating labour markets: How robust is the analysis of recent IMF working papers? », Organisation internationale du travail, conditions of work and employment series, n° 47., 2014). Elle montre en particulier que les études s’appuient sur des données et un index de la Banque mondiale (World Bank Employing Workers Index (EWI)) qui est tellement douteux que celle-ci l’a retiré et a demandé qu’il ne soit plus utilisé !  (La Banque mondiale a demandé à  son personnel de cesser d’ « inclure des recommandations fondées sur l’EWI «  dans tous ses travaux et de refuser  toute nouvelle demande d’assistance technique sur les réformes du marché du travail basées sur l’EWI, ainsi que suspendre le débat politique en cours avec les gouvernements clients sur les réformes du travail fondées sur l’EWI »). On a rarement vu pareille et si douloureuse autocritique ! Soumis à une batterie d’experts, ceux-ci ont conclu que l’EWI reflète « les coûts de réglementation du marché du travail et pas les bénéfices » et  constaté qu’une approche plus globale était nécessaire.

 Qui plus est, partant de données reconnues inadéquates qui contenaient déjà la conclusion à laquelle ils voulaient arriver ( justifier les politiques d’austérité de de dérèglementation du FMI), les économistes du FMI les ont mal agrégées, : sur six critères théoriquement indépendant, la régulation des embauches et des licenciements figurait trois fois sous diverses formes, ce qui renforçait encore son importance. Enfin et surtout, les études du FMI ont utilisé des ruptures de tendance dans les séries de données pour identifier les réformes, or celles-ci étaient très souvent souvent dues à des changements de méthodologie statistique !  Une fois ces ruptures méthodologiques prises en compte, la majorité des réformes identifiées par les économistes du FMI ne peuvent simplement  être répliquées 45 sur 53 sont invalidées !)

Bref, il ne reste rien de l’argument selon lequel, en période de crise, la dérégulation du travail fait baisser le chômage. Rien ! Nada ! Et une fois de plus, les économistes du FMI peuvent préparer un sérieux mea culpa !

La protection de l’emploi et le niveau d’indemnisation du chômage sont défavorables à l’emploi Fake !

Les employeurs auraient « peur d’embaucher » parce qu’il serait ensuite trop difficile ou coûteux de licencier, et qu’ils auraient donc à payer des salariés dont ils n’auraient plus besoin. Les économistes libéraux se sont échinés à démontrer  que les rigidités du marché du travail sont défavorables à l’emploi. Ils utilisent les indicateurs de « protection de l'emploi » (EPL : employment protection legislation) calculés par l’OCDE. Eh bien, même en utilisant ces indicateurs baisés qui suggèrent déjà que la protection de l’emploi serait par nature néfaste, de même d’ailleurs qu’une indemnisation trop « généreuse » du chômage, la démonstration est loin d’être convaincante comme le montre la courbe ci-dessous : il n’existe aucune liaison entre la rigidité du marché du travail ainsi mesurée et la variation du taux d’emploi (la proportion de la population en âge de travailler qui occupe un emploi) entre 2007 et 2014.
Des pays supposés « rigides » comme la France ou la Belgique ont des résultats analogues à ceux de pays très « flexibles » comme la Nouvelle-Zélande, lesEtats-Unis ou le Canada. En sens inverse, des pays dont le degré de « rigidité »est comparable peuvent avoir de bonnes performances (Pologne, Allemagne) ou de très mauvaises (Espagne, Grèce). on obtiendrait le même genre de graphique par tirage au sort.

NB : ces derniers graphiques et argument sont tirés de l’excellent blog  de Michel Husson –Hussonet) (http://hussonet.free.fr/euroflx.pdf)


