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samedi 23 novembre 2019

Nucléaire : parlons finances ! (2) la grande malédiction des ENR.


Donc suite du blog précédent : Nucléaire : parlons finances ! (1) Non le nucléaire ne vas pas tuer EDF (les ENR, c’est moins sûr !).

Le nucléaire bashing commence à lasser et de valeureux et compétents tweeters s’efforcent maintenant de ne plus laisser passer aucun mensonge (ou erreur de bonne foi) sur le nucléaire et mettent en avant ses atouts sociaux, économiques et écologiques en particulier en ce qui concerne le réchauffement climatique. Alors le débat se concentre sur les coûts, et là fleurissent ignorance, Fake Science, mais surtout aussi mille mensonges et  manipulations très intéressées de certains lobbies (celui des margoulins de l’éolien notamment), s’appuyant parfois souvent sur des données économiques manipulées et sur un langage économique technique pseudo-scientifique, mais surtout peu compréhensible cherchant à impressionner ceux qui ne maîtrisent pas ce jargon.

Alors Mmes et Mrs, voilà que nous allons résoudre le grand mystère, la grande malédiction des ENR. Certains ne cessent de claironner que leur coût ne cesse de baisser et concurrence désormais le nucléaire. 
Pourtant, comme c’est bizarre, plus il y a d’ENR dans le mix électrique, partout et toujours, plus le prix de l’électricité augmente ;
Pourtant, comme c’est étrange, quand on commence à supprimer les très larges subventions et autres avantages indus (priorité d’accès au réseau) au motif que ces industries devraient maintenant être matures, elles font faillites en série  ( dans les deux cas, cf. la magnifique démonstration de la mirifique energiewende allemande) ;
Pourtant, comme c’est surprenant, les producteurs alternatifs d’EDF, qui produisent que dal, se gardent bien d’investir massivement dans le solaire ou l’éolien et se contentent de réclamer un corps et à cri toujours plus d’accès au nucléaire historique d’EDFvia l’ARENH, cette superbe invention européenne qui contrant EDF à soutenir ses concurrent en leur vendant son électrivité à prix bradé.

A vrai dire, les explications de  fond, je les avais déjà abordé dans un blog précédent : production intermittente qui doit être de toute façon compensée par une autre source, faible taux de charge, considérables frais de réseaux, valeur de l’électricité produite quasi-nulle voir négative, car produite quand le vent souffle, mais pas quand on en a besoin…etc. cf. blog

Pour compléter, pour parler le langage des économistes et ne plus se laisser duper par ceux qui se mettent au service des margoulins de l’éolien, eh bien, Mmes et Mrs, deux économistes de la prestigieuse et nobélisée Toulouse School of Economics, comme quoi il existe es économistes intelligents honnêtes et qui parlent de manière compréhensible, ou tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur le LCOE (levelized cost of energy). Donc :

Les coûts lisses de l'électricité, Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics.

« Les défenseurs du recours aux énergies renouvelables pour produire de l'électricité avancent comme argument leur coût de production du MWh. Mais c'est oublier que l'unité vraiment pertinente n'est pas le MWh produit, mais le MWh livré en un lieu donné à une date donnée…

Quand le consommateur d'électricité regarde l'évolution des coûts de production du MWh au cours de la décennie écoulée, il a du mal à comprendre pourquoi les énergies éolienne et solaire n'ont pas encore évincé les énergies fossiles du parc de production électrique, ce qui, au vu des chiffres, permettrait de réduire sa facture. De leur côté, les responsables politiques voient dans cette évolution des coûts une confirmation du bien-fondé des politiques vertes et annoncent que l'éviction des énergies fossiles est pour bientôt.

Pourtant à l'échelle de la planète, les technologies de production de l'électricité dominantes utilisent le charbon (39%) et le gaz naturel (23%), loin devant l'hydraulique (16%), le nucléaire (10%) et les énergies renouvelables (7%).

Comment expliquer que les électriciens n'aient pas massivement adopté les techniques de production éolienne et solaire puisqu'elles coûtent maintenant beaucoup moins cher que les énergies fossiles? Et pourquoi faut-il continuer à subventionner les énergies vertes? La réponse à ces deux questions tient dans le concept de "levelized cost of energy", ou LCOE. Avec cette estimation par "lissage" ou "nivellement", le coût est calculé comme un rapport: au numérateur, on trouve la valeur actualisée d'un investissement et de toutes les dépenses qu'il va déclencher jusqu'à son déclassement (combustible, quotas d'émission, maintenance, réparations, traitement des déchets, démantèlement, etc.); au dénominateur, on place la production totale actualisée prévue sur la durée de vie de l'équipement.