lundi 5 juin 2017

Plans sociaux : premiers effets des lois Macrons- non aux ordonnances

Des PSE au rabais

Vouloir procéder par ordonnances dans le domaine complexe du social et du travail, en plein été, c’est prendre bien des risques-surtout pour les salariés qui découvriront ensuite les conséquences. En témoigne déjà des effets passés inaperçus de la première loi travail, la loi El Khomry sur les plans sociaux dont les salariés de Tati ressentent les effets.
L’avocat des salariés de Tati- qui s’appelle Thomas Hollande- affirme ainsi que la « loi Macron  d’août 2015,  a supprimé l’obligation pour les ¬groupes de financer les PSE [plan de sauvegarde de l’emploi] de leurs filiales en redressement judiciaire » ce qui « pousse des groupes à abandonner leurs filiales ». Ce dossier Tati – l’enseigne de confection- concerne 1700 salariés. Or si Tati va mal, ce n’est pas le cas du groupe auquel il appartient, Eram. Et en effet, la loi Macron a modifié les règles de financement des plans de sauvegarde de l'emploi, qui devaient jusque là être financés «au regard des moyens du groupe». Cette obligation a été supprimée dans le cas où une filiale se trouve en redressement judiciaire, comme c'est le cas dans le dossier Tati. Cette modification risque de plus rapidement d’avoir des effets pervers généraux.  Au rebours de ce que peut signifier un plan de sauvegarde de l’emploi de bonne foi, certains groupes auront tout intérêt à dégrader la situation de filiales dont ils veulent se débarrasser jusqu’au redressement judiciaire… de façon à ne pas avoir à contribuer au financement au plan social. Ce n’est pas une vue de l’esprit, puisqu’une personnalité aussi respectée que M. Pierre Bailly, Doyen honoraire de la Chambre sociale de la Cour de Cassation a déclaré ( Le Monde, 20.05.2017) : « La  Loi Macron n’incite pas les autres sociétés du même groupe que l’entreprise en difficulté à lui apporter leur concours, dans le cadre de mesures visant à limiter les licenciements ou à en réduire le nombre…Il n’est donc pas impossible que le texte puisse pousser certains groupes à faire le choix d’attendre qu’une filiale soit en état de cessation de paiements plutôt que de lui fournir leur appui pour le PSE.
Et en ce qui concerne Tati, la revue sociale Lamy du 22 mai, référence incontestable, note bien que le plan PSE Tati est, au regard de situations comparables « mini, mini, mini » et l’explique également par la situation créée par la loi Macron.

Du danger des ordonnances parlementaires

Tant pis pour les salariés, ils n’avaient qu’à lire les ordonnances.
Or pourtant, lors de la discussion parlementaire, des députés de divers groupes (Fanélie Carrey -Conte PS, Paris) ou Arnaud Richard (UDI, Yvelines) avaient soulignés le danger de cette disposition qui « amoindrit la protection des salariés, facilite les licenciements et donne des PSE moins favorables aux salariés et moins bien financés » et avaient proposé des amendements supprimant cette disposition. La procédure précipitée par ordonnance n’a permis aucune discussion et aucun ùmendement ; mais il est vrai qu’à l’époque, ce n’était apparemment pas la volonté de M. Macron de procéder ainsi. D’ailleurs celui-ci déclarait le 25 novembre 2016 : « je ne crois oas une seule seconde aux Cents Jours et à la réforme par ordonnances… »
Pourquoi at-il changé d’avis ? Sous pression de la Commission Européenne ?

Il est à craindre que cette présidence ne soit pas très favorable aux salariés…

Il serait tout de même bon de réaliser qu’il n’y a pas un marché du travail, parce qu’il n’y a pas égalité de force de négociations entre un chômeur et un employeur ;  qu’il n’y pas de libre négociation du contrat de travail dans une entreprise, justement parce que celui-ci est un contrat de subordination  et qu’il n’y pas d’égalité entre un employeur et son employé ; et que la seule façon de remettre un peu d’équilibre, c’est l’action des syndicats, non pas entreprise par entreprise, mais au niveau confédéral, au niveau des branches, voire au niveau national, peut-être bientôt européen quand l’Europe s’occupera d’autre chose que de libre concurrence et de libre marché.

Oui, certaines réglementations ou lois sociales doivent être simplifiées- qui est encore capable de comprendre sa fiche de paie ? Mais si cette réforme est importante, alors elle ne doit pas être précipitée, et elle doit faire l’objet d’une large discussion dans la société. Sans cela, avec les ordonnances parlementaires, ce sont toujours les mêmes qui se font entendre- et ce ne sont pas les salariés.

jeudi 1 juin 2017

Theresa May is paying for the libyan mess-fair enough !


A English mea culpa, and we, we and BHL? Manchester attack and Libya

It must have been a landslide victory for Theresa May, who wanted to profit from the general concern related to the Brexit to increase her majority. However, in recent days, polls, which certainly have to be considered cautiously in England even more than elsewhere, seemed  to announce a comeback of the Labour Party, yet taken by the disputed (by the labor establishment) Jeremy Corbyn. One of the reasons: the Manchester bombing highlighted even more the huge mistake that was the British and French intervention in Libya. Indeed, the terrorist was torn between Manchester and Libya, where his father had enlisted him at sixteen in his Islamist anti-Gaddafi fight. In fact, a part of the Libyans in Manchester played a significant role in the civil war of 2011 in Libya. At that time, the (conservative) British authorities facilitated sending Islamists from Manchester in Libya, as the father of the terrorist, thinking they constitute a more credible alternative to Gaddafi that laics (according to Le Monde, May 30, 2017). Brilliant idea, brilliant policy which we today see the results

It must be said that in England, unlike France, Libyan politics had been already heavily criticized, in 2016, by a parliamentary report lambasting British military intervention in Libya "based on incorrect assumptions" and ill-prepared. "We were trained by french enthusiasm", explains a parliamentarian. British policy in Libya before and since the intervention of March 2011 was based on "erroneous assumptions and an incomplete understanding of the country and the situation." According to the report, the British and the French "were blind about the significant part of the Islamists in the rebellion, and did not anticipate that they would benefit. Parliamentarians described the "disastrous record of intervention, designed to change a regime without providing alternatives, which resulted in the transformation of Libya in 'failed - state' . '" "The result is a political and economic collapse, a civil  and tribal war, a humanitarian crisis and migrations, a widespread violation of the human rights, the spread of weapons of gadhafi in the region and the emergence of the Islamic State in Libya", write unvarnished parliamentarians in their summary.

In addition, the report says: "the evidence we have gathered, the threat to civilians from Benghazi has been widely exaggerated"!

Brilliant idea, brilliant policy ! People in charge have to be made accountable from

A mistake, a crime, an imbecility, a policy change - Corbyn's right!

Remember that September 15, 2011, the president of the Republic french Nicolas Sarkozy and the British Prime Minister David Cameron, followed as their shadows by the philosopher Bernard Henri Levy landed Benghazi cheered by a jubilant crowd. The English, in good parliamentary Democrats were keen to make their mea culpa. And we? Will we hear yet BHL lessons of geostrategy? A little regret? Well, finally, with Macron, we should be rid of the brilliant philosopher and his influence.

It's really a pure scandal and an unspeakable mess. Because finally, for the first time, there was an agreement of the United Nation General Council, Russians and Chinese included, for an operation limited to Benghazi to protect people against an imminent assault and impose mediation to Gadhafi. French and English themselves were deliberately perjuries and continued the war to provoke the fall of Kadhafi. With the result that we know! And much worse; understandably, Russians and Chinese well vowed that they would never do it again, and opposed any intervention in Syria. Bravo! The Libyan shit is also responsible for the Syrian mess and its millions of deaths. In history, this intervention in Libya will appear as a fault and a crime, and a worse than 1956 Suez imbecility.

Another forgotten, for which some should perhaps be accountable: the death of a french secret agent, Pierre Marziali, murdered the May 12, 2011 in Benghazi. Having rightly understood that the rebels supported by Bernard Henri Lévy and Nicolas Sarkozy consisted of battalions of hard-core jihadists, Marziali wanted to prevent Claude Gueant and, above all, Nicolas Sarkozy, a friend of the Qatar,Emirate, which supported then financially and militarily the rebels Libyans. Alain July, former Director of the DGSE intelligence questioned by the authors of "dead for Françafrique", by far the most credible scenario book. Excerpt: 'the katiba from 17 February claimed the death of Marziali, however it was supported by the Qataris. That a malicious person has a message to the guys at the katiba or the Qataris a French was there and spying them, it is possible! Dulas and Marziali had written a note to warn against the Islamists. Less than a month later, Marziali is killed. In this job I'm too old to believe in coincidences. If someone wanted to be clever by dropping the name of Marziali to Islamists, it is already very serious. "But if this leak was organized, that the info has been transmitted in good conscience to the katiba or its Qatari protectors, it is even worse: it would be treason." At the very least, Marziali took high risks to know who really were the anti-Gaddafi and let know to the French authorities, and he lost his life for nothing. But in France, no mea culpa!

Yet our political brilliant did not understand a few simple truths, for example that a secular dictatorship is better than a religious dictatorship, much better than a complete collapse. That military interventions in the Middle East have been disastrous. It is stupid enough to be surprised and indignant because more we're bombing the Arab Muslims, more we destroy their societies, more they commit attacks at home. (well in cases where intervention protects a country and its legitimate authorities against the collapse in the face of an Islamist attack, as in Mali, it is obviously a duty to lead). That's what Jeremy Corbyn says, presneting himself as a man of peace therefore, and he may be damned right.

And in France? Apart from Michel Onfray, not many people . Since there seems to be a renewal in Politics there is, it would be good that there is also a renewal of ideas. And a more important role for those who are opposed to the wars of Iraq and intervention in Libya at the expense of those who supported them.