Cette mesure du coût du MWh ne devrait pas être employée pour les énergies dont la production n'est pas contrôlable, comme l'éolien et le solaire, car elle ne tient pas suffisamment compte des calendriers de production.
Dans le calcul, le temps n'intervient que par le facteur d'actualisation des flux… En revanche, la date exacte à laquelle est répertorié chacun des flux ne joue aucun rôle. Ainsi, pour le photovoltaïque, le fait que les MWh produits soient tous regroupés en milieu de journée n'influence pas leur coût. Pour une installation donnée située en un lieu donné, si les MWh étaient répartis uniformément au long de la journée au lieu d'être concentrés autour du midi solaire, leur LCOE aurait exactement la même valeur…

Or, la date à laquelle est fournie l'énergie est un élément essentiel de quantification de son coût. Les conditions de production (donc le coût) d'un MWh dans une centrale au charbon sont peu différents à midi et à minuit, au mois d'août et au mois de décembre, du moment que l'opérateur de la centrale a pris soin de stocker du charbon. Ce n'est vrai ni des MWh éoliens, ni des MWh photovoltaïques …le coût variable de production du MWh renouvelable est nul (mais pour un volume non garanti) quand le soleil brille et que le vent souffle mais il est infini la nuit et par temps de pétole…

Quelle que soit la solution adoptée pour pallier l'intermittence, elle a un coût. Or celui-ci n'est pas inclus dans le calcul du LCOE. Par exemple, à l'échelle d'un micro réseau photovoltaïque, le coût de production d'un kWh solaire livrable à minuit est celui du panneau qui produit en milieu de journée, augmenté du coût de la batterie installée pour transporter ce kWh de midi jusqu'à minuit.
A l'échelle d'un réseau national ou continental, c'est plutôt l'énergie importée et celle produite dans des centrales dispatchables qui viendront suppléer les sources renouvelables lorsqu'elles ne sont pas disponibles. Cet ensemble, centrales + réseau, sert donc de garantie d'approvisionnement, et son coût doit se refléter dans le coût des énergies renouvelables…

Si le LCOE reflétait le vrai coût des énergies intermittentes, il ne serait plus nécessaire de leur verser des primes ou des tarifs d'achat administrés. Grâce à leur faible coût, elles supplanteraient les autres énergies sur les marchés de gros et dans les contrats de fourniture, et dégageraient des bénéfices. Pourtant, en 2018, la Contribution au Service Public de l'Electricité payée par les consommateurs français (22,5€/MWh) va permettre de verser 2,9 milliards d'euros aux producteurs d'énergie photovoltaïque et 1,5 milliard aux propriétaires d'éoliennes. Il en est ainsi parce que le vent et le soleil ne font pas un calcul économique qui permettrait aux exploitants d'empocher les prix élevés de l'énergie aux périodes de pointe. Parfois, leur production tombe au bon moment. Ainsi, les Etats du sud des Etats-Unis voient leur demande d'électricité atteindre son maximum en été pour l'air climatisé, quand le soleil produit le plus, ce qui génère des revenus élevés pour les exploitants de fermes solaires. Mais dans l'Union européenne la demande maximum d'électricité est plutôt en hiver, quand le soleil est couché. Et les panneaux PV donnent leur production maximum en été, alors que la demande des vacanciers est faible. Ces ventes à contretemps ne génèrent pas suffisamment de revenus pour que les énergies renouvelables se passent de subventions ou de primes pour compléter les prix du marché.

Le LCOE est un concept de coût utile quand on veut comparer des technologies aux profils temporels identiques, par exemple plusieurs types de panneaux photovoltaïques. Mais l'unité vraiment pertinente s'agissant de l'électricité n'est pas le MWh produit, c'est le MWh livré en un lieu donné à une date donnée. La crédibilité des engagements à réaliser de telles livraisons s'accommode mal de l'intermittence des énergies renouvelables prises isolément. Il faut donc ajouter au LCOE des éléments dynamiques et stochastiques tirés des coûts des technologies complémentaires nécessaires pour garantir l'offre d'électricité à partir de sources intermittentes. »

Voilà. Alors, vous comprenez pourquoi maintenant quand vous lisez ceci par exemple : Jean-Yves Grandidier : « L'éolien et le solaire sont imbattables » : Le patron de Valorem, acteur des énergies renouvelables, n'y va pas par 4 chemins : il entend accroître la part de ces énergies à 80 % du mix énergétique... » (Le Point , Michel Revol /03/11/2019, vous comprenez qu’on veut vous entuber.

Les économistes, malgré toute leur sophistique, ne peuvent rien contre les réalités physiques, et tout calcul prouvant la supériorité économique d’une énergie intermittente sur une énergie pilotable, et, plus particulièrement de l’éolien sur le nucléaire,  est soit une imbécillité, soit un mensonge et une tromperie.

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Nucléaire : parlons finances ! (1) Non le nucléaire ne vas pas tuer EDF (les ENR, c’est moins sûr !)


 Quelque chose de très intéressant s’est produit. La fin du nucléaire honteux ?

Face aux défis redoutables que nous pose le dérèglement climatique anthropique (mais n’oublions pas aussi l’épuisement des combustibles fossiles), un certain nombre de jeunes ingénieurs, techniciens, travailleurs du nucléaire ou simplement scientifiques concernés se sont rebellés ont réalisé que le nuclear bashing et le fanatisme anti-nucléaire d’un certain nombre d’écolos bigots risquaient  de nous priver des atouts de la seule source d’énergie qui pouvait précisément nous permettre de répondre à ce défi d’une manière soutenable pour nos sociétés. Refusant la politique du nucléaire honteux, qui nous avait mené à cette absurdité qu’est la PPE en France (la baisse du nucléaire pour faite baisser les émissions de carbone), ils se sont mobilisés, regroupés et  ont argumenté pas à pas nombre à nombre, faits à faits contre l’erreur, la fake news, le mensonge et les manipulations. Et les arguments techniques sur le carbone, sur l’intermittence et le vrai coût des ENR, sur le démantèlement et les déchets, sur les faux et vrais dangers respectifs des diverses énergies commencent à porter.

Le nucléaire va-t-il tuer EDF ? Ben non !

Alors le débat se déplace sur les coûts, et l’on entend une petite musique de plus en plus insistante sur   le soi-disant coût du nucléaire et singulièrement de l’EPR, qui va plomber EDF lequel va se massacrer sur un mur d’investissement et couler corps et bien, tel un Titanic emmené au fond par le boulet nucléaire. Relayant une remarque d’Yves Bréchet constatant que même avec tous ses dépassements, l’EPR prototype  de Flamanville rapporterait trois fois sa mise (300% calcul simple de la durée de fonctionnement par le prix garanti au début), je me suis vu répondre que je ne connaissais rien à l’actualisation du capital etc. et que ce serait catastrophique pour EDF

Moi, je veux bien ; mais actualisation ou pas, je vois pas comment l’EPR pourrait être déficitaire. Et si on parle actualisation, je voudrais qu’on m’explique comment et à combien on actualise dans quarante ans une électricité EPR abondante, décarbonée et pilotable, avec un EPR bien amorti, et avec une taxe carbone explosée et des black out en série grâce à la merveilleuse energiewenede des Allemands avec leurs ENRfatalement intermittentes et leur abandon du nucléaire.

Pour ce qui est des principes de bases, revenons à l’écolo nucléaire compatible le célèbre JMJ (Jean-Marc Jancovici) et à ses slides qui tuent, par exemple :



Bon déjà, là on peut avoir la forte suspicion que 1) un « économiste » qui me dit que le nucléaire n’est pas rentable, soit acheté, soit ment, soit est rendu idiot à force d’a priori idéologique ( et devrait porter un gros nez rouge chaque fois qu’il s’exprime dans les media) ; 2) que si quelque chose menace EDF, c’est bien plutôt l’abus de renouvelables que de nucléaire.

Bon, mais continuons…

Et le mur d’investissement d’EDF, il est où ?

Cela, je l’ai commencé dans deux blogs précédents,

Nucléaire historique : « Aujourd’hui, le coût de production du parc nucléaire existant calculé par EDF est de 32 euros/MWh jusqu’en 2025… Malgré le contexte de marché difficile, EDF est en mesure d’autofinancer les investissements à réaliser sur le parc nucléaire existant. Le programme intitulé « Grand carénage » (45 milliards d’euros pour la période 2014-2025) comprend une part importante de dépenses de maintenance courante et de rénovations pour une exploitation au-delà de 40 ans. Ces dépenses, soit un milliard par an en moyenne, ne représentent pas un « mur d’investissement » car elles doivent être ramenées à la quantité d’électricité produite d’environ 400 millions de MWh par an, soit 400 térawattheures (TWh). Elles sont déjà incluses dans le calcul des 32 ou 33 euros/MWh précités. »



 Et justement, en parlant d’actualisation :

« Le coût du nucléaire de troisième génération (EPR) résulte essentiellement des coûts de construction et de financement. En fonction du taux d’actualisation retenu (le coût du prêt), les dépenses de construction représentent entre 50 et 75 % du coût total de production de l’électricité sur la durée d’exploitation de l’installation. Un rapport de la Cour des comptes britannique montre la sensibilité du prix de l’électricité au taux de rendement attendu du projet. Ainsi, le coût du kilowattheure de l’EPR d’Hinkley Point double quand le taux d’actualisation passe de 3 % à 10 % (le taux retenu par EDF pour ce projet est de 9 %). ».

Je vous le fais à la louche : avec un bon engagement de l’Etat, il est possible de diminuer le coût d’un EPR par deux en diminuant le coût du capital et le risque financier ….
Donc là non, plus, pas de mur d’investissement !

Mur d’investissement : comparons ce qui est comparable (Jean Fluchere, Sauvons Le Climat)

Remarquable explication de texte de Jean Fluchere, Sauvons Le Climat :

Nucléaire : Le fameux « mur d’investissements », qu’EDF doit affronter dans la décennie, représente :
1.   30 Mds d’€ pour le grand carénage du parc existant à répartir entre 2020 et 2030, soit 3 Mds d’€ par an,
2. Les investissements restant à faire sur Hinkley Point : 20 Mds d’€ sur 10 ans, soit 2 Mds d’€/an
3. La construction de 6 EPR 2, 42 Mds d’€ entre 2024 et 2030 soit 7 Mds d’€ en + à partir de 2024.
Au total cela donne 92 Mds d’€ en supposant que les 6 EPR2 soient réellement engagés.

Renouvelables :. d’après le rapport de la Cour des Comptes 2018, et compte tenu des contrats signés depuis fin 2017, et notamment des contrats éoliens maritimes : 40 Mds d’€ à eux seuls, on peut dire que les engagements de fin 2017 doivent être de 170 Mds d’€. pour produire de façon aléatoire environ 30 TWh/an pendant la durée des contrats de 15 à 20 ans suivant les cas.
Donc comparons ce qui est comparable et arrêtons de dire que cette vieille industrie nucléaire ruine la France.
D’un côté, 92 Mds d’€ dont 95 % de la valeur ajoutée est faite en France pour produire 400 TWh pendant encore plus de 20 ans,
De l’autre 170 Mds d’€ dont 5 % de la valeur ajoutée est faite en France pour produire 40 à 50 TWh pendant moins de 20 ans.
Et de plus des ENR qui ne produisent rien au moment des pointes de consommation. Il suffit de regarder la courbe de production l'éolien français sur ECOMIX2 du 14 novembre 2019 pour illustrer le scandale Français de l'éolien.

Donc persiste et signe : si mur d’investissement il y a, si gaspillage monstrueux il y a, si danger d’effondrement d’EDF il y a, ça vient plus des renouvelables que du nucléaire !

Et s’il est des économistes pour vous expliquer le contraire,  je parierai fortement  que c’est soit qu’ils n’ont aucun sens des réalités, ou  aux chiffres qu’ils manipulent, ou qu’ils sont stipendiés par les margoulins de l’éolien. Offrez-leur un gros nez rouge qu’ils devront arborer lors de leurs interventions publiques, comme ça,  on saura qui cause,

Suite au prochain blog avec des économistes sérieux, si, si ça existe et l’explication d’un grand mystère, la malédiction des ENR.


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lundi 18 novembre 2019

Politique énergétique : un Jour dans le monde, 04 novembre 2019


04 novembre 2019 : consommation de CO2 pour la production d’électricité.

Emission de CO2, en g/kWh, pour la consommation électrique en Europe ce jour:

France: 51
Norvège: 54
Suède: 57
Espagne: 99
Portugal: 108
Belgique: 161
Autriche: 161
Finlande: 197
Italie: 271
Danemark: 316
RU: 361
Allemagne: 367
Irlande: 412
Pays-bas: 540
Pologne:  659

#stats  ( Philippe LACOUR@__phiphou), qui fait régulièrement des points sur le sujet. Les données peuvent être trouvées sur https://transparency.entsoe.eu/

Commentaire : Merci ! . Ca peut surprendre, mais en fait, c’est loin d’être un jour atypique, et même au contraire, un jour assez typique. La France, grâce à son nucléaire, la Suède et la Norvège, grâce à leur hydroélectricité se tirent régulièrement la bourre parmi les champions de l’électricité décarbonée. Bon, l’hydroélectrique, c’est bien, mais c’est limité par nature, alors, pour ceux qui en moins, le nucléaire, c’est très bien aussi !

Le RU a bien progressé, car il est complètement sorti du charbon pour sa production électrique, malgré cela, il est au taquet de ce que l’on peut faire en gaz plus ENR ( et avec une fragilité accrue de son réseau ayant entrainé des black out massifs.) On le sait généralement peu, mais les Pays Bas ont aussi une production fortement carbonée  (gaz et charbon) . Conscients de leur problèmes et de leurs engagements climatiques, RU et Pays-Bas ont décidé de relancer du nucléaire- la Pologne aussi d’ailleurs. Tandis ue l’Allemagne (cf. tous les blogs précédents sur nos cher amis allemands), a déjà dépensé plus de 650 milliards pour ses ENR ( soit allez, plus de 60 EPR) pour un résultat, toujours aussi catastrophique , idem pour le Danemark. Eh oui c’est ce qui arrive quand on ne veut plus de nucléaire.

Si chacun avait le même mix énergétique que la France, nous serions beaucoup plus prêt de remplir nos objectifs climatiques ( il reste quand même à s’occuper des transports et du chauffage ; mais justement, quand on a un bon mix électrique, on peut substituer fuel et essence par de l’électricité, tandis que quand on a un mix électrique pourri ( comme l’Allemagne…eh bien ça ne sert à rien !)

Tiens, pour enfoncer le clou, toujours même provenance, mais cette fois en t.CO2 par habitant, sur les six derniers mois, pour la consommation électrique :

France: 0.35
Suède: 0.6
Danemark: 0.88
Norvège: 0.93
Espagne: 1.18
Belgique: 1.3
RU: 1.4
Autriche: 1.45
Portugal: 1.55
Italie: 1.68
Allemagne: 1.96
Irlande: 2
Finlande: 2.24
Pologne: 2.76
Pays-Bas: 3.09

Yippee, on est encore les champions. Merci aux générations qui nous ont précédé, l’investissement nucléaire aura été une excellente affaire, économique, sociale et écologiue. A continuer !
Bon, on va peut être les exporter, nos EPR….
Tandis  que l’Allemagne…Pendant ce temps

En Allemagne, pendant ce temps ….04/11/2019 L'Allemagne mettra en service une toute nouvelle centrale à charbon en 2020

Le producteur d'énergie Uniper va être en mesure de raccorder au réseau électrique en 2020 sa toute nouvelle centrale au charbon située à Datteln dans le land de Rhénanie du nord-Wesphalie, ont indiqué il y a quelque jours des sources gouvernementales et industrielles, outre-Rhin, selon Reuters.
Ayant coûté 1,5 milliard d'euros, ce site a une capacité de production de 1100 MW. Il peut alimenter en électricité jusqu'à 100.000 foyers. Alors que sa construction a subi des retards, l'usine aurait dû ne jamais entrer en service dans le cadre du plan de l’Allemagne visant à abandonner le charbon comme source d’énergie d’ici à 2038 au plus tard. Uniper, son exploitant, aurait alors dû être indemnisé à hauteur de son colossal investissement sur ce site. NB : la mise en service a pris un certain retard : les murs de la chaudière ont dû être entiérement remplacés par un acier différent car les soudures ne sont pas assez stables.

Datteln 4 (ce monstre, émettra chaque  année 8.4 millions de tonnes de CO2.

Nb : Charbon et lignite représentent  38% de la production d'énergie allemande. Même après l'installation d'installations de filtration dans les années 80, qui éliminent la majeure partie du soufre des gaz d'échappement, les centrales thermiques au charbon continuent d'émettre des quantités pertinentes d' anhydride sulfureux . En plus du dioxyde de soufre, des oxydes d'azote nocifs ainsi que des poussières fines nocives , des métaux lourds et des HAP sont rejetés dans l'environnement. En Allemagne, le secteur de l’énergie a contribué à 71% (6,571 tonnes) des émissions totales de mercure en 2010.


Pendant ce temps, aux USA…

Donald Trump sort de l‘accord de Paris : Donald Trump s’en vante dès qu’il le peut. Il aurait, assure-t-il, sorti les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, un texte qu’il qualifie volontiers de « désastre » et de « tueur d’emplois ». En réalité, l’affaire n’est pas encore conclue. Elle a toutefois fortement progressé lundi 4 novembre. Le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, a en effet annoncé, dans un communiqué, avoir officiellement engagé le retrait de son pays du traité international scellé en 2015, qui vise à contenir la hausse de la température mondiale bien en deçà de 2 0C par rapport à l’ère préindustrielle. Il l’a notifié dans une lettre adressée au secrétariat général des Nations unies, dépositaire du texte – ce que l’ONU a confirmé lundi soir. Mike Pompeo reprend la thèse d’un accord qui aurait imposé « un fardeau économique injuste » aux Etats-Unis – alors que les pays ont fixé librement leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Nous continuerons à proposer un modèle réaliste et pragmatique, étayé par des résultats concrets, montrant que l’innovation et les marchés ouverts conduisent à une plus grande prospérité, à une réduction des émissions [de gaz à effet de serre] et à des sources d’énergie plus sûres », a assuré le secrétaire d’Etat.

Les démocrates contre le nucléaire : Dans le premier pays nucléaire du monde (avec une centaine de réacteurs qui produisent 20 % de l'électricité), la place n'est plus à l'atome, ont par ailleurs estimé Bernie Sanders et Elizabeth Warren, tandis que Joe Biden s'est dit ouvert à de nouvelles technologies. « Ajouter des déchets, cela n'a pas de sens », a estimé le premier, pointant aussi le coût du nouveau nucléaire, tandis que la seconde a dit compter sur les scientifiques pour améliorer les performances du stockage des énergies renouvelables.

A noter que malgré les discours de Trump, la part de l'énergie produite par le charbon et le nucléaire ne cesse de fait de diminuer aux Etats-Unis depuis l'envolée de la production de gaz de schiste, beaucoup moins cher. Quant au nucléaire, les Etats-Unis en sont encore le premier producteur au monde grâce aux investissements consentis dans les années 1960 et 1970 qui font que 99 réacteurs sont actuellement en fonctionnement. Mais la dernière mise en service d'un réacteur neuf remonte à 2016 et seulement deux nouveaux réacteurs sont en construction, en Georgie dans le sud du pays.

L’administration Trump a envisagé la possibilité de forcer les opérateurs des réseaux électriques à acheter de l'énergie à des centrales spécifiques, notamment nucléaires : ."Pour promouvoir la défense nationale et maximiser les approvisionnements en énergie domestique, une action fédérale est nécessaire pour faire cesser ces fermetures", assure le document de l'administration.

On savait déjà qu’en politique étrangère et économique, la politique de Trump n’est que la continuation de la politique d’Obama en un peu plus brutal ( la main de fer sans le velours). On peut maintenant légitimement se demander si, en pratique, la politique climatique des démocrates ne sera pas la continuation de celle de Trump, en pire..

Bon, là-bas, c’est pas nous qu’on vote !

En revanche, en France, on peut exiger une transition écologique basée sur la réalité et la rationalité scientifique et technique, sur la vérité des chiffres et la prise de conscience des ordres de grandeur physiques, sur une information non biaisée, honnête, sans laquelle il n'est pas de démocratie.

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samedi 16 novembre 2019

Tremblements de Terre et Centrales Nucléaires (2)


Suite au tremblement de terre de magnitude locale le 11 novembre 2019 au Teil 5.4 (différente de la magnitude en onde de surface, la vraie important dans les dégâts, une partie de la presse a diffusé sans contrôle les élucubrations alarmistes des écolos bigots et marchands de peur, contribuant ainsi à la diffusion de Fake news et de Fake science.


Dans ce second blog plus général sur le thème tremblements de terre et centrales nucléaires, je souhaiterais me consacrer sur un grand mensonge et un immense et scandaleux gaspillage…

« Fort #séisme en Rhone-Alpes: #EDF ne prend pas au sérieux le risque sismique dans le #nucleaire. Le séisme d’hier de 5,4 était supérieur au séisme majoré de sécurité fixé à 5,2. L’industrie nucléaire fait peser un risque inacceptable sur la population en minimisant le danger. Stop! « (Michele Rivasi)

« Les centrales nucléaires en France ne sont pas correctement conçues pour résister à des séismes": le constat alarmant d'un expert (Nice Matin) (NB l’expert en question est un militant (le directeur du labo ?de la Criirad)

Bon, il y a longtemps qu’on a renoncé à trouver quelque vérité dans les communiqués de la Criirad, quelque honnêteté intellectuelle chez ces spécialistes de la manipulation des peurs, ces écolos bigots, et même, plus grave, quelque apparence de rationalité. C’est pas une raison pour ne pas tenter de régir à leurs propos.
Leurs affirmations ponctuelles sur le séisme du 11 novembre étaient factuellement fausses, c’était l’objet du blog précédent. Mais leurs affirmations sur la sécurité en général des centrales nucléaires face aux tremblements de terres sont aussi fausses…

Protection des centrales contre le risque sismique ; Principes de base ( IRSN, Wikipedia)

Un séisme peut être caractérisé par sa magnitude ainsi que sa profondeur. On distingue plusieurs échelles de magnitude : - la magnitude locale : magnitude estimée à partir de l’amplitude maximale des ondes de volume, - la magnitude de moment : magnitude estimée à partir de l’énergie contenue dans le signal sismologique, - la magnitude des ondes de surface : magnitude estimée à partir de l’amplitude
maximale des ondes de surface.

La tenue au séisme des installations nucléaires est prise en compte dès leur conception et fait l’objet d’une réévaluation périodique, tous les dix ans afin de tenir compte d’une part de l’évolution des connaissances en matière de séismes et d’autre part de l’évolution des méthodes de dimensionnement des ouvrages. Les normes de références évoluent elles-mêmes. La méthode de définition du séisme maximum de sécurité (SMS) et de son spectre associé est décrite dans la règle RFS 2001-01. Il s’agit d’abord d’identifier le séisme maximum historique vraisemblable, à partir de la base historique de connaissances des séismes en France qui s’étend sur plus de mille ans, mais aussi en prenant en compte les paléoséismes qui ont pu être découverts à partir de traces géologiques. Le dimensionnement des ouvrages fait quant à lui l’objet d’un guide élaboré par l’ASN et diffusé en 2006, le guide ASN/2/01, sur la base du spectre d'accélération associé au séisme maximal, avec un minimum forfaitaire de 0,1 g.

Les bâtiments et les équipements des centrales nucléaires françaises sont conçus pour résister à un certain niveau de séisme caractérisé par un « spectre de réponse ». Un «spectre de réponse » permet de déterminer la sollicitation d’un bâtiment ou d’un équipement à différentes fréquences de vibrations produites par un séisme. On associe souvent à un « spectre de réponse » l’accélération correspondant aux fréquences élevées appelée « valeur de calage ». Chaque îlot nucléaire, qui réunit les bâtiments réacteurs et les bâtiments des auxiliaires nucléaires, est conçu pour résister à des accélérations sismiques jusqu'à 0,25g NRC (soit un quart de l'accélération de la pesanteur selon un critère d'évaluation défini par la "Nuclear Regulation Commission" aux États Unis).

Pour ce qui concerne la centrale nucléaire du Tricastin, le « spectre de réponse » en vigueur est celui utilisé pour le troisième réexamen de sûreté des réacteurs. Il est calé à 0,285 g
Pour ce qui concerne la centrale nucléaire de Cruas, le « spectre de réponse » en vigueur est celui utilisé pour le troisième réexamen de sûreté des réacteurs. Il est calé à 0,26 g.
.
La centrale nucléaire de Cruas présente des caractéristiques particulières en matière antisismique : des appuis parasismiques en élastomère ont été interposés lors de la construction entre les fondations et les principaux bâtiments. C’est un cas assez unique, qui a servi de modèle à une autre centrale nucléaire dans le monde, celle de Koeberg en Afrique du sud.

Bon, c’était une réponse à « EDF ne prend pas au sérieux le risque sismique dans le #nucleaire ». Mais continuons avec la manière dont a été géré l’après Fukushima, avec plis particulièrement, le cas de Fessenheim..

L’après Fukushima et Fessenheim- 10 milliards d'euros consacrés aux équipements post-Fukushima.

« Quatre ans après Fukushima, le souvenir du désastre japonais est encore très présent chez EDF. Rien d'étonnant à cela: après l'accident du 11 mars 2011, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à l'électricien des évaluations complémentaires de sûreté (ESC). Celles-ci ont donné lieu à un volumineux rapport qui se décline aujourd'hui en plusieurs phases opérationnelles…

La phase 1, jusqu'en 2017, se traduit par la mise en place de moyens provisoires de secours sur les différents sites nucléaires d'EDF. Cela débouche en particulier par l'implantation de plusieurs moteurs diesel, destinés à pallier à une éventuelle rupture de l'alimentation électrique. Sont prévus également des pompes supplémentaires et des compresseurs d'air. Cette première phase correspond aussi à la montée en puissance de la Force d'action rapide nucléaire (Farn), une entité qui dispose de quatre bases régionales en France et dont les effectifs comptent actuellement 260 personnes. À son pic, dans quelques mois, la Farn s'appuiera sur 300 éléments. «Tout est fait pour que cette unité (créée après Fukushima) soit en mesure d'intervenir fin 2015 sur une centrale comptant six réacteurs», souligne-t-on chez EDF. C'est précisément le périmètre de la centrale de Gravelines (Nord).

La phase 2, entre 2015 et 2020 (avec la poursuite de certains chantiers jusqu'en 2024), sera illustrée par l'ajout de moyens complémentaires en eau et électricité. Il s'agit de pouvoir répondre efficacement à des accidents impliquant des dommages sur certains éléments des noyaux durs des centrales. À noter que la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) est déjà dotée de ces équipements. Comme le fait régulièrement valoir EDF, son site alsacien est le plus sûr du parc (qui compte 58 réacteurs pour 19 centrales), celui qui a déjà intégré tous les équipements post-Fukushima. C'est pourtant Fessenheim que le gouvernement envisage de fermer dans le cadre de l'application du projet de loi d'orientation énergétique. Le président de la République a réaffirmé cette intention voici quelques jours, soulignant que la doyenne des installations nucléaires serait arrêtée avant la fin du quinquennat. »

Quant à la phase 3, elle prévoit d'installer des outils pour élargir les dispositifs de sécurité actuels. Par exemple, des systèmes de refroidissement ultime des générateurs de vapeur - selon la terminologie consacrée. Ou encore un système de refroidissement ultime de l'enceinte. À travers ces différents chantiers des phases 1, 2 et 3, on mesure à quel point l'eau et l'électricité sont deux éléments vitaux pour affronter efficacement un accident nucléaire. Les experts le rappellent volontiers: si le drame de Fukushima a été aussi difficile à maîtriser, cela tient notamment à la rupture totale d'alimentation qui rendait impossible la réalisation de plusieurs missions de secours.

Eh bien, malgré tous les efforts déjà accomplis, les modifications de la phase 3 n’ont pas été finalisés à Fessenheim. Les pressions allemandes (un porte-parole du ministère allemand de l'environnement avait déclaré au début de mars 2016 que des réacteurs « aussi vieux représentent un risque sécuritaire » et que Fessenheim « devrait être fermée le plus vite possible », Sophie Letournel, chef de la division de Strasbourg de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait répondu « Pour nous à l'ASN, aujourd'hui, du point de vue de la sûreté nucléaire, il n'y a pas de raison de fermer la centrale de Fessenheim), les pressions des bigots écolos et la démagogie ont eu raison de Fessenheim.  

L'autorité de sûreté nucléaire (ASN) a eu beau maintenir qu'il n'y avait pas de risques justifiant l'arrêt de l'exploitation de la centrale et a donné son accord à la poursuite de l'exploitation de la centrale pour dix ans supplémentaires, en 2011 pour la tranche 1103 et en 2013 pour la tranche 2, sous réserve que soient réalisés ses travaux post Fukushima restant à accomplir, malgré cela, la présidence Macron a décidé de fermer Fessenheim en 2020 (le premier réacteur sera arrêté définitivement le 22 février 2020, et le second le 30 juin).

Tiens, une dernière remarque sur Fessenheim

C’est un immense gâchis économique, social et écologique.  Un risque économique aussi, car, sous la présidence Hollande, Fessenheim ne devait fermer qu’après la mise en service de l’EPR de Flamanville, ce qui pouvait faire sens, et mettait au moins le système français à l’abri d’un black out hivernal- ce n’est plus le cas maintenant.

Un gâchis écologique aussi : le remplacement de Fessenheim par du renouvelable plus du gaz entrainera une augmentation des émissions de C02 représentant 14 vols Paris –New-York par jour. (la fermeture de Fessenheim entraînera donc un surcroît d’émission de gaz à effet de serre compris entre 6 et 12 millions de tonnes équivalent CO2 par an)

Oh, la Convention citoyenne sur le climat, vous comprenez pourquoi, moi classe moyenne, je ne suis pas trop d’accord en ce qui concerne l’idée d’une taxe sur les transports en avion ?

Parce que la première des choses pour qu’une transition écologique soit acceptable, c’est qu’elle soit rationnellement, techniquement, scientifiquement fondée. Avec le minimum de conséquences négatives économiques et sociales.

Alors cela suppose qu’on arrête de mentir sur le nucléaire, ses prétendus dangers, ses déchets prétendument. Cela suppose qu’on prolonge autant que possible les centrales nucléaires existantes, pendant le temps que les autorités de sureté le permettent. Cela aurait supposé que l’on ne ferme pas Fessenheim. Cela suppose que l’on déchire cet immonde chiffon de papier qu’est la PPE, et son absurde décision, antiécologique, antiéconomique, antisociale de réduire la part du nucléaire en France.


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